Stefaniia Shabatura

Stefaniia Shabatura
Biographie
Naissance

Ivane-Zolote (en)
Décès
(à 76 ans)
Lviv
Sépulture
Nationalité
Activités
Mère
Hanna Chabatoura (en)
Autres informations
Distinctions
Vue de la sépulture.

Stefaniia Mykhailivna Shabatura (ukrainien : Стефа́нія Миха́йлівна Шабату́ра), née le et morte le , est une artiste textile ukrainienne et une militante des droits de l'homme. D'abord connue comme créatrice de tapisseries et de tapis kilim, elle devient ensuite membre du Groupe ukrainien d'Helsinki et passe plusieurs années en prison pour agitation antisoviétique.

Début de carrière

Stefaniia Mykhailivna Shabatura est née le dans le village d'Ivane-Zolote (en)[1], qui fait alors partie de la Deuxième République polonaise[2]. Sa mère est Hannah Shabatura (uk), une peintre[3] et son père, Mykhailo Hnatovych Shabatura, est soldat dans les armées polonaise et rouge[2], mort pendant la Seconde Guerre mondiale[3]. Shabatura déclare que sa famille était probablement des Cosaques de l'est de l'Ukraine d'après leur nom de famille[1].

Elle obtient son diplôme d'école d'art en 1961, puis celui de l'Institut des arts appliqués et décoratifs de Lviv (aujourd'hui intégré à l'Académie nationale des arts de Lviv ) en 1967[4]. Après ses études, ses tapisseries et ses kilims sont largement exposés dans des galeries d'art, et elle acquière une certaine notoriété[5]. Elle est membre de la section de Lviv du Club des jeunes artistes, fondé par Mykhailo Kosiv (en), et imprime des samizdat[3]. À cette époque, elle fait la connaissance d'autres membres du mouvement dissident ukrainien en pleine expansion, tels qu'Olena Antoniv (en) et Bohdan Antkiv (uk)[1]. Elle devient membre de l'Union nationale des artistes d'Ukraine en 1969[6].

L’activisme dissident de Shabatura commence en 1970, suite à l’arrestation de Valentyn Moroz (en). Elle fait partie d’un groupe d’artistes et d’écrivains qui condamnent cette arrestation et exigent d’être autorisés à assister au procès[4].

Arrestation

Shabatura fait partie d'un groupe d'intellectuels ukrainiens qui participent à une cérémonie Vertep le pour protester contre la politique religieuse du gouvernement soviétique. Elle est arrêtée lors de cet événement, aux côtés de Viatcheslav Tchornovil, Ivan Hel, Iryna Kalynets, Mykhaylo Osadchy (en) et Yaroslav Dashkevych (en)[7]. Accusée d'agitation antisoviétique, Shabatura est condamnée à cinq ans de prison et six ans d'exil. Elle est internée à la colonie pénitentiaire pour femmes ZhKh-385/3-4 à Barashevo (uk), en République socialiste soviétique autonome de Mordovie[4]. Elle est reeconnue prisonnière d'opinion par l'organisation non gouvernementale internationale de défense des droits humains Amnesty International en [8], et reste emprisonnée en Mordovie jusqu'à la fin de 1975. Pendant cette période, elle passe 115 jours en isolement[4].

Fin 1975, Shabatura est transférée de Mordovie à Lviv, où elle demeure emprisonnée dans le cadre d'un programme de « rééducation ». Elle entame une grève de la faim, et en représailles, 150 de ses dessins sont brûlés par les autorités soviétiques. Cet acte provoque une brève période de troubles, et Shabatura est placée en cellule d'isolement pendant six mois pour refus de travailler. Elle lance une nouvelle grève de la faim de douze jours en [4]. Elle est ensuite exilée au Tadjikistan de 1976 à 1979, et rejoint le Groupe ukrainien d'Helsinki durant son exil[5]. Elle retourne à Lviv le [3], mais est interdite d'exposer ou de vendre ses textiles et travaille comme femme de ménage[4].

Dernières années

Dans les années 1980, Shabatura rejoint la section de Lviv de l'organisation Memorial et le Mouvement populaire d'Ukraine. Elle participe activement aux efforts de renaissance de l'Église gréco-catholique ukrainienne et dirige les Sœurs mariales de cette église à partir de 1991. Shabatura est membre du conseil municipal de Lviv de 1990 à 1995 et participe à la levée du drapeau ukrainien à l'hôtel de ville de Lviv[6].

Shabatura reçoit l'Ordre de la princesse Olga du président ukrainien Leonid Koutchma en 1999[6]. Elle reçoit ensuite l'Ordre du Courage du président Viktor Iouchtchenko en 2006[9].

Shabatura décède à Lviv le . Ses funérailles ont lieu à l'église de la Présentation à Lviv le lendemain avant qu'elle soit enterrée au cimetière de Lytchakiv[9].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Stefaniia Shabatura » (voir la liste des auteurs).
  1. (uk) Yur Voloshchak, « Золота дитина з Іваня-Золотого », Zbruč,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. (uk) Vasyl Ovsienko, « Шабатура Стефанія Михайлівна », Kharkiv Human Rights Protection Group,‎ (consulté le )
  3. (uk) « Стефанія Шабатура », Library of Ukrainian Art (consulté le )
  4. (uk) I. Rapp, « Шабатура Стефанія Михайлівна », Kharkiv Human Rights Protection Group,‎ (consulté le )
  5. (uk) « Shabatura, Stefaniia », Encyclopedia of Ukraine, (consulté le )
  6. (uk) « Стефанія Шабатура », Art Lviv Online (consulté le )
  7. (uk) Mariia Hrytsiv, « Арештована коляда, або Погром 12 січня 1972-го », Istorychna Pravda,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (en) « AI Welcomes Women's Year Amnesty in USSR », Amnesty International Newsletter, vol. 5, no 6,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  9. (uk) « У Львові померла відома художниця і дисидент Стефанія Шабатура », Zaxid.net,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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