Tsuda Umeko

| Naissance | |
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| Décès |
(à 64 ans) Kamakura (d) |
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| Nom dans la langue maternelle |
津田梅子 |
| Pseudonyme |
うめ |
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Tsuda Hatsuko (d) |
| Parentèle |
Charles Lanman (en) (mère d'accueil) |
| A travaillé pour |
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Tsuda Umeko (津田 梅子), née le à Tokyo et décédée à l'âge de 64 ans le à Kamakura, est une féministe japonaise pionnière dans l'éducation des femmes au Japon durant l'ère Meiji[1]. Née sous le nom de Tsuda Mume (津田 むめ), où mume fait référence à l'abricotier du Japon, elle adopte le nom d'Ume Tsuda durant ses études aux États-Unis, avant d’opter définitivement pour le prénom Umeko en 1902.
Son effigie figure sur les nouveaux billets de 5000¥ (cinq mille yens) mis en circulation le [2],[3].
Biographie
Jeunesse et formation
Seconde fille de Tsuda Sen, agronome progressiste et fervent partisan de l'occidentalisation et de la christianisation du Japon, Tsuda Umeko est la plus jeune membre de la mission Iwakura de 1871, à l'âge de six ans, et voyage aux États-Unis dans le cadre d'un échange étudiant[4]. Elle intègre et vit de l’intérieur le système éducatif américain jusqu'à ses 18 ans.
Tsuda habite à cette époque à Washington, D.C. avec Charles Lanman (en) (secrétaire de la légation japonaise), et sa femme Adeline. Ils n'ont pas d'enfants, et l'hébergent comme leur propre fille[4]. Tsuda étudie à l'institut collégial de Georgetown, où elle apprend l'anglais. Après son diplôme, elle entre à l'institut Archer, réservé aux filles de politiciens et de bureaucrates. Elle y excelle dans les langues, les mathématiques, la science et la musique. Environ un an après son arrivée aux États-Unis, Tsuda se convertit au christianisme et se fait baptiser[4]. Bien que la famille Lanman soit épiscopalienne, ils décident que Umeko sera de l'ancienne obédience suédoise.
Retour au Japon
Tsuda rentre au Japon en 1882 à 18 ans, ayant presque oublié le japonais, ce qui lui cause des difficultés temporaires. Elle connaît également des problèmes culturels en éprouvant et constatant la position inférieure des femmes dans la société japonaise. Même son père, Tsuda Sen, qui s'est radicalement occidentalisé depuis son départ, reste un patriarche traditionnel et autoritaire vis-à-vis des femmes.
Tsuda est embauchée par Itō Hirobumi pour devenir la tutrice de ses enfants. En 1885, elle commence à travailler à l'école pour filles de l’aristocratie meijienne Kazokujogakugakkō (華族女学学校) , mais , toujours insatisfaite par les restrictions éducatives imposées aux femmes et par cette politique éducative visant à transformer les petites filles en dames de maison cantonnées au rôle d’épouses obéissantes et de bonnes mères, elle décide au bout de quatre ans d’enseignement (à 25 ans) de retourner aux États-Unis pour compléter sa formation.
Second séjour aux États-Unis
De retour aux États-Unis, Tsuda étudie au Bryn Mawr College à Philadelphie de 1889 à 1892, d'où elle sort diplômée de biologie et de pédagogie. Elle étudie également au St Hilda's College au Royaume-Uni. Durant ce second séjour en Amérique, Tsuda considère que toujours plus de Japonaises devraient avoir le choix d'étudier à l'étranger. Elle fait de nombreux discours publics sur l'éducation des femmes japonaises et accumule 8 000 dollars de fonds pour établir une bourse d'études à destination des jeunes Japonaises.
Fondation de l'université Tsuda
De retour au Japon en 1892, elle publie plusieurs thèses et fait des discours sur l'amélioration du statut des femmes. La loi sur les études supérieures des femmes de 1889 oblige chaque préfecture à établir au moins un collège public pour filles. Néanmoins, ces collèges ne délivrent pas une éducation de même qualité que ceux de garçons. C’est dans cet esprit égalitariste qu’elle fonde en 1900 l'Institut des études anglaises pour jeunes filles (女子英学塾, Joshi eigaku-juku) situé à Kōjimachi, Tokyo , conçu pour que toutes les élèves puissent y recevoir une éducation aux arts libéraux sans distinction d’origine sociale. L'école fait d’abord face à de grands problèmes de financement et Tsuda passe beaucoup de temps à réunir des fonds. Fruit de ses intenses efforts, l'établissement est officiellement reconnu en 1903[4].
En 1905, Tsuda devient la première présidente de la branche japonaise de l'association chrétienne des jeunes femmes YWCA.
Cependant, le travail intensif de Tsuda finit par avoir raison de sa santé et elle est victime d'une attaque cérébrale. En janvier 1919, elle se retire dans sa résidence secondaire à Kamakura, où elle meurt en 1929 après une longue maladie. Le Joshi Eigaku Juku prend le nom de Tsuda Eigaku Juku en 1933 et, après la Seconde Guerre mondiale, il devient l'université Tsuda-juku 津田塾大学 . L'établissement reste aujourd'hui l'une des plus prestigieuses et la plus ancienne des universités pour femmes du Japon.
Postérité
Bien que Tsuda Umeko ait fortement œuvré à la réforme du statut social de la femme japonaise, elle ne prônait aucun mouvement social féministe et se montrait même opposée au droit de vote des femmes. Son activisme en faveur de ses contemporaines se basait sur l’ idée d’une éducation centrée sur le développement de leur personnalité et de leur intelligence individuelle .
- Son effigie figure désormais sur les billets de 5 000 yens mis en circulation depuis 2024. L’effigie figurant sur le billet japonais de cette valeur n’avait pas changé depuis 2004[5]. Le précédent billet de 5000 yens était à l’effigie de la poétesse et romancière Higuchi Ichiyō (1872-1896) dont la brève existence fut plutôt consacrée à décrire la faiblesse de la condition féminine dans le Japon de Meiji.
- Dans la série télévisée japonaise Yae no sakura (2013), son rôle a été interprété par Mayuko Kawakita.
Notes et références
- ↑ (en) Louis-Frédéric Nussbaum, « Tsuda Umeko » in Japan Encyclopedia, 2005, p. 998
- ↑ Le dernier changement d’effigie sur les billets japonais de cette valeur remontait à 2004.
- ↑ blogccopera, « Nouveaux billets de yens »
, sur ccopera, (consulté le )
- Toshiaki Tachibanaki, « Tsuda Umeko, une pionnière dans l’éducation des femmes au Japon », sur Nippon.com, (consulté le ).
- ↑ Lien web |langue=en |auteur1 = Eiraku Maiko |titre=Japanese banknotes get a makeover |url=https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/backstories/430/ |site=NHK |date=9 avril 2019 |consulté le=2 septembre 2021
Bibliographie
- (en) Marius Jansen, The Making of Modern Japan, Harvard University Press, Cambridge, 2000 (ISBN 0674003349 et 9780674003347) (OCLC 44090600)
- (en) Louis-Frédéric Nussbaum et Käthe Roth, Japan encyclopedia, Harvard University Press, Cambridge, 2005 (ISBN 0-674-01753-6 et 978-0-674-01753-5) (OCLC 58053128)
- (en) Barbara Rose, Tsuda Umeko and Women's Education in Japan, Yale University Press, 1992 (ISBN 0-300-05177-8)
Liens externes
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