Structure circulaire de la colline de Papoúra

Structure circulaire de la colline de Papoúra
Disposition des structures archéologiques sur la colline crétoise de Papoúra.
Présentation
Civilisation
Surface
1 800 m2
Localisation
Localisation
Emplacement
Papoura (d)
Coordonnées
35° 13′ 12″ N, 25° 19′ 21″ E
Carte

La structure circulaire de la colline de Papoúra est un grand ensemble architectural, constitué de plusieurs cercles concentriques, daté entre 2000 et 1700 avant notre ère, situé au point culminant de la colline de Papoúra, au nord-ouest de la ville de Kastélli sur l'île de Crète, en Grèce.

Historique

La structure est découverte en juin 2024 lors des travaux préalables à la construction d'un système radar pour le nouvel aéroport international d’Héraklion à Kastélli[1]. En juin 2024, le ministère de la Culture et le ministère des Infrastructures et des Transports donnent la priorité à une fouille de sauvetage exploratoire du site en raison d'« une découverte unique et d'un intérêt exceptionnel »[2]. En juin 2025, le Conseil central d'archéologie donne toutefois son feu vert à l'installation de radars à proximité immédiate du site archéologique malgré les objections des autorités locales et des archéologues nationaux et internationaux[3],[4] et en l'absence de tout plan de conservation du site[5].

Description

L'ensemble architectural mesure environ 48 m de diamètre et couvre une superficie d'environ 1 800 m2. Il se compose de 8 anneaux de pierre superposés d'une épaisseur moyenne 1,40 m et d'une hauteur maximale de 1,70 m. Les fouilles de sauvetage ont permis d’identifier trois zones baptisées par les archéologues A, B et C. La zone A, d'un diamètre de 15 m environ, constitue le noyau central composé d'un cercle de 9,30 m de diamètre, avec une entrée monumentale située côté ouest. À l'intérieur, quatre murs dessinent une croix séparant quatre pièces identiques reliées par des ouvertures au centre. On suppose que l'ensemble était surmonté d'un plafond voûté. La zone B, d'une largeur maximale 6,90 m, est périphérique à la zone A. Elle comprend des pièces plus petites disposées en rayons et reliées par un couloir circulaire. Les espaces sont reliés les uns aux autres par des ouvertures étroites formant une « structure presque labyrinthique »[2],[6]. À l'origine, il s'agissait d'une cour ouverte qui fut ultérieurement compartimentée par l'ajout de cloisons internes. La zone C, la plus extérieure, est composée d'anneaux en terrasses entourés d'un mur polygonal[6]. Tous les murs de la structure sont construits en pierres assemblées à l'aide d'argile extraite sur place. Selon l'Euphorion des Antiquités d'Héraklion, il n'existe aucun équivalent à cette structure, ni en Crète ni dans d'autres régions de la mer Égée[6].

La maçonnerie soignée et la géométrie complexe des constructions impliquent des connaissances techniques et une organisation préalable à la construction. Selon les archéologues, la construction se serait déroulée en plusieurs phases entre et , soit à peu près au début de la période protopalatiale (en) (MM IB), incluant des périodes régulières de travaux de réparation et de renforts. Le matériel archéologique découvert a été principalement trouvés à l'intérieur ou autour des zones A et B, ce qui indique qu'il s'agit des principales zones fonctionnelles. La fonction précise du bâtiment demeure inconnue mais le matériel archéologique découvert (céramiques, lampes, vaisselle décorée en forme d'oiseaux) suggère que le site était très probablement un lieu où les habitants des environs se rassemblaient pour célébrer des fêtes communautaires ou des cérémonies religieuses. La découverte de grandes quantités d'ossements d'animaux indique qu'il s'agit d'un bâtiment communautaire où se déroulaient des sacrifices qui auraient pu impliquer « la consommation de nourriture, de vin et peut-être d'offrandes ». Le complexe architectural a constitué pendant plusieurs siècles un édifice culturel important pour les communautés locales. De la poterie néopalatiale a été découverte dans la couche de destruction, ce qui implique le site était encore fréquenté à l'époque archaïque (VIIe siècle av. J.-C.-VIe siècle av. J.-C.)[2],[6],[7]

Notes et références

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