Théâtre antique de Sanxay

Théâtre antique de Sanxay
Image illustrative de l’article Théâtre antique de Sanxay
Le théâtre, vue vers la Vonne en arrière-plan.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Commune Sanxay
Département Vienne
Région Nouvelle-Aquitaine
Protection Logo monument historique Classé MH (1882)
Coordonnées 46° 29′ 42″ nord, 0° 01′ 20″ ouest
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Théâtre antique de Sanxay
Théâtre antique de Sanxay

Le théâtre antique de Sanxay est un édifice de spectacles situé à proximité du hameau d'Herbord, sur le territoire de la commune française de Sanxay, dans le département de la Vienne (région Nouvelle-Aquitaine).

Il fait partie, avec un sanctuaire thermal et un grand temple, de la parure monumentale du site antique de Sanxay ; les recherches de la fin des années 2010 suggèrent que ce site est celui d'une agglomération secondaire qu'aucune source antique ne mentionne[1].

Les caractéristiques architecturales de ce monument le rapprochent du vaste groupe des théâtres gallo-romains à vocation mixte, conçus pour pouvoir accueillir des spectacles variés. Adossé à la pente de la rive d'un cours d'eau, sa capacité est d'environ 6 600 personnes pour un diamètre d'un peu moins de 89 m. La date précise de sa construction ne peut être définie, pas plus que celle de son abandon, mais l'agglomération de Sanxay, d'une façon générale, est progressivement délaissée aux IIIe et IVe siècles.

La seule campagne de fouilles importante se déroule entre 1881 et 1883 sous la conduite de l'archéologue belge Camille de La Croix, alors que le site est connu depuis longtemps mais n'a jamais été étudié jusqu'alors. Les vestiges du théâtre, comme ceux d'autres éléments du site (grand temple et sanctuaire), sont classés comme monuments historiques en 1882.

Localisation et environnement archéologique

Dans la géographie française contemporaine, Sanxay se trouve en limite ouest du département de la Vienne, au contact des Deux-Sèvres, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Poitiers. Sa proximité avec le hameau moderne d'Herbord fait que le site antique est parfois dénommé « site d'Herbord »[P 1].

Dans l'Antiquité, le site de Sanxay est implanté en territoire picton, au bord d'un couloir de circulation mettant en relation les provinces du nord de la Gaule et la Bretagne insulaire d'une part, et les régions du sud et l'Hispanie d'autre part. La proximité de Limonum (Poitiers) joue certainement un rôle important[A 1].

Image externe
Évocation du sanctuaire de Sanxay sur le site de Jean-Claude Golvin.

L'agglomération secondaire dont les vestiges sont répartis, en l'état actuel des connaissances, sur un peu moins de 25 hectares[1], est presque entièrement inscrite dans le lobe convexe d'un méandre de la Vonne qui emprunte l'un des plis hercyniens, sur un terrain alluvionnaire en pente douce de la rive gauche[A 1].

Photographie en couleurs des ruines d'un théâtre antique dont la partie basse est inondée.
Le théâtre inondé.

Le théâtre est l'une des rares exceptions : il est construit sur la rive opposée, concave, là où la rivière a attaqué le substrat en calcaire dolomitique du Jurassique inférieur (de l'Hettangien au Pliensbachien)[2] et où la pente naturelle du terrain est forte ; ceci permet d'édifier le théâtre en appui sur cette pente et de réduire les maçonneries de la cavea. À l'époque contemporaine, la Vonne qui coule presque au pied du théâtre inonde périodiquement son orchestra qui, à l'altitude de 122 m, ne se situe qu'à un mètre au-dessus du niveau moyen de la rivière[A 2].

Ce théâtre est ouvert au nord-ouest, parallèlement au cours de la Vonne, dans la direction des principaux bâtiments cultuels du sanctuaire de l'autre côté de la rivière et notamment d'une tholos disparue au XIXe siècle mais qui se trouvait au centre d'une vaste esplanade[P 2],[F 1] ; elle est notée « petit temple » sur le relevé de Camille de La Croix[P 3]. Ce lien entre édifice de spectacles et monuments cultuels est fortement pressenti, entre autres, à Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher)[3] et à Aquis Segeste (Loiret), où une disposition analogue est observée[4]. L'orientation du théâtre se rapproche de celle préconisée par Vitruve car elle préserve en grande partie les spectateurs du soleil lors des manifestations aux heures les plus chaudes de la journée et évite leur éblouissement[5].

Historique

Chronologie

Le site du théâtre est déjà fréquenté à l'époque néolithique, comme en témoigne une hache en diorite — il s'agit peut-être d'un objet votif — retrouvée lors des fouilles au XIXe siècle ; c'est lors de ces mêmes opérations que deux tombes « gauloises » sont signalées à proximité du théâtre mais rien ne permet de préciser la datation de celle qui fut fouillée[A 3],[6].

Propositions de date pour la construction du théâtre


Il n'est pas possible, à partir des éléments de mobilier archéologique conservés, qui ne proviennent peut-être même pas tous du théâtre lui-même, de proposer une datation fiable pour sa construction. Les estimations vont du milieu du Ier au IIIe siècle. La forme et l'architecture du monument ne renseignent pas davantage sur ce point[F 2].

L'abandon du théâtre coïncide peut-être avec le déclin général du site de Sanxay au cours du IVe siècle, tout d'abord lié aux problèmes économiques et politiques que connaît l'Empire romain à cette période (crise du troisième siècle) puis, dans un second temps, à l'essor du christianisme sous l'influence régionale d'Hilaire de Poitiers et Martin de Tours. Un incendie a pu sceller de manière brutale la fin de l'occupation du site[A 4].

Fouilles, recherches et mise en valeur du site

Premières recherches

L'emplacement des vestiges est connu depuis longtemps, et les ruines ont servi de carrière de pierres soit par réutilisation directe des moellons soit après extraction de la chaux qu'ils contiennent. C'est dans un manuscrit du moine bénédictin Léonard Fonteneau, mort en 1780, que les vestiges d'une « station gallo-romaine » à Sanxay sont mentionnés pour la première fois[P 4] ; personne ne se prononce toutefois sur la nature des édifices[10],[11]. Ce n'est qu'en 1865 qu'une commission dirigée par Alphonse Le Touzé de Longuemar est chargée par la Société des antiquaires de l'Ouest de faire les premiers relevés sur le site mais, faute de crédits, aucune fouille ne peut être engagée[A 5] ; par contre, ces travaux suscitent la curiosité de promeneurs et de collectionneurs privés ou institutionnels qui commencent à piller les ruines[P 5].

Travaux de Camille de La Croix

Plan en couleurs des vestiges d'un site antique avec en vert les monuments encore visibles.
Relevé des vestiges par Camille de La Croix. En vert, les structures toujours visibles.

Du au [P 6], le jésuite Camille de La Croix entreprend à ses propres frais (environ 50 000 F) un important travail de déblaiement des ruines avec l'aide d'une quinzaine d'ouvriers (entre 15 000 et 60 000 m3 déplacés) ; les drapeaux belge et français flottent au-dessus du chantier[P 7]. Les terrains étant simplement loués pour le temps des fouilles, il doit faire vite, combler les excavations en fin d'opération et débarrasser le sol des pierres, y compris vestiges, gênant les labours[12]. Des plans précis du site sont levés, des dessins réalisés, quelques photos prises et une publication éditée avant la fin des fouilles[C 1],[n 2]. Auguste-François Lièvre, ancien président de la Société archéologique et historique de la Charente, regrette que le fouilleur « ne se soit pas résigné à ignorer, tout au moins provisoirement, et à décrire sans conclure, au lieu de demander à son imagination des solutions illusoires »[14]. En outre, les contraintes techniques, les méthodes de fouilles alors en usage et la faiblesse de la documentation écrite conduisent à une perte importante et irrémédiable d'informations[A 6]. À l'époque, cette découverte est malgré tout considérée comme « (la plus importante faite en Gaule) depuis celle du temple de Mercure au Puy-de-Dôme »[15]. Un parallèle est même parfois établi, comparant de La Croix pour les fouilles de Sanxay et Heinrich Schliemann pour la découverte de Troie[A 7].

Le constat immédiat semble moins alarmant pour le théâtre, dont les vestiges sont laissés à l'air libre ; en revanche, ils se dégradent peu à peu[A 8] et des sondages faits au XXIe siècle montrent que Camille de La Croix a déblayé le sol jusqu'au-dessous des niveaux antiques, mais sans noter de manière rigoureuse la stratigraphie rencontrée[16].

Les objets retrouvés, quant à eux, ne sont que sommairement décrits, ne sont pas répertoriés et une partie est dispersée, entre autres par les fouilleurs qui en distribuent à leurs amis[P 9]. Une partie de ce mobilier archéologique est conservée et exposée au musée Sainte-Croix de Poitiers. Toutefois, en l'absence de classement et d'inventaire lors de leur découverte, il est difficile, voire parfois impossible de savoir si ces objets proviennent du théâtre ou d'un autre composant du site de Sanxay[A 9].

Monuments historiques et investigations modernes

Dessin en noir et blanc des ruines d'un théâtre antique.
Dessin du théâtre par Jean Camille Formigé en 1917.

Les vestiges du théâtre, du temple et du sanctuaire sont classés comme monuments historiques dès 1882[17]. Les parcelles qui supportent ces vestiges, soit l'équivalent de 4 ha sur les 14 ha fouillés, sont acquises par l'État en 1884 et 1885 après ouverture d'une souscription nationale[18] et malgré l'opposition de l'un des propriétaires du théâtre[P 10]. Jean Camille Formigé puis son fils Jules, tous deux architectes en chef des monuments historiques, effectuent alors un relevé de ces ruines. Une toiture de protection est construite au-dessus du sanctuaire[A 10].

La Société des amis de Sanxay est créée en 1927. Entre autres activités, elle organise dans le monument des représentations théâtrales jusque dans les années 1950, avec une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale[P 11].

Photographie de nuit du public d'une manifestation théâtrale.
Soirées lyriques de Sanxay en 2019.

De 1985 à 1994, la mise en valeur du site s'accompagne, sous la direction de Pierre Aupert, de la reprise des fouilles archéologiques dans le sanctuaire, le temple et le théâtre, aboutissant à une nouvelle vision de l'ensemble du complexe[F 3],[19]. À cette occasion, quelques sondages réalisés dans les zones périphériques montrent que certaines structures découvertes par de La Croix et réputées détruites sont seulement ensevelies. À partir de 1998, les trois ensembles visibles, théâtre, temple et sanctuaire, font l'objet de relevés précis[A 11]. Toutefois, depuis les travaux de de La Croix et jusqu'en 2009, aucune fouille d'ampleur n'a été entreprise sur l'édifice de spectacles. Il a, en revanche, fait l'objet de plusieurs campagnes de restauration compliquant la lecture de ses vestiges[20].

À la fin des années 2000, de nouveaux travaux intéressent l'ensemble du site et réévaluent l'importance de ses aménagements à caractère non religieux pour en faire une agglomération secondaire à part entière dont le théâtre est l'un des éléments[11] mais dont le nom s'est perdu[1].

Chaque année depuis 2000, le théâtre accueille au mois d'août les Soirées Lyriques de Sanxay, un festival d'art lyrique et d'opéra[21]. Public et acteurs soulignent à cette occasion les qualités acoustiques du théâtre, même dans son état actuel de partielle destruction ; une étude conduite en 2011 confirme scientifiquement cette impression[22].

Description

Caractéristiques générales et techniques de construction

Plan en couleurs des maçonneries d'un théâtre antique.
Plan schématique du théâtre.

Le monument de Sanxay ne se conforme pas au plan d'un théâtre romain classique : sa cavea outrepasse largement le demi-cercle ; son orchestra est presque circulaire[n 3] et aucun bâtiment important ne ferme l'arrière de la scène[P 2]. Il entre dans le groupe des édifices mixtes. Ce type de monument, dont l'appellation (amphithéâtre ou théâtre) est toujours discutée, ne se rencontre qu'en Gaule, et principalement, comme à Sanxay, dans des ensembles monumentaux ruraux[24] ; il est possible que cet aménagement permette de l'utiliser pour des spectacles de nature plus diversifiée[23]. Il est cependant peu probable qu'il ait pu accueillir des « jeux hippiques », comme de La Croix le suggère[25],[P 12].

Le théâtre mesure 88,60 m de diamètre extérieur et son orchestra, presque parfaitement circulaire, mesure 37,80 m de diamètre. Dans cette configuration, la capacité du monument est évaluée à 6 600 spectateurs[A 2] ; au XIXe siècle, les estimations faites par Camille de La Croix vont jusqu'à plus de 8 000 personnes[C 3]. Au XXIe siècle, aucune structure n'est conservée avec une élévation supérieure à 0,20 m à l'exception d'une partie du mur du podium, mais cette section est peut-être une restauration du XIXe siècle[F 4].

Les maçonneries ne disposent de presque aucune fondation et reposent directement sur le rocher après que celui-ci a été décapé jusqu'à ses assises les plus solides[n 4] ; les murs sont parementés en petit appareil de moellons en calcaire blanc taillés en tronc de pyramide à base rectangulaire, avec parfois des lits de terres cuites architecturales, et ne sont pas recouverts d'un enduit[F 4]. Ils supportent des gradins en bois[A 12] ; si le bois a disparu, les nombreux clous retrouvés dans les fouilles du théâtre attestent de ce mode de construction[P 13]. Il est cependant possible que, dans l'axe du théâtre, les gradins reposent directement sur la roche mère taillée de manière adéquate sans recours à des murs et des charpentes[F 4]. Des moulures en stuc participent probablement à la décoration du théâtre[A 13].

Camille de La Croix suggère une origine locale (dans la Vienne ou les Deux-Sèvres, à moins de 5 km) pour la plupart des matériaux utilisés dans la construction du théâtre, moellons, chaux et tuiles[C 4].

Cavea

Photographie en couleurs des gradins ruinés d'un théâtre antique.
Vue de la cavea.

La cavea, dont la pente moyenne dans l'axe du théâtre est de 40 %[F 4], repose sur une série de murs courbes qui la divisent en trois zones : en bas, près de l'orchestra, les premiers rangs de gradins sont réservés aux notables ; ils semblent reliés à l'orchestra par de petits escaliers[F 5]. Au sud-ouest, au premier rang, une petite loge semi-circulaire accessible par un escalier depuis l'un des vomitoires[26] est sans doute celle d'un magistrat[A 14], dispositif comparable à celui observé à Cherré (Aubigné-Racan, Sarthe)[F 6].

Les espaces compris entre les murs, latéralement, et les gradins, au-dessus, ont pu être aménagés en locaux de service[F 7]. Les gradins inférieurs, réservés aux notables, sont peut-être construits en pierre[27] ; le premier d'entre eux, fortement surélevé par rapport à l'orchestra, suggère que celle-ci accueille des combats (hommes et/ou animaux)[A 15]. Ce type de spectacle entre dans la large gamme de ceux qui pouvaient se pratiquer dans ce genre d'édifices[P 14].

Photographie en couleurs de murs antiques ruinés.
Vestiges de l'un des parodoï en bas de la cavea.
Photographie en couleurs d'un théâtre antique et de son couloir voûté.
Parodoï voûtés du théâtre de Trieste.

Le dernier rang des gradins est surélevé d'environ 14 m par rapport à la scène[P 15]. Les gradins sont accessibles par deux couloirs (parodoï) larges de 4 m donnant également accès à l'orchestra et par deux séries de deux vomitoires de largeur plus réduite, au tiers (largeur de 2,60 m) et aux deux tiers (largeur de 1,40 m) de la hauteur de la cavea ; ces vomitoires sont toutefois parallèles aux grands couloirs[P 13],[A 12] et aux courbes de niveau, alors que ces accès sont généralement rayonnants[F 8]. Par contre, la manière dont les spectateurs se distribuent dans la cavea à partir de ces vomitoires n'est pas connue[C 5].

Les parodoï donnant accès à l'orchestra et dont les murs larges de plus de 2 m sont munis de contreforts sont peut-être voûtés pour pouvoir supporter des gradins au moins sur une partie de leur longueur[F 7] ; une architecture semblable est encore visible à Trieste (Italie)[28], mais il est impossible de l'affirmer à Sanxay[P 16]. Camille de La Croix suggère que les voûtes de ces couloirs étaient surmontées des logements du personnel de service[C 6]. À l'opposé du monument, il est vraisemblable qu'une galerie périphérique large d'environ 2 m et munie d'escaliers ceinture la cavea[A 12], comme c'est le cas pour le théâtre des Bouchauds[F 9]. Dans l'axe du théâtre, un vomitoire semble partir du mur périphérique pour se diriger vers l'orchestra, mais son état de délabrement interdit d'évaluer sa longueur exacte[C 7].

Orchestra et aménagement scénique

Photographie en couleurs de murs ruinés au niveau du sol.
Vestiges de la scène (premier plan).

Un mur haut d'environ 2 m sépare l'orchestra des premières rangés de sièges ; cette hauteur est propre à assurer la sécurité des spectateurs assis aux premiers rangs[P 17]. Des grands blocs de calcaire blanc forment le couronnement de ce mur[F 4].

Sous l'orchestra, une série de maçonneries en pierre de taille ou en moellons, régulièrement arasées, dessinent une ellipse partielle ; il peut s'agir d'un renforcement de l'orchestra ou des vestiges d'un état précédent, achevé ou interrompu, de cette partie du théâtre[29]. Une source est située dans l'orchestra, mais les fouilles récentes ne permettent pas de mettre en évidence d'éventuels aménagements destinés à son captage[30].

Le bâtiment de scène, de petites dimensions (9,20 × 4 m), est construit en saillie extérieure du mur de scène. Il est probablement doté de deux emmarchements permettant d'y accéder depuis l'orchestra[31]. Sa fonction est d'ailleurs mal définie : en raison de sa petite taille, il est difficile d'y voir une véritable scène où évolueraient des acteurs : c'est peut-être le socle d'un autel ou d'un sacellum[A 12],[F 10].

Le mur de front de scène est scandé, sur sa face externe, de plots en maçonnerie ayant supporté des colonnes[C 8] ou correspondant à des amorces de contreforts. Son épaisseur varie de 0,85 à 1,48 m, mais sa hauteur n'est pas connue. Si Camille de La Croix pense que ce mur ferme le théâtre sur toute sa largeur et lui attribue une hauteur de 14 m[C 9], Jean-Camille et Jules Formigé estiment qu'il ne sert qu'à fermer les gradins et que sa hauteur décroît en se rapprochant du centre du monument[P 15]. Cette seconde proposition, qui permet aux spectateurs, compte tenu de l'orientation du théâtre, d'avoir toujours une vue sur les bâtiments cultuels du site[A 15], semble prévaloir selon les observations les plus récentes[F 11]. L'hypothèse d'un velum prenant appui sur le mur de fond de scène et venant abriter les spectateurs du soleil, évoquée par de La Croix[C 10], paraît peu vraisemblable[32],[P 18].

Dessin en couleurs des représentations possibles d'un théâtre antique.
Hypothèses de restitution du mur de scène.

Mobilier archéologique

Le mobilier archéologique retrouvé par Camille de La Croix lors des fouilles du théâtre — comme sur l'ensemble du site — est très difficilement exploitable, le fouilleur n'ayant pas tenu de journal de fouilles et les pièces étant pour la plupart dispersées après une description très sommaire mais sans inventaire ni classement précis[P 19]. De La Croix juge d'ailleurs ces objets « assez peu intéressants »[C 11]. En 1944, François Eygun inventorie le mobilier archéologique issu de ces fouilles et conservé dans le musée alors installé dans l'hôtel de ville de Poitiers[A 7]. Ces collections sont complétées en 1947 par le don fait au musée par la Société des antiquaires de l'Ouest[A 16].

Dans la liste établie par Eygun, seuls un linteau de porte en calcaire et sept poteries communes, qu'il ne date pas, proviennent à coup sûr du théâtre[33]. L'auteur cite également cent quarante-trois fragments d'inscriptions, presque tous disparus ; en outre, ils sont très petits (une seule lettre ou une portion de lettre) et la description faite peu après leur découverte[34] ne permet pas de reconstituer des textes acceptables[P 20].

Sur les 345 monnaies découvertes lors des fouilles de 1881-1883, seules 145 ont pu être étudiées et décrites par le numismate Anatole de Barthélemy[35]. Soixante d'entre elles proviennent du théâtre, et la très grande majorité couvre les deux premiers siècles de notre ère, du règne d'Auguste à celui de Tetricus Ier[27] ; le grand nombre de ces monnaies — aucune autre partie du site de Sanxay n'en a livré autant — perdues par les spectateurs témoigne de la forte fréquentation du théâtre[A 17].

Une tête de cheval en bronze, haute de moins de 4 cm, provient certainement d'une offrande rituelle dispersée lors de la ruine générale du site[A 18].

Une centaine de fragments de mosaïques, majoritairement noires ou blanches, est extraite des fouilles du théâtre au XIXe siècle[36].

Notes et références

Notes

  1. ↑ Cette date correspond à celle des dernières modifications du sanctuaire selon de La Croix[C 1].
  2. ↑ Camille de La Croix avait prévu la publication d'une monographie sur le site de Sanxay à l'issue de ses travaux[13]. Cet ouvrage ne vit jamais le jour ; il ne fut même pas, semble-t-il, ébauché[P 8].
  3. ↑ Cette forme circulaire se retrouve, selon de La Croix, dans les théâtres de Lillebonne (Seine-Maritime), Valognes (Manche) et Vieux-la-Romaine (Calvados)[C 2] ; cette liste s'est, depuis, beaucoup allongée[23].
  4. ↑ Un tel dispositif rustique n'assure pas une bonne stabilité pour un monument de cette taille construit sur une pente[F 4].

Références

  • Mémoire archéologique sur les découvertes d'Herbord, dites de Sanxay, Clouzot, 1883 :
  • Les ruines d'Herbord, commune de Sanxay, les Éditions du terroir, 1982 :
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  2. Pillard 1982, p. 54.
  3. ↑ Pillard 1982, p. 138.
  4. ↑ Pillard 1982, p. 17.
  5. ↑ Pillard 1982, p. 23.
  6. ↑ Pillard 1982, p. 35.
  7. ↑ Pillard 1982, p. 29.
  8. ↑ Pillard 1982, p. 34.
  9. ↑ Pillard 1982, p. 15.
  10. ↑ Pillard 1982, p. 39-40.
  11. ↑ Pillard 1982, p. 48.
  12. ↑ Pillard 1982, p. 63.
  13. Pillard 1982, p. 57.
  14. ↑ Pillard 1982, p. 65.
  15. Pillard 1982, p. 61-62.
  16. ↑ Pillard 1982, p. 58.
  17. ↑ Pillard 1982, p. 60.
  18. ↑ Pillard 1982, p. 62.
  19. ↑ Pillard 1982, p. 30.
  20. ↑ Pillard 1982, p. 63-64.
  • « Le théâtre rural de Sanxay : vers une redécouverte », Aquitania, 1990 :
  1. ↑ Fincker 1990, p. 185.
  2. Fincker 1990, p. 192.
  3. ↑ Fincker 1990.
  4. Fincker 1990, p. 186.
  5. ↑ Fincker 1990, p. 188-189.
  6. ↑ Fincker 1990, p. 187.
  7. Fincker 1990, p. 188.
  8. ↑ Fincker 1990, p. 184.
  9. ↑ Fincker 1990, p. 191.
  10. ↑ Fincker 1990, p. 189.
  11. ↑ Fincker 1990, p. 184-185.
  • Sanxay antique, Les Éditions du patrimoine, 2008 :
  1. Aupert 2008, p. 6-7.
  2. Aupert 2008, p. 40.
  3. ↑ Aupert 2008, p. 20.
  4. ↑ Aupert 2008, p. 25.
  5. ↑ Aupert 2008, p. 9.
  6. ↑ Aupert 2008, p. 10-11.
  7. Aupert 2008, p. 11.
  8. ↑ Aupert 2008, p. 9-11.
  9. ↑ Aupert 2008, p. 92-101.
  10. ↑ Aupert 2008, p. 14.
  11. ↑ Aupert 2008, p. 14-15.
  12. Aupert 2008, p. 44.
  13. ↑ Aupert 2008, p. 100.
  14. ↑ Aupert 2008, p. 40-44.
  15. Aupert 2008, p. 44-45.
  16. ↑ Aupert 2008, p. 92.
  17. ↑ Aupert 2008, p. 92-93.
  18. ↑ Aupert 2008, p. 9 et 98.
  • Autre références :
  1. Provost 2021, p. 745.
  2. ↑ Jean-Paul Mourier, Poitiers, BRGM, coll. « Carte géologique au 1:50000 » (no 0589), , 47 p. (lire en ligne [PDF]), p. 11.
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  4. ↑ Stanislas Bossard, Cultes et sanctuaires du centre et de l’ouest de la Gaule Lyonnaise : des antécédents gaulois à la fin des dieux (IIe s. av. n. è. – Ve s. de n. è.), vol. II, Université de Nantes, , 1368 p., p. 1110 — Thèse de doctorat publiée en 2024 par les Presses universitaires de Rennes (ISBN 978-2-7535-9800-3) comme supplément no 14 à la Revue archéologique de l'Ouest.
  5. ↑ Vitruve, De architectura, V, 3.1.
  6. ↑ Provost 2021, p. 747.
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  8. ↑ Sear 2006, p. 205.
  9. ↑ Jean-Claude Golvin (avec la collaboration de Catherine Salles), Le théâtre romain et ses spectacles, Lacapelle-Marival, Archéologie nouvelle, coll. « Archéologie vivante », , 154 p. (ISBN 979-1-0914-5806-1), p. 89.
  10. ↑ Formigé 1944, p. 43.
  11. Provost 2021, p. 746.
  12. ↑ Formigé 1944, p. 45.
  13. ↑ Bélisaire Ledain (dir.) (ill. Jules Robuchon), Paysages et monuments du Poitou photographiés par Jules Robuchon : Sanxay (Vienne) - découvertes gallo-romaines d'Herbord près Sanxay, 1884-1891, 12 et VI p. (lire en ligne), p. 3.
  14. ↑ Auguste-François Lièvre, « Sanxay (suite) », Revue poitevine et saintongeaise, vol. IX, no 98,‎ , p. 34 (lire en ligne).
  15. ↑ Berthelé 1882, p. 3.
  16. ↑ Montigny 2009, al. 9.
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  18. ↑ « Chronique : conservation des ruines de Sanxay », Bulletin monumental, vol. 50, t. XII,‎ , p. 380-389 (lire en ligne).
  19. ↑ Pierre Aupert, « Un nouveau sanctuaire picton aux « thermes » de Sanxay », Aquitania, no 6,‎ , p. 61-79.
  20. ↑ Montigny 2009, al. 10.
  21. ↑ Baptiste Cogitore, « Les soirées lyriques de Sanxay : histoire d'un succès », sur France3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le ).
  22. ↑ (en) Jacky Tartarin, « On the Acoustics of the Gallo-Roman Theatre of Sanxay (France) : International Symposium “The Acoustics of Ancient Theatres”, Patras, Grèce, 18-21 septembre 2011 » [PDF], sur https://www.eaa-saat.eu/.
  23. Gérard Coulon, Les Gallo-Romains, Paris, Errance, coll. « Civilisations et cultures », , 219 p. (ISBN 2-87772-331-3), p. 15.
  24. ↑ Jean-Claude Golvin, L'amphithéâtre romain et les jeux du cirque dans le monde antique, Archéologie Nouvelle, , 160 p. (ISBN 978-2-9533973-5-2), p. 152.
  25. ↑ Berthelé 1882, p. 20.
  26. ↑ Formigé 1944, p. 97.
  27. Provost 2021, p. 758.
  28. ↑ Sear 2006, p. 180.
  29. ↑ Formigé 1944, p. 93.
  30. ↑ Montigny 2009, al. 12.
  31. ↑ Sear 2006, p. 204-205.
  32. ↑ Auguste-François Lièvre, « Sanxay (suite) », Revue poitevine et saintongeaise, vol. IX, no 99,‎ , p. 66 (lire en ligne).
  33. ↑ Eygun 1944, p. 111.
  34. ↑ Antoine-Marie Héron de Villefosse, « Inscriptions romaines de Sanxay », Revue poitevine et saintongeaise, no 11,‎ , p. 341-344 (lire en ligne).
  35. ↑ Anatole de Barthélemy, « Monnaies trouvées dans les ruines de Sanxay », Revue numismatique, t. II, série 3,‎ , p. 495-501 (lire en ligne).
  36. ↑ Provost 2021, p. 759.

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Publications spécifiquement consacrées au site de Sanxay

  • Pierre Aupert, Jean Hiernard et Myriam Fincker, Sanxay : un grand sanctuaire rural gallo-romain, Imprimerie nationale, , 116 p. (ISBN 978-2-1108-1133-2).
  • Pierre Aupert (avec les contributions de Jean Hiernard et Myriam Fincker), Sanxay antique, Paris, Les Éditions du patrimoine, coll. « Guides archéologiques de la France », , 110 p. (ISBN 978-2-85822-980-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joseph Berthelé, Quelques Notes sur les fouilles du P. De La Croix à Sanxay (Vienne), Imprimerie de Eugène Robichon, , 14 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Camille de La Croix, Mémoire archéologique sur les découvertes d'Herbord, dites de Sanxay, Niort, Clouzot, , 78 et V p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • François Eygun, « Liste des objets recueillis à Sanxay par le R. P. de La Croix », Gallia, t. II,‎ , p. 98-120 (DOI 10.3406/galia.1944.1986). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Myriam Fincker, « Le théâtre rural de Sanxay : vers une redécouverte », Aquitania, t. VII,‎ , p. 183-194 (lire en ligne [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jules Formigé, « Le sanctuaire de Sanxay (Vienne) », Gallia, t. II,‎ , p. 43-97 (DOI 10.3406/galia.1944.1986). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Adrien Montigny, « Sanxay, théâtre », ADLFI. Archéologie de la France - Informations,‎ (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Guy Pillard (avant-propos Henri-Paul Eydoux), Les ruines d'Herbord, commune de Sanxay, Niort, Les Éditions du terroir, , 255 p. (ISBN 978-2-9032-8310-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Publications d'archéologie générale

Articles connexes

Liens externes

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