Temple romano-celtique heptagonal
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| Patrimonialité |
| Commune |
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| Coordonnées |
47° 50′ 44″ N, 2° 05′ 59″ O |
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Le temple romano-celtique heptagonal est un édifice religieux de type fanum situé à Comblessac, dans le département français d'Ille-et-Vilaine, région Bretagne.
Les vestiges de ce temple construit, de manière unique en Gaule, sur un plan heptagonal sont associés à un autre fanum dans la même enceinte ainsi qu'à d'autres structures dont la vocation est mal définie. L'ensemble, étudié au début du XXe siècle et de 1989 à 2011, est classé au titre des monuments historiques en 1978.
Localisation
Le temple se trouve au lieudit le Mur[n. 1] qui se situe au sud-ouest du département et de la commune de Comblessac, à la limite avec Carentoir dans le Morbihan. D'anciennes publications localisent d'ailleurs le site, par erreur, dans cette dernière commune[1],[2].
Dans la partie méridionale de la cité des Coriosolites, il se trouve sur un promontoire qui domine la confluence entre l'Aff et un petit affluent. Le sommet du promontoire se trouve à environ à 96 mètres d'altitude tandis que la confluence est à 20 mètres[3]. La zone environnante est boisée mais le temple lui-même, au XXIe siècle, se trouve dans un champ cultivé.
Historique
Les aménagements antiques du site remontent au moins à la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. mais ils se sont poursuivis jusqu'au IVe siècle, comme en témoigne le mobilier archéologique retrouvé sur le site[2].
Le site est connu depuis longtemps et est notamment décrit en 1901 par l'historien Léon Maître dans le Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure après des fouilles partielles ; l'auteur interprète le monument comme un autel taurobolique[4].
Le site fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [5].
Des campagnes de prospection aérienne se déroulent de 1989 à 2001 ; un relevé précis des vestiges est réalisé en 1999 avant que ceux-ci ne soient recouverts pour assurer leur conservation[3].
Description
Le sanctuaire
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La structure allongée du nord au sud précédant à l'ouest les deux fanums est interprétée comme un portique ou un bâtiment annexe prennent appui sur le péribole du temple[6] dont le périmètre est largement restitué par l'examen des photos aériennes.
Le temple de type fanum, affecte une forme heptagonale, unique en Gaule pour ce genre d'édifice[7]. La cella possède un diamètre intérieur de 5,30 m. Elle est entourée d'une galerie large de 2,70 m épousant la même forme[8],[9]. Les murs, parementés en petit appareil, reposent sur des fondations de gros blocs[2]. Bien que les murs soient conservés sur une hauteur de près d'un mètre, aucune entrée n'est repérée : il est possible que ces murs appartiennent à un podium au-dessus duquel le temple est construit[10].
Les fouilles de 1901 suggèrent qu'un autre fanum, rectangulaire celui-là et composé d'une cella précédée d'un pronaos[11], est placé au nord du premier. Sa construction serait probablement postérieure et, alors que la plupart des fanums ont leur entrée tournée vers l'est, l'entrée de celui-ci regarde le sud et le premier temple[12].
L'étude des photos aériennes et les observations de terrain proposent une autre lecture pour ce second temple. Il s'agirait d'un fanum carré à plan centré, dont la cella est entourée d'une galerie. Une structure imbriquée dans le plan mais décalée vers l'est serait le vestige d'un premier état de ce temple. Le mur méridional du péribole touche ce temple heptagonal qui aurait en fait été construit après le fanum carré et non avant[10].
En 1913, un trésor monétaire est découvert dans le sanctuaire. Sur les pièces qu'il renferme, seules 17 sont datables ; elles couvrent le troisième quart du IIIe siècle. Une statuette en terre blanche détériorée est mise au jour à proximité du temple heptagonal[13].
L'environnement
La promontoire proche du sanctuaire est aménagé en éperon barré occupé depuis la Préhistoire[14]. De nombreux débris architecturaux, aux alentours du sanctuaire, et la trace d'au moins cinq bâtiments suggèrent la présence d'un habitat groupé, peut-être une agglomération secondaire du Haut-Empire[15].
Le site se trouve à proximité de la « chaussée d’Ahès » qui correspond à l'ancienne voie romaine allant de Juliomagus (Angers) à Vorgium (Carhaix-Plouguer)[2]. Cette voie constitue au XXIe siècle la limite communale de Comblessac au sud-est ; elle correspond à la D 248[8]. En outre, deux voies anciennes, peut-être antiques, se croisent au nord-est du sanctuaire[15].
Notes et références
Notes
- ↑ Ce lieudit a donné certains de ses noms au temple comme temple du Mur ou heptagone du Mur.
Références
- ↑ Maître 1901, p. 9.
- Michaël Batt, « Les temples polygonaux de tradition indigène en Bretagne », dans Gérard Coulon, Isabelle Fauduet et Christian Goudineau (dir), Les sanctuaires de tradition indigène en Gaule romaine: Actes du Colloque d'Argentomagus, Argenton-sur-Creuse, Saint-Marcel, Indre, 8, 9 et 10 octobre 1992, éditions Errance, , 226 p. (ISBN 978-2-8777-2651-1, lire en ligne), p. 79.
- Bossard 2021, vol. II, p. 716.
- ↑ Maître 1901, p. 9-20.
- ↑ Notice no PA00090535, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Fauduet 2010, p. 82.
- ↑ Fauduet 2010, p. 102.
- Leroux et Provost 1990, p. 141.
- ↑ Maître 1901, p. 12.
- Bossard 2021, vol. II, p. 717.
- ↑ Fauduet 2020, p. 87.
- ↑ Fauduet 2020, p. 117 et 122.
- ↑ Bossard 2021, vol. II, p. 717-718.
- ↑ Notice no IA35002848, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
- Bossard 2021, vol. II, p. 718.
Voir aussi
Bibliographie
- Stanislas Bossard, Cultes et sanctuaires du centre et de l’ouest de la Gaule Lyonnaise : des antécédents gaulois à la fin des dieux (IIe s. av. n. è. – Ve s. de n. è.), vol. I et II, Université de Nantes, , 826 et 1368 p. — Thèse de doctorat publiée en 2024 par les Presses universitaires de Rennes.
- Isabelle Fauduet, Les temples de tradition celtique en Gaule romaine (nouvelle édition revue et augmentée), éditions Errance, , 352 p. (ISBN 978-2-8777-2757-0, lire en ligne).
- Gilles Leroux et Michel Provost, L'Ille-et-Vilaine, Académie des inscriptions et belles-lettres, coll. « Carte archéologique de la Gaule » (no 35), , 304 p. (ISBN 2-8775-4013-8, lire en ligne).
- Léon Maître, « Le Temple heptagone de Mur, en Carantoir [sic] (Morbihan) et le culte taurobolique », Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, vol. 42, , p. 9-20 (lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
Liens externes
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