Tarquinio Galluzzi

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Tarquinio Galluzzi, né vers 1573 à Montebuono et mort à Rome le , est un rhéteur et érudit italien.
Biographie
Tarquinio Galluzzi est né dans une famille modeste de Montebuono, non loin de Rieti dans la Sabine, vers 1573. Les premières informations qui nous parviennent de lui remontent au , lorsqu'il entre dans le noviciat romain de S. Andrea. En effet, Galluzzi est admis dans la Compagnie de Jésus à l’âge de seize ans, et se fait bientôt une réputation assez étendue par son talent oratoire.
Il est professeur de rhétorique dans le collège romain de 1606 à 1617 puis de philosophie morale et éthique de 1617 à 1620, avec un grand concours d’auditeurs. Il est nommé ensuite préfet des études inférieures.
Dans le "Catalogue" triennal des jésuites de la province romaine de 1616, il est noté que Galluzzi dispose d'une forte aptitude à l'enseignement ; cependant, sa nature colérique lui cause pas mal de problèmes, surtout à l'époque où il devient recteur du collège grec et du séminaire romain.
Son rôle de professeur d'art oratoire l'a conduit très probablement à prononcer dans la chapelle pontificale, et en présence du Pape et du Saint Collège, le Christi Domini Morte Oratio lors de la liturgie du Vendredi saint établi par Grégoire XIII. Quelques prières, composées de B. Stefonio, de F. Strada, par G. et d'autres jésuites, ont ensuite été réunis dans une anthologie (Patrum S. I. orationes, Romae 1641) dans le but de transmettre les normes stylistiques des genres oratoires et poétiques et de fournir des modèles pour d'éventuelles autres compositions, destinées à des occurrences similaires[1].
Il y eut de fréquentes occasions où, investi d'une sorte de ministère littéraire et, pour cette raison, responsable de l'Optimus Stylus latin, on lui confiait des discours solennels, pour la visite d'invités illustres ou à l'occasion de célébrations d'une importance particulière. Parmi ceux qui ont reçu le plus de crédit figurent la prière funéraire du cardinal Arnaud d'Ossat (ibid. 1604) et l'éloge funèbre du cardinal Roberto Bellarmino (ibid. 1621).
Il fut lié d'amitié et d'estime intellectuelle à son maître Bernardino Stefonio, devenu célèbre pour la création de la "tragédie chrétienne" et considéré comme le dramaturge le plus important de l'histoire théâtrale de la Compagnie de Jésus[1].
Après la mise en scène des deux tragédies latines de Stefonio, Crispo et Flavia, c'est Tarquinio qui est chargé de tirer les conclusions théoriques du succès obtenu. Ainsi, en 1621, il publie le traité Virgilianae vindicationes et Commentarii tres de tragoedia, de comoedia et elegia qui, sur la base des travaux de Stefonio (dans lesquels les valeurs esthétiques d'origine humaniste se mélangent avec celles de la sensibilité chrétienne), devient une véritable poétique officielle de l'Ordre[1].
En 1633, cependant, avec les deux écrits polémiques, Rinnovazione dell'antica tragedia et Difesa del Crispo, Galluzzi soutient la cause et la poétique de l'œuvre contre diverses attaques ainsi que par les accusations de plagiat dont l'auteur fit l'objet. Il publie la même année la Rinovazione dell'antica tragedia, bien connue en France ; pour lui, la tragédie athénienne était à l'origine une apologie du régime « républicain » ; il explique l'importance accordée par Aristote à la crainte et à la pitié par sa condition de courtisan de la monarchie macédonienne. La tragédie chrétienne doit s'éloigner des préceptes d'Aristote et revenir à l'ancien modèle proposé[2].
Les deux volumes in-folio de son commentaire sur l’Éthique à Nicomaque d'Aristote, dédiés au pape Urbain VIII, sont édités à Paris en 1645, chez le libraire royal Sébastien Cramoisy[3].
Nommé recteur du Collège pontifical grec de Rome, il en remplit les fonctions pendant dix-huit ans, et meurt le , à 75 ans.
Œuvres
De tous les discours de Galluzzi, celui qui eut le plus de succès fut son Éloge funèbre du cardinal Bellarmin. Jean-Louis Guez de Balzac, qui lui avait entendu réciter cette pièce, dit « que la dignité de ses gestes, la grâce de sa prononciation, et l’éloquence de tout son corps, qui accompagnait celle de sa bouche, le transporta en esprit dans l’ancienne république. »[4]
- Carminum libri tres, Rome, 1611, in-12 ; nouvelle édition augmentée, ibid., 1616, in-12 ; une partie des pièces qui composent ce recueil a été insérée dans le Parnassus societatis, Francfort, 1654.
- Orationes, Rome, 1617, 2 tomes in-12 ; Cologne, 1618, in-12 ; Paris, 1619. Ces différentes éditions ne contiennent ni l’Éloge funèbre de Bellarmin, ni les Sermons sur la passion et la mort de Jésus-Christ, qu’il prononça en présence des papes Paul V et Urbain VIII ; ces pièces n’ont été imprimées que séparément ou dans des recueils d’ouvrages du même genre : l’Oraison funèbre du cardinal d’Ossat, par Galluzzi, a été traduite en français.
- Virgilianæ vindicationes et commentarii tres de tragœdia, comœdia, elegia, Rome, 1621, in-4°. « Son dessein, dit Adrien Baillet, dans cet ouvrage, a été de justifier Virgile, à quelque prix que ce fût ; parmi quelques raisonnements assez faibles il s’en trouve d’assez bons, soutenus même de beaucoup d’érudition et de plusieurs belles maximes sur l’art poétique. »[5]
- Rinovazione dell’antica tragedia e difesa del Crispo, ibid. 1633, in-4°. Cette tragédie de Crispus, dont il prend ici la défense, est l’ouvrage du P. Bernardino Stefonio, son compatriote et son ami.
- In Aristotelis libros decem moralium ad Nicomachum nova interpretatio, commentarii et quæstiones, Paris, t. 1er, 1635, et t. 2, 1645, in-fol.
- De elegia commentarivs, Commentaire sur l'élégie (trad. Émilie-Jade Poliquin), Paris, Les Belles Lettres, coll. « Classiques de l'humanisme », (ISBN 978-2251454832). Publié initialement en 1621, ce traité théorique est consacré au genre élégiaque. L'auteur place sa réflexion sur l'élégie à l'intérieur du cadre de la poétique aristotélicienne.
Notes
- https://www.treccani.it/enciclopedia/tarquinio-galluzzi_(Dizionario-Biografico)/
- ↑ Voir Marc Fumaroli, « Entre Athènes et Cnossos, les dieux païens dans Phèdre », Revue d'histoire littéraire de la France, 1993, no 1, p. 37-38.
- ↑ Marc Fumaroli, Héros et orateurs : Rhétorique et dramaturgie cornéliennes, Paris, Librairie Droz, , p. 325.
- ↑ Les Œuvres diverses du sieur de Balzac, Amsterdam, Elzevier, 1664, relation à Ménandre, discours seizième, p. 264-265.
- ↑ Adrien Baillet, Jugemens des savans sur les principaux ouvrages des auteurs, vol. 3, Paris, chés Charles Moette, Charles Le Clerc, Pierre Morisset, Pierre Prault, Jacques Chardon, , p. 296.
Liens externes
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