Théodore-Casimir Delamarre

Théodore Casimir Delamarre
Fonctions
Député de la Somme
-
Régent de la Banque de France
-
Titre de noblesse
Comte romain
Biographie
Naissance
Décès
(à 73 ans)
Rue du Pavillon (d) (Boulogne-Billancourt)
Sépulture
Nom de naissance
Theodore Cazimir Delamarre
Nationalité
Activités
Enfants
Théodore Didier Delamarre
Casimir Delamarre (d)
Autres informations
Membre de
Distinction

Théodore Casimir Delamarre, né le 27 nivôse an V () à Dancourt et mort le à Boulogne-sur-Seine, est un banquier, patron de presse et homme politique français.

Biographie

Fils de Théodore Delamarre, magistrat, et de Marie-Anne Victoire Bachelier, il commence sa carrière comme garde du corps de Louis XVIII, de 1818 à 1822.

Devenu l'associé d'une importante maison de banque parisienne, il dirige la banque Delamarre, Martin-Didier et Cie, qui fonde un journal de cotations boursières gratuites. Membre du Conseil d’escompte de la Banque de France, du au , il devient régent de la Banque de France du au .

Il contribue à la concentration, à partir de 1835, de différentes entreprises de transport parisien : il a des intérêts dans certaines d'entre elles (Lutéciennes, Atalantes, Zéphirines, Eoliennes, Française et Vigilantes qui étaient les plus importantes), qui forment, en 1838, la Société des voitures de place de Paris[1].

Il est fait comte romain, préside le cercle du Jockey Club et devient propriétaire, à Boulogne-Billancourt, du parc des Princes, aménagé par le duc de Morny en 1860 dans le cadre d'une vaste opération immobilière de luxe supervisée par le baron Haussmann[2], et où il meurt en 1870.

Delamarre a été propriétaire de divers journaux : la Patrie fondée en 1844, La Commune et l’Esprit Public. Il a accueilli les correspondances de Victor Noir dans la Patrie, dont il a conservé la direction pendant près de vingt ans, jusqu’au moment où il a cédé son journal à Louis Frémy et Édouard Lebey. Très intimement lié à Allan Kardec[3], il s’est beaucoup occupé de spiritisme et de magnétisme[4], y compris dans les affaires de son journal, consultant ses tables d’acajou ou de palissandre sur les mille menus détails de ses propres affaires : un matin, il arrive à la Patrie tout ému et congédie six simples employés des bureaux d’un seul coup. Comme l’un des six lui demandait quel sujet de plainte il avait pu lui donner : « Ce n’est pas moi qui suis mécontent de vos services, répond-il avec conviction, c’est mon guéridon[5] ! »

Delamarre pouvait également congédier des journalistes, comme Henri d'Audigier, sans autre raison que les décrets de sa table tournante. Sa politique pouvait de même être dictée par les esprits : la Patrie soutenait ainsi avec acharnement la politique papale, censément sur les conseils de l’esprit de saint Louis. Un jour que la Patrie avait publié un article en faveur du Saint-Siège, qui ne concordait pas précisément avec la politique française, la rédaction réunie dans le cabinet directorial a mis à l’épreuve l’esprit qui s’est avéré être… saint Louis de Gonzague. Le lendemain, la Patrie changeait la ligne de sa politique extérieure[6].

À l’époque du coup d’État de 1851, il a été un des rares directeurs de journaux à ne pas avoir été atteints dans leur propriété. Élu, le , député de la 4e circonscription de la Somme au Corps législatif, Delamarre s'associe au rétablissement de l'Empire et vote le plus souvent avec la majorité dynastique, mais échoue à être réélu, en 1857[7].

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise[8].

Il a épousé sa cousine Madeleine-Héloïse Martin (1805-1886), fille du banquier Didier Martin[9].

Ils eurent :

Distinctions

Sources

Notes et références

  1. ↑ Bertrand Gille, Recherches sur la formation de la grande entreprise capitaliste (1815-1848), SEVPEN, , p. 67-8.
  2. ↑ « Faire-part de décès de Théodore-Casimir Delamarre », sur ebay.be (consulté le ).
  3. ↑ « Feu Delamarre », Le Petit Figaro, Paris, vol. 4, no 52,‎ , p. 2 (ISSN 2496-8994, lire en ligne sur Gallica).
  4. ↑ « Notes parisiennes », Le Journal de Paris, Paris, vol. 4,‎ , p. 2 (ISSN 2400-8354, lire en ligne sur Gallica).
  5. ↑ « Courrier de Paris », Le Monde illustré, Paris, vol. 14, t. 26, no 672,‎ , p. 3 (ISSN 0996-228X, lire en ligne sur Gallica).
  6. ↑ « Faits divers », L’Écho du Raincy, Paris, vol. 1, no 34,‎ , p. 2 (ISSN 2452-7106, lire en ligne sur Gallica).
  7. ↑ « M. Guillaume Delamarre », Le Gaulois, Paris, vol. 3, no 595,‎ , p. 1 (ISSN 2419-0101, lire en ligne sur Gallica).
  8. ↑ Jules Moiroux, Le Cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne sur Gallica), p. 125.
  9. ↑ Jean-Yves Mollier, Louis Hachette : Le Fondateur d'un empire, Paris, Fayard,

Liens externes

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