Stenopelmus rufinasus
Stenopelmus rufinasus est une espèce d’insectes, un petit charançon de la famille des Curculionidae (ordre des coléoptères).
Présentation
Ce petit coléoptère phytophage est originaire d'Amérique. Mais il a été volontairement introduit en Afrique du sud et en Europe comme moyen de lutte biologique[1] pour lutter contre les pullulations d’Azolla filliculoides, une petite fougère flottante, introduite à partir de l’Amérique et devenue localement très invasive.
Répartition et habitat
Originaire de l'Amérique, ce charançon semble vivre et se nourrir que dans les zones humides ouvertes, sur les frondes de fougères aquatiques du genre Azolla et notamment d’Azolla filliculoides ou A. pinnata subsp. poss. asiatica (l'émergence des adultes est plus faible quand il vit sur d'autres espèces d'azollas comme A. nilotica subsp ou A. pinnata africana) ;
Ni la larve ni l’adulte ne peuvent rester longtemps immergés ; il ne s’agit donc pas d’un coléoptère aquatique. On le dit semi-aquatique étant donné sa dépendance aux zones humides et à l'eau.
Reproduction et cycle de vie
En laboratoire, un adulte vit environ 55 jours.
Durant ce temps, à partir des œufs pondus par chaque femelle, émergeront en moyenne 325 jeunes charançons[1].
La femelle fécondée pond ses œufs les uns après les autres, aux sommets des frondes d’Azolla.
La larve une fois éclose s’enfonce dans un premier temps dans la fronde et la mine de l’intérieur.
Elle se nourrit ensuite à la surface des fougères. Au dernier stade, une fois mature, la larve produit et fixe sur la feuille d’Azolla un cocon. Ce cocon est produit avec une soie produite par une glande anale.
En été, le cycle de vie est plus ou moins rapide selon la température ambiante. La succession des stades immatures (œuf → 3 stades stades larvaires + nymphose) dure environ 18 à 20 jours à une température ambiante moyenne de 24,7 °C, mais seulement 11 jours à une température constante de 32,2 °C.
En laboratoire, la mortalité des larves peut être élevée à cette température, notamment attribuable à des attaques fongiques (par Beauveria bassiana dans les cultures fermées et humides).
Quatre à 6 générations par an semblent plausibles sous des climats de type californien.
Lutte biologique
En Afrique du sud, cette espèce a été testée comme moyen de lutte biologique contre certaines azollas localement invasives.
Il a été préalablement vérifié qu'il ne s'attaquerait pas à 31 espèces de plantes choisies dans 19 familles[1]. Lors de cette expérience et les larves, comme les adultes ne se sont alimentées que sur l’Azolla[1].
Certains auteurs[1] estiment que A. pinnata subsp. poss. asiatica (espèce qu'il peut attaquer) a une valeur faible en termes de biologie de la conservation, et que les dommages qu’elle pourrait subir à cause de ce charançon seraient un compromis acceptable au regard des capacités de S. rufinasus à fortement freiner et limiter l’expansion de A. filiculoides[1].
Systématique
Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Stenopelmus rufinasus Gyllenhal, 1835[2].
Voir aussi
Liens externes
- (en) Animal Diversity Web : Stenopelmus rufinasus (consulté le )
- (fr + en) EOL : Stenopelmus rufinasus (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Stenopelmus rufinasus Gyllenhal, 1835 (consulté le )
- (en) IRMNG : Stenopelmus rufinasus Gyllenhal, 1835 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Stenopelmus rufinasus Gyllenhal, 1836 (consulté le )
- (en) NCBI : Stenopelmus rufinasus (taxons inclus) (consulté le )
- (en) OEPP : Stenopelmus rufinasus Gyllenhal (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Stenopelmus rufinasus Gyllenhal, 1836 (consulté le )
- images sur Flick
Notes et références
- (en) M.P. Hill ; Life history and laboratory host range of Stenopelmus rufinasus, a natural enemy for Azolla filiculoides in South Africa ; BioControl, 1998, Volume 43, Number 2, Pages 215-224 (Résumé)
- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 4 décembre 2025.
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