Temple de Minerve Medica

Temple de Minerve Medica
Image illustrative de l’article Temple de Minerve Medica
Vestiges d'un nymphée identifié à tort comme le temple de Minerve Medica.

Lieu de construction Regio V Esquiliae
Esquilin
Date de construction 1. Pour le temple : milieu de l'époque républicaine[1]
2.Pour le nymphée : deuxième moitié du IIIe siècle[2]
Type de bâtiment 1. Temple romain
2. Nymphée
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Carte de la Rome antique montrant la localisation de Temple de Minerve Medica.
Temple de Minerve Medica
Localisation du nymphée dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 38″ nord, 12° 30′ 43″ est
Liste des monuments de la Rome antique

Le temple de Minerva Medica est un temple romain construit durant la République romaine sur l'Esquilin à Rome. Ce temple ne semble avoir laissé aucune trace. Depuis le XVIIe siècle, les ruines romaines antiques d'un édifice datant du IVe siècle situé également sur l'Esquilin et qui pourrait avoir servi de nymphée sont identifiées à tort comme celles du temple républicain.

Localisation

Le temple républicain

Le temple est cité dans les Catalogues régionnaires pour la Regio V, entre le Campus Viminalis et le temple d'Isis Patricia, ce qui pourrait amener à le localiser dans la partie septentrionale de l'Esquilin[3]. Toutefois, le temple pourrait plutôt être situé sur la via Curva (moderne Via Carlo Botta), juste à l'ouest de la via Merulana, où ont été découvertes en 1887 dans des favissæ des centaines d'offrandes votives[4] dont une portant l'inscription [Me]nervae dono de[det][5],[6], dédicace datée du IIIe siècle av. J.-C. C'est également dans cette zone qu'est mise au jour en 1867 une statue en travertin de Minerve[1].

Le nymphée

Les ruines du nymphée dit « temple de Minerve Medica » se situent entre la via Labicana et le mur d'Aurélien, le long de l'aqueduc de l'Anio Vetus[7].

Fonction

Le temple républicain n'était pas seulement dédié à Minerve mais également à Apollon et à d'autres divinités guérisseuses. Il devait s'agir d'un temple de dimensions modestes[6] qui ne devait pas être public[3]. La façon dont Cicéron mentionne ce temple[a 1] montre que le culte de Minerve Medica est encore bien établi à Rome à la fin de la République[1].

Le temple vers 1770, aquarelle de Jacob More (Aberdeen Art Gallery, Aberdeen, Royaume-Uni).

Concernant l'autre édifice, contrairement à ce que son nom d'usage indique, il ne s'agit pas du temple de Minerve Medica cité par Cicéron[a 1]. Il s'agit probablement d'un nymphée monumental mais il n'est mentionné dans aucune source antique, littéraire comme épigraphique, qui permettrait de le confirmer. Il est possible que ce nymphée ait fait partie à l'origine des Jardins Liciniani[7]. Le nymphée, spectaculaire par ses dimensions et son plan décagonal, a pu être alimenté en eau par l'Anio Vetus dont le conduit passe non loin. Toutefois, cet usage n'est pas certain et il pourrait s'agir en fait d'une grande salle dinatoire[8].

La confusion qui amène à l'identification erronée de ce bâtiment comme temple de Minerve Medica remonte au XVIe siècle et est due au faussaire Pirro Ligorio[9]. Une légende née en 1744 veut qu'on ait découvert à l'intérieur une statue en marbre de Paros de Minerve guérisseuse, appelée Athena Giustiniani du nom de Vincenzo Giustiniani[10]. Le médecin et anatomiste Jules Cloquet visite le temple en 1837 et indique « qu’on y a trouvé la Minerve au serpent qui est au Vatican » et que ce sont des « ruines peu intéressantes[11] ». Il semble toutefois que cette statue n'a en fait pas été mise au jour dans ces ruines[7],[2]. Le nymphée est mentionné par Stendhal dans Promenades dans Rome en 1829[12] et en tant que « temple dit de Minerve Medica » par Eugène Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle paru en 1854 pour illustrer l'article Voûte[13].

Description

Les ruines actuelles du nymphée consistent en un édifice de plan décagonal en ciment recouvert de briques (opus latericium) de 24 mètres de diamètre pour 33 mètres de haut. Il est couvert d'un dôme dont une partie s'effondre en 1828. On retrouve ce type de structure dans le dôme du Panthéon ou la salle à manger de la Domus aurea. La salle principale est entourée de pièces annexes sur trois côtés, construites a posteriori. Les dix pans de murs intérieurs comportent des niches, excepté celui comprenant l'ouverture servant d'entrée. Au-dessus, alignées avec les niches, chaque pan de mur est percé d'une fenêtre. Les murs sont à l'origine recouverts de marbre, richement décorés à l'intérieur[7],[8].

Représentations

Les ruines du nymphée sont le sujet de divers gravures et tableaux (dans l'ordre chronologique) :

On les retrouve également comme éléments secondaire de compositions :

Notes et références

  • Sources antiques :
  1. Cicéron, De divinatione, II, 123
  • Sources modernes :
  1. Ziolkowski 1992, p. 115.
  2. Richardson 1992, p. 269.
  3. Ziolkowski 1992, p. 116.
  4. Platner 1929, p. 344-345.
  5. CIL VI, 30980
  6. Richardson 1992, p. 256.
  7. Platner 1929, p. 364.
  8. Richardson 1992, p. 270.
  9. Campbell 2011, p. 299.
  10. Campbell 2011, p. 319.
  11. Jules Cloquet, Le voyage en Italie, journal de voyage d’un touriste français en 1837, avril-juin 1837.
  12. Stendhal, Promenades dans Rome, Paris, (BNF 31404079, lire sur Wikisource), p. II, 113.
  13. Eugène Viollet-le-Duc, « Voûte », dans Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, t. 1, Paris, B. Bance, (lire sur Wikisource), p. 469
  14. « Ruines du Palais des empereurs et Temple de Minerva Medica à Rome », notice no 000PE008528, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture
  15. « Paysage avec le temple de Minerva Medica », notice no 05620001270, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture
  16. « Temple de Minerva Medica près de Rome », notice no 00000061529, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture
  17. « Le Temple de Minerva Medica », notice no 000PE022209, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture
  18. (en) musée du Prado, « The Holy Family under an Oak Tree »

Bibliographie

Liens externes

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