Tu che di gel sei cinta
Tu che di gel sei cinta (« Toi qui es ceinturé de glace ») est un air pour soprano issu de l'opéra Turandot (1926) de Giacomo Puccini. Il est chanté par le personnage de Liù, la servante du roi déchu Timur, lors de la première partie de l'acte III de la pièce : sous la torture infligée par la cruelle Princesse Turandot, Liu refuse de livrer le nom du Prince inconnu, dont elle est amoureuse, et termine cet air par son propre suicide.
L'air
Arrière-plan
Ce passage s'inscrit dans la première partie de l'acte III de la pièce d'opéra : Calaf, le Prince inconnu, a, durant l'Acte II, remporté le défi des trois énigmes imposé par la Princesse Turandot à quiconque souhaiterait l'épouser. Cependant, voyant la détresse de Turandot à l'idée de se marier avec lui, Calaf, dont l'identité reste encore inconnue, lui propose à son tour, à la fin du deuxième Acte, un défi : la cruelle Princesse doit trouver l'identité de son promis avant l'aube pour échapper à son mariage. L'Acte III commence dans la nuit et l'on apprend par des hérauts[1] que Turandot a ordonné à ses hommes que soit trouvé sous peine de mort le nom du Prince Inconnu. Celui-ci, resté seul, se félicite de son triomphe futur dans le fameux air Nessun dorma, croyant que la Princesse ne connaitra son nom que lorsque lui seul le lui dira. Cependant, Calaf est rejoint par une foule guidée par les ministres de la Princesse, Ping, Pang et Pong. Ceux-ci, craignant pour leur propre vie, lui promettent tour à tour amour, richesse ou gloire en échange de son renoncement à épouser Turandot. Mais Calaf refuse et c'est alors que des sbires de Turandot arrivent avec le père de Calaf, Timur, et sa servante, Liu; annoncant avoir trouvé ceux qui peuvent leur donner le nom du Prince inconnu. Les trois ministres, pour les faire parler, les menacent de torture alors que la Princesse Turandot vient tout juste d'arriver. Liu, par amour pour le vieux roi Timur, affirme qu'elle seule connait le nom du Prince inconnu. Elle est alors torturé mais ne parle pas. La princesse Turandot est surprise par la ferme résolution de Liù de ne pas révéler le nom du prince malgré la torture qu'elle lui inflige et lui demande :
Turandot:
Chi pose tanta forza nel tuo cuore?
Liù:
Principessa, l'amore!
Turandot:
L'amore?
Turandot
Qui a mis tant de force
Dans ton cœur ?
Liù
Princesse, l’amour !
Turandot
L’amour ?
Liu poursuit par l'air « Tanto amore, segreto » (« Tant d’amour, secret ») où elle expose ses sentiments pour Calaf. C'est dans ce contexte que s'inscrit l'air "Tu que di gel sei cinta".
"Tu che di gel sei cinta"
Turandot, furieuse par la réponse de Liu, ordonne à Ping de continuer à la torturer. Ne pouvant plus supporter la douleur, Liù compte à Turandot ce dernier air, « Tu che di gel sei cinta ». Elle lui annonce, de manière prémonitoire, qu'elle finira également par l'aimer malgré sa réticence. Liu, à bout de force, finit par exprimer son souhait d'en finir puis se suicide en prenant le glaive d'un garde.
Dans les instants suivants, l'aveugle Timur tente de réveiller Liù en disant que c'est l'aube (« Liù, Liù, sorgi, sorgi »). Lorsqu'on lui annonce sa mort, il crie avec angoisse que son esprit offensé se vengera, et le cortège de Liù s'éloigne, Timur jurant de l'accompagner dans « la nuit qui ne connaît pas d'aube ».
Autour de l'air
Dans leur travail sur Turandot[2], Ashbrook et Powers suggèrent que l'échec de Puccini à terminer l'opéra résultait principalement d'une préparation dramatique inadéquate pour le changement de cœur de dernière minute de Turandot (dans la réalité arrivé à la fin de l'acte III, lors de la scène finale), combinée à un traitement trop réussi du personnage secondaire qu'est Liù (dont on peut voir toute la pronfondeur).
Paroles
Les paroles suivantes [3],[4] ont été écrites par Puccini lui-même en attendant que les librettistes Giuseppe Adami et Renato Simoni livrent la partie suivante du livret . Lorsque les librettistes l'ont lu, ils ont décidé qu'ils ne pouvaient pas plus améliorer le texte de Puccini[5]. Les paroles n'ont pas été traduites de façon unique en français et plusieurs traductions de cet air existent[1].
Tu che di gel sei cinta
da tanta fiamma vinta
L'amerai anche tu!
Prima di quest'aurora
io chiudo stanca gli occhi
perché egli vinca ancora...
egli vinca ancora...
per non, per non vederlo più!
Prima di quest'aurora, di quest'aurora
io chiudo stanca gli occhi
per non vederlo più!
Oui, Princesse, écoute-moi !
Toi qui es ceinte de glace,
Vaincue par une telle flamme
Toi aussi tu l’aimeras !
Avant cette aurore,
Fatiguée, je ferme les yeux,
Pour qu’il soit encore vainqueur...
ne pas, ne plus le voir!
Avant cette aube, de cette aube
Je ferme les yeux fatigués
Pour ne plus le voir !
Références
- « Turandot - G. Puccini », sur LivretPartition.com (consulté le )
- ↑ (en) William Ashbrook et Harold Powers, « Puccini's Turandot. The End of the Great Tradition. », Princeton University Press,
- ↑ « Giacomo Puccini - Paroles de « Tu che di gel sei cinta » », sur lyricstranslate.com (consulté le )
- ↑ (en-US) « Giacomo Puccini - Tu che di gel sei cinta Traduction de Paroles » (consulté le )
- ↑ (en) Colin Kendell, The Complete Puccini, Amberley Publishing,
- William Ashbrook et Harold Powers (1991) Turandot de Puccini. La fin de la grande tradition . Presses de l'Université de Princeton
Liens externes
- "Tu es en gel, tu es en ruban" . Site de base de données Aria. Récupéré le
- [vidéo] « "Tu che di gel sei cinta" », sur YouTube , de Renata Tebaldi dans un enregistrement en studio sous la direction de Mario del Monaco et Alberto Erede, 1955
- [vidéo] « "Tu che di gel sei cinta" », sur YouTube , Leona Mitchell, performance live au met en 1988.
- [vidéo] « "Tu che di gel sei cinta" », sur YouTube , Maria Callas
- Ressources relatives à la musique :
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