Symphonie no 3 de Rachmaninov

Symphonie no 3 en la mineur
Opus 44
Image illustrative de l’article Symphonie no 3 de Rachmaninov
Rachmaninov

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 3
Musique Sergueï Rachmaninov
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative 42 minutes
Dates de composition 1935-1936
Création
Philadelphie
Interprètes Leopold Stokowski (direction)
Versions successives

La Symphonie no 3 en la mineur opus 44 est l'ultime symphonie de Sergueï Rachmaninov. Composée de 1935 à 1936, elle est créée le à Philadelphie sous la direction de Leopold Stokowski. La composition de la 3e Symphonie demanda à Rachmaninov tant de travail que, au bas du manuscrit, il y a d'inscrit « Fini ! Dieu soit loué ! ».

Composition

Rachmaninov composa sa troisième Symphonie après avoir écrit sa Rhapsodie sur un thème de Paganini et ses Variations sur un thème de Corelli. Il arriva à sa Villa Senar nouvellement construite sur le lac des Quatre-Cantons en Suisse fin avec la perspective d'écrire une symphonie. Cependant, une cure de trois semaines à Baden-Baden en juillet, ainsi qu'un hiatus de deux semaines en août, mirent Rachmaninov en retard. Cinq jours avant de quitter Senar et la fin de ses vacances d'été, Rachmaninov écrit à Satina avec quelque insatisfaction : « J'ai fini les deux tiers sous forme propre mais le dernier tiers de l'œuvre à l'état d'ébauche. Si vous tenez compte que les deux premiers tiers ont pris soixante-dix jours de travail intense, pour le dernier tiers – trente-cinq jours – il n'y a pas assez de temps. Les voyages commencent et je dois me remettre à jouer du piano. Donc il semble que mon travail sera mis de côté jusqu'à l'année prochaine »[1].

Vers la fin de la saison de concerts 1935-36, des récitals en Suisse permirent à Rachmaninov de faire une brève visite à Senar. Le travail sur le dernier mouvement dut attendre que le compositeur arrive à Senar le pour les vacances d'été. Le , le compositeur rapporta à Satina : « Hier matin j'ai fini mon travail, dont vous êtes la première à être informée. C'est une symphonie. Sa première exécution est promise à Stokowski — probablement en novembre. De toutes mes pensées je remercie Dieu d'avoir pu le faire ! »[2] Rachmaninov arriva en Amérique juste à temps pour les répétitions finales de la création de l'œuvre.

Orchestration

La symphonie est orchestrée pour orchestre complet avec 3 flûtes (la 3e doublant le piccolo), 3 hautbois (le 3e doublant le cor anglais), 2 clarinettes en la et si♭, clarinette basse en la et si♭, 2 bassons, contrebasson, 4 cors, 2 trompettes en la et si♭, 1 trompette contralto (en) en fa, 3 trombones, tuba, timbales, cymbales, grosse caisse, caisse claire, triangle, tambourin, tam-tam, xylophone, 2 harpes (ou harpe et petit piano droit), célesta, et cordes.

Structure

Si la symphonie ne contient que trois mouvements, le deuxième mouvement occupe la moitié de la pièce — une innovation structurelle avec des similitudes marquées avec la troisième Symphonie d'Antonín Dvořák[3]. L'œuvre emploie la forme cyclique, avec l'usage subtil d'un leitmotiv, habituel dans l'œuvre de Rachmaninov, ainsi que des références au chant Dies iræ[4].

La symphonie est divisée en trois mouvements :

  1. Lento - Allegro moderato en la mineur
  2. Adagio non troppo - Allegro vivace en do dièse mineur
  3. Allegro en la majeur
  • Durée d'exécution : quarante-deux minutes.

Reconnaissance de l'œuvre

Il fallut du temps à la 3e symphonie pour être appréciée par les chefs et les auditeurs. Rachmaninov en dit : « En faisant le compte des admirateurs de cette œuvre, j'ai réussi à relever trois doigts. Le premier pour sir Henri Wood, le deuxième pour le violoniste Busch, et le troisième - je m'excuse - pour moi ! Quand j'aurai épuisé tous les doigts des deux mains, j'arrêterai de compter. Simplement, quand cela arrivera-t-il [5]? »

À la suite de la réévaluation de l'œuvre de Rachmaninov dans les années 1970, la symphonie a été vue sous un jour plus favorable et a été fréquemment jouée et enregistrée.

Enregistrements notables

Discographie sélective

Références

  1. ↑ Sergei Bertensson et Jay Leyda, Sergei Rachmaninoff—A Lifetime in Music, New York University Press, , 313-314 p.
  2. ↑ Sergei Bertensson et Jay Leyda, Sergei Rachmaninoff—A Lifetime in Music, New York University Press, , p. 320
  3. ↑ Max Harrison, Rachmaninoff: Life, Works, Recordings, Continuum, , p. 309
  4. ↑ Robert Matthew-Walker, Rachmaninoff, Omnibus Press, , p. 118
  5. ↑ Jacques-Emmanuel Fousnaquer, Rachmaninov, Seuil, 1994 (ISBN 2-02-013699-6)

Bibliographie

  • Jacques-Emmanuel Fousnaquer, Rachmaninov, Seuil, 1994 (ISBN 2-02-013699-6)
  • François-René Tranchefort, Guide de la musique symphonique, éd.Fayard 1989, p. 611

Article connexe

Liens externes

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