Toumani Diabaté

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(à 58 ans) Bamako |
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Musicien, koraïste |
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Toumani Diabaté est un musicien malien, né le à Bamako et mort dans la même ville le .
Il est considéré comme l’un des plus grands joueurs de kora.
Biographie
Diabaté est né le [1] à Bamako, la capitale du Mali, cinq ans après que le pays a obtenu son indépendance de la France[2].
Toumani Diabaté appartient à une famille où l'on est griot de père en fils, dans laquelle il représente la soixante-et-onzième génération. Son ancêtre, Djelimakan Diabaté, qui reçut la kora originelle de façon magique, était le djéli (le griot au Mali) d’un général de l’illustre Soundiata Keita, fondateur de la dynastie, qui accompagnait son maître partout pour colporter ensuite ses exploits[3].
Toumani Diabaté est le fils de la diva Nama Koïta et de Sidiki Diabaté (1922-1996), joueur de kora d’une notoriété légendaire dans toute l’Afrique de l'Ouest surnommé le « roi de la kora ». Il est également le cousin du joueur de kora Mamadou Diabaté. En 1970, Sidiki Diabaté a enregistré le tout premier album de kora[4],[2]. Sa mère, Nene Koita, était chanteuse[2]. Son cousin Sona Jobarteh a été la première femme issue d’une famille de griots à devenir joueuse professionnelle de kora. Son frère cadet, Mamadou Sidiki Diabaté, est également joueur de kora. Selon Diabaté, une maladie contractée durant son enfance lui a fait perdre l’usage de sa jambe droite, et il se déplaçait à l’aide d’une béquille[5],[6].
Toumani Diabaté a commencé à apprendre à jouer dès l’âge de cinq ans. Dans son enfance, il s’imprégna de la culture griot qui l’entourait et apprit en observant son père et son grand-père jouer. Il se souvenait que le style de son père consistait à combiner ligne de basse, mélodie et improvisation, et c’est ainsi que Diabaté apprit à jouer de la kora[2].
À treize ans, il participe à la Biennale du Mali avec l’Ensemble de Koulikoro qui remporte le prix du meilleur orchestre traditionnel. Il rejoint alors l’Ensemble instrumental national du Mali.
À la même période, il devient l’un des musiciens du groupe accompagnant la jelimuso (chanteuse griot) Kandia Kouyaté[2].
En 1987, Diabaté apparaît sur Ba Togoma, un album de l’ensemble dirigé par son père, ce qui lui permet de se faire connaître au-delà de son pays d’origine. En 1988, il publie son premier album en Occident, un projet solo intitulé Kaira, enregistré en une seule après-midi à Londres et produit par Lucy Durán[7].
Diabaté s’est également produit et a enregistré dans des contextes interculturels. Il a collaboré avec le groupe de flamenco Ketama, formant un ensemble commun appelé Songhai, avec lequel il a publié deux albums, Songhai et Songhai II[7]. En 1999, il collabore avec le musicien de blues américain Taj Mahal pour l’album Kulanjan. MALIcool (2002) est le fruit d’une collaboration avec le tromboniste de jazz américain Roswell Rudd. Diabaté a également travaillé avec la musicienne islandaise Björk sur son album Volta (2007) et s’est ensuite produit avec elle au festival de Glastonbury[8].
En 1999, Diabaté publie l’album New Ancient Strings, en collaboration avec le grand joueur de kora Ballaké Sissoko[7]. En , il sort In the Heart of the Moon, réalisé en collaboration avec Ali Farka Touré ; l’album reçoit le Grammy Award 2006 du meilleur album de musique traditionnelle du monde. Le , il publie Boulevard de l’Indépendance, enregistré avec son Symmetric Orchestra. In the Heart of the Moon et Boulevard de l’Indépendance font tous deux partie des Hotel Mandé Sessions, enregistrées par Nick Gold et publiées par le label World Circuit Records. Les titres Boulevard et Hotel Mandé font référence à des lieux emblématiques de la capitale malienne, Bamako[9].
La chanson Tapha Niang fait partie de la bande originale du jeu vidéo onirique au succès mondial LittleBigPlanet sorti en 2008. À la suite d'un début de polémique au sujet de l'utilisation de deux vers du Coran dans les paroles de la chanson (le mélange musique et textes sacrés serait considéré comme offensant par certaines interprétations de l'Islam), afin de ménager les susceptibilités, Sony Computer Entertainment choisit de faire figurer une version instrumentale de Tapha Niang dans la version finale du jeu.
Âgé de 58 ans, Toumani Diabaté meurt le à Bamako[10] au Mali[11] des suites d’une courte maladie[10].
Famille
Toumani Diabaté est le père de Sidiki Diabaté[12] Balla Diabaté et Ahmed Diabaté Il est le cousin de Mamadou Diabaté. Il est également le fils de Sidiki Diabaté (1922-1996) et le frère de Mamadou Sidiki Diabaté dit Madou.
Discographie

- 1987 : Kaira (Hannibal)
- 1988 : Songhai (Nuevos Medios) invité de Ketama
- 1994 : Songhai II (Nuevos Medios) aussi avec Ketama
- 1995 : Djélika (Hannibal)
- 1999 : Nouvelles Cordes Anciennes avec Ballaké Sissoko (Hannibal-Ryko / Harmonia mundi)
- 1999 : Kulanjan avec Taj Mahal (Rykodisc)
- 2002 : Jarabi (Best of) « Master of Kora » (Hannibal)
- 2003 : Mali Cool avec Roswell Rudd (Soundscape)
- 2005 : In The Heart Of The Moon avec Ali Farka Touré et Ry Cooder (World Circuit)
- 2006 : Boulevard de l'Indépendance (World Circuit)
- 2008 : The Mandé variations
- 2010 : Ali & Toumani avec Ali Farka Touré (World Circuit/Nonesuch Records)
- 2011 : A Curva da Cintura avec Arnaldo Antunes et Edgard Scandurra (Mais Um Discos / Differ-ant)
- 2014 : Toumani & Sidiki avec Sidiki Diabaté (World Circuit)
- 2017 : Lamomali avec Matthieu Chedid, Sidiki Diabaté, Fatoumata Diawara
- 2021 : Kôrôlén avec le London Symphony Orchestra (World Circuit)
- 2022 : Toumani, Family & Friends
- 2023 : The Sky Is The Same Colour Everywhere avec Kayhan Kalhor (Real World)[13]
- 2025 : Totem (Lamomali)
Collaborations
- AfroCubism (2010)
- Playing for Change [14]
- Silkroad Ensemble, Sing me home (2016) [15]
- Lamomali (2017)
- Totem (Lamomali) (2025)
Compilation
- 2010 : King of the Kora: an introduction.
Distinctions
L'album Songhai obtient le Prix au meilleur album étranger de l'année 1988 du New Musical Express.
L'album In the Heart of the Moon obtient le Grammy Award du meilleur album traditionnel de musique du monde décerné le [16].
Le , Ali Farka Touré et Toumani Diabaté ont remporté le Grammy du meilleur album de musique traditionnelle lors de la 53e cérémonie, à Los Angeles, pour leur album Ali and Toumani[16],[17].
Notes et références
- ↑ Jacques Denis, « Mort de Toumani Diabaté, la kora perd son maître », sur Libération (consulté le )
- « The Times Register Obituary Toumani Diabaté, Malian master of the kora », sur The Times, (consulté le )
- ↑ Anne Berthod, « De griot en griot, l'histoire chantée de Soundiata Keita », Télérama, (lire en ligne)
- ↑ The Virgin Encyclopedia of Nineties Music, Virgin Books, , First éd. (ISBN 0-7535-0427-8), p. 121
- ↑ Jonathan Curiel, « Toumani Diabate's music transcends borders », Sfgate, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Todd Pitman, « Guarding Kora Tradition », The Associated Press, (lire en ligne, consulté le )
- Colin Larkin, The Virgin encyclopedia of nineties music, Virgin Books in association with Muze UK, (ISBN 978-0-7535-0427-7), p. 121
- ↑ « Toumani Diabaté - WOMEX », sur www.womex.com (consulté le )
- ↑ (en-US) World Music Central News Room, « North American Release of Toumani Diabate’s Symmetric Orchestra, Boulevard De L ‘Independence | World Music Central », World Music Central | Your Connection to traditional and contemporary World Music, including folk, roots, global music, ethno and crosscultural fusions, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- « Mort de Toumani Diabaté, maître malien de la kora », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sié Frédéric Kambou, « L’artiste malien Toumani Diabaté a déposé le micro pour toujours », burkina24.com, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le maître malien de la kora Toumani Diabaté est mort, annonce son fils Sidiki Diabaté », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « The Sky Is the Same Colour Everywhere », sur Real World Records (consulté le )
- ↑ « Biographie de Toumani Diabaté sur le site de Playing for Change », sur playingforchange.com/,
- ↑ « Discographie du Silkroad Ensemble », sur silkroad.org/,
- « Toumani Diabate | Artist | GRAMMY.com », sur grammy.com (consulté le )
- ↑ « Grammy Awards: Deux musiciens maliens distingués », sur afriquejet.com,
Voir aussi
Documentaires
- Bamako is a Miracle de Maurice Engler, Arnaud Robert et Samuel Chalard (Afro Blue, Genève 2003).
- Toumani Diabaté - Koraklänge aus dem Land der Flusspferde de Martina Pfaff (WDR, Cologne 2007).
Liens externes
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