Triantha occidentalis
Tofieldie de l'Ouest
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Embranchement | Tracheophyta |
| Classe | Liliopsida |
| Ordre | Alismatales |
| Famille | Tofieldiaceae |
| Genre | Triantha |
Triantha occidentalis, la Tofieldie de l'Ouest, anciennement nommée Tofieldia occidentalis[1], est une espèce de plantes trachéophytes rhizomateuses, de la famille des Tofieldiaceae. Ce sont des plantes carnivores, dont ce caractère n'a été mis en évidence qu'en 2021[2]. L'espèce est principalement répartie dans le nord de l'Amérique, entre la Californie et l'Alaska.

La découverte de son mode de nutrition atypique a permis l’émergence de nouvelles hypothèses sur le mode de nutrition carnivore d’autres espèces vivant dans des environnements similaires[2].
Morphologie
Triantha occidentalis est une plante vivace qui produit une inflorescence entre juillet et septembre. Celle-ci est portée par une longue tige aphylle pouvant atteindre environ 80 cm. La tige est recouverte de poils rouges glanduleux[3] sécrétant une substance collante. Ces glandes sont particulièrement concentrées sous les fleurs et il est fréquent d’y retrouver des insectes de petite taille piégés par cette sécrétion visqueuse. C’est la présence de ces pièges, que l’on retrouve sous une forme similaire chez d’autres plantes carnivores, qui a permis d'émettre l’hypothèse que T. occidentalis possède un mode de nutrition carnivore ou partiellement carnivore[2].
Écologie
Triantha occidentalis est originaire du nord de l’Amérique. Son aire de répartition s’étend du centre de la Californie jusqu’au sud-est de l’Alaska[4]. Elle pousse principalement dans des climats tempérés, dans des régions pauvres en nutriments tels que les tourbières, les berges de rivières et les étangs. Elle se développe dans des marais riches en calcaires et pauvres en azote et en phosphore[2]. Elle partage souvent son territoire avec d'autres espèces de plantes carnivores telles que la Droséra à feuille rondes (Drosera rotundifolia) et la Grassette commune (Pinguicula vulgaris)[2]. Dans les marais, T. occidentalis est davantage retrouvée vers la périphérie, proche des forêts de conifères, où les nutriments se font plus riches qu’au milieu des marais[5].
Une hypothèse suggère que T. occidentalis serait une carnivore à temps partiel. En la comparant à d’autres espèces carnivores comme droséra, il a été établi que T. occidentalis dépend moins de la capture des insectes[5]. La viscosité de la substance sécrétée par les poils n’est pas suffisante pour capturer de grosses proies. Ces pièges ne sont visibles que lorsque les fleurs poussent, l’autre moitié du temps, T. occidentalis dépend de son mode autotrophe par photosynthèse.
Mode de capture
Le mode de capture des proies par T. occidentalis est peu commun dans le règne des plantes carnivores. La présence de tiges recouvertes de poils collants proche des fleurs est retrouvée chez d'autres espèces telles que le silène et le stylidium. Ces espèces n'ont pas été mises en évidence comme étant carnivores[6].
La digestion des insectes piégés par le mucilage se fait grâce à une phosphatase sécrétée par les poils glanduleux. L’azote obtenu par la capture des insectes est d’abord contenu dans les tissus reproductifs avant d’être exporté vers les racines : les seuls sites disponibles en tant que réserves en minéraux pour la croissance de l'année suivante. Ce mode de nutrition carnivore n’est utilisé que durant la période de floraison.
Une étude a mit en évidence que jusqu’à 64% de l’azote présent dans les feuilles de T. occidentalis provient des insectes capturés[2].
T. occidentalis est le seul exemple de plante carnivore dont le piège se situe proche des fleurs. Cette proximité ne cause pas de conflits entre pollinisation et capture des proies. La quantité de mucilage sécrétée au niveau de la tige n'est pas suffisante pour la capture des insectes pollinisateurs, plus lourds, tels que les abeilles et les papillons, mais suffit pour les insectes de petite taille comme des moucherons et des petits coléoptères[5],[2].
T. occidentalis capture ses proies de manière passive, à l’inverse d'autres plantes carnivores comme les droséras qui investissent davantage d'énergie dans la capture des insectes[5], notamment en repliant leurs poils et leurs feuilles autour de l'insecte.
Origine carnivore
Le caractère carnivore de T. occidentalis serait liée à une mutation entraînant la perte d’expression de gènes associés à la NADH déshydrogénase, également absents chez plusieurs autres plantes carnivores[6]. L’occupation de zones pauvres en nutriments soutient l’hypothèse d’une carnivorie chez cette espèce.
Systématique
Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates[7]. L'espèce a été initialement classée dans le genre Tofieldia sous le basionyme Tofieldia occidentalis S.Watson[7].
Ce taxon porte en français le nom vulgaire de « Tofieldie de l'Ouest »[7].
T. occidentalis est la seule espèce du genre dont le mode carnivore a été mis en évidence.
Ces autres appellations sont acceptées en synonymes homotypiques[4] :
- Asphodeliris occidentalis (S.Watson) Kuntze in Revis. Gen. Pl. 2: 706 (1891)
- Tofieldia glutinosa subsp. occidentalis (S.Watson) C.L.Hitchc. in Amer. Midl. Naturalist 31: 497 (1944)
- Tofieldia glutinosa var. occidentalis (S.Watson) C.L.Hitchc. in Vasc. Pl. Pacif. N. W. 1: 804 (1969)
- Tofieldia occidentalis S.Watson in Proc. Amer. Acad. Arts 14: 283 (1879)
Sous espèces acceptées[4] :
- Triantha occidentalis subsp. brevistyla (C.L.Hitchc.) Packer
- Triantha occidentalis subsp. montana (C.L.Hitchc.) Packer
- Triantha occidentalis subsp. occidentalis
Notes et références
- ↑ IPNI. International Plant Names Index. Published on the Internet http://www.ipni.org, The Royal Botanic Gardens, Kew, Harvard University Herbaria & Libraries and Australian National Botanic Gardens., consulté le 21 mai 2026.
- (en) Qianshi Lin, Cécile Ané, Thomas J. Givnish et Sean W. Graham, « A new carnivorous plant lineage (Triantha) with a unique sticky-inflorescence trap », Proceedings of the National Academy of Sciences, Washington et États-Unis, NAS, vol. 118, no 33, (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, OCLC 43473694 et 1607201, PMID 34373325, DOI 10.1073/PNAS.2022724118).
- ↑ (en) « Occurrence 5217305463 », sur GBIF (Global Biodiversity Information Facility) (consulté le )
- POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 21 mai 2026.
- (en) Melanie Gordon, Alessandra Lucchesi et Connor Overton, « Evaluating the morphological and physiological differences between Triantha occidentalis and Drosera spp. to determine predatory success », CEC Research, vol. 8, no 2, (DOI 10.21973/N3V09G, lire en ligne
[PDF], consulté le ).
- (en) Kaur, M., Choudhary, A. et Kumar, S., « Tobacco as a Bio-Insecticide: A Sustainable Alternative for Pest Control », Vigyan Varta, vol. 6, no 8, , p. 97-100 (lire en ligne
[PDF], consulté le )
- GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 21 mai 2026.
Liens externes
- (en) Flora of North America : Triantha occidentalis (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates (consulté le )
- (en) IRMNG : Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates (consulté le )
- (en) IPNI : Triantha occidentalis R.R.Gates (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Triantha occidentalis (S. Watson) R.R. Gates (consulté le )
- (en) NCBI : Triantha occidentalis (taxons inclus) (consulté le )
- (en) POWO : Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates (1918) (consulté le )
- (en) Tropicos : Triantha occidentalis (S. Watson) R.R. Gates (+ liste sous-taxons) (consulté le )
- (en) World Flora Online : Triantha occidentalis (S.Watson) R.R.Gates (+WFO Plant List) (consulté le )
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