Synagogue de Liège

Synagogue de Liège
Image illustrative de l’article Synagogue de Liège
La synagogue.
Présentation
Culte Religion juive
Type Synagogue
Fin des travaux 1899
Architecte Joseph Rémont
Style dominant Éclectisme
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (2005, no 62063-CLT-0421-01)
Site web https://www.jewishcom.be/FR/comm_liege.html
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Ville Liège
Coordonnées 50° 38′ 01,34″ nord, 5° 34′ 33,45″ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Synagogue de Liège

La synagogue de Liège est un monument majeur de la communauté israélite liégeoise. Érigée en 1899 par l'architecte Joseph Prémont, elle constitue un riche témoignage du style éclectique de la fin du XIXe siècle. Classée depuis 2005 au patrimoine immobilier de la Région wallonne, elle demeure un lieu de culte actif ainsi qu'un centre culturel et historique important.

Histoire

La synagogue, conçue par l'architecte Joseph Prémont, est inaugurée en 1899 au no 19 de la rue Léon Frédéricq (anciennement rue de la Boverie)[1],[2],[3]. Ayant succédé à d'autres lieux de culte établis successivement en divers points de la ville (notamment l'ancienne chapelle de l'hospice Saint-Julien, dans le quartier d'Outremeuse), elle fixe définitivement la tradition du culte israélite à Liège[1],[3].

La synagogue subit des dégâts architecturaux légers lors du tremblement de terre qui frappe la région en 1983. Des stigmates sont encore visible en 1999 mais les travaux de restaurations sont bientôt terminés pour accueillir, le de la même année, le grand-rabbin de France, à l'occasion du centenaire de sa construction[4],[5].

La synagogue est classée comme monument historique par la Région wallonne par arrêté du , publié au Moniteur belge le [6],[2].

Attentat de mars 2026

Le , une explosion se produit devant la synagogue, peu avant 4 heures du matin. Selon le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, elle est d’origine criminelle[7]. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, dénonce un acte antisémite et terroriste[8],[9]. On déplore seulement des dégâts matériels[7]. L'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White (en), se rend sur place[10] et l'attentat est évoqué le jour-même par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, dans son discours d'ouverture de la session plénière du 9 au [11].

Architecture

Architecture de la porte d'entrée.

L'architecture de cette construction illustre l'éclectisme du XIXe siècle dans ses emprunts aux styles romano-byzantin, mauresque et néo-toscan.

La façade principale de la synagogue, donnant sur la rue Léon Frédéricq, est représentative du néo-classique de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle est surtout caractérisée par une alternance de bandeaux de pierre blanche et tuffeaux rouges et par ses deux tours coiffées de dômes ovoïdes.

L'intérieur de l'édifice, vaste espace réservé au culte, présente une grande harmonie de lignes et de tons.

La communauté

La communauté de Liège est assez récente, étant donné que les Juifs n'étaient pas tolérés dans la principauté de Liège. Ce n'est qu'avec la révolution liégeoise de 1795 et l'instauration de l'égalité des droits civils et politiques que les juifs sont autorisés à y résider. Les premiers Juifs de Liège viennent du Limbourg néerlandais puis, au XIXe siècle, ils arrivent de Pologne, de Hongrie et de Roumanie, principalement pour travailler dans les usines liégeoises, ou comme étudiants dans les hautes-écoles de Liège qui ne pratiquent pas de quotas pour les Juifs, comme c'est le cas en Roumanie.

Avant la Shoah, 2 560 Juifs résident à Liège ; 60 % d'entre eux sont d'origine polonaise. De nombreux Juifs sont cachés par la population liégeoise et échappent ainsi à la déportation (Mgr Louis-Joseph Kerkhofs cache de nombreux Juifs liégeois au séminaire de Liège et à Banneux). Quelque 700 d'entre eux sont déportés. Après les départs en Israël, la communauté compte aujourd'hui[Quand ?] 800 membres (dont une majorité non religieuse).

Après la guerre, quelques Juifs libanais et syriens viennent s'ajouter à la communauté jusque-là essentiellement ashkénaze. Au XXIe siècle, cette petite communauté survit grâce à la présence d'étudiants français. Quelques israéliens (travaillant notamment pour l'aéroport de Liège) sont venus s'y ajouter. Il n'y a pas de magasins casher (seul le magasin « spécialités polonaises » vend quelques produits) ni d'école juive à Liège, ce qui rend la vie de la communauté difficile. En marge de la communauté, le Foyer culturel juif de Liège organise occasionnellement des conférences sur le judaïsme, la Shoah, etc.

Liste des rabbins et personnalités de la communauté

  • Moise Eskenazi, qui a officié dans cette communauté de 1965 à 2000.
  • Joseph Wizel, résistant juif wallon.
  • Paul Fremder, résistant juif wallon.
  • Jean Gol, vice-Premier ministre (1942-1995).
  • Georges Gutelman, ingénieur, homme d'affaires et acteur de l'opération Moïse.
  • Louis Hillier, compositeur de la musique du Chant des Wallons.
  • Josif Lepchivcher, ministre officiant de Liège[12]
  • Jacques Lipszyc (1924-2019), président de la communauté et consul général honoraire d'Israël à Liège[13]
  • Georges Montefiore, industriel et mécène (1832-1906).
  • Joshua Nejman officie actuellement[Depuis quand ?] dans cette communauté[14].

Notes et références

  1. « La communauté israélite de Liège », sur Consistoire Central Israélite de Belgique (consulté le )
  2. « Liège - patrimoine juif, histoire juive, synagogues, musées, quartiers et sites juifs », sur JGuide Europe (consulté le )
  3. Lily Portugaels, « Le Web des juifs de Liège », sur La Libre.be, (consulté le )
  4. « Un siècle de judaïsme à Liège En présence du grand rabbin de France », sur Le Soir, (consulté le )
  5. Philippe Bodeux et Daniel Conraads, « Commémoration du centième anniversaire de la synagogue : Les juifs liégeois remercient leur terre d'asile. Quinze nouveaux Justes parmi les nations », Le Soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Biens classés et zones de protection », sur territoire.wallonie.be (consulté le )
  7. « Explosion devant la synagogue à Liège : un acte 'criminel' et 'antisémite', selon le bourgmestre - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  8. « Explosion devant une synagogue à Liège : Bernard Quintin dénonce un « acte antisémite abject » », sur Le Soir, (consulté le )
  9. « Un acte « antisémite » et « terroriste » : Bernard Quintin sans ambiguïté sur l’explosion devant la synagogue de Liège », sur RTL Info, (consulté le )
  10. « Liège : une explosion a eu lieu devant une synagogue, sans faire de blessé ; les autorités dénoncent un « acte antisémite abject » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Ouverture de la session plénière du 9 au 12 mars [2026] », Communiqué de presse, sur Parlement européen, (consulté le ).
  12. Thierry Rozenblum, « Une cité si ardente. L’administration communale de Liège et la persécution des Juifs, 1940-1942. », Revue d’histoire de la Shoah, no 179,‎ , p. 49 (lire en ligne)
  13. Michel Gretry, « L'ancien président des liégeois de confession israélite est décédé », Actus, sur RTBF, (consulté le ).
  14. Julien Beauvois, « Après l'acte antisémite à Liège, "ni stigmatisation, ni instrumentalisation", lance Béatrice Delvaux aux politiques », La Première, sur RTBF, (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

  • Thierry Rosenblum, Bernard Suchecky, Une cité si ardente… : Les Juifs de Liège sous l'Occupation (1940-1944), Luc Pire (Editions), collection Beaux Arts, , (ISBN 2507004762).

Articles connexes

Liens externes

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