Thérèse Rondeau

Thérèse Rondeau
Biographie
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Laval
Sépulture
Chapelle funéraire de Thérèse Rondeau (d)
Nationalité
Activité

Thérèse Agathe Rondeau (née le à Laval (Mayenne) – à Laval) est une religieuse française, figure majeure de la charité chrétienne en France au XIXe siècle, fondatrice de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde de Laval et de plusieurs maisons de refuge pour les femmes en difficulté. Son action, marquée par une foi profonde et un dévouement sans limites, s’inscrit dans le mouvement de renouveau catholique postrévolutionnaire. Elle est reconnue pour son engagement auprès des femmes en détresse, notamment les prostituées repenties, et est considérée comme cofondatrice spirituelle de la congrégation homonyme en Pologne, à l'origine de la vocation de sainte Faustine Kowalska.

Biographie

Enfance et formation (1793–1816)

Thérèse Agathe Rondeau naît le à Laval, dans une famille modeste[1] mais profondément chrétienne[2]. Ses parents, Gabriel-Julien Rondeau et Thérèse Deslières, lui transmettent une éducation marquée par la foi et la pratique de la vertu, dans un contexte historique troublé par la Révolution française et la persécution religieuse[2].

Baptisée en secret par un prêtre réfractaire[1], elle grandit dans un environnement où la pratique religieuse est réprimée[2]. Dès son plus jeune âge, Thérèse Rondeau se distingue par sa charité, son intelligence et sa mémoire exceptionnelle. Elle aide les pauvres, partage ses vêtements et ses repas, et se montre particulièrement sensible à la souffrance des autres[2]. Malgré les difficultés matérielles et les persécutions, elle reçoit une instruction religieuse solide, notamment grâce à une voisine pieuse, Mme Lacroix, et développe très tôt une dévocation particulière pour le catéchisme et la vie spirituelle[2]. À partir de 1795, les établissements et écoles religieuses rouvrent peu à peu leurs portes. Thérèse rejoint alors l’école de la Providence, créée par les Sœurs de la charité de Notre-Dame d'Évron[1].

Thérèse Rondeau travaille comme repasseuse pour subvenir aux besoins de sa mère et de son frère après le décès de son père en 1812[3]. Dès son jeune âge, elle manifeste le désir de se consacrer à Dieu. Malgré son désir de entrer au couvent, elle reporte son projet pour s’occuper de sa famille[3].

Vocation et engagement (1816–1818)

En 1816, lors d’une mission donnée par les Jésuites à Laval[1], Thérèse Rondeau est remarquée pour sa piété et son dévouement. Les missionnaires, confrontés à la question de l’accueil et de l’accompagnement des femmes souhaitant se convertir et quitter une vie de désordre, lui confient la direction d’un petit groupe de pénitentes[2]. Le père jésuite Jacques Chanon lui confie la mission d'aider les femmes souhaitant quitter la prostitution[4]. Malgré son jeune âge (23 ans), elle accepte cette mission avec humilité et détermination[1].

Fondation de la Miséricorde de Laval (1818–1866)

Pour se préparer à cette tâche, elle se rend en 1818 à Bordeaux, où elle est formée par Marie-Thérèse de Lamourous, fondatrice de la Maison de la Miséricorde. Après deux mois, elle prononce des vœux privés et retourne à Laval pour fonder une œuvre indépendante[1]. Après plusieurs mois de formation rigoureuse auprès des religieuses de Bordeaux, Thérèse reçoit l’autorisation de revêtir l’habit religieux et d’entrer en noviciat[1]. Elle prend le nom de sœur Thérèse-François de Borgia[1]. Elle peut enfin revenir à Laval.

Débuts difficiles

Le , Thérèse Rondeau fonde officiellement la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde de Laval, une maison de refuge pour les femmes repenties[2]. Avec l’aide de sa mère et de quelques collaboratrices, elle accueille les premières pénitentes dans une modeste maison de la rue du Hameau[2]. La pauvreté matérielle est extrême, mais la confiance en la Providence et la charité animent la communauté naissante.

Thérèse Rondeau organise la vie de la maison selon des principes de simplicité, de travail et de prière. Les pénitentes sont formées à un métier, souvent le tissage ou la broderie, et participent à la vie spirituelle de la communauté[2]. La fondation est marquée par de nombreuses épreuves : manque de ressources, opposition locale, et difficultés à obtenir les autorisations ecclésiastiques et civiles[2].

Développement et reconnaissance

Grâce à sa persévérance et à son charisme, Thérèse Rondeau obtient progressivement le soutien de personnalités locales, dont le maire de Laval et l’évêque du Mans[2]. En 1821, elle acquiert une propriété plus grande, l'hôtel Buisson, rue de Paradis, qui permet d’accueillir davantage de pénitentes. La propriété devient devient le Couvent de la Miséricorde de Laval. La construction d’une chapelle, achevée en 1825, marque une étape importante dans la stabilisation de l’œuvre. Thérèse Rondeau met en place une organisation rigoureuse, inspirée des méthodes de Marie-Thérèse de Lamourous[2], fondatrice de la Miséricorde de Bordeaux.

Elle insiste sur la formation des surveillantes, la régularité de la vie communautaire, et l’importance du travail manuel pour subvenir aux besoins de la maison[2]. Sous sa direction, la communauté accueille jusqu'à 500 pensionnaires, leur offrant un cadre de réinsertion par le travail, notamment le tissage et la broderie[5].

Expansion et héritage

Thérèse Rondeau consacre sa vie à l’accueil, à la formation spirituelle et professionnelle des femmes en difficulté. Elle fonde également un pèlerinage à Saint-Joseph des Champs, près de Laval, et soutient la création de maisons de Miséricorde en Pologne (Léopold, Cracovie)[2].

Fondation de la Miséricorde de Quimper (1855)

Contexte et installation

Dès 1855, Thérèse Rondeau répond à l’appel de la mère Marie-Xavier, supérieure de l’hospice de Quimper, et du Père Le Sauce, supérieur de la résidence de Saint-Joseph, pour établir une maison de Miséricorde dans cette ville[2]. Malgré les réticences initiales de l’évêque de Quimper, qui craint les difficultés matérielles et la concurrence avec les œuvres existantes, Thérèse Rondeau obtient finalement son accord après un entretien convaincant[2].

Elle s’installe avec quelques sœurs et surveillantes dans une modeste maison rue des Regaires, au bord de la rivière. La communauté grandit rapidement, et en 1857, grâce à l’aide de M. Langrez, fondateur d’un établissement de bienfaisance, elle acquiert la propriété de Kernisy, plus adaptée aux besoins de la maison[2].

Organisation et développement

Comme à Laval, Thérèse Rondeau organise la vie de la communauté autour du travail, de la prière et de la charité[2]. Les pénitentes sont formées à des métiers, et la maison se développe grâce à la générosité des bienfaiteurs locaux et à la confiance en la Providence. La construction d’une chapelle, bénie en 1863, marque l’aboutissement de cette fondation[2].

Méthodes et principes

Accueil et accompagnement

Thérèse Rondeau accueille les femmes sans distinction, leur offrant un refuge, une formation professionnelle et un accompagnement spirituel. Elle insiste sur la nécessité de la pénitence, de la prière et du travail pour la rédemption et la réinsertion[2]. Son approche, à la fois ferme et maternelle, permet à de nombreuses femmes de retrouver une vie digne et vertueuse.

Charité et confiance en la Providence

Son action est guidée par une confiance absolue en la Providence, une charité sans limites et un sens aigu de la responsabilité envers les plus démunis[2]. Elle puise sa force dans la prière, la communion fréquente et l’abandon à la volonté divine.

La Pologne

Son œuvre inspire la comtesse polonaise Ewa Sułkowska-Potocka, qui fonde en 1862 la branche polonaise des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde[6]. Cette congrégation jouera un rôle central dans la vie de Faustine Kowalska, apôtre de la Miséricorde divine.

Dernières années et mort

Son action est marquée par une profonde confiance en la Providence, une charité sans limites, et un sens aigu de la responsabilité envers les plus démunis. En 1866, Thérèse Rondeau, épuisée par une vie de labeur et de sacrifices, tombe gravement malade. Elle meurt le , entourée de ses sœurs et de ses pénitentes[2]. Thérèse Rondeau laisse derrière elle une œuvre durable, reconnue pour son rôle dans la réinsertion et la rédemption des femmes marginalisées[2]. Ses funérailles, célébrées en présence de l’évêque de Laval et de nombreux prêtres, témoignent de l’estime et de l’affection que lui portent ses contemporains[2].

Elle est inhumée dans le jardin du couvent de la Miséricorde à Laval[7], où sa tombe devient un lieu de pèlerinage et de mémoire pour ses filles spirituelles[2].

Héritage

La congrégation qu'elle a fondée poursuit son œuvre en France, avec des maisons:

  • Laval : La Miséricorde de Laval devient un modèle d’accueil et de réinsertion pour les femmes en difficulté. L’œuvre de Thérèse Rondeau est reconnue pour son rôle social et spirituel, et son héritage perdure bien après sa mort[2].
  • Quimper : La maison de Quimper, fondée en 1855, s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de Laval. Elle accueille des femmes en difficulté, leur offrant un refuge, une formation et un accompagnement spirituel, perpétuant ainsi la mission de Thérèse Rondeau[2].
  • Entrammes[4].
  • Pologne : Thérèse Rondeau soutient également la création de maisons de Miséricorde en Pologne, notamment à Léopold et Cracovie, où son modèle est adopté et adapté aux besoins locaux[2]. En Pologne, la branche issue de son inspiration est particulièrement active et a été reconnue pour son rôle dans la diffusion du culte de la Miséricorde divine.

Notes et références

  1. [https://diocesedelaval.fr/une-femme-au-service-de-la-divine-misericorde-mere-therese-rondeau/ Une femme au service de la Divine Miséricorde : Mère Thérèse Rondeau, 2025.
  2. P. Marc Nurit, Vie de la Mère Thérèse, fondatrice de la Miséricorde de Laval Bray et Retaux (Paris), 1869.
  3. Thérèse Rondeau, première apôtre de la Miséricorde divine
  4. « Thérèse Rondeau, première apôtre de la Miséricorde divine », sur Aleteia (consulté le )
  5. ↑ (en) « Mother Thérèse Rondeau – Death Anniversary », sur saint-faustina.org (consulté le )
  6. ↑ « Mère Thérèse Rondeau – Une des fondatrices inspiratrices », sur Soeur Faustine (consulté le )
  7. ↑ « Hôtel dit la Grande Maison, puis couvent de Notre-Dame de la Miséricorde, actuellement maison de retraite, 27 rue de Paradis, Laval - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur gertrude.paysdelaloire.fr (consulté le )

Voir aussi

Bibliographie

  • Anne Bernet, La voie de la miséricorde, Artège, (ISBN 979-10-336-1455-5)
  • Antoine Bru, Thérèse Rondeau : fondatrice de la congrégation Notre-Dame de la Miséricorde de Laval, Siloë, (ISBN 2-905259-01-9)
  • Édouard Le Segretain du Patis, Vie de la Mère Thérèse, fondatrice de la Miséricorde de Laval, de celle de Quimper et de trois autres à l'étranger, Laval, Mary-Beauchêne,
  • Marc Nurit, Vie de la Mère Thérèse, fondatrice de la Miséricorde de Laval, Laval, Bray et Retaux, (lire en ligne)
  • Aloÿs Pottier, La Mère Thérèse et la Miséricorde de Laval, Goupil, , 373 p.

Articles connexes

Liens externes

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