Le Tour de France 1978 est la 65e édition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du au sur 22 étapes pour 3 908 km. Le départ a lieu à Leyde aux Pays-Bas ; l'arrivée se juge aux Champs-Élysées à Paris. C'est le premier des cinq succès dans l'épreuve de Bernard Hinault. Le champion breton, vainqueur également de trois étapes, devance le Néerlandais Joop Zoetemelk et le Portugais Joaquim Agostinho. Bernard Thévenet, tenant du titre, a abandonné dans les Pyrénées.
11 formations de 10 coureurs prennent le départ à Leyde aux Pays-Bas. Une seule équipe arrivera au complet à Paris. la formation Miko-Mercier-Hutchinson de Joop Zoemelk.
Une grève des coureurs a lieu lors de la 12e étape (Tarbes-Valence d'Agen). Protestant contre les horaires de départ et les demi-étapes, les coureurs décident de mettre pied à terre à 100 m de l'arrivée après avoir couru l'étape à une allure réduite. Cette demi-étape (a) sera finalement annulée.
Michel Pollentier prend le maillot jaune à l'Alpe d'Huez après avoir gagné l'étape, mais est mis hors-course le soir même pour fraude au contrôle antidopage.
Moyenne du vainqueur : 36,084 km/h.
Le classement par équipes au temps (casquettes jaunes) est remporté par l'équipe de Joop Zoetemelk, tandis que celui par points (places aux arrivées d'étape, casquettes vertes) des équipes est acquis par l'équipe de Hennie Kuiper, soit 720 points, devant celle de Bernard Hinault, soit 933 points.
Pour sa soixante-quinzième année, le Tour et toute la France attendent un grand champion qui patiente depuis trois ans : Bernard Hinault, champion de France en titre et vainqueur de la Vuelta, le tour d'Espagne cycliste.
Si les quatre premières étapes, courues aux Pays-Bas et en Belgique, permettent au Néerlandais Jan Raas d'endosser le maillot jaune, suivi ensuite du Français Jacques Bossis, de l'Allemand Klaus-Peter Thaler et du Néerlandais Gerrie Knetemann lors des différentes étapes de plaine dans l'ouest de la France, c'est lors de la huitième étape, un contre-la-montre de 59,3 km que Bernard Hinault signe son premier succès d'étape sur le Tour de France[1]. Joseph Bruyère (Belgique), fidèle lieutenant d'Eddy Merckx, pendra alors le maillot jaune, pour le céder à Joop Zoetemelk à l'Alpe d'Huez. Joop Zoetemelk avait auparavant gagné le contre-la-montre en montagne de 52 km du Puy-de-Dôme.
Hinault contrôle les grimpeurs lors de la traversée des Alpes et prend à son tour le maillot jaune à Joop Zoetemelk lors du contre-la-montre de 73 km entre Metz et Nancy, qu'il gardera alors jusqu'à Paris. Une victoire lors de sa première participation, à l'instar de Jacques Anquetil en 1957 et d'Eddy Merckx en 1969.
Bernard Thévenet, le vainqueur sortant, en méforme depuis le début de saison n'est pas le favori et abandonne dans les Pyrénées, lors de la onzième étape. Thévenet avait été hospitalisé à Paris l'hiver précédent à la suite de problèmes respiratoires et d'allergie, et il avoua alors avoir pris de la cortisone la saison précédente, mais il ne retrouva plus le même niveau de performance[2].
Cette édition est marquée par deux incidents marquants, la grève de Valence d'Agen et l'affaire Pollentier.
La grève de Valence d'Agen
Mécontents de devoir se lever à 4 h 30 du matin pour se rendre au départ, les coureurs décident de ne pas faire la douzième étape entre Tarbes et Valence d'Agen. Ils roulent groupés à vingt à l'heure et franchissent la ligne d'arrivée à pied (avec Bernard Hinault en tête), accueillis par le maire de Valence d'Agen qui leur fait part de son mécontentement[3].
L'affaire Pollentier
Vainqueur à l'Alpe d'Huez d'une étape longue de 240 km, le Belge Michel Pollentier, meilleur grimpeur jusque-là fait coup double et endosse le Maillot Jaune. Mais, obligé de se rendre au contrôle antidopage et certain d'être positif, il choisit d'emmener avec lui l'urine d'un autre dans une poire qu'il va cacher sous son épaule. La supercherie est vite découverte et c'est le scandale. Le Belge est exclu de la course et c'est Hennie Kuiper qui sera déclaré vainqueur de cette étape[4]. Michel Pollentier rédigera le lendemain, lors de la journée de repos, une lettre de repentance aux directeurs de course, qui ne sera pas suivie d'effet[1]. La carrière cycliste de Michel Pollentier se prolongera jusqu'en 1984.
↑En raison des mauvaises conditions météorologiques rendant le circuit dangereux, les organisateurs décident de ne pas comptabiliser les temps du prologue au classement général. Il n'y a donc pas de maillot jaune remis à l'issue du prologue[8].
↑Étape annulée en raison d'une grève des coureurs, pour protester contre les horaires de départ des étapes, qui ont parcouru l'étape à allure très réduite avant de s'arrêter à quelques mètres de la ligne d'arrivée[8].
Les coureurs de l'équipe en tête de ce classement portent une casquette jaune (représentée dans les classements par l'icône à côté du nom de l'équipe)[15],[16].
En raison des mauvaises conditions météorologiques rendant le circuit dangereux, les organisateurs décident de ne pas comptabiliser les temps du prologue au classement général. Il n'y a donc pas de maillot jaune remis à l'issue du prologue.
↑Étape annulée en raison d'une grève des coureurs, pour protester contre les horaires de départ des étapes, qui ont parcouru l'étape à allure très réduite avant de s'arrêter à quelques mètres de la ligne d'arrivée.
Liste des coureurs
La liste ci-dessous présente les coureurs inscrits par numéro de dossard[5].
Légende
Légende
Num
Dossard de départ porté par le coureur sur ce Tour
Pos
Position à l'arrivée de la course
Indique un maillot de champion national, continental ou mondial, suivi de sa spécialité
NP
Indique un coureur qui n'a pas pris le départ de la course
AB
Indique un coureur qui n'a pas terminé la course
HD
Indique un coureur qui a terminé la course hors des délais
L'équipe, 100 ans de Tour de France, Issy-les-Moulineaux, L'équipe, , 783 p. (ISBN2951203152), p. 542-553
↑Ouvrage collectif : Jacques Angendre, Olivier Dazat, Robert Ichach, Jean-Pail Ollivier, Christope Penot, Henri Quiqueré, Portraits mythiques du cyclisme, Tana Editions, , 143 p. (ISBN9782845676831), p. 110
Robin Magowan, Tour de France: The 75th anniversary cycle race, Londres, Stanley Paul, (ISBN978-0-09-138730-3, lire en ligne)
(en) John Nauright et Charles Parrish, Sports Around the World: History, Culture, and Practice, vol. 2, Santa Barbara (CA), ABC-CLIO, (ISBN978-1-59884-300-2, lire en ligne)