Teruzuki (destroyer, 1941)

Teruzuki (照月)
illustration de Teruzuki (destroyer, 1941)
En raison du secret entourant les navires japonais pendant la guerre, aucune image historique du Teruzuki n’existe[1]. Son sister-ship, l’Akizuki, représenté ici, était de conception similaire.

Type Destroyer
Classe Akizuki
Histoire
A servi dans  Marine impériale japonaise
Commanditaire Drapeau du Japon Japon
Chantier naval Arsenal naval de Maizuru
Lancement
Statut Coulé le
Équipage
Commandant 1941-1942 : Kimura Susumu (en)
A partir du 7 déc. 1942 : Raizō Tanaka
Équipage 300 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 134,2 m
Maître-bau 11,6 m
Tirant d'eau 4,5 m
Déplacement 2 743 tonnes
À pleine charge 3 759 tonnes
Propulsion 2 turbines à vapeur Kampon
3 chaudières à tubes d’eau Ro-Gō Kampon
Puissance 52 000 chevaux impériaux (38 776 kW)
Vitesse 33 nœuds (61 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Rayon d'action 8 300 milles marins (15 372 km) à 18 nœuds (33 km/h) avec (1 097 tonnes de fioul)
Pavillon Empire du Japon
Localisation
Coordonnées 9° 13′ 00″ sud, 159° 46′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Îles Salomon
(Voir situation sur carte : Îles Salomon)
Teruzuki (照月)
Teruzuki (照月)

Le Teruzuki (照月, "Lune brillante" en japonais[2]) était le second sur les treize destroyer de classe Akizuki mis en service dans la Marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les navires de la classe Akizuki étaient lourdement armés avec huit canons à double usage[note 1], afin de remplir leur rôle initial d’escorte de porte-avions. Toutefois, leur conception fut modifiée par l’ajout d’armes supplémentaires pour améliorer sa conception multi-rôle.

Achevé à la mi-1942, le Teruzuki joua un rôle mineur lors de la bataille des îles Santa Cruz du 25 au .

Le mois suivant, il participa à la bataille navale de Guadalcanal, où il endommagea gravement plusieurs navires de guerre américains, sans subir de dégâts.

Le navire fut coulé le par des vedettes lance-torpilles américaines alors qu’il escortait un convoi chargé d’acheminer des ravitaillements aux troupes japonaises sur Guadalcanal.

Neuf hommes ont péri dans le naufrage, tandis que le reste de l’équipage a survécu.

La découverte de l’épave en 2025 a invalidé l’hypothèse d’une explosion interne des charges de profondeur, confirmant que le naufrage fut causé par des torpilles américaines.

Caractéristiques techniques

Conçus à l'origine comme escorteurs antiaériens destinés à protéger les groupes aéronavals japonais[3], les navires de la classe Akizuki furent rapidement adaptés aux exigences d'une guerre navale de plus en plus polyvalente.[réf. souhaitée] Afin de remplir des missions plus générales, ils furent équipés de tubes lance-torpilles et de charges de profondeur.[réf. souhaitée]

Mesurant 134,2 mètres de longueur hors tout, pour une largeur de 11,6 mètres et un tirant d'eau de 4,15 mètres, ces destroyers affichaient un déplacement de 2 701 tonnes Washington, et jusqu’à 3 420 tonnes Washington en pleine charge[4]. L’équipage comptait environ 300 officiers et marins[5].

Chaque bâtiment de la classe était équipé de deux turbines à vapeur Kampon à engrenages, chacune entraînant un arbre d'hélice, alimentées en vapeur par trois chaudières à tubes d’eau Kampon.[réf. souhaitée] L’ensemble développait une puissance totale de 52 000 chevaux impériaux (38 776 kW), permettant d'atteinte une vitesse de 33 nœuds (61 km/h)[6].

Contrairement aux modèles précédents de destroyers japonais, le Teruzuki, comme les autres navires de sa classe, disposaient de deux compartiments distincts pour les machines et les chaudières, afin d’améliorer leur capacité de survie en cas de combat[7].

Son coût de construction s’élevait à 12 090 000 yens[8].

Histoire

Construction et premières opérations

Dessins de reconnaissance de la classe Akizuki réalisés pendant la Seconde Guerre mondiale par l’Office of Naval Intelligence de la marine américaine.

Faisant partie du premier groupe de destroyers de classe Akizuki autorisé dans le cadre du quatrième programme complémentaire d’armement naval de 1939 (en)[9], le Teruzuki fut mis sur cale le 13 novembre 1940 au chantier naval Mitsubishi de Nagasaki[réf. souhaitée], puis lancé le 21 novembre 1941[réf. souhaitée]. Achevé le [10], le navire passa le mois suivant à effectuer ses essais en mer, avant d’être affecté à l’escadre de destroyers n°10 de la 3e flotte le . Plus tard ce mois-là, il fit route vers îles Truk, puis rejoignit son escadre pour escorter les trois porte-avions de la 3e flotte lors de manœuvres soutenant l’offensive de l’armée impériale japonaise sur l’île de Guadalcanal[11],[12].

Les 12 et , le Teruzuki fait partie de la Force de bombardement commandée par le contre-amiral Hiroaki Abe. Lors de la première bataille navale de Guadalcanal, il revendique sept navires américains endommagés et un coulé. Le lendemain matin, il assiste le cuirassé Hiei[réf. souhaitée].

Les 14 et , il rejoint la Force de bombardement d'urgence commandée par l'amiral Nobutake Kondō. Lors de la deuxième bataille navale de Guadalcanal, il escorte des croiseurs lourds en compagnie du destroyer Asagumo. Après la bataille, il assiste le cuirassé Kirishima et secourt ses survivants[réf. souhaitée].

Participation à la bataille navale de Guadalcanal

Carte de la bataille navale du 13 novembre 1942 à 01h45.
Carte de Guadalcanal, des îles Florida et îles Savo.

Lors de la bataille navale de Guadalcanal, du 12 au , le Teruzuki joua un rôle déterminant dans la destruction de deux destroyers américains, le Laffey et le Monssen, et dans la mise hors de combat d’au moins deux autres, le Cushing et le Sterett (en)[13], avant que les navires japonais ne soient contraints de se retirer[13].

Le torpillage

Dernière mission

Le Teruzuki retourna aux îles Truk le et devint brièvement le navire amiral de l’escadre de destroyers n°10, commandé par Kimura Susumu (en). Il subit de légers dommages en heurtant un récif aux îles Truk le [11]. Ceux-ci furent rapidement réparés[réf. souhaitée], et le navire quitta les îles Truk des deux jours plus tard à destination de la base navale des îles Shortland[11].

À son arrivée, le , le Teruzuki devint le navire amiral du vice-amiral Raizō Tanaka, commandant de l’escadre de destroyers n°2[11]. À cette époque, les Japonais étaient contraints d’acheminer des ravitaillements à leurs troupes sur Guadalcanal à l’aide de fûts étanches, dont l’acheminement dépendait des courants marins[réf. souhaitée].

L’attaque

Le , le vice-amiral Raizō Tanaka organise un convoi de cinq destroyers transportant des fûts de ravitaillement, escorté par cinq autres destroyers et le Teruzuki[11]. En route vers Guadalcanal, le convoi résiste à une attaque[13] de 14 bombardiers en piqué Dauntless[réf. souhaitée] sans subir de dommages[13], et dépose sa cargaison sans incident[réf. souhaitée].

À 01h15, le repli commence. Le Teruzuki couvre la retraite à proximité de l’île de Savo, avançant à 12 nœuds[réf. souhaitée]. Peu après, il est attaqué par deux ou trois vedettes lance-torpilles américaines PT boat[note 2]. Deux torpilles Mark 8[15] frappent la poupe, endommageant le gouvernail[15], un arbre d’hélice et déclenchant un incendie dans un réservoir de carburant[15]. Comme le navire est gravement touché, le vice-amiral Raizō Tanaka et son état-major sont évacués sur le Naganami [11].

Vers 04h40, le narive sombre[11]. Jusqu'à la découverte de l'épave, il était généralement admis que les flammes avaient atteint la soute contenant les grenades sous-marines, provoquant une explosion responsable du naufrage[11]. Toutefois, l’examen de l’épave a révélé que la poupe contenait encore des charges de profondeur intactes[13]. Cette observation invalide l’hypothèse d’une explosion interne et confirme que ce sont bien les torpilles américaines qui ont provoqué la perte du Teruzuki[13].

Neuf marins périssent[1],[2],[15]. Les destroyers Naganami et Arashi secourent 197 survivants[11] ; 156 autres rejoignent les côtes de Guadalcanal à la nage[13],[15].

Le Teruzuki est officiellement retiré du registre de la marine le [11],[réf. à confirmer].

Découverte de l'épave

Cartographie des épaves japonaises et américaines dans les eaux de Guadalcanal, des îles Florida et des îles Savo: la position approximative du Teruzuki est à gauche.

Localisation

L'épave du Teruzuki fut découverte le [15] par le navire océanographique EV Nautilus lors d'une mission d'exploration des fonds marin par l'ONG Ocean Exploration Trust[2].

La découverte documente pour la première fois visuellement ce destroyer depuis sa perte. Le segment arrière de 19 m était séparé du reste du navire de 200 m, toujours armé de charges de profondeur intactes, invalidant l’hypothèse ancienne selon laquelle l’explosion interne des grenades avait provoqué le naufrage : c’est bien les torpilles qui en furent la cause principale[13].

Le Teruzuki repose à la position 9° 13′ 00″ S, 159° 46′ 00″ E.[réf. souhaitée].

Importance historique

La perte du destroyer Teruzuki marque un tournant décisif, incitant l'état-major Japonais à amorcer leur retrait stratégique de Guadalcanal[16],[17].

Les destroyers de la classe Akizuki, dont le Teruzuki, sont arrivés trop tard pour jouer un rôle décisif dans les batailles impliquant des porte-avions de la marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale[3].

Notes et références

Notes

  1. ↑ Ce type de canon polyvalent est conçu pour attaquer à la fois des cibles de surface et aériennes.
  2. ↑ Les historiens ne s’accordent pas sur l’identité et le nombre exact de vedettes lance-torpilles PT boats impliquées dans l’attaque. Jeffrey Cox (en) affirme que les PT-40, PT-45 et PT-59 (en) en furent les auteurs, et que la torpille ayant touché le Teruzuki aurait été lancée par le PT-45. Il cite Richard Frank, selon qui l’attaque aurait été menée par les PT-37 (en), PT-40 et PT-48[14]. De son côté, Allyn Nevitt identifie uniquement les PT-37 (en) et PT-40 comme les vedettes impliquées[11],[réf. à confirmer].

Références

  1. (en) Melina Khan, « Japanese warship used in WWII found on Pacific seafloor: See photos », sur USA Today, (consulté le )
  2. Le Figaro avec AFP, « Elle gît par 800 mètres de fond : l'épave d'un navire japonais de la Seconde Guerre mondiale retrouvée au large des îles Salomon », sur Le Figaro, (consulté le )
  3. (en) Hans Lengerer et Lars Ahlberg, Akizuki-Class Destroyers : In the Imperial Japanese Navy during World War II, Schiffer Publishing (en), , 128 p. (ISBN 978-0764365096), Acknowledgments. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  4. ↑ Gardiner et Chesneau 1980, p. 186.
  5. ↑ Whitley 1988, p. 204.
  6. ↑ Jentschura, Jung et Mickel 1977, p. 150.
  7. ↑ (en) Mark Stille, Imperial Japanese Navy Destroyers 1919–45 (2) : Asashio to Tachibana Classes, Botley, (ISBN 978-1-84908-987-6), p. 30-38. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  8. ↑ (en) Hans Lengerer et Lars Ahlberg, Akizuki-Class Destroyers : In the Imperial Japanese Navy during World War II, Schiffer Publishing (en), , 128 p. (ISBN 978-0764365096), p. 9-12. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  9. ↑ Jentschura, Jung et Mickel 1977.
  10. ↑ (en) Mark Stille, Imperial Japanese Navy Destroyers 1919–45 (2) : Asashio to Tachibana Classes, Botley, (ISBN 978-1-84908-987-6). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  11. (en) Anthony Tully, « IJN Teruzuki: Tabular Record of Movement », sur combinedfleet.com, (consulté le )
  12. ↑ Rohwer 2005.
  13. (en) « Lost WWII Japanese warship Teruzuki discovered in Solomon Islands », sur divemagazine.com, (consulté le )
  14. ↑ Cox 2020.
  15. (en) « IJN Destroyer Teruzuki Discovered », sur nautiluslive.org, (consulté le )
  16. ↑ Masson 1992, p. 186.
  17. ↑ Chandler 1990, p. 148.

Bibliographie

En français

  • Philippe Masson, La Seconde guerre mondiale : campagnes et batailles, Paris, Larousse, (ISBN 978-2-03-720073-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • David Chandler, Les Grandes batailles de la Seconde guerre mondiale, Paris, Presses de la Cité, (ISBN 225803261X). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

En anglais

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Jeffrey Cox (en), Blazing Star, Setting Sun: The Guadalcanal-Solomons Campaign, November 1942–March 1943, Oxford, (ISBN 978-1-4728-4046-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Jürgen Rohwer, Chronology of the War at Sea 1939–1945 : The Naval History of World War Two, Annapolis, United States Naval Institute, (ISBN 1-59114-119-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships (1922-1946), vol. 3, Londres, Conway Publishing, , 456 p. (ISBN 0-85177-146-7)
  • (en) Hansgeorg Jentschura, Dieter Jung et Peter Mickel (trad. de l'allemand par Antony Preston & J.D. Brown), Warships of the Imperial Japanese Navy, 1869–1945 [« Japanischen Kriegsschiffe, 1869-1945 »], Annapolis, Maryland, United States Naval Institute, (ISBN 978-0-87021-893-4)
  • (en) M. J. Whitley, Destroyers of World War Two : an international encyclopedia, Annapolis, Md, Naval Institute Press, , 320 p. (ISBN 978-0-87021-326-7)

Voir aussi

Articles connexes

Vidéos

  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail de la Seconde Guerre mondiale
  • icône décorative Portail du monde maritime
  • icône décorative Portail de l’empire du Japon