The Sunchaser

The Sunchaser

Réalisation Michael Cimino
Scénario Charles Leavitt
Musique Maurice Jarre
Acteurs principaux Woody Harrelson
Jon Seda
Sociétés de production Appledown Films Inc.
Joseph S. Vecchio Entertainment
Monarchy Enterprises B.V.
Regency Enterprises
Vecchia
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 122 minutes
Sortie 1996

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

The Sunchaser est un film américain réalisé par Michael Cimino et sorti en 1996.

Il met en scène Woody Harrelson et Jon Seda. Ce dernier incarne un jeune homme de 16 ans atteint d'un cancer. Il prend en otage son cancérologue et entame un périple désespéré qui le conduit sur la terre de ses ancêtres dans l'Arizona. Il pense que sa guérison viendra de sa rencontre avec un sorcier navajo et de la découverte d'un lac sacré.

Le film est présenté en compétition officielle au festival de Cannes 1996. C'est un échec critique et commercial. Il s'agit par ailleurs du dernier long métrage de Michael Cimino, avant son décès en 2016. Il ne réalisera entre-temps qu'un segment du film à sketches Chacun son cinéma (2007).

Synopsis

Brandon « Blue » Monroe est jeune homme de 16 ans. Jeune métis indien, cet ancien membre d'un gang d'East Los Angeles, purge une peine de prison pour le meurtre de son beau-père violent. Le docteur Michael Reynolds, un oncologue riche et matérialiste, marié à Victoria et père d’une fille nommée Calantha, se retrouve forcé de s'occuper de Monroe. Lors de sa visite médicale annuelle, il lui annonce qu’il est atteint d'un cancer de l'estomac et qu’il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Persuadé de pouvoir guérir s’il parvient à rejoindre Webster Skyhorse, un guérisseur d’Arizona qu’il a connu à l’âge de 8 ans, Blue kidnappe Michael et part à bord de sa Porsche 911 flambante neuve. Il le menace avec une arme et le force à partir au volant d'une Pontiac Firebird Trans Am volée. Dans un garage voisin, la voiture est repeinte par un ami de Monroe. Ils prennent ensuite la route pour l'Arizona

Blue cherche à retrouver Dibé Nitsaa (l'un des six lacs de montagne sacrés pour le peuple Navajo), réputé pour guérir les blessures de quiconque s'y baigne. Michael, quant à lui, se lamente de sa capture auprès de Blue, implorant l'aide de quiconque croise son chemin et déplorant de manquer un dîner d'affaires pour sa promotion à la tête du service d'oncologie. Les deux hommes s'opposent d'emblée, séparés par leur éducation, leur classe sociale, leur origine ethnique et leurs visions du monde diamétralement opposées. Michael croit que la médecine moderne détient la réponse à tous les maux de l'humanité, tandis que Blue adhère à la spiritualité amérindienne qui honore le monde spirituel, les lieux sacrés et la médecine traditionnelle.

En route pour l'Arizona, Michael et Blue ont une altercation avec un groupe de motards dans une petite ville, et une course-poursuite s'engage. Plus tard, Michael est mordu par un serpent à sonnettes, mais Blue le soigne rapidement, sans matériel médical. De retour à Los Angeles, Victoria déclenche une chasse à l'homme ; les autorités tentent de retrouver la trace des deux hommes dans leur périple vers l'est. Alors que Michael se rapproche de son ravisseur, il découvre un secret d'enfance qui le hantait : il a été contraint d'ôter la vie à son frère aîné Jimmy, qui, sur son lit de mort, avait demandé au jeune Michael de débrancher l'appareil. Ils rencontrent une autoproclamée docteure, Renata Baumbauer, qui les conduit jusqu'à Flagstaff en Arizona. Alors que l'état de Blue s'aggrave, Michael recourt à des moyens illégaux pour se procurer les médicaments nécessaires en s'introduisant par effraction dans un hôpital local. Le lendemain matin, les deux hommes pénètrent dans la réserve navajo, mais aperçoivent une voiture de police garée devant eux. Pour leur échapper, Michael quitte la route principale et se fond dans un troupeau de bétail, passant inaperçu grâce à la poussière soulevée.

Échappant aux autorités et enfin déterminé à aider Blue dans sa quête, Michael parvient à l'emmener au sommet de la montagne. Pendant ce temps, un hélicoptère de la police repère leur voiture garée non loin de là. Arrivé au sommet, Blue retrouve Skyhorse, qui le conduit au lac. Michael et Blue s'étreignent, puis se séparent. Lorsque l'hélicoptère aperçoit Michael, Blue court vers le lac avant de disparaître mystérieusement dans ses eaux. De retour à Los Angeles, Michael, escorté par la police et menotté, retrouve sa famille.

Fiche technique

Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

  • Titre original et français : The Sunchaser (parfois seulement Sunchaser)
  • Réalisation : Michael Cimino
  • Scénario : Charles Leavitt, avec la participation non créditée de Michael Cimino[1]
  • Musique : Maurice Jarre
  • Décors : Victoria Paul
  • Costumes : Christine Peters
  • Photographie : Douglas Milsome
  • Montage : Joe D'Augustine
  • Production : Michael Cimino, Judy Goldstein, Arnon Milchan, Larry Spiegel et Joseph S. Vecchio
Producteurs délégués : Joseph M. Caracciolo et Michael G. Nathanson

Distribution

 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[3]

Production

Genèse et développement

Après les échecs commerciaux de ses films précédents, le réalisateur Michael Cimino accepte un « film de commande »[4]. Il avait été approché par Arnon Milchan Regency Enterprises en 1994 pour réaliser le film d'après un script de Charles Leavitt[1]. Le producteur l'avait avant proposé à Diane Keaton et Mel Gibson[5]. Le réalisateur prend ensuite des libertés avec le scénario après avoir passé des mois à étudier les gangs de Los Angeles[6]. En décembre, il est annoncé que Woody Harrelson tiendra le rôle principal, alors intitulé The Sun Chasers[7].

Tournage

Le tournage a lieu à Los Angeles, dans l'Arizona (Jerome, Sedona), dans l'Utah (Moab) et dans le Colorado (Ouray)[8]. Le tournage a été délibérément réalisé avec peu de publicité afin d'éviter l'attention des médias. Le producteur Arnon Milchan : « Nous avons le sentiment d'avoir une belle surprise en réserve. Woody est un excellent acteur et lui et Michael ont vraiment bien fonctionné ensemble[9]. » Jon Seda décrit de son côté un tournage compliqué : le réalisateur Michael Cimino arrivait selon lui fréquemment en retard sur le plateau et semblait sous l'influence de stupéfiants. Il décrit la production comme chaotique et le résultat final comme médiocre. Malgré tout, il se dit honoré d'avoir eu l'opportunité de travailler avec le cinéaste, parmi des milliers d'autres candidats pour le rôle de « Blue » Monroe[10].

Postproduction

La postproduction est également compliquée. Le monteur initial est renvoyé et remplacé par Joe D'Augustine. Ce dernier se souvient de sa première rencontre avec Michael Cimino : « C'était assez étrange, voire bizarre. On m'a conduit dans une salle de montage sombre, aux rideaux de velours noir, et il y avait ce type, le dos courbé. On m'a fait entrer dans sa chambre, comme s'il était le pape. Tout le monde parlait à voix basse. Il avait quelque chose sur le visage, un mouchoir. Il gardait le visage couvert. Et personne n'était autorisé à le prendre en photo… Bienvenue à Ciminoville. »

Jack Nitzsche devait initialement composer la musique du film, mais des divergences artistiques entre lui et Michael Cimino ont conduit à son remplacement par Maurice Jarre[5]. Jarre a été choisi pour ses compositions pour les films épiques de David Lean, tels que Lawrence d'Arabie et Le Docteur Jivago, que le cinéaste adorait[6].

Accueil

Il s'agit d'un nouvel échec au box-office pour Michael Cimino. Le film est très peu distribué aux États-Unis et n'y récolte que 21 508 $[11]. En France, il ne totalisera que 121 477 entrées[12].

Hommage

Dans le générique de fin, Cimino dédie le film « À Hal », en référence au réalisateur Hal Ashby, qui avait refusé tout traitement médical pour un cancer du pancréas et en était décédé. Ironie du sort, sur son lit de mort, Ashby croyait encore pouvoir s'en sortir et envisageait de réaliser un film aux thèmes similaires à ceux de « The Sunchaser », racontant comment il avait miraculeusement échappé à la mort[13].

Notes et références

  1. (en) « Future Films », Variety, (consulté le ) : « THE SUNCHASER (New Regency Prods.) 6/95, Los Angeles. Woody Harrelson PROD, Arnon Milchan, Michael Cimino, Larry Spiegel, Judy Goldstein, Joe Vecchio; DIR, Michael Cimino; SCR, Charles Leavitt, Michael Cimino; CAST, Terry Liebling; DISTRIB, WB. »
  2. « Release info » (dates de sortie), sur l'Internet Movie Database
  3. « Fiche du doublage français du film », sur RS Doublage.
  4. « SUNCHASER, le dernier film de Michael Cimino », sur Le Monde, (consulté le )
  5. Charles Elton, Cimino: The Deer Hunter, Heaven's Gate, and the Price of a Vision, Abrams Press, , 241–243 p. (ISBN 9781419747113, lire en ligne)
  6. Cimino, Michael (2005). "Commentary by Director Michael Cimino". DVD Région 1 L'Année du dragon - Turner Entertainment Co.
  7. « Trailers », The Napa Valley Register,‎ , p. 2C
  8. « Locations » (tournage et production), sur l'Internet Movie Database
  9. « Harrelson/Cimino flock comes out of hiding », Santa Maria Times,‎ , p. 9
  10. « Trivia » ((en) anecdotes), sur l'Internet Movie Database
  11. (en) « Sunchaser », sur Box Office Mojo (consulté le )
  12. « Sunchaser », sur JP's Box-office (consulté le )
  13. (en) Nick Dawson, Being Hal Ashby: The Life of a Hollywood Rebel, University Press of Kentucky, , 334, 342 (ISBN 978-0813139197, lire en ligne Inscription nécessaire)

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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