StopFisha

Stop Fisha
Histoire
Fondation
Origine
Création du collectif à la suite de la médiatisation du hashtag « #StopFisha », puis structuration en association loi de 1901
Cadre
Sigle
(mul) #StopFisha
Zone d'activité
Type
Forme juridique
Objectif
lutte contre les cyberviolences
Méthode
Plaidoyer, Accueil des victimes et des témoins, Sensibilisation, Cooperation avec les réseaux sociaux
Siège
Pays
Organisation
Présidentes
Laura Pereira Diogo (d), Shanley Clemot McLaren (d)
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

L'association #StopFisha est une association féministe de lutte contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelles[1] créée le [2].

L’association se concentre sur quatre missions principales :  l'accompagnement des victimes, le signalement de contenus haineux et/ou humiliants en ligne à travers un processus de signalements prioritaires auprès des plateformes, la sensibilisation aux enjeux et mécanismes des cyberviolences et enfin un plaidoyer à l’échelle nationale, européenne et internationale.

Historique

Lors du premier confinement international en , l’activiste féministe Shanley Clemot McLaren alerte sur la prolifération de comptes fisha (verlan du terme “affiche”)[3]. Ces comptes ont pour but de publier et diffuser les contenus intimes et/ou à caractère sexuel principalement de jeunes filles et de femmes, sans leur consentement, accompagnés de leurs données personnelles (nom, prénom, âge, établissement scolaire, adresse, numéro de téléphone, etc). Ils ont pour objectif “d’afficher” en masses des contenus privés, dans le but d'humilier ou de nuire aux personnes victimes. Si ce type de comptes existait avant le confinement, c’est au début de celui-ci que les comptes fisha ont massivement proliféré sur Snapchat, Instagram, X ou encore Telegram.

Ces comptes sont pour beaucoup répertoriés par quartier, ville, département français ou même encore par pays (ex : fisha92, fisha78, fishamarseille, etc). Face à la duplicité et à la viralité des comptes fisha à l’échelle nationale, Shanley fait de nombreux signalements, en vain. Elle lance finalement l’alerte sur les réseaux sociaux à travers le hashtag "#StopFisha"[4]. Ce hashtag avait à la fois pour objectif d’apporter un soutien direct aux victimes et de montrer qu’elles n’étaient  pas seules, de communiquer et centraliser le peu de ressources pour se protéger et se défendre, ainsi que d’alerter l’opinion publique, appeler à davantage de modération des plateformes, et à une réaction des pouvoirs publics. De cette alerte, un mouvement social, féministe, numérique s'est lancé, et Shanley a été rejointe par des dizaines de personnes venant des quatre coins de la France, ainsi que d’autres pays, afin de mobiliser des outils et collectivement agir contre cette explosion du cybersexisme, qui ne cessait de s’amplifier, et pouvait réunir jusqu’à 230 000 individus sur un même groupe[5].

Au cours de l’année 2020, le collectif #StopFisha reçoit de la part de victimes et témoins de nombreuses demandes d’aide. #StopFisha mène des actions de signalement envers les comptes et contenus illicites. Par ces actions, de nombreux comptes et groupes, tous réseaux sociaux confondus, ont été supprimés. Menant une véritable « guerre numérique »,  plusieurs membres du mouvement ont reçu des menaces d’hommes faisant partie ou dirigeant des comptes-groupes fisha[réf. nécessaire].

Le , le collectif #StopFisha devient une association loi de 1901, cofondée par douze femmes, dont Rachel-Flore Pardo[6],[7].

Le , l’association a rédigé et publié le premier ouvrage européen et l’un des premiers internationaux sur la thématique du cybersexisme en ligne[8], intitulé : “Combattre le cybersexisme”, aux éditions LEDUC.

Activité

Depuis 2020, l’association #StopFisha lutte contre le cybersexisme[9]. Elle est l’une des premières organisations de la société civile dans le monde à lutter contre les cyberviolences sexistes et sexuelles.

Les signalements

Considérée comme « Partenaire de confiance » de plusieurs plateformes, #StopFisha dispose de canaux de communication directs afin de transmettre des signalements à traiter de manière prioritaire, et ainsi, procéder au retrait rapide de contenus haineux en ligne. L’association propose un formulaire de signalement, disponible sur son site[10] et sur ses réseaux sociaux, permettant d’appuyer ou d'accélérer la suppression de contenus de victimes. L’activité de l’association se concentre à l’échelle nationale et se développe à l’international en parallèle[11], devenant une ressource pour les victimes et témoins non français et non francophones[12].

L'accompagnement juridique et psychologique

L’association propose en continu un accueil en ligne confidentiel et gratuit via ses réseaux sociaux, son site internet et son e-mail, qui peut se poursuivre par un accompagnement psychologique ou par des conseils juridiques gratuits[13],[14].

La sensibilisation

L’association sensibilise tout type de public sur les rouages de la modération, les mécanismes des violences en ligne, ne culpabilise pas les victimes et a des outils et ressources pour prévenir et lutter contre les cyberviolences[15].

L’association participe à la co-création d’outils de lutte contre les cyberviolences.

Le plaidoyer national, européen et international

Le plaidoyer mené par l'association en matière de lutte contre le cybersexisme fait écho à l’échelle nationale, européenne, et internationale afin de promouvoir davantage de moyens pour la défense des droits numériques de genre[réf. nécessaire].

Distinctions et prix

StopFisha a reçu deux distinctions particulières en gage de son fort engagement contre les cyberviolences de genre :

Présence médiatique

Depuis 2020, #StopFisha répond aux médias internationaux[18] tels que Euronews[19], UN of Human Rights[20], nationaux tels que Le Monde[21],[22], France TV Info[23], France TV Slash[24], Radio France[25], Brut[26], Madmoizelle[8], So Good[27], BFMTV[28], TF1, Actu.fr[29], France 2 (Infrarouge)[30], France 24[31], Médiapart[32], M6, C8, NOVA[33], Mr Mondialisation[34], Marie Claire[35] et locaux tels que le 7[13], la Nouvelle République[36], France 3 Centre-Val de Loire[1], Ouest France. Le but étant de décrypter les mécanismes des cyberviolences et d’alerter sur les cyberviolences notamment le cybersexisme.

Ressources

Ouvrages

Articles universitaires

  • IFOP & Lemon. La gestion des ex sur les réseaux sociaux, 6 novembre 2023.
  • IPSOS & Féministes VS Cyberharcèlement. Cyberviolences et cyberharcèlement : le vécu des victimes, 15 décembre 2022.
  • Elena Waldispuehl, “Cybersurveiller et cyberharceler les féministes jusqu’à l’épuisement comme stratégie d’action des réseaux antiféministes en France et au Québec, 2024.
  • Isabelle Hare et Aurélie Olivesi, « Analyser les cyberviolences au prisme du genre », Questions de communication 2021/2 (no 40), pages 319 à 336
  • Simruy Ikiz, « Les violences à l’encontre des femmes sur les réseaux sociaux », Topique 2018/2 (n° 143), pages 125 à 138
  • Pape Momar Niang et Rasha Nagem (2018). « Les cyberviolences genrées, sexistes et sexuelles chez les jeunes », Terminal, 123.
  • Gabrielle Richard (2020). Chapitre III. « La performance du genre et de l’hétérosexualité dans le cyberespace ». Dans Sigolène Couchot-Schiex et Benjamin Moignard, Jeunesse, genre et violences 2.0 : Des filles et des garçons face aux cyberviolences à l'école (p. 85-110), L'Harmattan.
  • Laurence Charton et Chantal Bayard (2021). Les cyberviolences : un survol de la littérature récente. Dans C. Metz & A. Thévenot (Dirs.). Paris : Hermann.
  • Sigolène Couchot-Schiex et Benjamin Moignard (dir.) (2020). Jeunesse, genre et violences 2.0 : Des filles et des garçons face aux cyberviolences à l'école, L'Harmattan.

Outils contre les cyberviolences

  • Guides de Echap - Association de lutte contre les cyberviolences sexistes
  • Guide de Féministes VS Cyberharcèlement
  • Centre Hubertine Auclert, Que dit la loi face aux cyberviolences conjugales ? 2022
  • Centre Hubertine Auclert, Rapport “Cyberviolences conjugales”, 2018 (mis à jour en )
  • Centre Hubertine Auclert, Suis-je victime de cyberviolences conjugales ? 2023
  • Le Cyber Repère

Références

  1. « Comptes "fisha" : comment un groupe de militantes lutte contre la diffusion de photos et vidéos intimes volées », sur France 3 Centre-Val de Loire, (consulté le )
  2. « Association STOP FISHA », sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr (consulté le )
  3. (en) Vincent Bernard, « Comptes ficha sur Snapchat et panique morale : mieux vaut prévenir que debunker », sur Medium, (consulté le )
  4. Micka Hanitrarivo, « Stop Fisha, un collectif pour traquer le cybersexisme et le revenge porn », sur www.fredzone.org, (consulté le )
  5. « Notre Histoire – Stop Fisha | Stop Fisha » (consulté le )
  6. « Rachel-Flore Pardo, avocate : « Pour moi, le droit est un outil de militantisme exceptionnel » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « Rachel-Flore Pardo, avocate pénaliste et féministe », sur www.brut.media (consulté le )
  8. Pauline Ferrari, « Contre le revenge porn et le cybersexisme, StopFisha sort son livre », sur Madmoizelle, (consulté le )
  9. « Avec le confinement, le revenge porn explose sur Snapchat », sur 20 Minutes, (consulté le )
  10. « Stop Fisha | Association féministe contre le cybersexisme et les cyberviolences sexistes et sexuelles. » (consulté le )
  11. (en) Reuters, « Revenge porn soars in Europe during lockdown », sur Mail Online, (consulté le )
  12. (en-GB) « For a feminist Europe », sur European Women's Lobby (consulté le )
  13. « Stop Fisha lutte contre les cyberviolences sexuelles », sur Le7.info (consulté le )
  14. « « Les droits numériques sont des droits humains » : des militantes se battent contre le cybersexisme », sur OHCHR (consulté le )
  15. « Pour en finir avec le revenge porn », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Festival Génération Égalité Voices 2021 : Focus sur Stop Fisha », sur ONU Femmes France, (consulté le )
  17. Prix Simone de Beauvoir, « Prix Simone de Beauvoir », (consulté le )
  18. « French revenge porn activists mount 'virtual raids' », sur news.trust.org (consulté le )
  19. (en) « Meet the women hunting cyber criminals and fighting for justice », sur euronews, (consulté le )
  20. (es) « «Los derechos digitales son derechos humanos:» Mujeres activistas combaten el sexismo en línea », sur OHCHR (consulté le )
  21. « Les comptes « fisha » sur les réseaux sociaux, nouvelle plaie du cybersexisme », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. « Harcèlement sexuel : avec le confinement, le retour en force des comptes « fisha » sur les réseaux sociaux », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. « VIDEO. StopFisha, les justicières du Net qui luttent contre le "revenge porn" et autres cyberviolences sexistes », sur Franceinfo, (consulté le )
  24. « Revenge », sur www.france.tv (consulté le )
  25. « Le Revenge Porn, un fléau qui prend de l'ampleur », sur France Inter, (consulté le )
  26. « Le collectif Stop Fisha s'engage contre le revenge porn », sur www.brut.media (consulté le )
  27. « News Contrer la cyber violence avec Stop Fisha | So good », sur So good avec Ulule et So Press, (consulté le )
  28. « Agression de Samara: que sont les comptes "Fisha" pointés du doigt par le ministère de l'Éducation? », sur BFMTV, (consulté le )
  29. « Diffusion de photos et vidéos intimes : Stop fisha, un collectif "pour que la honte change de camp" », sur actu.fr, (consulté le )
  30. « Ennemi intime en replay - Infrarouge », sur www.france.tv (consulté le )
  31. [vidéo] « France : "Stop Fisha", un collectif en lutte contre cyberharcèlement et la pornodivulgation », FRANCE 24, , 5:15 min (consulté le )
  32. Khedidja Zerouali, « Jeunesses engagées: les nouvelles formes de mobilisation », sur Mediapart, (consulté le )
  33. « Stop Fisha, l’association qui lutte ardemment contre le cybersexisme - Radio Nova », sur https://www.nova.fr/ (consulté le )
  34. Camille Bouko-levy, « #StopFisha : les femmes en action contre le cybersexisme », (consulté le )
  35. « Qu'est-ce que le harcèlement de rue et comment le combattre ? », sur Marie Claire (consulté le )
  36. « Cyberviolences sexistes et sexuelles : à Poitiers, une exposition et un violentomètre », sur lanouvellerepublique.fr, (consulté le )

Liens externes

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