Timbre erroné

Un timbre erroné est un timbre-poste sur le dessin duquel une erreur a été commise : une main humaine dessinée avec six doigts, un animal mal identifié, une faute d'orthographe, etc.
Les timbres sur la faune et la flore donnent lieu régulièrement à des erreurs d'identification du spécimen représenté, ou par exemple à des fautes d'orthographe sur le nom scientifique en latin, etc.
Les administrations postales ont différentes réactions lorsque le public et la presse découvrent l'erreur :
- ne rien faire et continuer la vente du timbre,
- certaines retirent complètement le timbre de la vente et procèdent à l'émission d'un timbre corrigé, au risque de provoquer une spéculation sur le marché philatélique autour des timbres erronés,
- certaines postes ont continué à vendre le timbre erroné et procédé à un tirage équivalent de timbres corrigés,
- plus rarement, il a pu être émis un plus grand nombre d'exemplaires d'un timbre erroné que prévu pour empêcher la spéculation.
On écarte généralement de cette catégorie des timbres erronés, les timbres-poste de propagande sur laquelle les erreurs cartographiques au détriment d'un pays voisin sont voulues dans le but politique d'illustrer des revendications territoriales.
Types d'erreurs de conception des timbres-poste
Les erreurs de conception diffèrent de tout autre type d'erreurs, y compris les erreurs typographiques, les filigranes incorrects, les surimpressions, les types de papier, la perforation et les défauts de gomme[1],[2],[3]. Il existe les types d'erreurs de conception suivants[4]:
- erreurs dans la compatibilité chronologique
- erreurs dans la représentation des phénomènes naturels
- erreurs dans la représentation des processus technologiques
- Fonctions non autorisées :
- erreurs liées à la possession des territoires
- erreurs dans les symboles d'État et religieux[7]
- erreurs liées aux personnalités
- Erreurs dans les inscriptions ou les surimpressions (dans les chiffres, noms, concepts[8])
- Fautes de frappe, erreurs administratives, orthographiques et de ponctuation
- Erreurs sémantiques et factuelles
Valeur philatélique
La valeur philatélique d’un timbre défectueux est déterminée par son attrait visuel et sa rareté relative. Plus les défauts d'impression sont visibles, plus la probabilité de sa vente est élevée. Si le défaut est rare et ne se rencontre que sur quelques exemplaires, la valeur du timbre augmente. Chaque nouvel exemplaire portant le même type de défaut, découvert ultérieurement, diminue le prix potentiel que l’on peut obtenir pour un exemplaire défectueux. Lorsqu’un autre exemplaire d’un timbre auparavant considéré comme unique est découvert, il se vend généralement à un prix nettement inférieur au premier[9].
La plus grande série connue de timbres-poste avec une erreur fut celle du timbre de 2011 «Statue de la Liberté Forever», émise par le service postal des États-Unis[10]. Depuis la publication du design en jusqu’à la découverte de l'erreur en , environ 10,5 milliards de timbres incorrects ont été émis, lorsque la société de photographie texane Sunipix a remarqué que le design représentait une copie de la Statue de la Liberté de Las Vegas, et non la Statue de la Liberté originale. Parmi les plus remarquables et coûteux figure le timbre de Buenos Aires de 1859 dans l’indice postal. La série «Barkitos», nommée d’après les navires figurant sur l’image centrale, a toujours été considérée comme très rare : même les timbres à orientation normale se vendaient jusqu’à 3000 dollars pièce. À l'origine, le timbre valait seulement 1 peso ; l’unique exemplaire connu vaut aujourd'hui 575 000 dollars.
Historique des principaux timbres-poste erronés
- 1852, Guyane britannique : la phrase latine « Nous donnons et nous demandons en échange » devient « nous donnons et nous souffrons en échange » (patimus au lieu de petimus).
- 1866, Terre-Neuve : un phoque commun est dessiné se tenant sur des pattes avant (ce qu'il ne peut pas faire) non palmées, sorte de chimère avec l'otarie.
- 1903, Saint-Christophe-et-Niévès : Christophe Colomb utilise une longue-vue, dont l'invention est attribuée au Néerlandais Hans Lipperhey, au début du XVIIe siècle.
- 1920, Belgique: une planche du timbre 182a-Er, Hôtel de ville de Termonde, voit le centre de son cartouche imprimé à l'envers. 17 exemplaires connus.
- 1922, Belgique: « erreur d'Aubel ». 400 timbres no 140 (type I) de 20 centimes sont émis en rouge au lieu de lilas.
- 1929, France : sur le premier timbre touristique de ce pays, Henry Cheffer dessine la moitié seulement des arches de l'étage supérieur du pont du Gard.
- 1937, France : le Discours de la méthode de René Descartes devient le Discours sur la méthode. Le timbre est réémis corrigé.
- 1944, France : « 1,50 FRANCS » sur un timbre de la série Arc de Triomphe fabriquée par les États-Unis.
- 1947, Monaco : pour l'Exposition du centenaire du premier timbre des États-Unis, à New York, un timbre montre le président Franklin Roosevelt et sa collection de timbres. La main qui tient les brucelles a six doigts (Yvert n° PA 22).
- 1951, Corée du Sud : émission de 44 timbres pour honorer les 21 pays de la coalition des Nations unies qui sont intervenus pendant la guerre de Corée. L'Italie est présentée alors qu'elle n'était pas membre de l'ONU à cette époque et qu'elle n'a pas participé à ce conflit. De plus, le drapeau est celui de la monarchie déchue.
- 1956, République démocratique allemande : partition de Franz Schubert pour un timbre sur Robert Schumann. Le timbre est réémis corrigé.
- 1958, URSS : pour une conférence postale, représentation de nombreux drapeaux. Les couleurs du drapeau de la Tchécoslovaquie sont inversées.
- 1961, Italie : sur le timbre annonçant le voyage du président Giovanni Gronchi au Pérou, ce pays est amputé d'une province revendiquée par le Brésil[11].
- 1962, Belgique : erreur sur le monogramme de la reine Louise-Marie (ML au lieu d'un L travaillé). Le timbre a été réémis corrigé.
- 1964, France : sur le timbre du 50e anniversaire de la bataille de la Marne, les soldats portent leur fusil sur l'épaule gauche, ce qu'interdit le règlement militaire.
- 1978 ou 1979, Cameroun : visite du président français Valéry Giscard d'Estaing. Une erreur dans le placement de l'étoile jaune sur le Drapeau du Cameroun. Le timbre est réémis corrigé.
- 1989, États-Unis : sur le timbre du bicentenaire de la Révolution française représentant des allégories de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, les couleurs du drapeau français sont dans l'ordre rouge, blanc, bleu, tel le pavillon national de 1790 à 1794.
- 1993, Ordre souverain de Malte : un timbre de 5 scudi qualifie de république (« Repubblica ») le Canada. Dès la prise de conscience de l'erreur, le tirage est retiré et incinéré le , sauf les 9 069 exemplaires déjà vendus[12].
- 1993, France : sur le timbre 50e anniversaire de la libération de la Corse, le lac de Biguglia devient une baie ouverte à la mer.
- 2005, France : sur le timbre « Année du Coq », la valeur faciale « Lettre 20 G » au lieu de 20 g pour 20 grammes. L'erreur d'unité de mesure est corrigée sur la série Fête du timbre « Titeuf », la même année.
- 2007, France : le timbre « Le ballon d'Alsace », présente une image du « Grand Ballon» ou « Ballon de Guebwiller ».
- 2011 et 2017, Wallis-et-Futuna : les timbres émis pour les 170e et 175e anniversaires du martyre de saint Pierre Chanel répètent la même faute d'orthographe, « martyr » au lieu de « martyre ».
| Image | Pays Date |
Commentaire |
|---|---|---|
![]() |
Cuba 1899 |
Livraison spéciale de la version corrigée de 1902. Imprimé aux USA pour Cuba avec l'erreur majeure dans le mot "inmediata", incorrectement écrit "immediata". |
![]() |
Costa-Rica 1870 |
Erreur de couleur : vert au lieu de rouge. |
![]() |
(U.S.A. 1962) | Inversion de couleurs. Plus de 40 millions de timbres furent imprimés pour prévenir la spéculation. Les spécimens d'origine sont considérés comme des erreurs. |
Voir aussi
Notes et références
- ↑ (en) « Stamp errors and the value of a flaw », sur www.stanleygibbons.com (consulté le )
- ↑ (en) « Glossary », sur philatino.com (consulté le )
- ↑ (en) « Glossary Of Philatelic Terms Abnormal Term used for certain stamps produced by De La Rue for Great Britain 1862-1880 from plates », sur www.postalmuseum.org (consulté le )
- ↑ (en) « A concise guide to postage stamps », sur stamps.postmuseum.li (consulté le )
- ↑ (en) « Stamp Design Error », sur design-encyclopedia.com (consulté le )
- ↑ (en) « Postage Stamp Errors », sur kenmorestamp.com (consulté le )
- ↑ (en) « Postage stamp flaws, errors and types », sur worldstampsproject.org (consulté le )
- ↑ (en) « Stamp errors explained: The definitive guide to rare error stamps », sur warwickandwarwick.com (consulté le )
- ↑ (en) « Erreurs de timbre », sur findyourstampsvalue.com (consulté le )
- ↑ (en) « Statue of Liberty stamp mix-up leads to $3.5M payout », sur www.cnn.com (consulté le )
- ↑ Philippe Bernier Arcand, « Philatélie et propagande », sur Acadie Nouvelle, (consulté le )
- ↑ Image du timbre sur le site Philatélie passion, 1er octobre 2007, page consultée le 12 octobre 2007.
Bibliographie
Les magazines philatéliques présentent régulièrement l'histoire de timbres erronés célèbres (comme le Discours sur la méthode de France), entretiennent des rubriques spécialisées et organisent des concours où le lecteur doit découvrir l'erreur commise par le dessinateur ou le graveur.
- Jean-Pierre Mangin, Guide mondial des timbres erronés. Errors on stamps, Yvert et Tellier, volume 1, 1999, (ISBN 2868141056) ; volume 2, édition bilingue anglais-français, 2005.
Liens externes
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