Sylvie Noachovitch

Sylvie Noachovitch
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Sylvie Noachovitch, née le à Montmorency, est une avocate et chroniqueuse de télévision française.

Elle est adjointe au maire d'Enghien-les-Bains et s'est présentée plusieurs fois aux élections législatives dans le Val-d'Oise, sous l'étiquette UDF puis celle de l'UMP.

Carrière

Avocate

En 1986, Sylvie Noachovitch obtient une maîtrise en droit des affaires, mention carrières judiciaires et, en 1988, un DEA en droit des affaires. Le , elle prête serment et devient avocate, après avoir préparé le CAPA à l'IEJ de l'université Paris II-Assas et suivi les cours de formation d’élève avocat au CFRPA de Paris.

En 1990, elle crée son cabinet à Enghien-les-Bains et, en 1997, en crée un second dans le 16e arrondissement de Paris. En 2016, elle obtient un certificat de spécialisation en droit pénal auprès du Conseil national des barreaux.

Elle a plaidé dans plusieurs affaires médiatisées :

En 1994, elle représente, en qualité de partie civile, les enfants et petits-enfants de Chapour Bakhtiar, dernier Premier ministre du shah d'Iran, assassiné à son domicile le .

En 1996, elle représente Raphaël Maillant, condamné le par la cour d'assises d'Épinal à 17 ans de réclusion pour le meurtre de son ex-petite amie, Valérie Bechtel. Accusé par son meilleur ami Yann Bello d'avoir tué la jeune femme au cours d'un cambriolage qui a mal tourné[note 1], Maillant a toujours nié avoir commis ce crime[1]. Sylvie Noachovitch assiste Raphaël Maillant dans sa demande de révision rejetée. Cette affaire a fait l'objet d'un documentaire intitulé Ils ont dit coupable…, réalisé par Philippe Pichon et diffusé sur France 2 le . En , à la suite du meurtre de Charlène Bello en dont le principal suspect est Yann Bello, ancien ami de Raphaël Maillant, elle dépose une nouvelle requête en révision du procès[2]. Le , la Commission de révision des condamnations pénales accepte la saisine de la Cour de révision[3] mais le , la requête est rejetée[4].

En 1997, elle assure la défense des intérêts de l'ancien directeur de cabinet d'Alain Carignon dans l'affaire Dauphiné News.

En 2002, elle assure la défense en appel de Florent Brissot, condamné initialement à 10 ans de prison en 2001 et finalement acquitté en 2002.

Depuis 2008, elle représente les intérêts d'Omar Raddad, qui demande la révision de son procès dans l'affaire du meurtre de Ghislaine Marchal en 1991. En 2014, elle obtient la réouverture du dossier et Eric Bedos[5] du parquet de Nice ordonne une expertise afin que des prélèvements ADN soient réalisés sur certains scellés[6]. En 2016, l'analyse de ces prélèvements révèle la présence de 4 ADN différents de celui d’Omar et mélangés au sang de la victime dans la fameuse phrase « Omar m'a tuer »[7]. En 2021, Maître Sylvie Noachovitch dépose auprès de la commission d’instruction de la Cour de révision une requête en révision du procès, et obtient le un supplément d'information[8]. Le , la commission d’instruction de la Cour de révision ordonne un nouveau supplément d’informations dont l’audition de témoins et renvoie l’affaire au [9]. Le , reprenant la même rhétorique et les mêmes arguments que la Cour de révision en 2002, la Commission d'instruction rejette cette deuxième requête. À la sortie de la Cour de cassation, Me Noachovitch se dit alors scandalisée, déclarant « Aujourd'hui, l'affaire Omar Raddad est une des plus terribles erreurs judiciaires du XXIe siècle », ajoutant « Je ne lâcherai jamais Omar Raddad »[10]. Elle annonce saisir la Cour européenne des droits de l'homme, qui avait déjà débouté l'ancien jardinier à deux reprises en 1996 et 2005.

En 2009, elle obtient l'acquittement des frères Snatah dans un arrêt rendu par la cour d'assises de Dijon[11].

En 2013, elle assiste Lucie Dalmasso, accusée d’avoir commandité le meurtre de son père perpétré par son petit ami de l’époque. Maître Sylvie Noachovitch a obtenu son non-lieu par la chambre d’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Elle se constitue partie civile et est reconnue comme victime par la Cour d’assises des Alpes Maritimes, qui a rendu un arrêt de condamnation contre l’ex petit ami, auteur du meurtre de Christophe Dalmasso et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité. Ce jugement est rendu par contumace puisque le meurtrier s’est enfui dès qu’il a été placé sous contrôle judiciaire, en cours d’instruction[12].

En 2020, elle représente une patiente de l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, violée par un infirmier alors qu’elle était sous l’empire de médicaments qu’il lui avait administrés. L’infirmier a été condamné à 14 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises des Hauts-de-Seine. Il a également l’interdiction d’exercer toute profession médicale ou paramédicale. Maître Sylvie Noachovitch a également obtenu une mesure de suivi socio-judiciaire à la sortie de prison, avec une injonction de soin et l’interdiction de rentrer en contact avec la victime[13].

En 2022, elle représente Mamadou Diallo, accusé du meurtre en 2008 de Catherine Burgod dans un bureau de poste à Montréal-la-Cluse. Alors que l'enquête s'était dans un premier temps concentrée sur la piste de l'acteur Gérald Thomassin, Mamadou Diallo a finalement été confondu par son ADN près de dix ans après les faits[14]. Fin 2019, le juge d'instruction chargé de l'affaire convoque Mamadou Diallo et Gérald Thomassin pour une confrontation, mais Gérald Thomassin ne se présente pas. L'acteur est porté disparu depuis le [15]. Le , Mamadou Diallo est acquitté du chef d'accusation de meurtre « au bénéfice du doute », mais condamné à deux ans de prison, déjà effectués en détention provisoire, pour le vol d'une liasse de billets qu'il reconnaît avoir commis lorsqu'il s'est rendu sur les lieux du crime[16]. Le parquet, qui avait requis 30 ans, a fait appel[17]. Le , Mamadou Diallo a finalement été condamné à 16 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'appel de Lyon[18]. Cette condamnation a été définitivement confirmée par la Cour de cassation, le [19].

En , elle représente la famille d'Adélissa Mujanovic, une jeune femme de 21 ans étranglée par son conjoint. Sylvie Noachovitch obtient sa condamnation par la Cour d’assises du Doubs à 24 ans de réclusion criminelle ainsi que la perte de ses droits parentaux sur sa fille, âgée de 13 mois au moment des faits[20].

Médias

Sylvie Noachovitch est connue pour ses participations à l'émission Sans aucun doute sur TF1 de à , puis de nouveau de à sur TMC et à l'émission Ça peut vous arriver sur RTL, en tant qu'avocate et chroniqueuse. À partir de , elle intervient deux ou trois fois par semaine dans la version télévisée de Ça peut vous arriver, diffusée du lundi au vendredi en fin de matinée sur M6.

Elle a participé régulièrement aux émissions de TF1 Les Sept Péchés capitaux et Le Quiz, toutes deux animées par Julien Courbet. Elle a également participé à d'autres programmes comme Le Droit de savoir, C'est au programme, Ça se discute ou encore Confessions intimes.

En , elle suit Julien Courbet qui quitte TMC pour D8 et devient chroniqueuse occasionnelle dans l'émission Touche pas à mon poste !

Le , elle rejoint l'émission Faut pas abuser également présentée par Julien Courbet sur C8. Ensuite, à compter de , elle intervient régulièrement dans l'émission C'est que de la télé !, toujours présentée par Julien Courbet sur C8.

Politique

En 2001, Sylvie Noachovitch est élue conseillère municipale de la commune d'Enghien-les-Bains.

Elle se porte candidate UDF à l'élection législative de 2002 dans la septième circonscription du Val-d'Oise. Au premier tour, elle arrive quatrième avec 7,27 % des voix[21].

En juin 2007, elle est candidate UMP à l'élection législative dans la huitième circonscription du Val-d'Oise, face au député PS sortant Dominique Strauss-Kahn. Après être arrivée en tête au premier tour avec 37,4 % des voix, elle est battue au second tour, avec 44,5 % des voix[22],[23].

Quelques mois plus tard, à la suite de la démission de Dominique Strauss-Kahn, parti diriger le FMI, une élection législative partielle est organisée dans la circonscription. Cette élection arrive après les émeutes fin novembre de Villiers-le-Bel, l'une des trois communes (avec Sarcelles et Garges-lès-Gonesse) composant la circonscription électorale. Sylvie Noachovitch, à nouveau investie par l'UMP, est battue au second tour par François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, avec 45,66 % des voix, dans une élection marquée par une très forte abstention (74 % et 69 %)[24].

Lors de l'élection municipale de 2008, elle conduit une liste UMP à Villiers-le-Bel, qui est battue dès le premier tour par la liste du maire sortant, Didier Vaillant (PS). Elle obtient 38,48 % des suffrages exprimés, alors que la liste d'union de la gauche en obtient 61,32 %[25]. Elle siège ensuite comme conseillère municipale d'opposition : en , elle déclare vouloir arrêter la politique, en raison notamment des épisodes éreintants qu'elle a vécus[26].

En 2014, elle redevient conseillère municipale de la majorité à Enghien-les-Bains, où elle devient adjointe au maire, déléguée au Tourisme et au Thermalisme[27].

Polémique

Le , durant la campagne de l'entre-deux-tours de la campagne législative de 2007, Le Canard enchaîné rapporte que, lors d'un délibéré du jury d'un prix littéraire dont elle est membre, le prix du comte de Monte-Cristo, Sylvie Noachovitch aurait déclaré, alors que la conversation portait sur la réputation de « séducteur » de Dominique Strauss-Kahn : « Moi, mon mari peut dormir tranquille. Dans ma circonscription, il n'y a que des Noirs et des Arabes. L'idée de coucher avec l'un d'entre eux me répugne. » Deux jours après la parution de l'article du Canard enchaîné, la candidate est agressée sur le marché de Sarcelles[28].

Elle porte plainte contre le journaliste Nicolas Poincaré qui avait confirmé la tenue des propos que lui prêtait Le Canard enchaîné : relaxé en première instance, Nicolas Poincaré est condamné en appel pour son manque de prudence dans l'expression[29],[30].

Sylvie Noachovitch attaque également Le Canard enchaîné en diffamation, mais finit par retirer sa plainte en , avant la tenue du procès[31]. L'hebdomadaire poursuit alors l'avocate pour procédure abusive, mais il est débouté[32].

Ces propos supposés lui valent d'être primée par l'association Les Indivisibles d'un Y'a bon Award en 2009[33].

Publications

  • Sylvie Noachovitch et Claude Alexi, L'Avocate et le Voyant, Éditions Michel Lafon, (ISBN 978-2-8409-8523-5).
  • Sylvie Noachovitch et Georges Fenech, Omar Raddad, un combat pour la vérité, Éditions du Rocher, , 180 p. (ISBN 978-2-2681-0781-3).

Références télévisuelles

En 1999, elle est l’héroïne de l'épisode Femme de robe (saison 1, épisode 247) de la série Strip-tease.

En 2002, elle est fictionnée par la série télévisée française Action Justice, diffusée en 3 épisodes de 90 minutes entre le et le , et dont elle est co-auteure. Sylvie Noachovitch est incarnée par Alexandra KAZAN, qui joue le rôle d’une avocate luttant contre les erreurs judiciaires. La série est diffusée par France 3 et rediffusée sur Action 13e Rue, Canal Jimmy, et Série Club.

Notes et références

Notes

  1. Bello qui a participé au cambriolage a, lui, écopé de 2 ans pour vol et recel de cadavre[1].

Références

  1. « Raphaël Maillant, le Vosgien qui a pris 17 années de réclusion pour le meurtre en 1991, devant la Cour de cassation aujourd’hui », sur estrepublicain.fr, .
  2. Raphaël Maillant sur M6
  3. Raphaël Maillant : un pas vers la révision, Le Républicain Lorrain, 5 juillet 2013
  4. Corinne Audouin, « Fin de partie pour Raphaël Maillant », sur franceinter.fr, .
  5. « "Que l'on fasse enfin parler l'ADN!": dans l'ombre d'Omar Raddad depuis 30 ans, ce détective privé raconte sa contre-enquête », sur Nice-Matin, (consulté le )
  6. Etienne Jacob, « «Omar m'a tuer»: des analyses génétiques relancent l'affaire Raddad », Figaro,‎ (lire en ligne)
  7. « Affaire Omar Raddad : l’ADN retrouvé sur des scellés n’est pas celui du jardinier », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Affaire Omar Raddad : la justice autorise la réouverture du dossier, France 24, 16 décembre 2021 »
  9. « Affaire Omar Raddad : de nouvelles pistes vont être examinées, Le Point, 20 mai 2022 »
  10. « Déclaration de Sylvie Noachovitch suite à la deuxième requête en révision du procès d'Omar Raddad », sur https://www.maitre-noachovitc,
  11. Emmanuelle Bouland, « Acquittés de Mâcon : la famille Snatah étranglée par les dettes après les Assises », sur lejsl.com,
  12. « Lucie Dalmasso: "Je suis la seconde victime de Borba", Nice-matin, 22 mars 2013 »
  13. « L’infirmier avait violé une patiente à l’Hôpital américain de Neuilly : quatorze ans de prison, Ouest France, 21 septembre 2020 »
  14. « Affaire Thomassin : un nouveau suspect pour le meurtre de la postière », sur europe1.fr, (consulté le )
  15. « Le 28 août 2019, Gérald Thomassin, des César aux faits divers, », sur SudOuest.fr, (consulté le )
  16. Le Monde avec AFP, « Meurtre de la postière Catherine Burgod : Mamadou Diallo acquitté « au bénéfice du doute » »,
  17. Lyon Mag, « Meurtre d'une postière dans l'Ain : un procès en appel devant la cour d'Assises du Rhône », sur Lyon Mag,
  18. Par Cyril Michaud et correspondant à LyonLe 19 octobre 2023 à 18h50, « Meurtre de la postière de l’Ain : 16 ans de prison pour Mamadou Diallo en appel », sur leparisien.fr, (consulté le )
  19. Ouest-France, « Meurtre d’une postière dans l’Ain : la cour de cassation confirme la condamnation de Mamadou Diallo »,
  20. « Meurtre d'Adelissa à Mandeure : 24 ans de réclusion criminelle pour le compagnon de la victime, France Bleu Région, 6 juillet 2022 »
  21. Site du ministère de l'Intérieur
  22. La folle semaine de Noachovitch, Le Parisien, 19 juin 2007
  23. Ministère de l'Intérieur
  24. Val-d'Oise : Pupponi succède à DSK à l'Assemblée, Le Nouvel Observateur, 17 décembre 2007.
  25. Source : Cahier élections municipales publié par le Monde, édition datée du 11 mars 2008.
  26. Marie Poussel, « Sylvie Noachovitch : la désillusion », Le Parisien, 20 août 2008.
  27. « Liste des élus », sur enghienlesbains.fr, Ville d'Enghien-les-Bains (consulté le ).
  28. L'UMP Sylvie Noachovitch agressée sur un marché de Sarcelles, Le Nouvel Observateur, 16 juin 2007.
  29. « Noachovitch gagne son procès et “retrouve son honneur” », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  30. « JUSTICE : Nicolas Poincaré devra verser un euro symbolique à Noachovitch », sur Le Nouvel Observateur, .
  31. « United Color of Sarcelles (suite et fin) », Le Canard enchaîné, 24 février 2010, p. 8.
  32. Le Canard Enchaîné débouté, Le Figaro, 2 avril 2010
  33. « Raoult, Finkielkraut, Sevran... vainqueurs des «Y'a bon awards» », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).

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