Traite des êtres humains au Cambodge
La Traite des êtres humains au Cambodge est une forme d'esclavage moderne qui se produit sur le territoire du Cambodge. Cette pratique est corrélée à d'autres activités illégales, comme l'immigration clandestine et des trafics des personnes (y compris des mineurs) à des fins de travail forcé ou d'exploitation sexuelle.
Rapports et statistiques
En , le gouvernement cambodgien affirme que les cas de traite d'être humains ont augmenté en 2024 avec 197 affaires au total, soit 33 de plus que l'année précédente. Les autorités indiquent avoir expulsé 2 695 ressortissants chinois, 1 198 ressortissants vietnamiens et 861 ressortissants indonésiens, impliqués dans des affaires de traite d'êtres humains[1].
Type de traite
Trafic sexuel
Le Cambodge est un pays de transit et de destination pour les femmes victimes de trafic et d'exploitation sexuelle en Asie du Sud-Est. Des femmes originaires des régions rurales du Cambodge, de Chine et du Vietnam sont victimes de réseaux de traite et de trafiquants qui les conduisent vers les grandes villes où elles sont vendues ou exploitées sexuellement[2],[3].
Un rapport de l'ONUSIDA de 2016 indiquait un chiffre de 34 000 prostituées au Cambodge[4],[5],[6]. La capitale, Phnom Penh, compterait à elle seule 15 000 prostituées[3].
Exploitation sexuelle des enfants
Le Cambodge est l'une des principales destinations pour la prostitution enfantine et le tourisme sexuel impliquant des mineurs[7],[2]. De nombreux enfants originaires de pays voisins comme le Viêt Nam sont victimes de cette industrie[8].
Selon un rapport de l'UNICEF daté de 2023, 160 000 enfants ont été victimes d'exploitation et d'abus sexuels en ligne au cours de l'année précédant l'étude[9].
Travail forcé
Travail forcé dans des centres d'escroquerie en ligne
Selon l'ONU et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), entre 100 000 et 150 000 personnes travailleraient de force dans des centres d'arnaque au Cambodge[10],[11].
Ces travailleurs, principalement des Asiatiques, sont attirés au Cambodge par des réseaux criminels qui diffusent de fausses offres d’emploi sur des plateformes telles que Facebook, Telegram ou WeChat. Ces annonces promettent des postes de bureau bien rémunérés dans des entreprises fictives de commerce en ligne ou de technologie, situées au Cambodge[12],[13],[14].
Après leur arrivée, les personnes concernées sont souvent privées de leurs documents d’identité, déplacées de force et retenues contre leur gré dans des centres d'escroquerie[15],[16].
Plusieurs organisations non gouvernementales et témoignages évoquent des cas de traite d’êtres humains, de travail forcé, de torture, d’exploitation d’enfants et d’autres formes d’abus dans ces centres d'arnaque[13].
En , l'ONG Amnesty International accuse le gouvernement cambodgien de complicité dans la prolifération de ces centres[17],[18],[19].
Lois et instruments contre la traite
La Cambodge a ratifié plusieurs conventions internationales et noué plusieurs accords bilatéraux avec ses voisins pour lutter contre la traite des êtres humains[20].
Le gouvernement cambodgien s'est engagé à lutter contre la traite des êtres humains et a instauré le comme journée nationale de lutte contre la traite des êtres humains[21].
En , le Premier ministre Hun Manet annonce la création d'une « task force » chargée de combattre ces centres d'arnaques en ligne[22].
Selon un rapport du Secrétariat d'État américain daté de 2024, « Le gouvernement cambodgien ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l'élimination de la traite des êtres humains et ne fait pas d'efforts significatifs en ce sens. »[23]
Notes et références
- ↑ (en) « Cambodia: Govt. warn of increasing human trafficking cases and tech-based scams », sur Business & Human Rights Resource Centre (consulté le )
- Office to Monitor and Combat Trafficking in Persons, « Trafficking in Persons Report (Country Narratives: Countries A through F) », U.S. Department of State
- Illicit trafficking : a reference handbook, ABC-CLIO, (ISBN 1-57607-915-5, lire en ligne
), p. 148
- ↑ (en) « Sex workers: Population size estimate - Number, 2016 », sur aidsinfoonline.org, UNAIDS (version du sur Internet Archive)
- ↑ J.B. Vu, « Thousands of Vietnamese women and children sold as "sex slaves" », AsiaNews, (lire en ligne)
- ↑ (en) « Human Trafficking & Modern-day Slavery Socialist Republic of Vietnam », sur Human Trafficking, Modern-day Slavery, Forced Labor & Debt..., GVnet
- ↑ (en-GB) John Gittings, « The tragic tale of the Cambodian child prostitutes », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Trafficking of Vietnamese Women Expands Across Region », sur Voice of America, (consulté le )
- ↑ (en) « An analysis of the situation of children and adolescents in Cambodia 2023 | UNICEF Cambodia », sur www.unicef.org, (consulté le )
- ↑ (en) « Is Cambodia serious about ending organized cyberscams? – DW – 03/16/2025 », sur dw.com (consulté le )
- ↑ (en) Human Rights Watch, « Cambodia: Events of 2024 », dans Share this via Facebook, (lire en ligne)
- ↑ (en) Cezary Podkul,Cindy Liu, « Human Trafficking’s Newest Abuse: Forcing Victims Into Cyberscamming », sur ProPublica, (consulté le )
- (en) Mary Ann Jolley,David Boyle, « Meet Cambodia’s cyber slaves », sur Al Jazeera (consulté le )
- ↑ (en-US) « “I Was Someone Else’s Property”: Slavery, Human Trafficking and Torture in Cambodia’s Scamming Compounds », sur Amnesty International USA (consulté le )
- ↑ (en-US) « Human trafficking and forced labour in Cambodia's cyber-scam industry », sur ASEAN–Australia Counter Trafficking (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Cambodia scams: Lured and trapped into slavery in South East Asia », www.bbc.com, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Cambodge. Le gouvernement laisse l’esclavage et la torture proliférer dans des centres d’escroquerie infernaux », sur Amnesty International, (consulté le )
- ↑ (en) « 'Mass scale' abuses in Cambodia scam centres: Amnesty », sur France 24, (consulté le )
- ↑ La-Croix.com, « Cambodge : Amnesty dénonce « l’esclavage et la torture » dans les centres d’escroquerie », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ (en) « Report to the Secretary-General of the United Nations on Trafficking in Women and Girls Prepared by the Ministry of Women’s Affairs Royal Government of Cambodia »
[PDF], sur ONU Femmes, (consulté le )
- ↑ (en) « Cambodia marks national anti-human trafficking day », sur english.news.cn (consulté le )
- ↑ (en) « Cambodia: Phnom Penh Administration establishes Anti-Scam Task Force tasked with combating cyber-scams after reports of widespread scam operations », sur Business & Human Rights Resource Centre (consulté le )
- ↑ (en-US) « Cambodia », sur United States Department of State (consulté le )
Voir aussi
- Trafic sexuel au Cambodge
- Prostitution au Cambodge
- Droits de l'homme au Cambodge
- Trafic d'êtres humains en Asie du Sud-Est
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