Traité de Dresde

Le traité de Dresde signé le entre la Hongrie (monarchie de Habsbourg) et la Prusse, met fin à la seconde guerre de Silésie et confirme le traité de Breslau. Cet accord signé par Frédéric II, roi de Prusse, et l'impératrice d'Autriche-Hongrie Marie-Thérèse, marque la possession du territoire de la Silésie par la Prusse. De plus, la Hongrie sera tenue de payer une lourde redevance indemnitaire à la Prusse[1].
Contexte historique
Le traité de Dresde intervient dans un contexte bien particulier, celui de la guerre de Succession d'Autriche ainsi que de la revendication de l'ancien territoire polonais de la Silésie[2], conquis par la Prusse lors de la première guerre de Silésie (1740 - 1742), achevée par le traité de Breslau le et le traité de Berlin le , qui avaient déjà entériné l'annexion prussienne de la Silésie.
Dans les années suivantes, Marie-Thérèse d'Autriche améliora sa position en obtenant le soutien de la Grande-Bretagne, des Provinces-Unies et de la Saxe en , puis en concluant la paix avec la Bavière via le traité de Füssen, le , après le décès de Charles VII[1]. Une offensive austro-saxonne en Silésie fut stoppée à la bataille de Hohenfriedberg le , tandis que la Prusse remportait d'autres succès à Soor et à Kesselsdorf, précipitant l'occupation de Dresde le . Confrontés à une coalition adverse en expansion et à des ressources épuisées, les belligérants acceptèrent de revenir au statu quo, ouvrant la voie au traité.
Conséquences
Le traité de Dresde confirma la possession prussienne de la Silésie, conformément aux traités de Breslau et de Berlin, officialisant de droit la situation territoriale issue de la première guerre de Silésie[2]. En contrepartie, Frédéric II de Prusse reconnut François Ier, époux de Marie-Thérèse, comme empereur du Saint-Empire romain germanique, consolidant ainsi le régime héréditaire des Habsbourg malgré leurs pertes territoriales[3].
La Saxe fut considérée comme le grand perdant à ce traité, étant contrainte de verser une indemnité substantielle à la Prusse et de reconnaître la nouvelle réalité géopolitique. Ce jugement est largement corroboré par des analyses politiques contemporaines qui souligent la faiblesse de la position saxonne face à l'espansionnisme prussien. Sur le plan diplomatique, le traité renforça la rivalité entre l'Autriche et la Prusse, qui deviendra la pierre angulaire de la politique européenne pour le reste du XVIIIe siècle. L'Autriche, temporairement soulagée, put recadrer sa stratégie et poser les jalons de la révolution diplomatique de 1756, marquant la bascule vers une alliance avec la France et ouvrant ainsi la voie à la troisième guerre de Silésie et à la guerre des Sept Ans[2].
Enfin, d'un angle de vue juridique, cet accord servit de référence pour le traité Hubertsbourg en 1763, qui le réaffirma expressément comme partie intégrante du statu quo post-guerre.
Références
- « 1763, 15 février, Traité de Hubertsbourg | Documents de droit international », (consulté le )
- (en) « Treaty of Dresden | Europe [1745] | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
- ↑ (en) John McLean, « The War of Austrian Succession », sur library.achievingthedream.org (consulté le )
Sources
- (en) Silesian Wars. (2006). In Encyclopædia Britannica. Retrieved June 11, 2006, from Encyclopædia Britannica Premium Service
Articles connexes
Liens externes
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