Triangle de la violence

Triangle de Galtung.
Triangle de Galtung (théorie et pratique).
Relations entre les types de violence du triangle de Galtung.

Le triangle de la violence est un concept introduit par Johan Galtung pour représenter la dynamique de la génération de la violence en des conflits sociaux.

Types de Violence

Selon Galtung, la violence est comparable à un iceberg, de sorte que la violence visible ne constitue que la partie émergée. Pour la réduire ou la supprimer, il faut agir sur toutes les formes de violence, qui se répartissent en trois types :

  • La violence directe: Elle est la plus visible et se manifeste par des comportements concrets, répondant à des actes de violence.
  • La violence structurale: Elle repose sur un ensemble de structures qui empêchent la satisfaction des besoins fondamentaux et se traduit, précisément, par le déni de ces besoins.
  • La violence culturelle: Elle crée un cadre de légitimation de la violence et se concrétise par des attitudes.

Souvent, les causes de la violence directe sont liées à des situations de violence structurelle ou justifiées par la violence culturelle : de nombreuses situations découlent d’un abus de pouvoir exercé à l’encontre d’un groupe opprimé, ou d’une situation d’inégalité sociale (économique, sanitaire, raciale, etc.), et sont légitimées par des discours qui justifient ces violences.

Violence culturelle

Cette forme de violence fait référence aux aspects culturels qui la légitiment à travers l’art, la religion, la philosophie, le droit, etc.

Des trois types de violence (directe, structurelle et culturelle), la violence directe est claire et visible, ce qui la rend relativement facile à détecter et à combattre. En revanche, la violence culturelle et la violence structurelle sont moins visibles, car elles impliquent de multiples facteurs ; il est donc plus complexe d’en identifier l’origine, d’en prévenir les manifestations et d’y remédier.

Dans les années 1990, Johan Galtung propose une nouvelle approche de la violence avec l’émergence du concept de violence culturelle. Celle-ci est définie comme une violence symbolique, qui

« s’exprime à travers une multitude de moyens (symboles, religion, idéologie, langage, art, science, lois, médias, éducation, etc.) et a pour fonction de légitimer la violence directe et structurelle, tout en inhibant ou réprimant la réponse de ceux qui en sont victimes. Elle offre également des justifications pour que les êtres humains, contrairement aux autres espèces, se détruisent mutuellement et soient parfois même récompensés pour cela »[1].

Ainsi, par exemple, la violence révolutionnaire de groupes extrémistes ou celles défendues au nom d’idéologies totalitaires peuvent être perçues comme acceptables.

Dans le paysage des réflexions sur le thème de la violence, la violence structurelle a apporté une vision nouvelle, plus dynamique, plus processuelle et plus large de la violence que celle qui prévalait auparavant. Pourtant, certaines questions restaient en suspens : pourquoi les individus optent-ils pour l’usage de la violence alors que leurs chances de l’emporter et d’en tirer un bénéfice sont très faibles, sachant que le pouvoir dispose toujours d’une violence plus grande, plus planifiée, voire légalisée ? Pourquoi les solutions alternatives à la violence ne sont-elles pas habituellement envisagées ?

Les réponses à ces questions émergent du contexte culturel dans lequel tout être humain grandit et s’éduque[2].

Nous sommes éduqués dans une culture de la violence : on ne nous apprend pas, et on ne nous permet pas, de voir d’autres alternatives à la violence. Dans les écoles et les autres vecteurs de transmission et de reproduction culturelle, on nous enseigne l’histoire comme une succession de guerres ; on nous habitue à voir les conflits réprimés par l’autorité incontestée du père, ou par celle du mâle sur la femelle, ou par les lois nationales ou internationales, ou encore par la justification d’actes terroristes, de barricades, de pillages ou d’incendies. Les médias de masse nous présentent l’usage de l’armée comme la seule issue possible pour résoudre les conflits internationaux, etc.

En d’autres termes, nous vivons immergés dans une violence constante, qui se manifeste au quotidien, dans tous les domaines et à tous les niveaux.

La violence culturelle s'utilise pour remporter l'approbation de positions fanatiques en l'idéologique, en l'économique, dans les relations de genre, dans les relations avec la nature, etc. Il se base sur un amplísimo réseau de valeurs qu'assumons constamment depuis petits et qu'après se renforcent avec les normes légales de la société pour inculcarnos une culture opresiva parce qu'est acrítica et delegadora et parce que nous prépare pour la collaboration passive et/ou active avec des structures injustes et insolidarias. Par tellement, le problème il est que lutter contre ce type de violence est très compliqué, puisque notre société culturelle nous rapproche à l'idée profonde de la vision négative des conflits, de notre vision simple, miedosa et imposée de la paix, avec ce que trouver des alternatives à l'instar d'habiter et d'agir il reste réduit et peu plus.

Ce concept, même s’il n’est pas nouveau, a progressivement révélé l’énorme portée de la violence culturelle, au point de la replacer, à égalité avec les autres types de violence (directe et structurelle), dans les débats et les analyses.

Parmi les exemples de violence culturelle, on peut citer :

  • les idéologies qui justifient la violence pour atteindre des objectifs politiques, que ce soit par le biais de guerres de guérilla ou d’attentats terroristes ;
  • la légitimité accordée à l’État pour exercer la violence.

Violence directe

La violence directe, qu’elle soit physique ou verbale, se manifeste par des comportements concrets et répond à des actes de violence. Elle se concrétise dans des actes intentionnels commis par un émetteur (en l’occurrence, une personne), et la victime en est un être vivant, blessé ou endommagé physiquement ou mentalement.

En considérant la violence comme l’application de méthodes contraires à la nature, on parle d’abus d’autorité lorsque quelqu’un croit détenir un pouvoir sur autrui – un acte qui se produit généralement dans des relations asymétriques. Si la forme la plus visible de la violence directe est la violence physique, illustrée par des coups laissant des traces sur le corps (hématomes, traumatismes), cela ne signifie pas qu’elle en est la seule manifestation. Toute action destructive envers la nature doit également être comprise comme une violence directe.

L’action humaine ne surgit pas du néant : elle a des racines. Deux d’entre elles sont particulièrement révélatrices de notre situation actuelle, où la violence fait partie de notre quotidien. La première est la culture de violence (héroïque, révolutionnaire, patriarcale, etc.), et la seconde renvoie à la structure violente en soi, trop répressive, exploitatrice ou aliénante, trop rigide ou permissive pour le bien-être du peuple.

La violence directe se distingue principalement par le fait que nombre de ses effets sont visibles, notamment les effets matériels. Cependant, certains effets restent plus ou moins invisibles (haines, traumatismes psychologiques, souffrances, relations internationales injustes, addiction à une culture violente, conceptions culturelles comme celle de « l’ennemi » ou de la « lutte des classes », etc.). Bien que tout aussi graves, ces effets ne sont généralement pas considérés avec la même importance que les effets matériels.

De la violence directe, on peut distinguer trois types, selon la cible visée :

  • Toute action agressive ou destructrice envers la nature (dégâts causés à la biodiversité, pollution des espaces naturels, etc.).
  • Contre les personnes (viols, meurtres, vols, violences de genre, violences familiales, violences verbales et/ou psychologiques, etc.).
  • Contre la collectivité (dégâts matériels infligés aux bâtiments, aux infrastructures, guerres, terrorisme, etc.).

Bien qu’il soit courant de penser que la violence directe est la pire de toutes, car la plus connue, ce n’est pas le cas. En effet, elle est visible, donc plus facile à identifier et à combattre. De plus, ce type de violence n’est que la manifestation d’un problème, et non son origine. C’est précisément au niveau des origines qu’il faut rechercher les causes et agir pour les éliminer. La violence directe ne tue pas autant de personnes que les deux autres formes de violence (culturelle et structurelle).

Selon Galtung, la violence directe est associée à deux conceptions erronées :

  • L’identification de la violence à l’absence de paix (là où il n’y a pas de paix, il y a violence).
  • La perception des conflits (humains, sociaux ou naturels) comme quelque chose de totalement négatif.

Pour répondre à ces idées et cette vision de la violence, une série de mécanismes répressifs et punitifs a été développée afin de réguler légalement les situations de violence quotidiennes, que ce soit dans la vie, les relations sociales ou internationales. Ainsi sont apparues des législations, des lois, des armées, des polices, des prisons, etc., dans le but d’imposer une légalité stricte.

Ceci nous revient à rapprocher à l'idée antérieurement commentée de que tout système assume aussi bien que obvio, instauré et inévitable l'existence quotidienne des conflits. Galtung En pose qu'ainsi ne se devance pas dans la forme de encarar les conflits, puisque la répression continue à transmettre seulement une vision négative du conflit [rendez-vous [réf. nécessaire].

Il existe de nombreux exemples de violence directe, par exemple :

  • Un militaire frappant une personne,
  • Un affrontement entre un policier et un délinquant,
  • Une personne assassinée,
  • Un terroriste faisant face à un militaire avec une mitraillette,
  • Une femme violée.

Violence structurelle

La violence structurelle trouve son origine dans un ensemble de structures, tant physiques qu’organisationnelles, qui empêchent la satisfaction des besoins fondamentaux. C’est la pire des trois formes de violence (culturelle, directe et structurelle), car elle en est la source, la plus néfaste, et, en raison de sa difficulté à être identifiée, elle est aussi la plus complexe à combattre. Lorsqu’un problème favorise systématiquement une partie au détriment de l’autre, il ne s’agit pas d’un conflit, mais bien de violence structurelle. Nous sommes donc face à un problème grave.

Pour répondre à des questions comme « Pourquoi une guerre éclate-t-elle dans un pays que l’on considérait comme paisible ? », dès le début des années 1970, Galtung et d’autres ont développé le concept de violence structurelle. Ce concept a permis d’élargir la vision de la violence en la rendant plus dynamique et plus invisible, et de la définir ainsi :

« Ce qui fait que les réalisations effectives – somatiques et mentales – des êtres humains restent inférieures à leurs réalisations potentielles. »

Le terme de violence structurelle s’applique aux situations où la satisfaction des besoins humains fondamentaux (survie, bien-être, identité ou liberté) est compromise, en raison de processus de stratification sociale. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire qu’il y ait de violence directe. La violence structurelle renvoie à l’existence d’un conflit entre deux ou plusieurs groupes sociaux (souvent définis en termes de genre, ethnie, classe, nationalité, âge ou autres), où la répartition, l’accès ou l’utilisation des ressources est systématiquement résolue en faveur d’une partie, au détriment des autres, en raison des mécanismes de stratification sociale.

L’importance et l’utilité du terme « violence structurelle » résident dans la reconnaissance de l’existence de conflits dans l’utilisation des ressources matérielles et sociales. Ainsi, ce concept permet de comprendre et de relier cette forme de violence aux manifestations de violence directe (lorsqu’un groupe cherche à modifier ou à renforcer sa position dans un conflit par la force) ou de violence culturelle (comme les légitimations des autres formes de violence, par exemple le racisme, le sexisme, le classisme ou l’eurocentrisme).

La violence structurelle serait une forme de violence indirecte, c’est-à-dire qu’elle englobe des actions comme celles qui provoquent la faim dans le monde. Cela explique pourquoi les causes de la violence structurelle ne sont pas toujours visibles ou évidentes dans une analyse superficielle, ce qui la rend plus difficile à affronter. À l’inverse, la violence directe, étant la plus visible, peut être combattue plus facilement.

La violence structurelle se manifeste sans qu’il y ait un émetteur ou une personne concrète ayant commis un acte violent : elle émane d’une structure et se concrétise par le déni de besoins. On peut également la décrire comme la somme de tous les chocs ancrés dans les structures sociales et mondiales, solidifiés à un point tel que les résultats injustes et inégaux deviennent quasi immuables.

La violence structurale se subdivide en interne et externe:

  • Interne : elle émane de la structure de la personnalité de chacun.
  • Externe : elle provient de la structure sociale elle-même, qu’elle implique des individus ou des sociétés.Selon Galtung, les deux principales formes de violence structurelle externe, issues de la politique et de l’économie, sont la répression et l’exploitation. Ces deux mécanismes agissent sur le corps et l’esprit, et, bien que cela ne console pas les victimes, ils ne sont pas nécessairement intentionnels.

Par ailleurs, deux types de violence structurelle ont été décrits : la violence structurelle verticale et la violence structurelle horizontale :

  • Violence structurelle verticale : « C’est la répression politique, l’exploitation économique ou l’aliénation culturelle, qui violent respectivement les besoins de liberté, de bien-être et d’identité. »
  • Violence structurelle horizontale : « Elle sépare les personnes qui veulent vivre ensemble ou regroupe celles qui préfèrent vivre séparément. Elle viole le besoin d’identité. »

On considère comme des cas de violence structurelle ceux où le système provoque la faim, la misère, la maladie[3],[4], voire la mort au sein de la population. En sont des exemples les régimes étatiques ou les pays qui ne garantissent pas les besoins fondamentaux à leur population. Elle se manifeste par de nombreuses situations d’injustice : tandis que certains mangent et boivent à satiété, d’autres fouillent les poubelles, n’ont rien à manger, mendient, etc.

D’autres exemples flagrants de violence structurelle incluent :

  • L’apartheid,
  • La faim dans le monde,
  • Le manque d’accès aux ressources,
  • L’obligation du service militaire,
  • Les dictatures militaires,
  • Ou encore le système économique et juridique international, qui appauvrit en permanence les pays du Sud au profit de ceux du Nord.

Conflits versus violence

La violence peut être définie comme l’usage ou la menace d’usage de la force ou du pouvoir, qu’elle soit manifeste ou cachée, dans le but d’obtenir d’un ou plusieurs individus quelque chose qu’ils ne consentiraient pas librement à faire, ou pour leur causer un préjudice (physique, psychique ou moral).

Les conflits, quant à eux, sont des situations de dispute où s’affrontent des intérêts, des besoins ou des valeurs. Il ne faut pas confondre conflit et violence, car certains conflits peuvent être résolus sans recours à la violence. En revanche, il n’existe pas de violence sans conflit (même si le conflit n’est pas toujours perçu comme réel par ceux qui en sont victimes). La violence est un phénomène social, qui s’apprend et peut donc, en théorie, s’apprendre à désapprendre. Ainsi, plutôt que de chercher à éliminer les conflits – qui sont positifs en tant qu’opportunités de transformation –, il faut lutter contre l’usage de la violence pour les résoudre.

Les conflits, souvent mal compris comme quelque chose de négatif, sont intrinsèques aux relations humaines et constructifs, car ils impliquent des changements. Bien gérés ou régulés, ils peuvent devenir un excellent outil pédagogique ou un levier de transformation sociale. Cela suppose, cependant, un travail d’apprentissage : à la fois pour enseigner et pour apprendre à gérer et transformer positivement les conflits.

Le problème survient lorsque les besoins de deux ou plusieurs personnes/groupes sont antagonistes, générant une crise difficile à résoudre. C’est pourquoi il est essentiel d’aborder le conflit avant qu’il ne dégénère en crise.

Besoin → Problème → Crise

Paix ou violence

La paix est considérée comme l’opposé et le contraire de la violence. Elle ne se limite pas à l’absence de guerre, mais inclut aussi l’absence de violences individuelles, sociales et régionales. Dans cette optique, l’irénologie (étude de la paix) a développé diverses propositions de paix comme alternatives, solutions ou contreparties aux conflits[5].

Parmi les concepts les plus connus ou utilisés, on trouve :

  • Face à la violence directe : paix négative, paix sociale et paix multiculturelle.
  • Face à la violence structurelle : paix positive et paix interculturelle.
  • Face à la violence symbolique ou culturelle : culture de paix, paix neutre, paix interne et paix transculturelle[6].
  • Face à l’éco-violence (ou écobiolence) : paix Gaïa et écopais[7],[5].

Voir aussi

Bibliographie

  • Galtung, Johan. (2003). Après la violence, 3R: reconstruction, réconciliation, résolution. En affrontant les effets visibles et invisibles de la guerre et la violence. Gernika: Bakeaz/Gernika Gogoratuz.
  • Fisas, Vicenç. (1998). Culture de paix et gestion de conflits. Barcelone: Icaria Éditorial / Unesco.

Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Triángulo de la violencia » (voir la liste des auteurs).
  1. Galtung, Johan. (2003). Tras la violencia, 3R: reconstrucción, reconciliación, resolución. Afrontando los efectos visibles e invisibles de la guerra y la violencia. Gernika: Bakeaz/Gernika Gogoratuz.
  2. Rojas, Giovanny Castañeda (1 de enero de 2011). «La violencia verbal en el aula: análisis del macroacto de amenaza». Enunciación (en inglés) 16 (1): 58-69. ISSN 2248-6798. doi:10.14483/22486798.3589. Consultado el 23 de octubre de 2020.
  3. Galtung, Johan (1969). “Violencia, paz e investigación para la paz” en “Sobre la Paz”. Fontamara
  4. Farmer, Paul (2004).«An anthropology of strucutrual violence». Current Anthro 45 (3): 305-325
  5. Oviedo Sotelo, « Eco(bio)lencia, irenología y lucha por la paz en nuestro mundo único », Iztapalapa, Revista de Ciencias Sociales y Humanidades, no 74,‎ (ISSN 0185-4259, lire en ligne, consulté le )
  6. (es) Jiménez Bautista, « Paz neutra: Una ilustración del concepto », Revista de Paz y Conflictos, vol. 7, no 0,‎ , p. 19–52 (ISSN 1988-7221, lire en ligne, consulté le )
  7. (es) Francisco Jiménez Bautista, Antropología ecológica, Madrid, Dykinson SL, (ISBN 978-84-9148-003-7).
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