Thermostat (thermodynamique)

En thermodynamique, un thermostat, aussi appelé réservoir de chaleur, est un système idéalisé ayant une température constante utilisé pour réaliser des transferts thermiques (échanges de chaleur) avec un autre système placé à son contact. Le système et le thermostat n'échangent ni matière ni travail.

Au cours de la transformation, l'exergie décroît si le système est à une température différente du thermostat ; si le système et le thermostat sont en équilibre thermique permanent, c'est l'énergie libre du système qui décroît. Dans les deux cas, la transformation s'effectue à volume du système constant, et la température du système égale celle du thermostat à l'équilibre final de la transformation.

Un thermostat idéal possède un volume et une capacité thermique isochore infinis, ce qui implique une quantité de matière infinie. En pratique, la réalisation d'un thermostat s'effectue à l'aide d'un système très grand par rapport au système avec lequel il échange de la chaleur. Il est courant, pour maintenir la température du thermostat, d'utiliser un corps pur en équilibre de phases à pression donnée et une régulation de température.

Propriétés

Hypothèses du thermostat idéal

En thermodynamique, un thermostat est un système idéalisé ayant les propriétés suivantes[1],[2] :

Volume

Soit un thermostat de volume et à la température subissant une transformation au contact d'un système extérieur.

Le premier principe de la thermodynamique implique que l'énergie interne du thermostat, système fermé, varie de façon élémentaire selon :

En supposant qu'il n'y a, lors de la transformation, aucune force impliquée autre que la pression du thermostat, on a, en l'absence de travail échangé entre le thermostat et l'extérieur, . La variation de volume du thermostat est donc nulle, , et ce volume est par conséquent constant :

Volume du thermostat : .

Capacité thermique isochore

Les coefficients calorimétriques et thermoélastiques permettent également d'écrire de façon générale :

avec :

  • la capacité thermique isochore du thermostat ;
  • le coefficient de dilatation isotherme du thermostat.

La variation d'énergie interne du thermostat s'écrit donc globalement, à volume constant :

d'où[2] :

Pour que la variation de température soit nulle quel que soit l'échange de chaleur , la capacité thermique isochore doit être infinie[2],[3],[4] :

Capacité thermique isochore du thermostat : .

Quantité de matière

Une capacité thermique étant une grandeur extensive, c'est-à-dire proportionnelle à la quantité de matière du système considéré, une capacité thermique infinie implique une quantité de matière infinie ; le volume d'un thermostat idéal est donc infini[2],[3].

Quantité de matière du thermostat : .
Volume du thermostat : .

Réversibilité des transformations

Toute transformation d'un thermostat est réversible[1]. Par conséquent son énergie interne varie selon[5],[6] :

avec l'entropie du thermostat.

Transformation d'un système en contact avec un thermostat

Hypothèses de la transformation

Soit un système en contact avec un thermostat. Il subit une transformation dans les conditions suivantes[5] :

  • le système et le thermostat forment ensemble un système isolé ;
  • le système est fermé : il n'échange pas de matière avec le thermostat ;
  • le système n'échange pas de travail avec le thermostat.

Le système n'échange donc que de la chaleur avec le thermostat.

Fonction caractéristique de la transformation

En l'absence d'échange de matière et de travail avec le thermostat, le premier principe de la thermodynamique implique que l'énergie interne du système varie au cours de la transformation selon[5],[6] :

avec la chaleur échangée avec le thermostat au cours de la transformation.

Le premier principe de la thermodynamique implique également que l'énergie interne globale du système isolé constitué par le système et le thermostat est conservée au cours de la transformation. On a par conséquent, avec  :

d'où[5],[6] :

Le deuxième principe de la thermodynamique énonce que l'entropie globale du système isolé, avec l'entropie du système, ne peut que croître au cours de la transformation :

d'où[5] :

On pose[5] , une forme d'exergie[7]. On obtient finalement[5] :

Condition d'évolution

On a ainsi la fonction caractéristique de la transformation[5] :

Lors d'une transformation impliquant un système fermé
n'échangeant que de la chaleur avec un thermostat à température ,
la fonction exergie ne peut que décroître.
À l'équilibre, cette fonction atteint un minimum[5].

Condition d'équilibre du système

On a, puisque la température du thermostat est constante[8] :

On suppose que le système subit une transformation durant laquelle son énergie interne varie selon[8] :

avec :

  • la pression du système ;
  • le volume du système ;
  • la température du système ;
  • l'entropie du système.

Par définition, le volume global du système isolé constitué par le système et le thermostat est invariant : , d'où . Or le volume du thermostat est invariant, , d'où  : le volume du système est invariant. On a donc[8] :

et finalement[8] :

Au cours de la transformation :

À l'équilibre, la fonction exergie est à un minimum et ne varie plus, soit . Par conséquent, la transformation étant effectuée à volume constant[8] :

d'où la condition d'équilibre[8] :

À l'équilibre : ,
la température du système est égale à la température du thermostat,
le système et le thermostat sont à l'équilibre thermique[8].

La température du système peut être différente de la température du thermostat durant toute la transformation, y compris au début de celle-ci. Cependant, à la fin de la transformation, à l'équilibre, les deux températures doivent nécessairement s'égaliser, sans quoi la transformation se poursuit, n'ayant pas atteint son minimum.

Fonction énergie libre

Ainsi, à l'équilibre du système et du thermostat, on a[8] :

La fonction est l'énergie libre du système. On peut par conséquent écrire les conditions de toute transformation dans laquelle le système et le thermostat sont en équilibre thermique permanent[9] :

Lors d'une transformation impliquant un système fermé
n'échangeant que de la chaleur avec un thermostat à température ,
si le système est en permanence en équilibre thermique avec le thermostat,
soit durant toute la transformation,
alors la fonction énergie libre ne peut que décroître.
À l'équilibre, cette fonction atteint un minimum[9].

Les fonctions et , quoique proches, ne sont égales qu'à l'équilibre. La fonction exergie s'applique lorsque la température du système diffère de celle du thermostat. La fonction énergie libre ne s'applique que lorsque les deux températures sont égales tout au long de la transformation. Dans les deux cas, la transformation a lieu à volume constant.

Réalisation d'un thermostat

Dans la pratique, un thermostat est réalisé par un système très grand par rapport au système étudié avec lequel il échange de la chaleur, comme l'atmosphère, un océan ou un lac par rapport à un réacteur chimique[2],[3].

Un corps pur en équilibre de phases à pression constante se maintient à température constante tout au long de la transition de phase et peut donc également constituer un bon thermostat[4] ; par exemple, à pression atmosphérique (101 325 Pa) de l'eau liquide en équilibre avec de la glace reste à température constante de 0 °C, en équilibre avec de la vapeur elle est à 100 °C.

Un thermostat peut être réalisé avec une régulation de température agissant sur une source chaude (une résistance électrique, une alimentation de vapeur, un fluide caloporteur…) et une source froide (de l'eau froide, un fluide frigoporteur…)[4].

Notes et références

Notes

  1. Taillet et al. 2018, p. 731-732 thermostat (sens 1).
  2. Pullicino, p. 85.
  3. Meyer 2018, p. 126.
  4. Infelta et al. 2006, p. 3.
  5. Choimet 2004, p. 42.
  6. Pullicino, p. 93.
  7. ↑ Taillet et al. 2018, p. 287 exergie.
  8. Choimet 2004, p. 42-43.
  9. Choimet 2004, p. 43.

Bibliographie

  • Nicolas Choimet, Thermodynamique PC-PSI, Éditions Bréal, (ISBN 9782749520483, lire en ligne).
  • Pierre Infelta et Michael Graetzel, Thermodynamique : Principes et Applications, Boca Raton, Floride, BrownWalker Press, , 484 p. (ISBN 1-58112-995-5, lire en ligne).
  • Thierry Meyer, La thermodynamique en prépa et à l'agrégation : Outils mathématiques de la physique – Compléments de cours X-ENS, Éditions Ellipses, , 444 p. (ISBN 9782340087842, lire en ligne).
  • Michel Pullicino, Thermodynamique : tout le cours PCSI MPSI PTSI, Nathan, coll. « classe prépa », 157 p. (ISBN 9782098121539, lire en ligne).
  • Richard Taillet, Loïc Villain et Pascal Febvre, Dictionnaire de physique, Louvain-la-Neuve/impr. aux Pays-Bas, De Boeck supérieur, , 4e éd., 976 p. (ISBN 978-2-8073-0744-5, lire en ligne).

Articles connexes

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