Tragédie du Tarajal
| Tragédie du Tarajal | |
| Pays | Frontière entre le Maroc et l'Espagne |
|---|---|
| Localisation | |
| Coordonnées | 35° 51′ 15″ nord, 5° 30′ 44″ ouest |
| Date | 6 février 2014 |
| Bilan | |
| Morts | au moins 14 |
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La tragédie du Tarajal, est une tentative de traversée de la frontière hispano-marocaine par des immigrants d'origine subsaharienne, qui s'est produite le entre Ceuta (Espagne) et Castillejos (Maroc) et a été violemment réprimée par la Garde civile espagnole. Elle est considérée comme l'un des événements les plus graves liés au phénomène migratoire en Espagne[1]. L'anniversaire de cette tragédie fait chaque année l'objet dans de nombreux pays d'une “Commémor'action”, qui rappelle la mort des migrants et dénonce les politiques aux frontières .
Faits
Le jeudi , entre 200 et 400 immigrants tentent de traverser à la nage la frontière hispano-marocaine entre Ceuta et Castillejos, au niveau de la plage de Tarajal (es)[2], qui fait régulièrement l'objet de tentatives de traversées à la nage[3].
Environ 90 d'entre elles ont réussi à atteindre la zone frontalière située sur la plage du Tarajal[4]. Des agents de la Garde civile espagnole les ont repoussées, alors que beaucoup étaient encore dans l'eau, en utilisant la force et des moyens antiémeutes tels que des balles en caoutchouc, des salves d'alarme et des grenades fumigènes pour les empêcher d'atteindre la terre ferme[5],[6],[2].
Dans la panique, au moins quinze migrants meurent par noyade[7]. Les corps ont été retrouvés sur les plages de Ceuta et de Castillejos. La gendarmerie marocaine a expulsé les vingt-trois migrants en situation irrégulière qui avaient atteint la plage de Ceuta, dans le cadre de ce que l'on appelle les « renvois à chaud »[4],[8],[9],[10].
Conséquences
Certaines ONG telles que Coordinadora de Barrios, Comisión Española de Ayuda al Refugiado et Observatori DESC ont soutenu l'action des immigrants en situation irrégulière. La Commission espagnole d'aide aux réfugiés a engagé des poursuites judiciaires pour demander, au fil des ans et devant plusieurs instances, que les agents de la Garde civile soient tenus responsables d'homicides par imprudence, de blessures volontaires et de non-assistance à personne en danger[11],[12].
Après l'avoir nié pendant une semaine, le ministre de l'intérieur espagnol, Jorge Fernandez Diaz, a reconnu l'utilisation par la police de balles en caoutchouc et de fumigènes tirés en direction des migrants[13]. La commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a menacé l'Espagne de sanctions[13].
Toutes les procédures judiciaires visant à déterminer si l'utilisation de moyens tels que des balles en caoutchouc ou des grenades fumigènes pour déjouer la tentative et disperser les assaillants était appropriée ont été classées sans suite, exonérant les agents de toute responsabilité[14],[15].
Le ministère de l'Intérieur n'a finalement pas mené à bien le projet d'allongement de la digue de la plage afin de dissuader toute nouvelle tentative de passage illégal des frontières[16].
Une “Commémor'action”, initiée en 2020 par le Maroc, l’Espagne, la Tunisie et L’Italie, commémore cette trajédie chaque année dans de nombreux pays [7],[17],[18].
Articles connexes
Références
- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Tragedia del Tarajal » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (es) Lola Hierro, « Un superviviente de la tragedia del Tarajal demanda a España ante el Comité contra la Tortura de la ONU », sur El País, (consulté le )
- « Neuf migrants trouvent la mort en tentant de pénétrer à Ceuta », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Adrien Jaulmes, « À Ceuta, l'Europe se gagne à la nage », sur Le Figaro, (consulté le )
- (es) « Caso Tarajal: 15 muertes y seis años de impunidad » (version du sur Internet Archive)
- ↑ (es) J. JIMÉNEZ GÁLVEZ, « “Los españoles los mataron” », El País, (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « En Espagne, du « matériel antiémeute » pour repousser des clandestins », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- « Commemor’Action, une journée pour ne pas oublier les victimes des migrations », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ (es) comentariosComentar, « Cuatro años de las 15 muertes de El Tarajal: aparece un superviviente con el caso archivado », sur ELMUNDO, (consulté le )
- ↑ (ca) 3CatInfo, « Interior nega que les pilotes de goma causessin danys als immigrants de Ceuta », sur 3CatInfo, (consulté le )
- ↑ (ca) madrid/melilla | efe/Ddg, « Els agents van llançar 145 pilotes de goma durant la tragèdia de Ceuta », sur Diari de Girona, (consulté le )
- ↑ (es) « El Supremo confirma el archivo de la causa por la muerte de 15 migrantes en El Tarajal », sur La Vanguardia, (consulté le )
- ↑ (es) Ana Rodríguez, « El Supremo confirma el archivo de la causa sobre la tragedia de El Tarajal », sur elconfidencial.com, (consulté le )
- « Bruxelles demande des explications à l’Espagne sur la tragédie de Ceuta », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Nicolás Castellano, « La Audiencia de Ceuta reabre la investigación por las muertes del Tarajal », sur Cadena SER, (consulté le )
- ↑ (es) María Peral, « La Audiencia de Ceuta ordena reabrir la investigación de El Tarajal », sur El Español, (consulté le )
- ↑ « El Tarajal, el punto más vulnerable entre Marruecos y Ceuta », sur www.elcorreo.com,
- ↑ « Journée de commémoration pour les morts aux frontières : «On veut migrer pour vivre, pas pour mourir» », Libération, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michel Soudais, « 10 ans après Tarajal, une « Commémor’action » pour les morts de la migration », sur POLITIS, (consulté le )
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