Troubles Fêtes

Troubles fêtes
One shot
Auteur Régis Loisel, Rose Le Guirec

Pays Drapeau de la France France
Éditeur Humanoïdes Associés
Première publication 1989
Nombre d’albums 1

Troubles fêtes est un recueil de trois histoires érotiques écrites par Rose Le Guirec et dessinées par Régis Loisel. Le livre est composé de 70 pages en couleurs et est publié en 1989 aux éditions des Humanoïdes Associés.

Album

Résumé

Le recueil est composé de trois grandes parties : « L’offrande », « Les feux de la Saint Jean » et « Cérémonie ».

« L’offrande » est composée de treize illustrations agrémentées d’un texte poétique, parsemé au fil des images. Les illustrations montrent une jeune femme nue devant fuir un centaure violeur. Ce dernier est tué par des petites êtres de la forêt qui recapturent la jeune femme pour l’offrir à un monstre surgit des eaux. Le texte, indépendant, raconte l’intimité d’un couple.

« Les feux de la Saint-Jean » est composée de trois parties, chacune débutant par un texte, suivi de planches sans paroles. Les textes et les dessins s’alternent. Les textes décrivent la situation du conteur, les dessins décrivent ce qu’il conte. Un dernier texte conclut la nouvelle illustrée.

« Comme une armée en déroute… » la première partie écrite raconte la fête organisée par Christian de Maixant, seigneur médiéval, en l’honneur de la Saint Jean. Fête à laquelle il invite ses voisins Seigneurs et où la nourriture et les ébats sont riches et nombreux. Après la liesse, autour du feu, le Seigneur raconte l’histoire de son grand-père, Ainoque, lorsqu’il était jeune. La suite dessinée illustre comment Ainoque a pu observer une jeune femme se faire plaisir en forêt.

“Messire Christian marqua une pause…” la deuxième partie écrite raconte la suite des aventures d’Ainoque. Rentrant chez lui, sa mère lui demande de partir immédiatement en quête de lait féminin, un liquide précieux servant à composer un parfum pour de futures fêtes. La mère, Bertrade de Maixant, demande à Herminette d’accompagner Ainoque chercher ce lait chez sa cousine nourrice. La seconde partie illustrée montre Ainoque en chemin avec Herminette et profitant des bons soins qu’elle sait lui apporter pendant une pause en forêt.

“Encore chancelant sur ses jambes…” la troisième partie écrite raconte l’arrivée d’Ainoque chez la jeune nourrice, Margot, bien décidé à avoir le lait désiré. La troisième partie illustrée montre qu’Ainoque n’obtiendra pas vraiment satisfaction pour le lait mais beaucoup plus de la part de Margot.

“Ainsi Ainoque quitta-t-il la belle nourrice…” conclut ce récit et explique comment Ainoque et Margot devinrent les grands-parents du conteur de cette histoire.

“Cérémonie” est le troisième et dernier récit de ce recueil. Il est aussi composé de textes et d’illustrations sans bulles. Mais cette fois, les dessins illustrent directement le récit et sont intégrés au fur et à mesure. L’histoire raconte le voyage d’une jeune femme enceinte, Hélène, et qui prend le train pour Venise, afin de rejoindre son mari Victorio. Elle partage son compartiment avec une jeune femme qui, la nuit venue, partagera sa couchette. Arrivée à Venise, elle est accueillie par un envoyé de son mari à la gare et conduite sur une gondole. Devant changer de tenue, elle se déshabille et fait profiter de sa nudité, puis de tout son corps, le gondolier et l’émissaire. Ayant revêtue la tenue rouge amenée par son mari, elle arrive dans un palais où elle retrouve une vieille connaissance, Circé, qui l’appelle par son prénom d’origine, Alicia. Elle se retrouve dans ce palais où hommes et femmes s’ébattent librement et participe activement, sous le regard de son mari Victorio et de l’hôtesse des lieux, Madame, son ancienne mentor.

Analyse

Le recueil est réalisé par Rose le Guirec pour les textes et Régis Loisel pour les illustrations. Rose Le Guirec est le pseudonyme de Marie-Hélène Loisel, épouse de Régis Loisel. Le livre est composé de trois histoires distinctes. La première “L’offrande” est un récit fantastique de quelques pages et est une ré-édition d’un port-folio. La deuxième “Les feux de la Saint-Jean” est une histoire en trois sous-parties. Chaque partie est d’abord composé d’un texte qui décrit la soirée pendant laquelle le seigneur du chateau va raconter une histoire de sa famille puis d’une bande dessinée sans phylactère montrant l’histoire racontée. La troisième partie “Cérémonie” se déroule à Venise et raconte le voyage d’une jeune femme enceinte qui va retrouver son mari.

A l’origine, ce recueil est une commande de Jean Annestay des Humanoides Associés à Régis Loisel. Son épouse a été très impliquée, puisqu'elle a imaginé et écrit l'histoire et les dialogues. Elle a construit l’une des histoires autour de la nuit de la Saint Jean pour décrire le principe de fabriquer des parfums à partir de lait de femme pendant le moyen-âge [1]. Dans les directions à donner au scénario, le but était aussi de mettre en scène une femme enceinte, ce que l’on retrouve dans “Cérémonie”.

Selon le site planèteBD.com, ce livre « se lit comme un roman et s'apprécie aussi pour ses planches, créant un sentiment de joie badine »[2]. La fusion entre textes et dessins est saluée et le lecteur ressentira le plaisir qu'ont pu avoir les auteurs à créer cette oeuvre.

T.Petit de Zoolemag écrit que ce livre « regroupe trois histoires qui laissent la part belle au texte, entrainant dans un monde où l’on ne sait trop qui mène la danse. De la campagne aux rues humides de Venise, on voyage dans un monde de sexe sans remords, qui transforme les tabous en but à atteindre. Ce monde apparaît sous la plume délicate de Loisel… » Il note aussi que « Le plaisir semble être le personnage central de ce tome, qu’il soit d’écrire ou de dessiner. Pas de doute, les auteurs de Troubles Fêtes prennent du bon temps à créer ces histoires. Le dessin laisse une grande place à l’écriture qui lui rend la pareille. Pourtant pas de mélange : la bande dessinée est silencieuse et les textes se passent d’illustrations. Cependant, on découvre un ensemble homogène et efficace. » Il conclut à une grande originalité et qualité de ce livre avec « Il faut donc rendre à César ce qui est à César et considérer Troubles Fêtes pour ce qu’elle est : une très bonne bande dessinée plus qu’érotique, qui allie les qualités d’une bonne plume à un crayon exceptionnel pour un rendu unique »[3].

Comme le note L.Cance en 1989 dans Hop!: « Très beau volume où Loisel donne libre court à son inspiration et se livre à une débauche d'images érotiques à travers BD, textes (de Rose le Guirec) et illustrations (reprises du portfolio "l'offrande"). Un ouvrage surprenant mais original » [4].

G.Strabongz dans Les Cahiers de la bande dessinée fête la sortie de ce livre en présentant des croquis de Loisel et considère ce livre comme un hommage respectueux aux femmes en écrivant: « Les femmes sont des anges. Sous le crayon vibrant de Régis Loisel, ces anges dévoilent le calice de leur impudeur, de leurs troubles. Chairs pulpeuses, opulentes, ou subtils émois de jeunes corps adolescents, les femmes chantées par Loisel célèbrent des fêtes en l'honneur de la volupté... » [5].

Le livre inaugure la jeune maison d'éditions des Humanoides Associés, comme le note Michel Angot en 1990: « Loisel est l'un premiers à offrir aux Humanoïdes son talent pour un magnifique album (Troubles Fêtes) dont l'érotisme se pare à la fois d'une truculence rurale et d'une magnificence écarlate et troublante lorsque le Carnaval de Venise emprisonne son héroïne dans une ronde débridée. Le Bataille du Bleu du ciel n'est pas très loin » [6].

Lors des séances de dédicaces liées à ce livre, l’auteur note que son public est moitié homme moitié femme et que ses lectrices apprécient son traitement du corps et de l’esprit de la femme, non pas comme un objet mais comme un être aussi gourmand et exigeant que les hommes en la matière [7]. Le livre a été ré-édité de nombreuses fois, en 1992, 1997, 2002, 2011, 2015 et 2021. En 2002, la couverture change car l'éditeur demande à l'auteur d'en proposer une moins dénudée[8].

Références

  1. ↑ Jean-Marc Vidal, Bodoï : Régis Loisel ou le cossard fantastique, vol. 6, LZ publications, , 99 p.
  2. ↑ le loup, « Troubles fêtes », sur planetebd (consulté le )
  3. ↑ Thomas Petit, « Troubles fêtes », sur zoolemag.com, (consulté le )
  4. ↑ L. Cance, Hop! : les nouveaux albums, vol. 46, Centre National des Lettres, , 64 p.
  5. ↑ Gloubine Strabongz, Les cahiers de la BD : Carnet de croquis: Loisel chante le sexe des anges, vol. 87, Glénat, , 99 p.
  6. ↑ Michel Angot, Le collectionneur de Bandes Dessinées : Les 7 boules de l'Incal, vol. 64, Centre National des Lettres, , 27 p.
  7. ↑ Jean-Marc Vidal, Régis Loisel : Mes chairs amies, vol. 62, LZ oublications, , 99 p.
  8. ↑ bédéthèque, « Troubles fêtes », sur bedetheque (consulté le )
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