Testament d'Adam
Le Testament d’Adam est une œuvre chrétienne appartenant aux pseudépigraphes de l’Ancien Testament, dont l’origine remonte entre le IIe et le Ve siècle apr. J.-C., probablement composée au sein des communautés chrétiennes de Syrie. Elle prétend rapporter les dernières paroles d’Adam à son fils Seth ; celui-ci consigne le Testament puis en enterre le récit dans la légendaire Caverne des trésors. Adam y parle de la prière et des différentes parties de la Création qui louent Dieu à chaque heure du jour ; il prophétise ensuite la venue du Messie ainsi que le Déluge ; enfin, il donne une description de la hiérarchie céleste.
L’œuvre a probablement été rédigée à l’origine en syriaque. Des manuscrits existent en syriaque, en arabe, en karshouni, en guèze, en arménien, en géorgien et en grec. Le plus ancien manuscrit conservé date du IXe siècle, et il semble exister trois grandes recensions du texte[1].
Auteur et datation
L’auteur de l’œuvre est inconnu. La date de composition se situe probablement entre le IIe et le Ve siècle ; S. E. Robinson suppose que le milieu ou la fin du IIIe siècle constitue l’hypothèse la plus plausible. L’auteur était vraisemblablement un chrétien syrien ou palestinien, car certains jeux de mots semblent propres au syriaque dans les versions les plus anciennes, et une citation de Zacharie 1, 8 correspond à la version syriaque de la Peshitta plutôt qu’à la version grecque de la Septante. On trouve également une citation de l’œuvre dans la version syriaque du Transitus Mariae, généralement datée de la fin du IVe siècle. La troisième section de l’œuvre, consacrée à la hiérarchie céleste, ne semble pas étroitement liée au reste du texte ; il est donc possible qu’elle ait été composée séparément avant d’être intégrée à l’ensemble entre le Ve et le VIIe siècle.
L’auteur a probablement compilé et modifié une œuvre antérieure relevant de l’apocryphe juif. Ce qui était à l’origine un midrash juif sur le récit de la Création a été élargi pour inclure une défense de l’affirmation chrétienne selon laquelle Jésus était le Messie promis au peuple juif. Cela suggère une communauté favorable au judaïsme, contrairement à d’autres branches du christianisme de la fin de l’Empire romain qui le rejetaient fortement ; pour cet auteur, Jésus s’inscrit dans la continuité de la tradition juive.
Contenu
Le texte est attribué de manière pseudépigraphique à Seth, fils d’Adam, qui aurait écrit le Testament puis l’aurait scellé dans la Caverne des Trésors. La première section, appelée Horarium par S. E. Robinson, décrit quelles créatures louent Dieu à chaque heure et comment elles le font. Elle propose une vision unitaire de la domination de Dieu sur la création plutôt qu’une vision dualiste : tout, des démons au feu, de l’herbe aux humains jusqu’aux anges, sert Dieu. Dans la deuxième section, appelée Prophétie, Adam révèle à Seth des informations cachées. Il raconte la création et la chute de l’homme, évoque le Déluge à venir, prophétise la Passion de Jésus-Christ et la fin du monde. Dieu promet également de faire d’Adam un dieu, mais « pas tout de suite » ; ce retard est dû au péché d’Adam qui a mangé le fruit défendu, ici identifié comme une figue. Dieu déclare qu’il divinisera Adam après la résurrection de Dieu (Jésus), et qu’Adam siégera à la droite de Dieu.
La troisième section, appelée Hiérarchie, présente une angélologie détaillée décrivant les neuf ordres d’anges et leurs fonctions. Du plus bas au plus élevé : les anges agissent comme anges gardiens, chacun veillant sur un humain. Les archanges s’occupent des non-humains tels que les animaux et les oiseaux. Les archontes contrôlent le temps qu'il fait. Les autorités gouvernent les sources de lumière célestes : le Soleil, la Lune et les étoiles. Les puissances empêchent les démons de détruire le monde par jalousie envers l’humanité. Les dominations règnent sur les royaumes politiques et influencent la victoire ou la défaite dans les batailles. Le texte décrit l’une d’elles montant un cheval rouge, tuant des milliers de soldats sous un roi assyrien, et fait référence au récit de 2 Maccabées sur la bataille de Beth Zur, où un ange portant une arme d’or aide à mettre en fuite l’armée séleucide. Les trônes gardent l’entrée du Saint des Saints et se tiennent devant le trône de Dieu. Les chérubins portent le trône du Seigneur et gardent les sceaux divins. Les séraphins servent dans la chambre intérieure.
Œuvres similaires
La première section du récit ressemble au psaume 148, qui décrit également comment toute la création loue Dieu. Parmi les œuvres apocryphes similaires figurent l’Apocalypse gnostique d’Adam, le Conflit d’Adam et Ève avec Satan et la Vie d’Adam et Ève. L’œuvre (ainsi que la version syriaque de la Caverne des trésors) semble avoir influencé l’Apocalypse arabe de Pierre, un autre texte pseudépigraphique populaire dans le christianisme syrien, daté des IXe – Xe siècles. L’angélologie de la troisième section pourrait également avoir influencé le Livre de l'abeille, une œuvre syriaque du XIIIe siècle.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Testament of Adam » (voir la liste des auteurs).
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