Syndrome de délétion 16p11.2

Microdélétion 16p11.2

Causes Génétique (typiquement de novo)
Complications Obésité et comorbidités associées
Traitement
Diagnostic Analyse génétique
Différentiel Retard global de développement, trouble du spectre de l'autisme, toute anomalie chromosomique associée à une déficience intellectuelle[1]
Traitement Dépend des symptômes
Épidémiologie
Fréquence ~1 pour 2 000
Classification et ressources externes

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Le syndrome de délétion 16p11.2 est une maladie génétique rare causée par une microdélétion sur le bras court du chromosome 16. La majorité des personnes concernées présentent un retard global du développement, une déficience intellectuelle, ainsi qu'une obésité apparente dès l'enfance[1]. On estime que la délétion 16p11.2 est impliquée dans environ 1 % des cas de troubles du spectre de l'autisme[2].

Signes et symptômes

Développement et comportement

Les caractéristiques les plus courantes du syndrome de délétion 16p11.2 incluent un retard global du développement ainsi que des problèmes psychiatriques ou comportementaux, avec une gravité qui peut varier considérablement. Bien que la plupart des personnes concernées ne présentent pas de déficience intellectuelle, de nombreux individus rencontrent des difficultés d’apprentissage. Le QI moyen des personnes atteintes de cette délétion est d’environ 2 écarts types inférieur à celui des membres de leur famille non affectés[3]. Par ailleurs, de nombreux individus souffrent de troubles du langage et de troubles moteurs de la parole, tels que la dysarthrie et l’apraxie[4].

La moitié des personnes concernées reçoivent au moins un diagnostic psychiatrique ou comportemental. Environ 30 % sont diagnostiquées avec un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Par ailleurs, 20 à 25 % des individus reçoivent un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA)[5], et presque toutes présentent certains traits comportementaux associés au TSA[4],[3].

Neurologique

Jusqu'à 25 % des personnes concernées souffrent de crises d'épilepsie[4], le type le plus fréquent étant les crises tonico-cloniques[6]. Des crises focales complexes et des absences ont également été signalées[6]. De nombreuses personnes peuvent présenter des anomalies détectées par EEG, scanner ou IRM. Chez au moins 15 % des individus d'une cohorte de 136 porteurs de la délétion 16p11.2, des observations incluent une hyporéflexie, des anomalies de la marche ainsi qu'une hypotonie troncale ou symétrique des membres[6]. Certaines personnes peuvent également présenter une perte auditive neurosensorielle ou conductive, ainsi qu'une choréo-athétose kinésigénique paroxystique.

Obésité

Le syndrome de délétion 16p11.2 prédispose fortement les individus à une augmentation de l'indice de masse corporelle (IMC) et à l'obésité dès l'enfance. À partir de l'âge de 5 ans, l'IMC des personnes touchées est significativement plus élevé que celui de la population générale, et 50 % des porteurs sont obèses à l'âge de 7 ans[7]. À l'âge adulte, ce taux atteint 75 %. Les personnes concernées signalent une hyperphagie, souvent liée à des stimuli sensoriels et sociaux ou à l'ennui[8]. L'obésité, ainsi que les comorbidités associées, comme la résistance à l'insuline et le diabète de type 2, représentent les principaux défis médicaux pour les adultes atteints du syndrome[4].

Autre

La macrocéphalie est légèrement plus répandue dans le syndrome de délétion 16p11.2 par rapport à la population générale. Environ un tiers des individus présentent une fossette sacrée ou des taches café au lait[6]. Des anomalies vertébrales associées à la scoliose sont également observées[4]. La délétion 16p11.2 a été associée à un risque 13,9 fois plus élevé de neuroblastome[9].

Génétique

Le syndrome de délétion 16p11.2 est causé par une microdélétion hétérozygote d'environ 600 kilobases entre les régions de point de cassure récurrentes BP4 et BP5 sur le bras court du chromosome 16. Les gènes de la région BP4-BP5 comprennent les suivants[5] :

  • SLC7A5P1
  • SPN
  • QPRT
  • C16orf54
  • ZG16
  • MAZ
  • PRRT2
  • C16orf53
  • PVM
  • CDIPT
  • SEZ6L2
  • ASPHD1
  • KCTD13
  • TMEM219
  • TAOK2
  • HIRIP3
  • INO80E
  • DOC2A
  • C16orf92
  • FAM57B
  • ALDOA
  • PPP4C
  • TBX6
  • YPEL3
  • GDPD3
  • MAPK3
  • CORO1A
  • BOLA2
  • SLX1A
  • SLX1B
  • SULT1A3
  • SULT1A4

Les régions adjacentes du chromosome 16 peuvent également être touchées. En particulier, la délétion de SH2B1 est liée à l'obésité et pourrait jouer un rôle dans la pathogenèse de l'obésité observée dans ce syndrome[10].

La délétion 16p11.2 survient généralement par mutation de novo. Environ 7 % des individus affectés héritent de cette mutation d'un parent selon un mode de transmission autosomique dominant. Les parents porteurs de cette délétion ne présentent souvent aucun antécédent de déficience intellectuelle ni de trouble du spectre autistique. La prévalence du syndrome de délétion 16p11.2 a été initialement estimée à 3 sur 10 000 dans la population générale[11]; des estimations plus récentes l'évaluent à 1 sur 2 000[5].

Gestion

La prise en charge du syndrome de délétion 16p11.2 varie considérablement et dépend des symptômes ou déficits spécifiques de chaque individu. Les interventions peuvent inclure une éducation spécialisée, un traitement psychiatrique, un traitement standard de l’épilepsie, une évaluation auditive, ainsi que des thérapies physiques et professionnelles pour la motricité globale et fine. Une surveillance régulière des anomalies ou défauts congénitaux est également nécessaire. En raison du risque accru d'obésité associé à ce syndrome, les médicaments psychiatriques entraînant une prise de poids sont déconseillés. Le soutien du travail social et l'accompagnement communautaire peuvent également être bénéfiques pour les personnes concernées ainsi que pour leurs soignants[1].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 16p11.2 deletion syndrome » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Taylor CM, Smith R, Lehman C, et al. 16p11.2 Recurrent Deletion. 2009 Sep 22 [Updated 2021 Oct 28]. In: Adam MP, Feldman J, Mirzaa GM, et al., editors. GeneReviews® [Internet]. Seattle (WA): University of Washington, Seattle; 1993-2025. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK11167/
  2. ↑ (en) Lauren A. Weiss, Ph.D., Yiping Shen, Ph.D., Joshua M. Korn, B.S., Dan E. Arking, Ph.D., David T. Miller, M.D., Ph.D., Ragnheidur Fossdal, B.Sc., Evald Saemundsen, B.A., Hreinn Stefansson, Ph.D., Manuel A.R. Ferreira, Ph.D., Todd Green, B.S., Orah S. Platt, M.D., Douglas M. Ruderfer, M.S., Christopher A. Walsh, M.D., Ph.D., David Altshuler, M.D., Ph.D., Aravinda Chakravarti, Ph.D.,, Rudolph E. Tanzi, Ph.D., Kari Stefansson, M.D., Ph.D., Susan L. Santangelo, Sc.D., James F. Gusella, Ph.D., Pamela Sklar, M.D., Ph.D., Bai-Lin Wu, M.Med., Ph.D. et Mark J. Daly, Ph.D, « Association between Microdeletion and Microduplication at 16p11.2 and Autism », The New England Journal of Medicine, vol. 358, no 7,‎ (DOI 10.1056/NEJMoa075974)
  3. (en-US) Rana Fetit, David J. Price, Stephen M. Lawrie et Mandy Johnstone, « Understanding the clinical manifestations of 16p11.2 deletion syndrome: a series of developmental case reports in children », Psychiatric Genetics, vol. 30, no 5,‎ , p. 136 (ISSN 0955-8829, DOI 10.1097/YPG.0000000000000259, lire en ligne, consulté le )
  4. Cora M. Taylor, Rebecca Smith, Christopher Lehman et Marissa W. Mitchel, « 16p11.2 Recurrent Deletion », dans GeneReviews®, University of Washington, Seattle, (PMID 20301775, lire en ligne)
  5. Wendy K Chung, Timothy PL Roberts, Elliott H Sherr et LeeAnne Green Snyder, « 16p11.2 deletion syndrome », Current Opinion in Genetics & Development, molecular and genetic basis of disease, vol. 68,‎ , p. 49–56 (ISSN 0959-437X, DOI 10.1016/j.gde.2021.01.011, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Kyle J. Steinman, Sarah J. Spence, Melissa B. Ramocki et Monica B. Proud, « 16p11.2 deletion and duplication: Characterizing neurologic phenotypes in a large clinically ascertained cohort », American Journal of Medical Genetics Part A, vol. 170, no 11,‎ , p. 2943–2955 (ISSN 1552-4833, DOI 10.1002/ajmg.a.37820, lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) Flore Zufferey, Elliott H. Sherr, Noam D. Beckmann et Ellen Hanson, « A 600 kb deletion syndrome at 16p11.2 leads to energy imbalance and neuropsychiatric disorders », Journal of Medical Genetics, vol. 49, no 10,‎ , p. 660–668 (ISSN 0022-2593 et 1468-6244, PMID 23054248, DOI 10.1136/jmedgenet-2012-101203, lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ (en) Richard Gill, Qixuan Chen, Debra D'Angelo et Wendy K. Chung, « Eating in the absence of hunger but not loss of control behaviors are associated with 16p11.2 deletions », Obesity, vol. 22, no 12,‎ , p. 2625–2631 (ISSN 1930-739X, DOI 10.1002/oby.20892, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) Laura E. Egolf, Zalman Vaksman, Gonzalo Lopez et Jo Lynne Rokita, « Germline 16p11.2 Microdeletion Predisposes to Neuroblastoma », The American Journal of Human Genetics, vol. 105, no 3,‎ , p. 658–668 (ISSN 0002-9297, DOI 10.1016/j.ajhg.2019.07.020, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ (en) Wendy K. Chung, « An overview of mongenic and syndromic obesities in humans », Pediatric Blood & Cancer, vol. 58, no 1,‎ , p. 122–128 (ISSN 1545-5017, PMID 21994130, PMCID PMC3215910, DOI 10.1002/pbc.23372, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ (en) Lauren A. Weiss et Yiping Shen, « Association between Microdeletion and Microduplication at 16p11.2 and Autism », sur The New England Journal of Medicine, (DOI 10.1056/nejmoa075974, consulté le )
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