Tête-à-la-Baleine

Tête-à-la-Baleine
Le port.
Géographie
Pays
Province
Région administrative
Municipalité régionale
Municipalité
Coordonnées
50° 42′ 10″ N, 59° 19′ 23″ O
Identifiants
TGN
Carte

Tête-à-la-Baleine est un village québécois du Golfe-du-Saint-Laurent, administrativement rattaché à la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent. Jusqu'à une période relativement récente[1], les habitants du village migraient une fois l'an sur l'une des nombreuses îles face au village pour se rapprocher de la pêche. Certaines maisons étaient occasionnellement déménagées.

Toponymie

Le village est nommé d'après l'île de la Tête-à-la-Baleine, ancien nom de l'île Mercier dans l'archipel des Toutes-Îles à 15 km au large du village. Selon Victor-Alphonse Huard, la topographie de l'île Mercier rappelle une tête de baleine émergeant de l'eau[2].

Les anglophones de la Basse-Côte-Nord appellent le lieu Whale Head tandis que les Innus l'appellent Mistamek Utuskuan[2].

Géographie

Situation

Tête-à-la-Baleine est situé à 175 km au sud-ouest de Blanc-Sablon[2].

Topographie

Hydrographie

L’archipel des Toutes-Isles, au large du village, est composé de quelque 600 îles et îlots. Le village est établi au fond de la Baie Plate, au nord-ouest de l'île Mercier, anciennement appelée île de la Tête-à-la-Baleine[2].

Démographie

Évolution démographique
1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981
196n.d.227274311340411385398
1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021 -
351288n.d.n.d.198129145119-
(Sources : Statistique Canada et Bureau fédéral de la statistique, population des localités non constituées et des localités désignées)

Économie

La mer, comme l’intérieur des terres, façonne le mode de vie des habitants. Chasse, pêche et cueillette rythment encore la vie d'une bonne partie de la population. Le principal moteur de l'économie est encore constitué par les pêcheries (crabe, morue, flétan, turbot, pétoncle, bigorneau)[2]. En 2012, la localité compte 19 permis de pêche et 26 bateaux immatriculés[3].

Un projet d'un parc national et d'une centrale hydroélectrique sur la rivière du Petit Mécatina sont projetés.

Aménagement du territoire

Un périmètre d'urbanisation[note 1] a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs un risque d'avalanche à l'intérieur du village[3].

Histoire

La région est habitée depuis 1850 par des pêcheurs attirés par les stocks de morue et le loup-marin. Établis sur les îles (dont l'île Providence), dans un premier temps, c’est au début des années 1900 qu’ils s’établissent sur la terre ferme pour des raisons de proximité de bois de chauffage et de nourriture. Pourtant les habitations sur les îles n’ont pas été abandonnées: les habitants y retournent chaque été. Ce passage du village d’hiver celui d’été, c'est la « transhumance ».

Services

Transports

Route 138

Le village est traversé par un segment isolé de la route 138 qui n'est pas relié au reste du réseau routier québécois[3].

En 2025, des travaux sont en cours afin de relier les tronçons de la route 138 de Tête-à-la-Baleine et La Tabatière[4].

Route blanche

La route blanche est un lien hivernal entretenu par le ministère des Transports permettant de se déplacer entre les localités de la Basse-Côte-Nord par motoneige. Aucune marchandise n'y est cependant transportée[3].

Port

Le port est situé à une dizaine de kilomètres du village, auquel il est relié par la route 138. Le port est desservi par le transporteur maritime Relais Nordik, affrété par la Société des traversiers du Québec, qui effectue la desserte maritime des localités de la Basse-Côte-Nord, ainsi que celle de l’île d’Anticosti à partir de Rimouski et Sept-Îles. Cette desserte permet l'approvisionnement en marchandises et en pétrole sur une base hebdomadaire, de mai à janvier[3].

Le port offre également un support aux navires de pêche[3].

Aéroport

L'aéroport de Tête-à-la-Baleine est desservi par Air Liaison.

Hébergement touristique

En 2012, la localité compte 8 chambres offertes en location aux touristes dans une auberge et dans un gîte[3].

Éducation

Le Centre de services scolaires du Littoral administre l'école primaire francophone Gabriel-Dionne[5]. Les élèves doivent quitter le village pour poursuivre leur éducation à Lourdes-de-Blanc-Sablon pour les niveaux de secondaire 3, 4 et 5. Ces élèves rentrent à la maison une fois par mois par avion[3].

Loisirs, culture et vie communautaire

Le village compte un réseau de plusieurs sentiers pédestres parcourant le morne André, le morne Perdu, l’île Pierrot et le massif du Grand Écart[3].

La chapelle Sainte-Anne-de-l'Île-Providence est un ancien lieu de culte ayant servi lors des périodes de transhumance. Elle fait l'objet d'une protection patrimoniale par le ministère de la Culture et des Communications[2].

La bibliothèque de l'école Gabriel-Dionne sert d'équipement culturel pour la communauté[3].

Médias

La radio communautaire CJTB 93.1 diffuse à partir de Tête-à-la-Baleine. Il s'agit du seul média francophone de la Basse-Côte-Nord.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Au Québec, un périmètre d'urbanisation comprend les secteurs d'une municipalité régionale de comté (ou d'un territoire équivalent) qui sont déjà urbanisés et ceux dans lesquels elle entend implanter les nouveaux secteurs d’expansion urbaine. Voir Ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, « Périmètres métropolitains, périmètres d'urbanisation et zones prioritaires d'aménagement et de réaménagement », dans La prise de décision en urbanisme, La prise de décision en urbanisme (guide), Québec, gouvernement du Québec, (lire en ligne).

Références

  1. ↑ Reportage de Florian Gouthière sur Tête-à-la-Baleine aujourd'hui
  2. Commission de toponymie du Québec, « Tête-à-la-Baleine », Banque de noms de lieux du Québec, sur toponymie.gouv.qc.ca, gouvernement du Québec, (consulté le )
  3. Andrea Roberts, Maude Barabé, Nathalie Martin, Jean-François Viens, Julie Lakis et Aurélie Lépinoux, Schéma d'aménagement et de développement, Chevery, MRC du Golfe-du-Saint-Laurent, , 242 p. (lire en ligne)
  4. ↑ (fr-CA) Jean-Thomas Léveillé, « Prolongement de la route 138: Une action en justice intentée contre Québec », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ "Les établissements." Commission scolaire du Littoral. Consulté le 23 septembre 2017.

Annexes

Articles connexes

Filmographie

  • Pierre Perreault (réalisateur), « Tête-à-la-Baleine » [vidéo], Au pays de Neufve-France, sur onf.ca, Office national du film du Canada, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la Côte-Nord