Terreur blanche (Chine)

La Terreur blanche (chinois simplifié : 白色恐怖 ; pinyin : Báisè kǒngbù) est une campagne de répression politique anticommuniste menée par le gouvernement nationaliste de la République de Chine, qui débute avec le massacre de Shanghai en et se poursuit jusqu'au début des années 1930. Dans le cadre de la Terreur blanche, les nationalistes et leurs alliés ont pris pour cible le Parti communiste chinois (PCC), les syndicalistes, les paysans et les femmes qu'ils considéraient comme progressistes. Le nombre de victimes est estimé entre plusieurs centaines de milliers et plus d'un million.

La Terreur blanche des nationalistes met fin au Premier front uni entre le Kuomintang (KMT) et le PCC et manque d'anéantir ce dernier.

Histoire

En 1927, Tchang Kaï-chek et les nationalistes ont développé une puissance militaire suffisante pour que Tchang estime que les nationalistes n'avaient plus besoin du soutien du Parti communiste chinois (PCC) et d'autres mouvements révolutionnaires de masse[1]. 

La Terreur blanche commençe avec le massacre de Shanghai par les nationalistes[1]. En , un mouvement ouvrier dirigé par le PCC prend le contrôle d'une partie de Shanghai[1]. Tchang et l'armée nationaliste sont accueillis dans la ville plus tard dans le mois[1]. Rompant le Premier front uni, en , les unités régulières de l'armée nationaliste, alliées à des triades criminelles telles que la Bande Verte, commencent à massacrer les membres du PCC, les syndicalistes et autres personnes qu'elles considèrent comme radicales[1].

De 1927 à 1930, la Terreur blanche a fait entre 270 000[1] et plus d'un million de victimes[2]. Les femmes aux cheveux courts et aux pieds naturels (non bandés) sont considérées comme radicales et devenaient une cible spécifique de la Terreur blanche ; les forces nationalistes mutilent souvent leurs cadavres et les exposent afin d'intimider la population[2].

Le PCC est presque entièrement anéanti[1]. Ses 58 000 membres au début de l'année 1927 sont réduits à moins de 10 000 à la fin de l'année[3]. La plupart de ces membres perdus sont tués au combat ou sommairement exécutés par les nationalistes ; certains font également défection[3]. Les membres survivants se dispersent dans les campagnes chinoises ; conscients de la défaite du prolétariat urbain, ils tentent de se réorganiser dans ce que Mao Zedong appelle des « zones de base révolutionnaires » afin de mener une « guerre populaire » contre le gouvernement nationaliste, en se concentrant sur la paysannerie comme classe révolutionnaire[4],[5]. 

Notes et références

  1. Meisner 1999, p. 27.
  2. Karl 2010, p. 33.
  3. Meisner 1999, p. 28.
  4. Karl 2010, p. 28-30.
  5. Huang et Zheng 2020, p. 47.

Bibliographie

  • (en) Maurice Meisner, Mao's China and After: A History of the People's Republic, New York, NY, Free Press, (ISBN 978-0-684-85635-3)
  • (en) Rebecca Karl, Mao Zedong and China in the Twentieth-Century World: A Concise History. Asia-pacific: Culture, Politics, and Society series, Durham, NC, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4780-4, DOI 10.1215/9780822393023, JSTOR j.ctv11hpp6w)
  • (en) Yibing Huang et Qian Zheng (trad. Sun Li, Shelly Bryant), An Ideological History of the Communist Party of China, vol. 1,, Royal Collins, (ISBN 978-1-4878-0390-2)
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