Toutou (dieu)
| Toutou | |||||||
| Divinité égyptienne | |||||||
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| Caractéristiques | |||||||
| Autre(s) nom(s) | Tithoès | ||||||
| Nom en hiéroglyphes |
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| Translittération Hannig | Twtw | ||||||
| Représentation | sphinx, coiffé du némès | ||||||
| Région de culte | Égypte antique | ||||||
Le dieu sphinx Toutou (Tithoès en grec) est une divinité tardive de la mythologie égyptienne, puisqu'il n'est pas attesté avant la Basse Époque. Cette période débute par la XXVIe dynastie qui marque un renouveau économique, culturel et artistique permis par l'unité retrouvée sous le règne de Psammétique Ier. La XXVIe dynastie, marquée par la présence grecque en Égypte, présente ainsi les premières attestations du dieu, semble-t-il d'origine saïte. Cette origine semble être démontrée par un fragment de naos[note 1], qui selon une hypothèse de Jean Capart[1] est la plus ancienne attestation de son nom divin se trouverait sur un naos fragmentaire où il est accolé au cartouche d’Apriès, sous la forme Tjouaoua. Cette forme serait à mettre en relation avec une inscription accompagnant la plus ancienne représentation connue du dieu à Abousir, au sein de la chambre funéraire d’un homme nommé Ioufaâ, contemporain des deux derniers rois de la XXVIe égyptienne : Amasis et Psammétique III. L’inscription fait mention du dieu sous le nom de Touatoua. Une statue du musée Calouste-Gulbenkian de Lisbonne, peut-être de Saïs et datée de la XXVIe égyptienne, indique quant à elle un prêtre de Toutou[2].
Le plus fréquemment représenté sous la forme d'un sphinx passant, coiffé d'un némès, Toutou peut tout de même être figurée à l'occasion comme un lion ou un dieu anthropomorphe à tête humaine ou à tête de lion. Sous la forme d’un lion ou d’un sphinx, le dieu était représenté en attitude de la marche, selon une pose active indiquant son pouvoir.
Toutou est une divinité égyptienne récente, membre d’un panthéon qui a compté plus de 2000 divinités. Le panthéon égyptien a été créé pour tenter d’expliquer les lois de l’Univers et a ensuite évolué pour offrir une vision globale du monde. Ce panthéon était « mouvant » selon la région ou la famille régnante. Identifié comme un dieu belliqueux repoussant les êtres malfaisants, son pouvoir était mis au service des civils pour les protéger des génies néfastes envoyés par les déesses dangereuses, telle que Neith. Il est ainsi considéré comme « maître des démons ».
Le principal temple connu dédié au dieu Toutou est situé à Kellis, en Égypte. La majorité des représentations iconographiques et des sources écrites actuellement disponibles concernant cette divinité proviennent de ce site archéologique[3].
Dieu à déterminer
Nom et titres
Le nom divin de Toutou ne présente pas d'orthographe spécifique, qui puisse être associée à un site particulier ou à une période particulière malgré l'existence d'au moins soixante-quinze formes différentes de son nom. De plus, son nom fut utilisé dans la formation de « noms théophiles »[4], ce qui monte à une centaine d'orthographes différentes l'écriture de son nom divin.
Son nom est à peu près toujours suivi de titres exprimant les différentes qualités attribuées au dieu. Il existe une multiplicité de titres différents qui constituent une source majeure d'informations sur les différents rôles du dieu au sein de la religion égyptienne. Ces titres peuvent être divisés en deux catégories : les titres qui se retrouvent en position initiale dans sa titulature et les titres qui ne sont jamais en position initiale[5].
Titres en position initiale
Les titres prenant place en première position dans la titulature du dieu sont « grand de force », « grand », « maître de (…) », « fils de Neith », « le lion ». Le titre de Toutou le plus courant est « grand de force », il est celui qui est quasi indissociable de son nom divin. Ce titre caractérise le dieu comme une divinité guerrière. Parfois, le titre lui-même est accompagné d’un déterminant divin en référence au premier des Sept démons de Neith nommé « grand de force ».
Titres à d'autres positions
Les titres ne se trouvant jamais en tête de la titulature de Toutou sont plus nombreux. Ces titres secondaires peuvent alors être regroupés selon leur thématique. Grâce à ces titres, Toutou est décrit comme un dieu puissant et victorieux, un roi divin, un maître des démons, un dieu sauveur, le dieu du temple local mais il peut également être perçu comme un dieu-enfant.
Les titres présentés, en lien avec les thématiques suivantes, sont des titres choisis selon la pluralité de leurs occurrences afin de tenter de présenter un aspect général de la figure du dieu par ses titres.
Dieu puissant et victorieux
Les titres les plus courants se rapportant à la thématique du dieu puissant et victorieux sont les suivants : « seigneur de la force », « puissant par le bras », « qui repousse les ennemis ». Ces titres qui expriment la puissance et la nature victorieuse du dieu se retrouvent à la fois sur des stèles et au sein des inscriptions des temples.
Roi divin
Les titres les plus communs qui concernent la thématique du roi divin sont : « roi des dieux », « roi de Haute et Basse Égypte », « maître des dieux ». Ces titres qui proclament le dieu comme roi se retrouvent notamment dans le mammisi (« maison de naissance ») du complexe d’Ismant el-Kharab (ancienne Kellis) ; dix-sept occurrences y ont été découvertes. Cependant, l’importance de cet aspect est renforcée par des cas occasionnels sur les sites de Kalabchah, Philæ, Kôm Ombo et Coptos.
Maître des démons
Les titres les plus habituels relatifs à son statut de maître des démons sont les suivants : « maître des démons à flèches », « chef des massacreurs de Sekhmet et des génies-errants de Bastet », « maître des démons errants ». Toutou contrôlait les démons envoyés par Neith, ou par d’autres déesses dangereuses comme Bastet, Sekhmet et Mout. Les titres les plus pertinents à ce sujet se retrouvent au sein des temples.
Dieu sauveur
Les titres qui se rapportent à l’image d’un dieu sauveur sont : « qui sauve les hommes de tout mal », « qui vient à celui qui l’appelle », « grand messager dans l’Autre Monde ». Ces titres donnent à voir le caractère accessible du dieu. Les gens peuvent se tourner vers lui afin d’obtenir de l’aide dans leur quotidien.
Dieu du temple local
Certains titres liés à Toutou tentent de le décrire, selon un toponyme ou des termes généraux, par rapport à une ville ou un temple local. Les titres de ce type sont les suivants : « dieu des villes », « seigneur de la ville ».
Dieu-enfant
Quelques-uns des titres de Toutou décrivent sa filiation, notamment par rapport à sa mère Neith supposée. Ces titres sont : « fils de Neith », « fils de Rê », « auquel sa mère a donné naissance ».
Ainsi, son nom et sa titulature, qui sont susceptibles d’être considérés comme classiques, peuvent être : « Toutou, grand par la force, puissant par le bras, chef des massacreurs de Sekhmet et des génies-errants de Bastet ».
Iconographie
Afin de pouvoir décrire de manière optimale l’iconographie du dieu, il est important d’isoler les éléments distinctifs, et pertinents, de ses représentations ; ces éléments peuvent être caractérisés comme étant des attributs. Chaque attribut supplémentaire a pour but d’augmenter la puissance de l’image, complexifiant l’apparence du sphinx.
Sur les reliefs la tête du sphinx est pourvue d’attributs soulignant le caractère royal et divin de Toutou. Il porte le némès, l’Uræus, la barbe tressée ainsi qu’une couronne particulière, la couronne tjèni. Elle est constituée, comme la couronne hénou, de cornes de bélier horizontales soutenant deux plumes d’autruche ; elle s’en distingue par la présence d’un disque solaire et de deux uraei en pendeloque. Plus rarement, le dieu ne porte aucune couronne, et encore plus rarement, il porte soit la double couronne, la couronne atef ou bien encore la couronne hemhem.
Les attributs les plus courants de Toutou sont ceux du serpent. Le sphinx, qui caractérise l’une des formes d’apparition du dieu, possède une queue terminée par une tête de cobra dressée comme une uraeus ou reposant sur le sol, parfois coiffée d’une couronne divine. Il est bon de remarquer que les plus anciennes représentations connues de Toutou, telle que celle présente au sein de la tombe de Ioufâa représentent la queue du sphinx sous la forme classique d’une queue de lion traînant derrière le corps et dont l’extrémité est déjà une tête de serpent.
Il existe une autre catégorie d’attributs qui illustre la puissance du dieu. Ces attributs sont le plus souvent des armes blanches qu’il tient entre ses pattes mais ces armes adoptent parfois des formes étonnantes ; à la place des couteaux peuvent se trouver des scorpions. L’ajout d’armes illustre le pouvoir de Toutou à vaincre les forces néfastes et à protéger les populations. Le même effet peut être obtenu par l’ajout occasionnel de symboles militaires telle que la présence d’un captif étranger retenu par le sphinx ; le captif est maintenu sous l’une des pattes du dieu ou bien par la représentation de la soumission des Neuf arcs.
Les représentations du dieu sont enrichies de diverses manières. La figure du sphinx par exemple pouvait se parer d’une paire d’ailes indiquant sa rapidité ou bien encore être pourvu de têtes animales complémentaires : une tête de crocodile ou de lion pouvait sortir de sa poitrine tandis qu’au sein de sa nuque émergeait une tête de bélier ou bien d’ibis. Il arrive également qu’une tête de faucon soit ajoutée sur le dos du sphinx. Ces têtes sont à voir, selon une vision aspective, comme des éléments assemblés qui forment une image « paniconique »[6] du dieu Toutou. Les têtes animales sont à comprendre comme une seule image représentant Toutou ainsi que l’équipe de démons qu’il dirige.
Les sources les plus anciennes, qui se rapportent au dieu, proviennent de Saïs et font mention de Toutou en tant que « fils de Neith ». De telles désignations restent toutefois rares, surtout que le dieu n’a jamais adopté l’iconographie typiquement enfantine : le corps nu, la tresse latérale et le doigt à la bouche. Pourtant il a parfois déjà été représenté, notamment dans les mammisis, sur un signe du sema-taouy, iconographie connue pour représenter les dieux-enfants ayant des qualités royales ; en effet, le sema-taouy fait référence au couronnement et au renouvellement de la royauté. Dans le cas de Toutou, le sema-taouy souligne les connotations royales du dieu, et son lien avec les dieux-enfants.
Divinité égyptienne
Nouveau dieu au sein du panthéon égyptien
Influence de différents cultes
Afin de comprendre l’émergence de la figure de Toutou en tant que dieu au sein du panthéon égyptien au Ier millénaire av. J.-C., il est intéressant de comprendre le contexte théologique de la période. En effet, les Époques tardives (Troisième Période intermédiaire et Basse Époque) sont sujettes à des grandes évolutions des cultes égyptiens.
Au Nouvel Empire, sous les Ramessides a lieu un événement majeur, la synthèse des cultes solaires et de celui d’Amon. La Troisième Période intermédiaire s’ouvre avec la XXIe dynastie dont le pouvoir royal, établi à Tanis, compose avec le développement d’une théocratie à Thèbes mise en place par les grands prêtres d’Amon qui possède alors un rôle terrestre. L’influence du clergé thébain décline, sur l’ensemble du territoire, à la XXVIe dynastie. Le Delta, et plus particulièrement les villes de Saïs et de Sebennytos, où se concentre le pouvoir politique royal, ne porte pas une attention particulière dans ses pratiques théologiques au culte d’Amon.
En parallèle se développe le culte des dieux-enfants, l’un des phénomènes les plus prégnants de la religion égyptienne des Époques tardives. Ceux-ci sont identifiés comme les intermédiaires privilégiés à l’égard des déesses dangereuses. Ces dernières sont susceptibles d’apporter aux enfants et aux adultes divers malheurs telles que des maladies ou des morsures d’animaux nuisibles. Le culte des dieux-enfants est important au Ier millénaire av. J.-C. car ces derniers prennent la place du roi, assurant ainsi une continuité de la fonction royale et le maintien de l’ordre cosmique, alors que le pouvoir royal s’affaiblit. L’apogée du culte des dieux-enfants est sensible par l’apparition de sanctuaires entièrement dévolus au culte de ces dieux, à la célébration de leur naissance et de leur couronnement. Ces sanctuaires sont appelés des mammisis (per-meset, « maison de naissance »).
Dieu Toutou
Au Ier millénaire av. J.-C., et plus particulièrement au IIIe siècle av. J.-C., l’importance des divinités dites mineures croit ; ce qui favorise l’apparition de nouvelles figures divines au sein du panthéon égyptien comme Toutou.
Les premières attestations de l’existence du dieu Toutou datent de la XXVIe dynastie ; son nom est attesté tout d’abord dans les noms des particuliers, fait perdurant jusque sous la période copte démontrant son importante popularité. Cependant les premières représentations du dieu dans les temples n’apparaissent que sous le règne de Ptolémée VIII Évergète II. Cela laisse à penser que Toutou connu tout d’abord un culte populaire qui se développa par la suite dans toute l’Égypte à la Basse Époque.
Il est envisageable que la popularité de Toutou s’explique selon la tendance générale à l’accroissement du sphinx en tant que symbole nationaliste et royal, adopté comme l’image d’un puissant protecteur divin.
Maître des démons
Les dernières périodes de l’ère pharaonique se caractérisent par un besoin accru de la population à rechercher une protection magique contre les forces surnaturelles hostiles. La démonologie égyptienne est liée aux croyances religieuses antérieures, comme l’attestent les textes magiques, les rituels et l’iconographie de l’Ancien, du Moyen et du Nouvel Empire ; à noter que l’utilisation du mot « démon » est une convention savante pour pallier l'absence de terme en ancien égyptien. Ils sont notamment mentionnés dans les Textes des pyramides, les textes des cercueils et le Livre des Morts, ainsi que dans des formules magiques à usage quotidien. Cependant, les sources anciennes étant implicites, il n’est pas évident de définir durant ces périodes les caractéristiques des démons, et de les identifier comme des entités indépendantes[7].
La distinction entre dieux et démons en Égypte est une chose peu aisée. De tous les concepts religieux égyptiens, la notion de démon est l’une des plus délicates à interpréter pour les scientifiques modernes. Les concepts du démoniaque et du divin continuent à diviser au sein de l’étude de la religion de l’Égypte ancienne. Les dieux possèdent des dimensions cultuelle, mythique et cosmique ; caractéristiques qui ne s’appliquent pas aux démons[8], à quelques exceptions près. En effet, si l’on considère les cultes qui se développent lors des Époques tardives en Égypte, certaines figures démoniaques peuvent être identifiées à des divinités : les rituels locaux pratiqués visaient à apaiser les démons pour s’assurer leurs faveurs. Les démons pouvaient être invoqués pour aider lors de la réalisation de sorts magiques ou jouer un rôle de protection pour les lieux sacrés. Il n’existe donc aucune dualité entre démon et dieu car chacun peut se montrer bienfaisant ou au contraire malfaisant à l’égard des hommes.
Les démons malfaisants forment habituellement un groupe de sept, où chacun se distingue par son nom et son iconographie. À la Basse Époque, ce groupe est connu sous l’appellation des « Sept flèches de Neith » mais d’autres déesses sont également connues pour contrôler les démons : Bastet sous les termes des « génies-errants de Bastet » ou bien encore Sekhmet, « les massacreurs de Sekhmet ». Chacune de ces déesses possèdent un aspect farouche, ce qui a amené à les associer aux malheurs humains. En effet, elles ont le pouvoir de propager des fléaux sur le monde mais également de les contenir faisant d’elles des déesses protectrices. Dans les récits mythiques, la malveillance des dieux est généralement la conséquence de leur colère et fonctionne comme une punition : les envoyés des déesses dangereuses sont alors des instruments de punition divine.
En raison de leurs pouvoirs agressifs, les « Sept Flèches » sont généralement placées sous l’autorité d’un dieu qui en garde le contrôle. Le caractère le plus important chez Toutou est ainsi sa relation avec le groupe des « Sept Flèches ». Toutou, dont les titres montrent qu’il contrôlait les démons envoyés par les déesses dangereuses, possède un caractère « démoniaque » qui est démontré par son iconographie composite. En effet, pour le représenter comme le « maître des démons », les Égyptiens intégraient à sa personne tout, ou partie du groupe des « Sept Flèches » dont il était la somme : des têtes animales les représentant pouvaient se placer sur son corps ou bien sur sa couronne[9].
En tant que « maître des démons », Toutou est par nature un démon lui-même. Son élévation au statut de dieu depuis le statut de démon est possible car il se fait en raison de sa double nature : il contrôlait de façon total les démons et leurs actions, bienfaisantes ou malveillantes.
Culte
Les premières attestations du culte de Toutou remontent à l’époque saïte et sont liées à la ville de Saïs ; cela pourrait être lié au fait qu’il est identifié comme étant la descendance de Neith. Ainsi, il existe plusieurs villes dans lesquelles un culte est rendu à Toutou, comme Saïs et Esna en raison de son lien avec Neith. Bien que son culte soit attesté dans plusieurs régions égyptiennes, par des représentations sur des reliefs ou des inscriptions, l'oasis de Dakhla a livré les vestiges du seul temple conservé principalement dédié à Toutou.
Au sein de l'oasis se trouve le site d’Ismant el-Kharab, ancienne Kellis, dont le temple, en ruines, est fouillé depuis 1981 par le Dakhleh Oasis Project. Le site comprend un bâtiment d’époque romaine avec un passif datant de l’époque ptolémaïque. L’ensemble a été abandonné à la fin du IVe siècle. La zone D, à l’ouest du site, est identifiée comme étant celle du temple principal dédié à Toutou. Le temple a été fouillé durant dix sessions de fouilles entre les années 1991 et 2002. Lors de ces fouilles, une importante découverte a été faite durant l’étude des fragments associés à la porte nord qui peuvent être comparés au linteau de la porte principale. Ce linteau porte la représentation de Toutou accompagné d’une déesse coiffée de la couronne rouge de Basse-Égypte, dont l’identité est attestée par des inscriptions faisant mention de son nom ; il s’agit de la déesse Neith. Les deux dieux sont représentés en train de recevoir des offrandes. Le linteau de la porte principal donne à voir une représentation de Toutou recevant des offrandes, décrites par les inscriptions : « Dissiper les flèches démoniaques » et « Faire en sorte que les flèches démoniaques attaquent les ennemis », accompagné des sept démons canoniques. L’un des titres qui accompagne la représentation du dieu peut être « maître des démons » ; ces derniers sont identifiés comme le danger contre lequel Toutou protège le monde.
Comme preuve d’un culte rendu à Toutou, il existe également des témoignages matériels telles que les stèles. Celles-ci fonctionnaient principalement comme des reliefs cultuels populaires ou bien des cadeaux votifs[10]. Les stèles cultuelles permettaient à la population d’obtenir auprès du dieu ses faveurs afin que ce dernier retienne auprès de lui les « Sept Flèches » dont il avait la charge et ainsi protéger les bénéficiaires de la stèle. Certaines stèles pouvaient également être des ex-voto qui servaient à remercier Toutou de son action bienveillante.
Notes et références
Notes
- ↑ Fragment de naos avec cartouche d’Apriès, Egypte, XXVIe dynastie, règne d’Apriès (588 – 568 av. J.-C.), basalte, Bruxelles, Musées royaux d’Art et d’Histoire (E.05818)
Références
- ↑ Capart 1924, p. 5.
- ↑ Kaper 2003, p. 223-224.
- ↑ Kaper 2003, p. 319.
- ↑ Kaper 2003, p. 59-67.
- ↑ Kaper 2003, p. 25.
- ↑ Meeks 1986, p. 184.
- ↑ Lucarelli 2010.
- ↑ Assmann 2001, p. 7-10.
- ↑ Sauneron 1960, p. 269-287.
- ↑ Quaegebeur 1986, p. 77-78.
Bibliographie
- (en) Jan Assmann, The Search of Gods in Ancient Egypt, Ithaca, Cornell University Press, , 275 p. (ISBN 0-8014-8729-3, lire en ligne
) - Jean Capart, « Un fragment de Naos Saïte », Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, 2e série, vol. XIX, , p. 5 (BNF 31904795)
- (en) Olaf E. Kaper, « The God Tutu (Tithoes) and his Temple in the Dakhleh Oasis », Bulletin of the Australian Centre for Egyptology, no 2, , p. 59-67
- (en) Olaf E. Kaper, The Egyptian god Tutu : a study of the sphinx-god and master of demons with a corpus of monuments, Leuven, Uitgeverij Peeters and Departement Oosterse Studies, coll. « Orientalia Lovaniensia analecta » (no 119), , 415 p. (ISBN 9042912170)
- (en) Rita Lucarelli, « Demons (benevolent and malevolent) », UCLA Encyclopedia of Egyptology, (lire en ligne
[PDF]) - Dimitri Meeks, « Zoomorphie et image des dieux dans l'Égypte ancienne », Le temps de la réflexion, Paris, Gallimard, vol. VII « Corps des dieux », , p. 171-191 (lire en ligne
[PDF]) - Frédéric Payraudeau, L'Égypte et la vallée du Nil. Tome 3, Les époques tardives : 1069-332 av. J.-C., Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », , 614 p. (ISBN 978-2-13-059136-8)
- (nl-BE) Jan Quaegebeur, « Vragen een Egyptische reliëf met lopende sfinx bewaard te Brussel : KMKG, A. 1505 », Archéologie et philologie dans l'étude des civilisations orientales, Leuven, Peeters Publishers, , p. 77-78
- Arnaud Quertinmont (dir.), Dieux, génies et démons en Égypte ancienne : à la rencontre d'Osiris, Anubis, Isis, Hathor, Rê et les autres, Paris, Somogy éditions d'art, , 383 p. (ISBN 978-2-7572-1016-1), p. 55-59
- Serge Sauneron, « Le nouveau sphinx composite du Brooklyn Museum et le rôle du dieu Toutou-Tithoès », Journal of Near Eastern Studies, vol. 19, no 4, , p. 269-287 (lire en ligne
) - Youri Volokhine, « Tithoès et Lamarès », Bulletin de la Société d'Égyptologie, Genève, no 27, 2005-2007, p. 81-92 (lire en ligne
[PDF])
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