Temple protestant de Clermont-Ferrand
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45° 46′ 06″ N, 3° 04′ 57″ E |
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Le temple protestant de Clermont-Ferrand est un lieu de culte inauguré en 1966 et situé 11 rue Marmontel à Clermont-Ferrand. L'Église réformée de la Résurrection est membre de l'Église protestante unie de France.
Histoire
Sous l'Ancien régime
À la Renaissance, la Réforme protestante peine à s'implanter en Auvergne[1]. En 1537, à Clermont-Ferrand, un livre suspect subit l'autodafé. La ville d'Issoire, à 30 km au sud de Clermont, subit les persécutions catholiques. En 1547, le protestant Jean Bruguière y est brûlé vif. Jusqu'en 1549, des Auvergnats trouvent refuge à Genève, auprès de Jean Calvin. Durant les guerres de Religion, la ville est une place forte catholique. Elle est prise le , par les troupes du capitaine Matthieu Merle. Reprise en par l'armée royale du duc d'Anjou, elle est pillée et ravagée[2].
En 1589, après l'assassinat d'Henri III par un fanatique catholique, le chef du parti protestant Henri IV hérite de la couronne de France. À Riom, le gouverneur, Jean-Louis de La Rochefoucauld, comte de Randan et membre de la Ligue catholique refuse de se soumettre. Clermont prête serment à Henri IV, et est déclarée capitale de l'Auvergne. Issoire, tenue par la Ligue, est prise par l'armée royale commandés par Jacques de Villelume-Barmontet le . Le , les armées royales sont victorieuses à la bataille de la montagne du Cros Rolland[3]. En 1603, un temple protestant est construit à Maringues[4].
Depuis la Révolution
La liberté de culte est rétablie avec l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. En 1792, 31 protestants sont recensés à Clermont et l'église des Carmes acquise par la ville est accordée aux protestants pour l'inauguration de leur culte[5].
En 1827, le ministère de l’Intérieur et la mairie de Clermont autorisent l’exercice du culte dans la maison Malval[5]. En 1830, un premier temple est ouvert rue Sidoine-Apollinaire[6].
Le temple protestant de Royat, ville thermale, est construit en 1904. Il est rattaché à la paroisse de Clermont.
Le temple de Clermont-Ferrand, situé à l’angle des rues Sidoine-Apollinaire et Jean-Richepin est reconstruit en 1909-1910 par les entrepreneurs Mège et Verdier[7].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Clermont-Ferrant accueille faculté de théologie protestante de Strasbourg.
A la fin des années 1950, les membres du conseil presbytéral décident d'une nouvelle construction. Les rues Sidoine-Apollinaire et Jean-Richepin étant frappé d’alignement, ils choisissent un autre site : en 1961, l'architecte Jean Marconnet, de Nancy, remporte le concours d'architecte pour la construction d'un nouveau temple. La première pierre est posée le . Il est inauguré en 1966[8].
La paroisse est engagée dans l’œcuménisme, et héberge un centre de La Cimade.
Pasteurs de la paroisse
- 1827-1830 Montandon fils[5]
- 1830-1849 Jean Viguier[5]
- 1850-1860 Georges Collins[5]
- 1861-1862 Jacob Frédéric Moebus[5]
- 1862-1865 Samuel Hardy[5]
- 1870-1884 Franc-Emile Bleynie[5]
- [...]
- 1895-1899 Delattre
- 1898-1906 Edgar de Vernejoul
- [...]
- 19..-19.. Emile Rauzier
- [...]
- 19..-195. Charles Charreyron
- [...]
- 1955-1977 Alphonse Maillot[9]
- 1977-1988 Marcel Manoël
- 1992-2000 Stephen Backman
- 2001-2009 Alain Massini[10],[11]
- 2011-... Patrick Aublet[12],[13]
- 2019-2025 Sébastien Gengembre[14]
- 2026- Peter Hulshof[15]
Le temple contemporain
Architecture
L'architecte du temple est Jean Marconnet. Le bâtiment est en béton brut, dans style brutaliste épuré inspiré de Le Corbusier. Il est coiffé d'une flèche creuse de vingt mètres de haut, laissant entrer la lumière sur la chaire et la table de communion. La voûte en béton est de type paraboloïde hyperbolique, un voile de 5 à 7 centimètres d'épaisseur qui repose sur 4 points et évoque une tente[16],[17].
La façade principale pourrait symboliser une Bible ouverte ou la proue d’un navire, ou encore deux mains jointes dans la prière[7].
Les dalles qui revêtent le sol (des lauzes en phonolite) proviennent du mont Gerbier-de-Jonc[7].
Le baptistère, sculpté par Max Zychla est en granite rose du Mayet-de-Montagne[7].
Les vitraux en dalles de verre blanc et coloré serties dans du béton armé ont été exécutés par le peintre-verrier Van Guy d'après les cartons du docteur Jean Cheynel, paroissien et cardiologue de Royat qui est aussi l'auteur des peintures sur panneaux d’Isorel qui ornent le hall d’accueil[18].
Les orgues

L'orgue de la Manufacture d'Orgues Muhleisen est construit par Georges Walter, gendre d'Ernest Muhleisen en 1969[19] ou 1970[20], inauguré en 1970 par Marie-Louise Girod, alors titulaire des orgues du temple de l'Oratoire du Louvre[21]. Il est relevé en 2008 par la Manufacture d’orgues Mulheisen, entretenu en 2017 par Serge Gourgouillon, en 2023 par Denis Marconnet[20].
L'orgue compte deux claviers de 56 notes, un pédalier de 30 notes et 11 jeux réels (soit 926 tuyaux)[21].
Composition
| Grand Orgue (56 notes) |
Positif (56 notes) |
Pédalier (30 notes) |
|---|---|---|
| Montre 8 | Bourdon 8 | Soubasse 16 |
| Flûte à cheminée 8 | Montre 4 | |
| Prestant 4 | Quarte 8 | |
| Doublette 2 | Sesquialtera II | |
| Fourniture IV | Cymbale III | |
| Accessoires : II/1, Tir I, Tir II | ||
L'un des quatre organistes[22], Claude Micoulaut, est président de l'Association des Amis de l'Orgue, créée en 2004 dans le but de veiller à l'entretien de l'orgue et des harmoniums de l'église, ainsi qu'à la mise en valeur de cet instrument par le biais de concerts et auditions[21].
Notes et références
- ↑ « Lieux de mémoire en Auvergne », sur Musée protestant (consulté le )
- ↑ Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, présentation en ligne). p. 325.
- ↑ « La cité a été l’un des bastions de la Ligue en Auvergne emmenée par le comte de Randan », sur La Montagne, (consulté le )
- ↑ Anne Bourges, « Leur temple a 50 ans: découvrez la communauté protestante de Clermont! », sur La Montagne, (consulté le )
- Ambroise Tardieu, Histoire de la ville de Clermont-Ferrand depuis les temps les plus reculés jusu'à nos jours, Moulins, Desrosiers, 1870-1871 (lire en ligne), p. 434-435
- ↑ S. Mours, « LISTE des ÉGLISES RÉFORMÉES (Suite) », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1903-), vol. 103, , p. 208 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le )
- « Église réformée de la Résurrection - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Marie Piat, « L’Église protestante unie Clermont-Auvergne », sur Regards sur les Paroisses, (consulté le )
- ↑ « Alphonse Maillot », sur Éditions Olivétan (consulté le )
- ↑ A.-B. H, « Le pasteur Alain Massini, lauréat du Prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France 2011 », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ Bernadette Sauvaget, « Alain Massini : L’homme de la rencontre », Réforme, (lire en ligne)
- ↑ Matthieu Lasserre, « Protestants : la fraternité spirituelle des Veilleurs fête son centenaire », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « L'invité FPF : Patrick Aublet, prieur de la Fraternité des veilleurs », sur AssoConnect (consulté le )
- ↑ « Rencontre avec Sébastien Gengembre », sur Le Semeur Hebdo, (consulté le )
- ↑ « Notre nouveau pasteur », La vie Protestante : bulletin de l'église protestante unie Clermont-Auvergne « décembre 2025 - mars 2026 », , p. 7
- ↑ « Le projet retenu », sur EPUCA (consulté le )
- ↑ « La construction », sur EPUCA (consulté le )
- « Le temple, parcours symbolique | Eglise Protestante Unie Clermont Auvergne », sur EPUCA (consulté le )
- ↑ « Clermont-Ferrand : l'orgue du temple protestant », sur huguenotsinfo.free.fr (consulté le )
- « orgue église réformée - Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme » [archive du ], sur inventaire-des-orgues.fr (consulté le )
- « Les associations », sur EPUCA (consulté le )
- ↑ Les trois autres sont Marie-Elise Spéciel, Christofer Kriegler, et Thibaud Feche
Annexes
Bibliographie
- Henri Delorme, François Clément et Claude-Jean Micoulot, « Complément à l'inventaire des orgues d'Auvergne publié en 1989 par l'AREPAMA (Puy-de-Dôme) : Département du Puy-de-Dôme », L'orgue francophone, vol. 42, , p. 108-109 (lire en ligne
) - Christophe Laurent, Architectures remarquables du XXème siècle en Auvergne, La Flandonnière, , 120 p. (ISBN 978-2-918098-97-3)
Discographie
- François Clément, Inventaire sonore des orgues de Clermont-Ferrand, 2000. 2 CD
Articles connexes
- Le Chambon-sur-Lignon
- Réforme protestante
- Protestantisme en France
- Liste des orgues d'Auvergne classés dans la base Palissy des monuments historiques
- Liste des édifices labellisés « Architecture contemporaine remarquable » du Puy-de-Dôme
Liens externes
- Site officiel
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