Tribunal suprême de justice

Tribunal suprême de justice
Tribunal Supremo de Justicia
Siège du Tribunal suprême de justice à Caracas.
Histoire
Fondation
Prédécesseur
Cour suprême de justice du Venezuela
Cadre
Type
Siège
Pays
Organisation
Président
Caryslia Rodríguez (es)
Site web

Le Tribunal suprême de justice (en espagnol : Tribunal Supremo de Justicia) est l'instance placée au sommet du pouvoir judiciaire au Venezuela. Il remplace, en 1999, la Cour suprême de justice. Il est présidé par Caryslia Rodríguez (es), depuis le , et son siège est situé à Caracas.

Histoire

Le Tribunal suprême de justice trouve ses antécédents dans la Cour suprême de justice, créée par la Constitution de 1811 et maintenue dans les Constitutions de 1819, 1821, 1830, 1864, 1904, 1909, 1914, 1922, 1925, 1928, 1929, 1931, 1936 et 1961. Cette continuité cache cependant des modifications importantes sur la durée des mandats, le nombre et le mode de sélection des magistrats, et sur la position de la Cour dans la structure d'un État centraliste ou fédéraliste. Sa dénomination change également, et, sous certaines constitutions, ses fonctions n'ont pas été concentrées dans une seule entité, mais réparties entre plusieurs Cours.

Ainsi, les pouvoirs dévolus à la Cour suprême de justice sont répartis, jusqu'en 1961, entre la Cour fédérale et la Cour de cassation.

Le , le Tribunal suprême s'octroie le pouvoir législatif[1]. Le président de l'Assemblée nationale, Julio Borges, dénonce alors un « coup d'État »[2]. Le , Luisa Ortega Díaz, à la tête du parquet national, conteste également la décision[3]. Cela fait également l'objet d'un tollé auprès de la communauté internationale[4]. Le , le Tribunal suprême de justice annule les deux décrets, tandis que l'opposition appelle à de nouvelles manifestations[5]. Le , le Parlement vote une résolution pour limoger les juges de la Cour suprême[6]. Le , des manifestants lancent des projectiles incendiaires contre le Tribunal et en endommagent une façade[7]. Le , le policier Óscar Pérez vole un hélicoptère et lance quatre grenades sur le tribunal avant de s'enfuir ; l'attaque ne fait aucun blessé[8].

Le , Christian Zerpa (es), juge du TSJ, qui avait validé en 2016 la confiscation du pouvoir législatif à l'Assemblée nationale, s'exile aux États-Unis pour ne pas valider la prestation de serment de Maduro pour un second mandat[9].

Organisation

Le Tribunal suprême de justice est divisé en sept chambres :

  • la chambre plénière
  • la chambre constitutionnelle
  • la chambre politico-administrative
  • la chambre électorale
  • la chambre de cassation civile
  • la chambre de cassation sociale
  • la chambre de cassation pénale

Attributions

  • La direction, le gouvernement et l'administration du pouvoir judiciaire. La surveillance des tribunaux de la République et des bureaux du défenseur du peuple.
  • L'élaboration de son budget et de celui du pouvoir judiciaire.
  • Se prononcer sur les justifications d'une mise en accusation du président de la République et le cas échéant, « connaître » les suites du procès, avec l'autorisation de l'Assemblée nationale. De même pour le vice-président de la République, les députés de l'Assemblée nationale, des membres du Tribunal lui-même, des ministres du gouvernement, du procureur général de la République, du représentant national du ministère public (el Fiscal General), du représentant national de la Cour des comptes (el Contralor General), du défenseur du peuple, des gouverneurs des États fédérés, des officiers ou amiraux des forces armées, des diplomates de la République, dont le sort est ensuite décidé par le ministère public.
  • Décider en dernier ressort sur les litiges entre l'État fédéral et les États fédérés, les communes ou toute autre entité territoriale de la République.
  • Déterminer l'interprétation du contenu et de la portée des textes légaux, dans les limites fixées par la Loi.
  • Décider en dernière instance sur les litiges de juridiction entre les tribunaux.
  • Décider sur les pourvois en cassation.

Membres

Chaque chambre est formée par 5 magistrats ou juges, sauf la chambre constitutionnelle qui en compte 7. La chambre plénière compte alors 32 magistrats. Ils sont élus par l'Assemblée nationale selon des critères spécifiques (être juriste, citoyen vénézuélien, etc.).

Siège

Le tribunal est abrité dans un édifice construit entre 1982 et 1987 dans un style moderniste. Il s'élève sur l'avenue Baralt, au nord-ouest du Panthéon national, dans la municipalité de Libertador.

Notes et références

  1. ↑ « Venezuela: la Cour suprême s'octroie les pouvoirs législatifs », sur Le Parisien, (consulté le )
  2. ↑ « Venezuela : le président du Parlement accuse Maduro de "coup d'Etat" », sur Le Parisien, (consulté le )
  3. ↑ « Venezuela: un haut responsable du pouvoir dénonce une "rupture de l'ordre constitutionnel" », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  4. ↑ ome, « Venezuela : la communauté internationale dénonce le «coup d'État» de Maduro », sur Le Figaro (consulté le )
  5. ↑ « Venezuela. La Cour suprême annule les pouvoirs élargis du président Maduro », sur Ouest-France.fr (consulté le )
  6. ↑ « Venezuela : le Parlement veut destituer les juges de la Cour suprême », sur LExpress.fr (consulté le )
  7. ↑ « Grupos violentos atacan sede del máximo tribunal venezolano », teleSUR,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ « Au Venezuela, une tentative de coup d'Etat low cost », sur liberation.fr, (consulté le )
  9. ↑ « Venezuela: un juge s'exile aux États-Unis », sur Le Figaro (consulté le )

Liens externes

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