Triacontère

Triacontère
Présentation
Type
Type de navire (d)

Une triacontère est un navire de guerre de la Grèce antique antérieur à la trière.

Le grec ancien τριακόντορος / triakóntoros (« tricontore ») se compose du suffixe -ορος / -oros (« -ore ») qui désigne un navire dont chaque rame est actionnée par un unique rameur[1],[2] ; τριακόντ- / triakónt- (« triacont- »), de τριάκοντα / triákonta) (« trente »), indique le nombre de rames du navire[1],[2] ; ainsi, une triacontore est un navire à trente rames et rameurs, soit quinze rangs de rames et rameurs de chaque bord[1],[2],[3],[4]. La triacontore est un navire ancien[2] qui date de l'époque minoenne[5],[6],[7]. Hérodote[8] y fait allusion à propos de la colonisation de Théra[2],[5]. Mais les épopées homériques ignorent les triacontores[9].

Des triacontères d'Athènes participent à la bataille de Salamine en 480 av. J.-C[10]. Il existe à Athènes, au moins jusqu'à la fin du IVe siècle av. J.-C., une triacontère dont la fonction est exclusivement rituelle[11]. Elle est utilisée pour transporter les théores d'Athènes à Délos pour la fête commémorant le passage de Thésée à Délos[12]. Dès que sa poupe est couronnée et jusqu'à son retour, il ne peut être procédé à aucune exécution capitale : c'est la raison pour laquelle, en , la mort de Socrate, condamné le lendemain du départ du navire, est différée d'un mois[13],[14],[15].

L'unique représentation antique connue du navire de Thésée se trouve sur le col du vase François, un cratère attique à volutes et à figures noires, daté de vers , œuvre du céramiste Ergotimos et du peintre Clitias, découvert en dans la nécropole étrusque de Fonte Rotella, près de Chiusi, par l'historien de l'art et archéologue Alessandro François (-), aujourd'hui conservé et exposé au Musée archéologique national de Florence[16].

En , aux Thermopyles, c'est une triacontore qui porte l'observateur chargé de rapporter l'issue du combat de Léonidas Ier à la flotte grecque stationnée à l'Artémision d'Eubée[17],[18]. En , Thucydide mentionne la capture par les Athéniens d'une triacontore équipée pour la course[19],[20]. Platon relate qu'à l'été , Archytas de Tarente envoie une triacontore à Syracuse[19],[21]. Une partie de l'armée d'Alexandre le Grand, la flotte de Néarque, se construit des triacontères après la bataille de l'Hydaspe pour naviguer sur l'Indus puis dans l'Océan indien et le golfe Persique[10].

Notes et références

  1. Basch 1995, p. 59.
  2. Chankowski 2008, p. 87.
  3. Gondicas 1999, p. 34.
  4. Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, Paris, Gallimard, coll. « Folio classique », , 932 p. (ISBN 978-2-07-040068-3, lire en ligne), p. 829.
  5. Longerstay 1990, p. 41.
  6. Moreau 2000, p. 320.
  7. Marinatos 1933, p. 199.
  8. Hérodote, IV, 148, 2.
  9. Salviat 1985, p. 235.
  10. Kōnstantínos N. Rádos, La bataille de Salamine, Paris, Fontemoing, , 433 p. (lire en ligne), p. 195, 157.
  11. Polignac 2023, p. 264.
  12. Jouanna 1999.
  13. Salviat 1985, p. 229-230.
  14. Xénophon, Mémorables.
  15. Platon, Phédon.
  16. Salviat 1985, p. 232.
  17. Salviat 1985, p. 237-238.
  18. Hérodote, VIII, 21.
  19. Salviat 1985, p. 238.
  20. Thucydide, IV, 9.
  21. Platon, Lettres, VII, 350.

Voir aussi

Sources antiques

Bibliographie

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Articles connexes

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