Thérèse Romer
| Thérèse Romer | |
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| Fonctions | |
|---|---|
| Interprète, horticultrice, fondatrice de Maisons anciennes du Québec (APMAQ), de la Société d’Horticulture et d’Écologie de Deux-Montagnes et de FloraQuebeca | |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Theresa Renata Romer |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Varsovie Pologne |
| Nationalité | Canadienne |
| Conjoint | Pierre De Bellefeuille |
| Profession | Photographe, pigiste, horticultrice, traductrice et interprète |
| Distinctions | Le Pavot honorifique de l'APJQ en 2001
Membre d'honneur de l'AIIC en 2009 |
Thérèse Romer, alias Renia Romer, née Theresa Renata Romer le à Varsovie, en Pologne, est l’une des premières interprètes indépendantes du Canada et co-fondatrice du premier cabinet d’interprétation de Montréal, Inter-Info Associés.
Épouse du député Pierre De Bellefeuille, elle est aussi derrière la création des jardins de la Maison Chénier-Sauvé de Saint-Eustache et la fondation de plusieurs organismes québécois, notamment Maisons anciennes du Québec, la Société d’Écologie et d’Horticulture de Deux-Montagnes ainsi que FloraQuebeca.
Biographie
Jeunesse à l'internationale
Theresa Renata Romer est la fille de Tadeusz Romer, diplomate et politicien Polonais, et de Zofia Wankowicz, infirmière récipiendaire de la Croix de Valeur pour son courage au sein de la Croix Rouge pendant la Première Guerre mondiale[1].
Theresa quitte la Pologne avant même ses 2 ans alors que son père prend des postes d’ambassadeur en France et en Italie à la fin des années 1920 et au début des années 1930. C’est suite à l'assignation de Tadeusz comme ambassadeur de Pologne à Tokyo en 1937 que Theresa étudie aux côtés des filles de plusieurs figures politiques et diplomatiques japonaises. En , le gouvernement nippon ferme l’ambassade de Pologne à Tokyo et la famille Romer quitte le pays en novembre de la même année. Theresa, ses parents, ainsi que ses sœurs, déménagent alors à Shanghai où Tadeusz prend la charge de Haut-Commissaire aux Réfugiés. De nouveau sur la route à partir de 1942, la famille passe son temps entre Londres et Moscou puisque Tadeusz devient d’abord ambassadeur de Pologne en Union Soviétique puis ministre des affaires étrangères du gouvernement polonais en exil[1],[2],[3].
Poussée par ses talents pour les langues et ses connaissances interculturelles acquises à l’international pendant toutes ces années,Theresa rejoint l’Université d’Oxford à l’âge de 19 ans en 1945. C’est là qu’elle reçoit, en 1949, un diplôme en droit civil. C’est aussi là qu’elle rencontre Mieczyslaw Piotr (Mietek) Nitoslawski, vétéran polonais né en Russie et ayant lui aussi rejoint le département de droit d’Oxford. Après la guerre, Tadeusz accepte un poste comme professeur de français à l’Université McGill et vient s’établir avec son épouse à Montréal en 1948. Theresa, encore aux études à Oxford, viendra s'établir à son tour au Canada deux ans plus tard[1],[4].
Carrière d'interprète indépendante
Theresa, qui francise son nom en Thérèse, arrive à Montréal avec son mari en 1950. Intellectuelle parlant déjà plusieurs langues, elle trouve d’abord un emploi au sein du Département d’études slaves de l’Université de Montréal. Elle part de l’université en 1955 pour trouver un poste au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI)[5]. Peu après, Romer quitte définitivement l’OACI et devient l’une des premières interprètes indépendantes du Canada en en joignant l'AIIC (Association Internationale des Interprètes de Conférences). Cette carrière l’emmènera à pratiquer partout à travers le monde. C’est aussi à cette période qu’elle fonde, en compagnie d’autres interprètes de la première heure, le premier cabinet d’interprétation privé de Montréal, Inter-Info Associés[6]. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme l’une des fondatrices du monde de l’interprétation au Canada[7].
Horticultrice et environnementaliste
Thérèse Romer et son nouveau mari François Bellefeuille font l’acquisition en 1980 de la Maison Chénier-Sauvé de Saint-Eustache. C’est sur ce terrain que madame Romer découvre sa passion pour l’horticulture. Elle crée sur le terrain un jardin d’espèces indigènes du Canada. La Maison Chénier-Sauvé est une demeure qui a été construite sur une terre ayant appartenu au patriote Jean-Olivier Chénier et dans ce qui fut la maison de l’ancien maire local George Lauzon et du défunt premier ministre du Québec, Paul Sauvé. C’est là que Thérèse se laissera aller à la découverte des plantes sauvages du Canada et à différentes techniques de jardinage. Ces jardins hors du commun contiennent encore aujourd’hui plus de 300 espèces indigènes du Canada. Leur qualité exceptionnelle en fait l’une des raisons pour lesquelles la municipalité de Saint-Eustache a plus tard fait l’acquisition de la maison Chénier-Sauvé, pour le transformer en un musée qui peut toujours être visité aujourd’hui[8].
Thérèse Romer ne s’arrête cependant pas là. En 1985, elle fonde la Société d’Horticulture et d’Écologie de Deux-Montagnes[9]. En 1995, elle dépose un mémoire, dans le cadre de la Commission des Laurentides sur l’avenir du Québec, mettant de l’avant l’importance de la préservation environnementale et écologique du Québec. En 1996, elle cofonde, avec Isabelle Dupras, FloraQuebeca, un organisme qui sensibilise le public et les horticulteurs aux risques des récoltes abusives[10],[11],[12].
En 2001, madame Romer reçoit le Pavot honorifique, une distinction remise par l’Association des petits jardins du Québec en reconnaissance de son action remarquable au sein des cercles horticoles. À titre de journaliste pigiste, elle collabore à plusieurs journaux et revues dont Quatre-temps, revue publiée par le Jardin botanique de Montréal, ainsi que dans la revue Fleurs, Feuilles, Fruits. Elle a aussi longtemps écrit des chroniques dans le magazine La Terre de chez nous au sujet de la flore sauvage québécoise[13],[14].
La famille Romer-Bellefeuille a d’ailleurs fait don, en 2021, d’une terre de 137 hectares de la municipalité de Bolton-Est, en Estrie, au Corridor appalachien. Ce don, protégeant le terrain à perpétuité, a permis la création du parc naturel de la Forêt-Romer[15].
Protectrice du patrimoine bâti
Au moment où le couple Romer-Bellefeuille fait l’acquisition de la maison Chénier-Sauvé, demeure dont la construction remonte à 1890, le monde du patrimoine culturel est en changement au Québec[16]. Influencée par ce courant, Thérèse Romer fait le lien entre la sauvegarde du patrimoine et implication des propriétaires et voit la nécessité de créer un organisme qui assurerait la création de liens entre ceux-ci afin de partager leur passion, mais aussi les meilleures pratiques du milieu, leurs connaissances en conservation, entretien et préservation, etc[17].
C'est ainsi que madame Romer fonde l’Association des Propriétaires de Maisons Anciennes du Québec (APMAQ) en 1980. À ses débuts, l’association avait pour but principal de permettre l’échange d’expériences entre propriétaires de maisons anciennes[18]. Pendant huit ans, soit de 1980 à 1988, Thérèse Romer assume le rôle de secrétaire générale et de rédactrice en chef de La Lucarne, le bulletin d’information de l’association qui est avant tout un instrument d'échange, de sensibilisation, et d'information sur le patrimoine bâti, et qui est publiée de façon trimestrielle depuis 1982. D’abord limitée à la grande région de Montréal, l’APMAQ prend progressivement de l’ampleur pour atteindre toutes les régions du Québec[19]. Toujours active, l'association aujourd'hui nommée Maisons anciennes du Québec fait partie de la Table Québécoise de concertation des organismes nationaux en patrimoine bâti, avec plusieurs autres acteurs tels Action Patrimoine, la Fédération Histoire Québec et Héritage Montréal[20],[21].
Distinctions
En 2001, Thérèse Romer reçoit le Pavot honorifique de l'Association des Petits Jardins du Québec (APJQ)[22]. En 2009, l'Association Internationale des Interprètes de Conférences (AIIC) lui décerne le titre de membre d'honneur à l'assemblée générale de Nice[23].
Le prix Thèrèse-Romer
En 2009, Maisons anciennes du Québec crée en son honneur le prix Thérèse-Romer. Ce prix annuel reconnaît l’apport des propriétaires s’engageant dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine bâti québécois[12].
Notes et références
- Halina Babińska, Magdalena Bruce, Grace Czartoryska et Maria Plater-Tiley, « Tombeau de la famille Romer », sur www.grobypolskie-stsauveur.ca, 2014-2019 (consulté le )
- ↑ (en) Piotr Wdowiak, « The Story of Tadeusz and Zofia Romer, Polscy Sprawiedliwi », sur sprawiedliwi.org.pl, (consulté le )
- ↑ Le goût des autres / Francis Reddy, « Rattrapage du 15 juill. 2020 : Dominic Lamontagne, Sophie Nélisse et Thérèse Romer | OHdio | Radio-Canada », sur ici.radio-canada.ca, (consulté le )
- ↑ « The Story of Tadeusz and Zofia Romer | Polscy Sprawiedliwi », sur sprawiedliwi.org.pl (consulté le )
- ↑ Jean Delisle, « Thérèse Romer, interprète accomplie, organisatrice infatigable », www.academia.edu, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean Delisle et Alais Otis, « Les douaniers des langues. Grandeur et misère de la traduction à Ottawa, 1867-1967 », Les Presses de l’Université Laval, vol. XI, , p. 490
- ↑ Jean Delisle et Gilbert Lafond, « Thérèse Romer, interprète accomplie, organisatrice infatigable », Université d’Ottawa, édition restreinte aux seules fins d’enseignement., vol. Histoire de la traduction, didacticiel multimédia et multilingue, nos 1999-2015, , p. 3-5 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Patrimoine culturel Vieux-Saint-Eustache, « Lieu patrimonial du Vieux-St-Eustache - Maison Chénier-Sauvé », Vieux-Saint-Eustache, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Fédération des sociétés d'horticulture et d'écologie du Québec, « Fédération des sociétés d'horticulture et d'écologie du Québec », sur fsheq.com (consulté le )
- ↑ Lise Gobeille, « Les couleurs des indigènes d’Indigo », sur Le Devoir, (consulté le ) : « Isabelle Dupras a créé en 1996 l’association FloraQuebeca avec la chroniqueuse Thérèse Romer et la fondatrice du groupe Fleurbec, Gisèle Lamoureux. Trop peu connue, FloraQuebeca est vouée à la protection, la promotion et la connaissance de la flore et de ses habitats. »
- ↑ « Historique | FloraQuebeca », (consulté le )
- Maisons anciennes du Québec, « Prix Thérèse-Romer - Notes Biographiques », sur Maisons anciennes du Québec, mis à jour en décembre 2025 (consulté le )
- ↑ A. Moreau, « La dame au pré fleuri », sur Journal Métro, (consulté le )
- ↑ Thérèse Romer, « Planter un arbre », LA TERRE DE CHEZ NOUS, vol. 54, no 9, , A18 (lire en ligne [doc])
- ↑ Marie-Hélène Thibeault, « LA FAMILLE NITOSLAWSKI-ROMER FAIT UN DON DE 13,7 HECTARES PROTÉGÉS À PERPÉTUITÉ À BOLTON-EST », Corridor Appalachien, (lire en ligne)
- ↑ Martin Drouin, « Quand les citoyens se portent à la défense du patrimoine », Le Devoir, vol. Cahier A, , A7 (lire en ligne) :
« Un nouveau mouvement se dessine à la fin des années 1960. Des citoyens portés par la quête de l’identité nationale trouvent dans le patrimoine un objet de fierté. D’autres, révoltés par les opérations de démolition-reconstruction, deviennent de fervents militants. »
- ↑ Jean Bouthillette, « L'ancien et le Nouveau », La Presse, vol. Magazine Perspective - Section Pêle-Mêle, , p. 17 (lire en ligne)
- ↑ Julie Gagné, « Connaissez-vous l'APMAQ », Le Droit, Édition Week-End, Ottawa-Gatineau, , B24 (lire en ligne [doc])
- ↑ Maryse de Billy, « Revue sur le patrimoine bâti : La Lucarne porte une attention particulière à la région », La Feuille d'Érable, , p. 14 (lire en ligne)
- ↑ « L'APMAQ devient "Maisons anciennes du Québec" - Kollectif », sur kollectif.net (consulté le )
- ↑ Conseil du patrimoine culturel du Québec, Qui fait quoi - Principaux acteurs en patrimoine du Québec, Québec, , 13 p. (ISBN 978-2-550-95934-2, lire en ligne), p. 10
- ↑ Maisons anciennes du Québec, « Prix Thérèse-Romer - Notes Biographiques », sur Maisons anciennes du Québec, mis à jour décembre 2025 (consulté le )
- ↑ AIIC, « Thérèse ROMER Interprète indépendant », sur Association Internationale des Interprètes de Conférences (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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