Thomas Dietrich
| Naissance |
Altkirch |
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| Activité principale | |
| Distinctions |
Prix Folire, Prix du jeune romancier |
| Langue d’écriture | français |
|---|---|
| Genres |
Œuvres principales
- Là où la terre est rouge
- Les Enfants de Toumaï
Thomas Dietrich, né le à Altkirch (Haut-Rhin), est un romancier, journaliste et haut fonctionnaire français.
Biographie
Thomas Dietrich obtient un master en affaires publiques à l'Institut d'études politiques de Paris en 2014[1].
Fils d'un médecin humanitaire ayant travaillé au Togo, Thomas Dietrich passe plusieurs années en Centrafrique de 2008 à 2011[2], expérience dont il tire un premier roman publié à 23 ans, Là où la terre est rouge.
Il devient délégué général du prix littéraire Folire en 2015[3].
Il s'engage contre la Françafrique, d'abord comme écrivain et militant puis comme journaliste. Le , alors qu'il était venu apporter son soutien à l'opposition et à la société civile tchadiennes à l'occasion des élections présidentielles, Thomas Dietrich est arrêté à N'Djaména (capitale du Tchad) par la police politique du régime, l'Agence nationale de sécurité (ANS)[4]. Il est expulsé le lendemain vers le Cameroun sur décision du ministre de la Sécurité publique, non sans avoir été physiquement maltraité[5]. En , il est à nouveau arrêté mais cette fois au nord du Niger, à Agadez. Les autorités nigériennes, en bons termes avec Idriss Deby, disent vouloir l'empêcher de « déstabiliser le Tchad »[6]. L'auteur accuse quant à lui le président tchadien d'être le commanditaire de son arrestation, tout en réitérant son engagement pacifique aux côtés de l'opposition[7]. Il est expulsé vers la France le .
En 2016, Thomas Dietrich est élu président d'honneur de l'association des écrivains tchadiens d’expression française[8]. Il crée et parraine le Prix de la nouvelle « Les enfants de Toumaï », un concours littéraire à destination de la jeunesse tchadienne. La première édition de ce prix se tient en , à N'Djaména[9].
Thomas Dietrich travaille de à au Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes à Paris. Il est responsable du secrétariat général de la Conférence nationale de santé, une instance consultative composée de l'ensemble des acteurs du champ de la santé et chargée d'orienter les politiques publiques dans ce domaine. Il démissionne de son poste le en publiant une contribution à un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales de 28 pages[10]. Il y dénonce notamment « la vaste mascarade »[11] qu'est devenue selon lui la démocratie en santé (à savoir la participation des citoyens à la décision publique en matière de santé). Plusieurs associations de patients et des syndicats de professionnels de santé le qualifient alors de lanceur d'alerte[12].
En 2018, il annonce être fiché S[13],[14], en raison selui lui de son opposition à la Françafrique et à certains présidents africains alliés de la France. En 2020, il annonce la suppression de sa fiche S [15], après qu'il eut introduit un recours devant la Cour européenne des Droits de l'Homme.
A compter de 2018, Thomas Dietrich se reconvertit comme journaliste. Il publie des reportages sur la situation au Togo[16] ou au Gabon [17]. Il publie également une enquête le dans Libération, faisant des révélations sur le voyage d'Alexandre Benalla, ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron, au Tchad[18].
En 2020, il commence à travailler pour Le Média. En reportage pour ce média en Guinée en , il est arrêté et expulsé par les autorités guinéennes le , après avoir été victime d'intimidation et de menaces de mort alors qu'il couvrait une manifestation réprimée par le régime d'Alpha Condé[19]. De retour en France, il publie une enquête sur le secteur minier en Guinée, qui incrimine plusieurs personnalités françaises dont l'ex-directrice d'Areva, Anne Lauvergeon ou l'ancien ministre Arnaud Montebourg [20]. Cette enquête déclenchera l'ouverte d'une procédure judiciaire du Parquet national financier [21].
En , Thomas Dietrich révèle la présence sur le sol français de l'ancien chef des services secrets tchadiens, Mahamat Ismaël Chaibo, alors recherché par la justice française pour son rôle présumé dans la disparition d'un opposant [22]. Visé par une plainte de Mahamat Ismaël Chaïbo, Thomas Dietrich est convoqué par la police judiciaire française. La Fédération internationale des journalistes et la Fédération européenne des journalistes lui apporte alors leur soutien, dénonçant une « tentative d'intimidation »[23].
En , il est à nouveau expulsé de Guinée par la junte au pouvoir, après avoir révélé un scandale de corruption dans le secteur du carburant impliquant des proches du président Mamadi Doumbouya [24].
En , alors qu'il vient d'arriver au Togo pour notamment couvrir la campagne des élections législatives pour le compte de Afrique XXI, il est arrêté par les autorités du pays qui l’accusent de s’être « introduit illégalement sur le territoire togolais », et il est condamné à 6 mois de prison avec sursis puis d'une interdiction d'entrée au Togo et est alors expulsé vers le Bénin[25]. Reporters sans frontières dénonce les mauvais traitements qui auraient été infligés au journaliste ainsi que son « expulsion arbitraire », affirmant que Thomas Dietrich aurait disposé d'un visa en règle[26].
En , Thomas Dietrich subit de nouvelles menaces alors qu'il s'apprête à publier une enquête sur un des financiers de Marine Le Pen, Laurent Foucher, et ses liens avec la République centrafricaine[27]. En , il révèle dans l'hebdomadaire Marianne la présence secrète de militaires français en Guinée[28].
En , Thomas Dietrich crée son média d'investigation spécialisé dans les relations entre la France et l'Afrique, et baptisé « Chroniques de Françafrique »[29]. À la suite d'une enquête sur l'importation de carburant toxique en Guinée, il est attaqué en justice en Suisse par le trader pétrolier Addax & Oryx Group et son dirigeant, le milliardaire Jean-Claude Gandur. La justice genevoise prononce à l'encontre de Thomas Dietrich des mesures de censure provisoires, qui sont dénoncées par la Fédération européenne des journalistes[30]. Le géant américain Google, lui aussi partie prenante dans la procédure judiciaire en Suisse, prend alors la défense de Thomas Dietrich, le qualifiant de « journaliste reconnu » [31].
Œuvre
Romans
- Là où la terre est rouge, éditions Albin Michel, 2014[32]
- Prix Folire 2014[33]
- Les Enfants de Toumaï, éditions Albin Michel, 2016
- Prix du jeune romancier 2016, Nouveau prix de Yaoundé
Ses deux romans ont pour cadre le continent africain, où il a vécu et travaillé. Le premier, Là où la terre est rouge, raconte le parcours d'un jeune européen asocial et mal dans sa peau qui, par le plus grand des hasards, va se retrouver conseiller d'un président africain[34]. La République du Tshipopo évoquée dans son roman ressemble à maints égards à la République centrafricaine, un pays que l'auteur connaît bien[35].
Son second roman, Les Enfants de Toumaï, a cette fois pour cadre le Tchad et narre une histoire d'amour impossible entre une jeune musulmane du nord du pays et un étudiant du sud, de parents chrétiens[36]. Ce livre est à mettre en résonance avec l'engagement de l'auteur, qui entend s'opposer au régime contesté du président tchadien Idriss Deby Itno[37].
Notes et références
- ↑ « Sciences Po Alumni », sur asso.fr (consulté le ).
- ↑ « L’écrivain qui voulait à tout prix lire sa fiche S », sur mediapart.fr, (consulté le )
- ↑ « CML : le Prix Folire s'ouvre aux hôpitaux du Sud de la France », sur ouillade.eu, (consulté le )
- ↑ Un français opposant à Deby arrêté au Tchad (Le Figaro)
- ↑ Thomas Dietrich revient sur son arrestation et son expulsion du Tchad (Interview TV5 Monde)
- ↑ « Au Niger, expulsion d’un écrivain français proche de l’opposition tchadienne », Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Mak, « Affaire Thomas Dietrich : Ndjaména et Paris accusés par l’écrivain - Makaila, plume combattante et indépendante », Makaila, plume combattante et indépendante, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Thomas Dietrich, « Thomas Dietrich : "Donner à la littérature tchadienne toute l’aura qu’elle mérite" », sur Alwihda Info - Actualités TCHAD, Afrique, International (consulté le )
- ↑ Mak, « Tchad: Succès du premier prix littéraire "Les enfants de Toumaï" - Makaila, plume combattante et indépendante », Makaila, plume combattante et indépendante, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Rapport de Thomas Dietrich « Démocratie en santé : les illusions perdues »
- ↑ La fracassante démission d'un haut cadre de la santé publique - Le Parisien
- ↑ Thomas Dietrich, que le SML qualifie de lanceur d'alerte, dénonce la mascarade de démocratie en santé
- ↑ « Ecrivain et fiché «S» », Libération
- ↑ Michel Deléan, « L’écrivain qui voulait à tout prix lire sa fiche S », sur Mediapart, (consulté le )
- ↑ Mak, « L’écrivain et journaliste Thomas DIETRICH défiché : la France recule ! », sur Makaila, plume combattante et indépendante (consulté le )
- ↑ « Au Togo, une longue marche vers la liberté », sur l'Opinion, (consulté le )
- ↑ « Tentative avortée de coup d’Etat au Gabon: les dernières heures de la dynastie Bongo? », sur l'Opinion, (consulté le )
- ↑ « Alexandre Benalla, pour tout l'or du Tchad url=https://www.liberation.fr/debats/2019/01/21/alexandre-benalla-pour-tout-l-or-du-tchad_1704358/ », sur Libération, (consulté le )
- ↑ « Guinée : l'expulsion du journaliste Thomas Dietrich et les nouvelles arrestations de la société civile », sur Article 19, (consulté le )
- ↑ « [Révélations] Françafrique : parfum de corruption en Guinée », sur Le Média, (consulté le )
- ↑ « La vérité sur la lucrative « mine responsable » soutenue par Arnaud Montebourg », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ « L'ancien chef des services secrets tchadiens échappe à la justice française », sur Le Média, (consulté le )
- ↑ « France: Un journaliste interrogé pendant deux heures par la police », sur Fédération internationale des journalistes, (consulté le )
- ↑ « Guinée : le journaliste Thomas Dietrich empêché d'enquêter », sur Syndicat national des journalistes CGT, (consulté le )
- ↑ « Togo : le Quai d'Orsay sous le feu des critiques après l'expulsion du journaliste Thomas Dietrich », sur Marianne, (consulté le )
- ↑ « Togo : RSF dénonce l’expulsion arbitraire du journaliste Thomas Dietrich et la suspension des accréditations pour la presse étrangère », sur Reporters sans frontières, (consulté le )
- ↑ « France: menaces sur le journaliste d’investigation Thomas Dietrich pour ses révélations sur des financements illégaux en Centrafrique », sur Fédération internationale des journalistes, (consulté le )
- ↑ « Guinée Conakry : Mamadi Doumbouya, putschiste, autocrate... et petit soldat des intérêts de la France », sur Marianne, (consulté le )
- ↑ « Thomas Dietrich : de la Guinée aux tribunaux suisses », sur Arrêt sur images, (consulté le )
- ↑ « Un journaliste français réduit au silence par la justice suisse », sur Fédération européenne des journalistes, (consulté le )
- ↑ « Google vole au secours d'un journaliste français censuré à Genève », sur Gotham City, (consulté le )
- ↑ Là où la terre est rouge - Editions Albin Michel
- ↑ « THUIR : Alexandre Jardin a remis le Prix Folire à Thomas Dietrich pour son livre », sur ouillade.eu, (consulté le )
- ↑ La Chute d'Icare - Article de Livres Hebdo par Jean-Claude Perrier
- ↑ Entretien du jour du 17 février 2014 avec Thomas Dietrich sur 3A Télésud
- ↑ - Critique des Enfants de Toumaï dans la Vie
- ↑ Interview de Thomas Dietrich dans le Point du 25 février 2016 : « Pourquoi j'ai choisi l'Afrique »
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