Tuíre Kayapó

Tuíre Kayapó
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Tuíre Kayapó, aussi appelée Tuíra (1969 ou 1970[1]), est une militante brésilienne des droits des autochtones, écologiste et cheffe du peuple Kayapó. Elle milite activement dans le mouvement contre le projet de barrage de Belo Monte sur le Xingu dans les années 1980 et contre l'amendement constitutionnel PEC 215 dans les années 2010[2],[3].

Jeunesse

Le père de Tuíre est né dans le village de Kubēnkrãkêj. Il rencontre sa mère dans son village natal de Kokrajmoro (également orthographié Kokraimoro), où Tuíre est également née[4]. Sa grand-mère lui donne son nom[4]. Pendant son enfance, les grands-pères et l'oncle de Tuíre sont des chefs Kayapó qui défendent leurs terres contre les incursions gouvernementales[2],[3],[4]. Son grand-père paternel, Betikré, meurt pendant l'un de ces conflits. Dès son plus jeune âge, sa famille l'encourage à devenir elle aussi une guerrière et à défendre son peuple[4].

À 17 ans, Tuíre et sa famille retournent vivre dans le village de son père, Kubēnkrãkêj et ses parents décèdent peu après. Tuíre et son fils en bas âge déménage au village d'Aukre, où elle rencontre son mari, Takaktô, originaire du village de Gorotire. Ils se marient peu après[4].

Militantisme

En 1989, à l'âge de 19 ans[5], Tuíre assiste à une réunion à Altamira, dans le Pará, avec des responsables du barrage de Belo Monte. Elle brandit sa machette face à un fonctionnaire d'Eletronorte (pt) en signe de protestation contre la construction du barrage[6]. Cet évènement fait connaître son nom au public[4],[5]. Dans les années 1990, Tuire commence à voyager à l'étranger, notamment aux États-Unis, pour faire connaître les luttes politiques de son peuple[7].

Tuíre prend la place de son oncle à sa mort et ne rencontre que peu de résistance de la part de sa communauté, bien qu'elle ait été l'une des premières femmes chefs du groupe[3],[8].

Elle se rend au Congrès brésilien pour parler au nom des Kayapo et d'autres groupes autochtones[8]. Elle choisit de parler en mebêngôkre lors de ces événements et fait appel à un interprète pour traduire pour elle[9]. Elle plaide également pour l'accès des groupes autochtones à l'électricité[10] et se prononce contre l'expansion des efforts miniers sur les terres autochtones[11],[12] Elle critique vivement l'adoption de la PL do Marco Temporal en 2023, une loi qui limite les revendications foncières des autochtones[13],[12].

En , elle participe à l'organisation de la première Marche des femmes autochtones du Brésil à Brasilia. L'année suivante, elle contribue à la conduite de la Rencontre des peuples Mebengokrê et des leaders autochtones du Brésil au Mato Grosso[14].

Reconnaissance

En 2020, l'artiste et photographe turque Pinar Yolaçan (en) réalise un film sur la vie de Tuíre, intitulé Tuire Kayapó (Premier Contact). Yolaçan et Tuíre se sont rencontrées lors d'une résidence qu'elle a effectuée en Bolivie à la fin des années 2010[8]. En 2024, le peintre Éder Oliveira dévoile un portrait de Tuíre[15].

Vie personnelle et mort

Tuíre vit et est chef du village de Kaprãnkrere[3], dans terres indigènes Las Casas (pt), Pará[4],[9]. Elle est mariée au chef Takaktô (également orthographié Kôkôto) Dudu, avec qui elle a deux filles. L'un de ses petits-enfants est nommé d'après elle[4],[16]. Elle est la sœur du militant Paulinho Paiakan (en) et la tante de l'aspirant politicien Maial Panhpunu Paiakan[17].

Tuíre reçoit un diagnostic de cancer de l'utérus en 2023 et commence un traitement la même année[11]. Elle décède des suites de cette maladie le , alors qu'elle reçoit des soins palliatifs à Redenção, dans l'État du Pará. Sa famille confirme qu'elle sera enterrée à Gorociré, un village kayapó situé à environ 60 kilomètres de Cumaru do Norte. Elle reçoit des hommages en ligne du président Luiz Inácio Lula da Silva, de la ministre des Peuples autochtones Sônia Guajajara, de la Fédération des Peuples autochtones du Pará et de la Fondation nationale des peuples autochtones[18],[19].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tuíre Kayapó » (voir la liste des auteurs).
  1. (pt-BR) « Morre Tuíre Kayapó, ícone da defesa dos direitos indígenas », Um só Planeta, (consulté le )
  2. (pt-BR) Pinar Yolaçan, « Kayapó Chief Tuire » [archive du ], BOMB Magazine, (consulté le )
  3. (en) Charlotte Jansen, « 'This Is My Land': The Indigenous Women Chiefs Protecting the Amazon » [archive du ], Vice, (consulté le )
  4. (pt-BR) « Multiplicidade encarnada » [archive du ], Escola de Ativismo, (consulté le )
  5. (pt-BR) « PA – Território Kayapó sofre com expressivo processo de contaminação, desmatamento, destruição e garimpo ilegal » [archive du ], Mapa de Conflitos Envolvendo Injustiça Ambiental e Saúde no Brasil (consulté le )
  6. « Indians confront Amazon dam officials », Kainai News,‎ , p. 2 (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. (en) Michael F. Brown, « Facing the State, Facing the World: Amazonia's Native Leaders and the New Politics of Identity », L'Homme, vol. 33, nos 126/128,‎ , p. 307–326 (ISSN 0439-4216, DOI 10.3406/hom.1993.369642, JSTOR 40589898, lire en ligne [archive du ] Accès payant, consulté le )
  8. (en-US) Danielle Pender, « Tuire Kayapo » [archive du ], Riposte (consulté le )
  9. (pt) Cristina Ávila, « Indigenous women protest for their rights » [archive du ], www.wwf.org.br, (consulté le )
  10. (pt-BR) « MME afirma que indígenas serão prioridade no Programa de Universalização do Acesso à Energia » [archive du ], Fundação Nacional dos Povos Indígenas, (consulté le )
  11. (pt-BR) « Marco Temporal: "Os políticos são covardes", diz guerreira Tuíre Kayapó » [archive du ], Pulitzer Center, (consulté le )
  12. (en) Fernando Neto, « Sorrow and struggle in the Amazon: Tuíre Kayapó, the Indigenous woman who postponed the end of the world, dies », Brasil de Fato, (consulté le )
  13. (pt-BR) « Tuíre Kayapó convoca luta contra marco temporal: 'O branco só quer destruir a nossa Amazônia' » [archive du ], Brasil de Fato, (consulté le )
  14. (pt-BR) Juliana Arini, « "O governo não irá nos dividir", diz líder Tuíra Kayapó » [archive du ], Amazônia Real, (consulté le )
  15. (pt-BR) « Artista paraense Éder Oliveira rifa pintura para ajudar Tuíre Kayapó » [archive du ], O Liberal (consulté le )
  16. Daniel Camargos, Isabel, « Morre Tuíre, a guerreira Kayapó que parou a construção de Belo Monte com um facão », Reporter Brasil,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  17. (en) « Kayapó chief Tuire interview with artist Pinar Yolaçan » [archive du ], Lampoon, (consulté le )
  18. (pt-BR) Juliana Bessa, « Tuíre Kayapó, liderança indígena do Xingu, morre aos 54 anos », G1, (consulté le )
  19. (pt-BR) Yasmin Oliveira, « Ativista indígena Tuíre Kayapó morre aos 57 anos; autoridades lamentam », CNN Brasil (consulté le )

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