Système de santé du Rwanda

les soins de santé au Rwanda ont connu une nette amélioration au cours des dernières décennies. Le pays dispose aujourd’hui d’un système de santé universel, considéré comme l’un des plus performants du continent africain

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Photograph depicting a hospital building, with Rwandan flag, viewed from the entrance pathway
Hôpital Butaro à Burera, Province du Nord

Histoire

À l’époque précédant le génocide de 1994, les soins de santé au Rwanda étaient soutenus par l’Initiative de Bamako, parrainée par l’UNICEF et l’OMS, et adoptée par les ministres africains de la Santé en 1987. Des efforts ont été entrepris pour décentraliser le système de gestion de la santé, d’abord au niveau provincial, puis au niveau des districts. Malheureusement, ce processus a été interrompu par le génocide de 1994 , qui a paralysé à la fois le système de santé et l’économie du pays.

Dans la période post-génocide, le Rwanda a dû relever d'importants défis pour reconstruire son système de santé et relancer son économie. Depuis, le pays a réussi à bâtir l’un des systèmes de santé les plus performants de la région. En 2008, le gouvernement consacrait 9,7 % des dépenses nationales aux soins de santé, contre seulement 3,2 % en 1996.

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Système d'assurance maladie

L’assurance maladie est devenue obligatoire pour tous les individus en 2008[1]. En 2010, plus de 90 % de la population était déjà couverte[1], et en 2012, seulement environ 4 % des personnes n’étaient pas assurées[1].

Le président Kagame a fait des soins de santé l’une des priorités du programme de développement Vision 2020, augmentant les dépenses de santé à 6,5 % du produit intérieur brut en 2013, contre 1,9 % en 1996. Le gouvernement a délégué le financement et la gestion des soins de santé aux communautés locales par le biais d’un système de mutuelles de santé. Celles-ci ont été testées en 1999, puis étendues à l’échelle nationale au milieu des années 2000, avec le soutien de partenaires internationaux au développement. Les mutuelles sont détenues et gérées au niveau des trente districts du Rwanda. Des régimes d’assurance maladie distincts existent pour les fonctionnaires et les militaires[3].

Les primes dans le cadre de ce programme s’élevaient initialement à 2 dollars par an. Depuis 2011, le montant varie selon une échelle mobile fondée sur la richesse : les citoyens les plus pauvres bénéficient d’une assurance maladie gratuite, tandis que les plus riches versent jusqu’à 8 dollars par adulte.

En 2014, plus de 90 % de la population était couverte par ce régime. Le gouvernement a également mis en place plusieurs établissements de formation, notamment l’Institut de Santé de Kigali (KHI), fondé en 1997, qui fait aujourd’hui partie de l’Université du Rwanda.

Par ailleurs, en 2005, le président Kagame a lancé l’Initiative présidentielle contre le paludisme, destinée à acheminer dans les zones rurales les équipements essentiels à la prévention de cette maladie, tels que des moustiquaires et des médicaments.

Le Rwanda suit un modèle de soins de santé universels, reposant sur les mutuelles de santé, un système d’assurance communautaire. Dans ce cadre, les résidents d’une zone contribuent à un fonds de santé local en payant des primes, qu’ils peuvent ensuite utiliser lorsqu’ils ont besoin de soins. Ce système applique une tarification progressive : les plus démunis sont exemptés de paiement, tandis que les citoyens les plus aisés doivent verser des primes plus élevées et assumer une partie des frais de traitement.

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En 2012, environ 45 % du financement du système provenait du paiement des primes, le reste étant assuré par des fonds publics et des donateurs internationaux[1].

Qualité

En 2014, le système de santé du Rwanda comptait 499 centres de santé, 680 postes de santé principalement dédiés aux soins ambulatoires, notamment les services de vaccination et de planification familiale, ainsi qu’un certain nombre de dispensaires et 42 hôpitaux de district. Les villages du pays sont desservis par un vaste réseau de milliers d’agents de santé communautaires. Le Rwanda dispose également de quatre hôpitaux nationaux de référence : l’hôpital universitaire de Kigali, l’hôpital universitaire de Butare, 'hôpital King Faisal de Kigali et l’hôpital militaire du Rwanda.

Parmi eux, l’hôpital King Faisal est le plus avancé. Géré selon un modèle à but lucratif par le gouvernement, il fait néanmoins partie du système national d’assurance maladie et accepte les patients orientés par d’autres hôpitaux et cliniques. Cet établissement est le mieux équipé du pays, disposant d’un scanne , d’une IRM , de deux machines de dialyse et d’un large éventail de services chirurgicaux.

Les cliniques du Rwanda sont dotées de matériel médical de base ainsi que d’une armoire contenant les médicaments essentiels. Les hôpitaux de district offrent des services chirurgicaux de base et comptent chacun au moins 15 médecins. Les patients nécessitant des soins plus avancés ou spécialisés sont orientés vers l’un des quatre hôpitaux nationaux de référence. Le pays dispose également de cinq centres de traitement du cancer : le Centre du cancer du Rwanda à l'hôpital de Butaro, ainsi que des unités spécialisées dans chacun des quatre hôpitaux nationaux de référence.

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Dotation en personnel

Un réseau de 58 286 agents de santé communautaires assure la prestation de soins de santé primaires et l’orientation des patients dans 14 837 villages.[réf. nécessaire]

Le Rwanda fait face à une pénurie de professionnels de la santé, avec seulement 0,84 médecin, infirmier ou sage-femme pour 1 000 habitants en 2013. Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD) suit les progrès du pays en matière de santé dans le cadre les Objectifs du millénaire pour le développement(OMD), notamment les objectifs 4 à 6, qui portent sur les soins de santé.[réf. nécessaire]

Selon un rapport intermédiaire du PNUD publié en 2015, le Rwanda n'était pas en bonne voie pour atteindre l’objectif 4, relatif à la réduction de la mortalité infantile, bien que celle-ci ait « chuté de façon spectaculaire ». En revanche, le pays réalisait « de bons progrès » vers l’objectif 5, qui vise à réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle. Quant à l’objectif 6, concernant la lutte contre le VIH/sida, il n’était pas encore atteint, la prévalence du VIH n’ayant pas commencé à diminuer[4].

Le Rwanda participe à un programme de sept ans, lancé en 2013, qui implique des centaines d’enseignants médicaux et de cliniciens issus de 25 institutions médicales américaines, parmi lesquelles la Harvard Medical School, la Yale Medical School et la Duke Medical Schoo. Ces experts forment le personnel médical rwandais et mettent en place des programmes de formation et de résidence. Au terme de ces sept années, ces programmes seront entièrement gérés par le gouvernement rwandais, avec ses propres enseignants, cliniciens et budget. Cette initiative vise également à améliorer la qualité des soins grâce à une formation renforcée[4].

Voir aussi

Articles connexes

Références

  1. Rosenberg, « In Rwanda, Health Care Coverage That Eludes the U.S. »
  2. ↑ WHO 2009, p. 10.
  3. ↑ « Rwanda prescribes compulsory healthcare », Financial Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Tuyisenge, « Quality improvement strategies to improve inpatient management of small and sick newborns across All Babies Count supported hospitals in rural Rwanda. », BMC Pediatr,‎ (lire en ligne)

 

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