Sussan Ley

Sussan Ley
Illustration.
Portrait officiel de Sussan Ley (2019).
Fonctions
Chef de l'opposition officielle d'Australie

(9 mois)
Premier ministre Anthony Albanese
Gouvernement Cabinet fantôme Ley
Législature 48e
Prédécesseur Peter Dutton
Successeur Angus Taylor
Chef du Parti libéral d'Australie

(9 mois)
Élection 13 mai 2025
Prédécesseur Peter Dutton
Successeur Angus Taylor
Ministre de la Santé et des Sports

(2 ans et 21 jours)
Premier ministre Tony Abbott
Malcolm Turnbull
Gouvernement Abbott
Turnbull I et II
Prédécesseur Peter Dutton
Successeur Greg Hunt
Représentante d’Australie

(24 ans, 3 mois et 17 jours)
Élection 10 novembre 2001
Réélection 10 novembre 2004
24 novembre 2007
21 août 2010
7 septembre 2013
2 juillet 2016
18 mai 2019
21 mai 2022
3 mai 2025
Circonscription Farrer
Législature 40e, 41e, 42e, 43e, 44e, 45e, 46e, 47e et 48e
Groupe politique Coalition Libs-Nats
Prédécesseur Tim Fischer
Successeur David Farley
Biographie
Nom de naissance Susan Penelope Braybrooks
Date de naissance
Lieu de naissance Kano, État de Kano (Fédération du Nigeria)
Nationalité Britannique (anciennement),
Australienne
Parti politique Parti libéral d'Australie
Diplômée de Université La Trobe (licence)
Université Charles Sturt (Master)

Image illustrative de l’article Sussan Ley

Sussan Penelope Ley, née Susan Penelope Braybrooks[1] le à Kano[2], est une femme politique australienne. Son nom se prononce « Susan Lee »[3],[4].

Biographie

Jeunesse

Fille de parents britanniques, plus précisément anglais, elle naît au Nigeria peu après l'indépendance de ce pays. Sa famille émigre aux États de la Trêve (les actuels Émirats arabes unis) lorsqu'elle a un an, et c'est là qu'elle grandit. Son père travaille pour le MI6, le servics de renseignement britannique, et la famille vit successivement à différents endroits des émirats ; sa mère est infirmière. Elle est scolarisée dans une école anglophone locale, puis envoyée en pensionnat dans le Sussex, en Angleterre à l'âge de 10 ans. En , la famille émigre en Australie, s'installant initialement comme éleveurs à Toowoomba. Ne parvenant pas à vivre de cette activité, ils déménagent à Canberra après seulement quelques mois, et son père trouve un emploi dans la police fédérale[5],[1],[6],[7].

Sussan Ley déteste sa scolarité à Canberra, étant moquée par ses camarades de classe en raison de son accent anglais[1]. Adolescente, elle s'adonne au punk rock, adoptant « des cheveux violets en piques, du noir à lèvres et de nombreux piercings », des lunettes de soleil orange vif, « un collier pour chiens autour du coup et une lame de rasoir dans l'oreille », tout en ayant des idées politiques conservatrices[5],[1],[6]. À la fin de sa scolarité, elle change officiellement son prénom en « Sussan », y rajoutant un « s » car elle est convaincue par la numérologie que le nombre de lettres dans son nom peut influer sur son destin[5],[6]. À l'âge de 19 ans elle prend des cours de vol, qu'elle finance en ayant trois emplois simultanés (dont un emploi de serveuse et un comme femme de ménage dans un magasin) ; elle obtient son brevet de pilote à 20 ans. Elle trouve alors un emploi comme contrôleuse aérienne à Sydney, avant de s'établir sur une ferme près de Thargomindah (en) dans le Queensland, où elle est pilote puis cuisinière. Elle y épouse un agriculteur, s'installe avec lui sur la ferme de sa famille (à lui), et le couple a trois enfants[5],[8],[1].

Trentenaire, elle étudie l'économie à temps partiel à l'université La Trobe, tout en élevant ses jeunes enfants (elle apporte parfois son bébé en classe) et en travaillant à la ferme. Après sa licence, elle trouve un emploi au bureau des impôts à Albury, en Nouvelle-Galles du Sud, et étudie dans le même temps pour un Master de gestion à l'université Charles Sturt. Ses études, étant faites à temps partiel, lui prennent en tout dix ans[8],[1],[2],[7].

Carrière politique

Elle adhère au Parti libéral et remporte la circonscription de Farrer, immense circonscription rurale où se trouve Albury, lors des élections législatives fédérales de 2001 ; elle entre ainsi à la Chambre des représentants d'Australie[2]. Vice-présidente du groupe parlementaire d'amitié avec la Palestine, elle passe dix jours en Cisjordanie en 2011 et, à son retour, délivre un discours à la Chambre en faveur d'un État palestinien[6].

Le , elle entre au gouvernement du Premier ministre Tony Abbott comme ministre de la Santé et ministre des Sports. Le , le nouveau Premier ministre Malcolm Turnbull la conserve à ces fonctions tout en la nomme aussi ministre des Soins pour les Personnes âgées. Elle démissionne de ses ministères le en raison d'un scandale dû à l'utilisation de fonds publics à des fins personnelles par plusieurs ministres et parlementaires ; Sussan Ley a utilisé de l'argent public pour se rendre à deux fêtes organisées par un riche homme d'affaires proche du parti[2],[9].

Le , le Premier ministre Scott Morrison la nomme ministre de l'Environnement[2]. À ce poste, elle fait appel avec succès d'une décision de justice qui lui enjoint de prendre en compte l'effet du réchauffement climatique sur la santé publique, notamment des enfants, avant d'approuver l'ouverture de nouvelles mines de charbon[10]. En 2022, peu avant les élections législatives, elle abroge les plans de sauvegarde de cent-soixante-seize espèces menacées et de leurs habitats naturels, notamment le diable de Tasmanie[11].

Le Parti libéral et ses alliés perdent les élections législatives fédérales de 2022, et Sussan Ley quitte son ministère le [2]. Le , elle devient la vice-cheffe du parti, adjointe à Peter Dutton[2].

Menant une campagne très marquée à droite, Peter Dutton mène le parti au pire résultat de son histoire lors des élections législatives fédérales de 2025 et, le , le parti choisit Sussan Ley comme nouvelle cheffe, et de ce fait comme cheffe de l'opposition parlementaire face au gouvernement travailliste d'Anthony Albanese. Elle devient alors la première femme à diriger son parti, ainsi que la première à occuper le rôle de cheffe de l'opposition. Son élection est perçue comme une volonté du parti de renouer avec un centre-droit modéré[5],[6].

Seulement quelques jours après son élection, le , le Parti national d'Australie annonce rompre la Coalition l'unissant au Parti libéral depuis 1987[12]. Un accord est finalement conclu entre Ley et le chef du Parti national David Littleproud pour reformer l'alliance le [13].

En , elle critique la décision du gouvernement Albanese de reconnaître l'État de Palestine pendant la guerre de Gaza[14].

Le , l'ensemble des membres du cabinet fantôme issus du Parti national annoncent leur démission[15]. David Littleproud annonce alors la fin de la Coalition, marquant la deuxième rupture de l'alliance en moins d'un an[16]. Nationaux et libéraux trouvent toutefois un nouvel accord pour la reformer le [17].

Le , son ministre fantôme de la défense et rival lors de l'élection à la direction de 2025, Angus Taylor démissionne du cabinet fantôme, expliquant que le Parti libéral est dans la « pire situation » depuis sa création et ne plus avoir confiance à Sussan Ley pour le diriger[18]. Plusieurs autres membres du cabinet fantôme annoncent alors également leur démission et une élection interne est convoquée pour le [19]. Ley ne remporte que 17 voix lors de ce scrutin, tandis que Taylor en remporte 34 et lui succède à la tête du parti et de l'opposition[20]. Quelques heures après sa défaite, elle annonce son intention de démissionner en cours de législature de son mandat à la Chambre des représentants au cours des semaines à venir et de quitter la vie politique[21]. Sa démission le 27 février[22] entraîne une élection partielle dans sa circonscription de Farrer, remportée par le parti Une Nation ; c'est la première fois que ce parti d'extrême-droite obtient un siège à la Chambre des représentants[23].

Références

  1. (en) "Sussan Ley", Migration Heritage Centre, Nouvelle-Galles du Sud
  2. (en) "LEY, the Hon. Sussan Penelope", Bibliothèque du Parlement d'Australie
  3. (en) "Why Sussan Ley has an extra ‘s’ in her name", News.com.au, 10 janvier 2017
  4. (en) "Littleproud and Ley in crisis talks as they seek to reunite Coalition", Australian Broadcasting Corporation, 22 mai 2025
  5. (en) "Liberal Party names first female leader after historic Australia election loss", BBC News, 13 mai 2025
  6. (en) "From Nigeria to Canberra: The rise of Sussan Ley, the Liberal Party's first female leader"', Special Broadcasting Service, 13 mai 2025
  7. (en) "Sussan Ley - Master of Accountancy - 2000", université Charles Sturt
  8. (en) "From punk rocker to tax policy expert: who is Sussan Ley, Australia’s first female opposition leader?" The Guardian, 13 mai 2025
  9. (en) "Sussan Ley quits as health minister as Malcolm Turnbull flags political expenses reform", Australian Broadcasting Corporation, 13 janvier 2017
  10. (en) "Climate duty of care ruling overturned but lawfare to continue", The Australian Financial Review, 16 mars 2022
  11. (en) "Coalition scrapped recovery plans for 176 threatened species and habitats in one of its final acts", The Guardian, 1er juin 2022
  12. (en) Tom McIlroy, « Nationals split from Coalition as Sussan Ley says Liberal party’s door ‘remains open’ », sur The Guardian, (consulté le )
  13. (en) Dan Jervis-Bardy, Josh Butler et Tom McIlroy, « Liberals and Nationals reach agreement to reunite Coalition a week after dramatic split », sur The Guardian, (consulté le )
  14. (en) Jake Evans, « Albanese announces Palestinian recognition, saying war in Gaza has gone too far », sur Australian Broadcasting Corporation, (consulté le )
  15. (en) Tom McIlroy, Krishani Dhanji et Dan Jervis-Bardy, « Coalition in crisis as entire Nationals frontbench quits after division over Labor’s hate speech laws », sur The Guardian, (consulté le )
  16. (en) Tom Crowley, « Coalition splits for second time since election after Nationals quit shadow cabinet », sur Australian Broadcasting Corporation, (consulté le )
  17. (en) Dan Jervis-Bardy, « Coalition reunites after Sussan Ley brokers deal with David Littleproud to end second split », sur The Guardian, (consulté le )
  18. (en) Dan Jervis-Bardy, « Angus Taylor resigns from shadow cabinet before expected Liberal leadership challenge », sur The Guardian, (consulté le )
  19. (en) Tom McIlroy et Dan Jervis-Bardy, « Who is Angus Taylor? Long touted as a Liberal leader, some colleagues see only style and no substance », sur The Guardian, (consulté le )
  20. (en) Tom McIlroy et Josh Butler, « Angus Taylor becomes opposition leader after defeating Sussan Ley in Liberal party leadership ballot », sur The Guardian, (consulté le )
  21. (en) Josh Butler, « Sussan Ley to quit politics after being deposed as Liberal leader, triggering contentious byelection », sur The Guardian, (consulté le )
  22. (en) "Former Liberal leader Sussan Ley resigns from parliament", News.com.au, 27 février 2026
  23. (en) "One Nation wins Farrer byelection as Liberal vote crashes", The Conversation, 9 mai 2026
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