Traite des êtres humains au Burkina Faso
Le Burkina Faso, à l'origine est un pays de transit et de destination pour la traite des êtres humains, touchant principalement des enfants victimes de travail forcé et de prostitution forcée.
Historiquement, le gouvernement a fourni des données montrant qu'en 2009, les forces de sécurité et les comités régionaux de surveillance ont intercepté 788 enfants burkinabè et étrangers, dont 619 garçons, destinés à être exploités principalement en Côte d'Ivoire, au Mali et au Niger. Les inondations de ont cependant détruit de nombreux dossiers contenant des données sur les enquêtes et poursuites de cette année.
Les données récentes indiquent une persistance, voire une aggravation du phénomène. En 2020, le rapport national sur la traite des personnes a enregistré 1 529 victimes identifiées, dont 1 487 enfants (710 filles et 777 garçons). Les autorités rapportent l'interception annuelle de plus d'un millier de présumées victimes, avec 1 532 cas recensés en 2024, dont 96,99% étaient des enfants[1].
Les enfants victimes de traite se trouvent généralement dans les grandes villes comme Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Nouna et Houndé. Ils sont exploités dans des plantations, des mines, des exploitations de cacao, comme domestiques, mendiants forcés dans des écoles coraniques non accréditées, ou dans la prostitution[2]. Les femmes burkinabè sont recrutées pour l'exploitation sexuelle en Europe, tandis que des femmes venues du Nigeria, du Togo, du Bénin et du Niger sont en général soumises au travail forcé dans des bars ou à la prostitution forcée au Burkina Faso.
La situation est exacerbée par une crise multidimensionnelle (sécuritaire, humanitaire et économique) qui accroît la vulnérabilité des populations. Des facteurs structurels comme la pauvreté (touchant plus de 40% de la population), les inégalités de genre, le manque d'éducation et la pandémie de COVID-19 ont amplifié les risques. Une organisation internationale estime que 200 000 à 300 000 enfants travaillent dans des sites miniers artisanaux, dont certains pourraient être victimes de traite[3].
Bien que le Burkina Faso ne respecte pas encore entièrement les normes minimales pour l'élimination de la traite, le gouvernement déploie des efforts significatifs malgré des ressources limitées. Le pays a renforcé son cadre juridique, ratifié le Protocole de Palerme et mis en place des mécanismes institutionnels comme le Comité national de vigilance et de surveillance (CNVS). Cependant, la pleine mise en œuvre de ces mesures reste un défi dans le contexte actuel[4],[5].
Poursuites judiciaires
Le cadre juridique de lutte contre la traite des êtres humains au Burkina Faso s’est renforcé avec l’adoption de la loi n°29-2008/AN du portant lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées. Cette loi, intégrée aux articles 511-1 à 511-5 du code pénal, criminalise toutes les formes de traite et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et des amendes allant jusqu’à 5 millions de francs CFA (environ 8 790 dollars US) pour les infractions sur des victimes de plus de 15 ans. Pour les victimes de 15 ans ou moins, les amendes peuvent atteindre 10 millions de francs CFA[6]. Le Burkina Faso a également ratifié le Protocole de Palerme (Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée) et adhéré à des accords de coopération sous-régionaux pour la protection des enfants en situation de mobilité ou victimes de traite transfrontalière.
Malgré ce cadre, l’évaluation précise des poursuites reste difficile. Le gouvernement affirme enquêter et intercepter plus d’un millier de présumées victimes chaque année, mais la crise sécuritaire et les ressources limitées entravent l’efficacité judiciaire. Aucune donnée consolidée publique n’est disponible sur le nombre de condamnations prononcées ces dernières années[7],[3],[1].
Protection
Le gouvernement burkinabè, avec l’appui de partenaires internationaux, a mis en place des mécanismes de protection. En 2020, le rapport national sur la traite des personnes a enregistré 1 529 victimes identifiées, dont 1 487 enfants (710 filles et 777 garçons). En 2024, les autorités ont rapporté l’interception de 1 532 présumées victimes, dont 96,99% étaient des enfants. Des unités de protection de l’enfance ont été créées au sein des forces de l’ordre, et le gouvernement collabore avec des centres de transit soutenus par l’UNICEF. L’État travaille également avec des ONG comme Terre des Hommes, qui offre des abris, des soins médicaux et un accompagnement psychosocial aux victimes[7].
Cependant, la capacité de l’État à fournir des services complets reste insuffisante. La pandémie de COVID-19 et la crise humanitaire ont accru la vulnérabilité des populations, particulièrement des femmes, des filles et des enfants déplacés. Le système de protection est soutenu par des initiatives internationales, notamment le projet PROMIS (ONUDC-HCDH), visant à renforcer la protection des migrants vulnérables[8].
Prévention
La prévention repose sur des campagnes de sensibilisation, souvent menées avec des partenaires internationaux. En 2022, le thème mondial était «Utilisation et abus de la technologie», mettant en lumière le recours aux plateformes numériques par les trafiquants pour recruter des victimes. Les autorités ont encouragé l’utilisation des mêmes outils pour la prévention et l’alerte. En 2024, le thème «Ne laissons aucun enfant de côté dans la lutte contre la traite des personnes» a guidé les actions, soulignant l’importance de la protection des mineurs. Le Burkina Faso a rejoint la campagne «Cœur bleu» de l’ONUDC pour mobiliser l’opinion publique[7].
Des programmes de sensibilisation ciblent les communautés, les écoles et les médias, avec un accent sur les offres d’emploi frauduleuses et les risques de la migration irrégulière. Le gouvernement travaille également avec des maîtres coraniques pour prévenir la mendicité forcée des enfants[6]. Malgré ces efforts, des facteurs structurels comme la pauvreté (plus de 40% de la population sous le seuil de pauvreté), l’inégalité de genre, le manque d’éducation et la crise sécuritaire continuent de favoriser la traite[9],[10].
Voir aussi
Liens externes
- Rapport 2022 sur la traite des personnes au Burkina Faso - U.S. Department of State
- Rapport mondial sur la traite des personnes - ONUDC
- Commission nationale des droits humains du Burkina Faso
Articles connexes
Notes et Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Human trafficking in Burkina Faso » (voir la liste des auteurs).
- « Traite d’êtres humains au Burkina : Plus d’un millier de présumées victimes enregistrées, selon le ministère du Genre - leFaso.net », sur lefaso.net (consulté le )
- ↑ (en-US) « 2022 Trafficking in Persons Report », sur United States Department of State (consulté le )
- « La lutte contre la traite des êtres humains au Burkina Faso », sur L'Entraide Missionnaire, (consulté le )
- ↑ Eveline Gnangbé Boissarie, La lutte contre la traite des êtres humains: une approche globale en construction dans l’espace CEDEAO (file:///C:/Users/PC/Downloads/GNANGBE_BOISSARIE_EVELINE_2023.pdf)
- ↑ COMMISSION DES DROITS HUMAINS, « MESSAGE N O 2025-004 Message de la Commission nationale des droits humains à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la traite d'êtres humains », 30 juillet 2025, (lire en ligne [PDF])
- Trafficking in Persons Report 2022, U.S. Department of State,
- Issouf Tapsoba, « Traite des personnes au Burkina Faso : Plus de 1 500 victimes enregistrées », sur La Tribune du Faso, (consulté le )
- ↑ Ambassade des ÉTATS-UNIS au Burkina Faso, « 2023 – Rapport sur la traite des êtres humains : BURKINA FASO (Catégorie 2) », 2023, (lire en ligne [PDF])
- ↑ « Traite des personnes et trafic de migrants - UNHCR Burkina Faso » [archive du ], sur UNHCR Burkina Faso (consulté le )
- ↑ « L’OIM renforce la lutte contre la traite d’êtres humains au Burkina Faso », sur International Organization for Migration (consulté le )
Liens externes
- * Rapport annuel 2012, par Amnesty International
- Rapport 2012 sur la liberté dans le monde, par Freedom House.
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