Torquéole du Cambodge

Arborophila cambodiana

Arborophila cambodiana
Description de cette image, également commentée ci-après
Une Torquéole du Cambodge.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Galliformes
Famille Phasianidae
Genre Arborophila

Espèce

Arborophila cambodiana
Delacour & Jabouille, 1928

Statut de conservation UICN

( NT )( NT )
NT A2cd+3cd+4cd; C1 : Quasi menacé

La Torquéole du Cambodge (Arborophila cambodiana) est une espèce d'oiseaux de la famille des Phasianidae.

Description

Cet oiseau mesure entre 28 et 29 cm.

Répartition

Cet oiseau est endémique aux forêts pluviales de la chaîne des Cardamomes, entre la Thaïlande et le Cambodge[1].

Sous-espèces

Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[2], la Torquéole du Cambodge est représentée par 3 sous-espèces (ordre phylogénique) :

  • Arborophila cambodiana diversa Riley, 1930 — sud-est de la Thaïlande : monts Khao Sabap dans le Parc National de Namtok Phliu et réserve naturelle de Khao Soi Dao ;
  • Arborophila cambodiana cambodiana Delacour et Jabouille, 1928 — environs de Kampot et Bokor dans la chaîne des Cardamones ;
  • Arborophila cambodiana chandamonyi Eames, Steinheimer & Bansok, 2002 — Monts Tumpor et Khmaoch, au Cambodge.

Arborophila cambodiana diversa était considérée comme une espèce à part entière par le Congrès ornithologique international, sous le nom scientifique Arborophila diversa, mais le , la séparation des deux espèces a été révoquée et le taxon est redevenu une sous-espèce[3].

Habitat

La Torquéole du Cambodge fréquente les forêts sempervirentes humides, à épiphytes, de moyenne altitude, entre 400 et 1 500 m, ainsi que les forêts de bambous et parfois même des zones plus ouvertes. Elle pourrait descendre à basse altitude, jusqu'à 150 m, en saison sèche, et ainsi effectuer une petite migration altitudinale[4].

Alimentation

Elle consiste en fourmis, termites et autres invertébrés trouvés en piochant la litière végétale. La Torquéole du Cambodge aurait également été observée se nourrissant dans des champs de riz au pied des collines[1].

Mœurs

Les couvées comptent de deux à quatre jeunes la plus grande partie de l’année mais plusieurs nichées pourraient se rassembler après la saison d’élevage pour constituer des compagnies comptant jusqu’à 20 ou 30 individus[4].

Voix

Le chant, poussé surtout tôt le matin, rappelle celui des espèces voisines. Le mâle commence à pousser une série de cris monosyllabiques brr…brr…brr… à laquelle succède une répétition de double notes ti-hou, ti-hou, ti hou,… , d’abord lentes et monotones puis de plus en plus rapides et aiguës, le chant s’arrêtant brutalement. Mâle et femelle chantent en duo, la femelle répondant par une succession de notes simples.

Nidification

Il n’existe aucune donnée.

Statut, conservation

Cette torquéole est considérée comme « vulnérable » par l’UICN. En réalité les derniers relevés de populations semblent montrer que la Torquéole du Cambodge serait plus répandue qu’on ne le pensait ; il est possible que son statut soit revu à la baisse dans les prochaines années. Les principales menaces sont la chasse incontrôlée, la dégradation de l’habitat et le dérangement. D’après une enquête effectuée au printemps 2004, 20 à 30 Torquéoles du Cambodge pourraient être tuées mensuellement aux alentours de la commune de Roleak Korng Cheung, province de Kampong Seu, ce qui correspondrait à un prélèvement annuel de 250 à 300 oiseaux pour ce village. Quelques chasseurs piègent cette espèce à grande échelle en imitant son chant et les attirant par compagnies entières dans les pièges, mais le plus souvent il s’agit d’un piègeage occasionnel, à fins alimentaires, lors de séjours en forêt pour d’autres raisons, comme des collectes de plantes, de résine, la pêche, etc. Le bûcheronnage pratiqué de façon sélective, pour le chauffage ou la construction, a un effet limité du fait de la large répartition altitudinale de cette espèce, mais le dérangement qui y est associé peut avoir un fort impact sur les oiseaux. La population thaïlandaise est estimée à 100-200 oiseaux mais celle du Cambodge est plus importante, probablement de 20 000 à 50 000 individus, en raison de l’existence de plusieurs milliers de km² d’habitat non fragmenté où l'espèce se rencontre en forte densité. La Torquéole du Cambodge vit dans le parc national de Namtok Phliu et dans la réserve naturelle de Khao Soi Dao, en Thaïlande. Au Cambodge elle est présente dans les réserves de Phnom Samkos et de Phnom Aural ainsi que dans les réserves forestières du centre de la chaîne des Cardamomes. Elle se rencontre aussi à Bokor et dans le parc national de Kirirom. Tout projet de conservation passe par le contrôle de la chasse et du bûcheronnage ainsi que par l’information des populations locales[5].

Références

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World : New World Vultures to Guineagowl, vol. 2, Barcelone, Lynx edicions, , 638 p. (ISBN 978-84-87334-15-3, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 518.
  • Alain Hennache et Michel Ottaviani, Cailles, Perdrix et Francolins de l'Ancien Monde, Clères, WPA France, , 395 p. (ISBN 978-2-9512467-3-7).
  • (en) Chhum Samnang, Stephen J. Browne, Stephen J. Holloway et Out Sary, « The status and threats to the conservation of the chestnut-headed partridge Arborophila cambodiana and other galliformes in the Cardamon Mountain Range, Southwest Cambodia. », dans R. A. Fuller & S. J. Browne, 3rd International Galliformes Symposium., Fordingbridge, World Pheasant Association, , 69-77 p. (lire en ligne [PDF]).

Liens externes

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