Tughril ibn Kılıç Arslan II

Tughril Shah
Monnaie de Tughril Shah b. Qilij Arslan, avec un cavalier sur l'avers. Erzurum[1].
Fonction
Sultan de Roum
avec Suleiman II, Kılıç Arslan III, Kay Khusraw Ier, Kay Kâwus Ier et Kay Qubadh Ier
-
Jahan Shah bin Tughril (en)
Biographie
Naissance
Décès
Père
Enfant
Ghias ad-din
Jahan Shah bin Tughril
Autres informations
Religion

Tughril Shah, également connu sous le nom d'Abdu'l Harij Muhammad Mughis ad-din Tughril Shah ibn Kılıç Arslan II, était un sultan de Roum des Seldjoukides d'Erzurum [2] après la chute des Saltukides dans la région, l'un des beyliks d'Anatolie [3]. Il était un autre fils de Kılıç Arslan II, qui, en 1186, avait partagé son royaume d'Anatolie entre plusieurs de ses nombreux fils. Son propre fils Rukn al-Din Jahanshah bin Tughril lui succéda et sera le dernier sultan de Roum de cette ville.

Avant la conquête d'Ezurum par Soliman II de Roum, fils de Kilij Arslan II, entre 1201 et 1202, la région d'Erzurum était gouvernée par une dynastie turkmène locale, les Saltukides, de 1071 à 1202[4]. Soliman II de Roum s'était préparé à la guerre pour affaiblir la puissance de la Géorgie chrétienne [5] et conquérir la Géorgie. Entre 1201 et 1203, Soliman II, avec des détachements commandés par son frère Tughril Shah, venu de son fief d'Elbistan, Mengujekid Bahram Shah d'Erzincan, et peut-être avec l'aide des Harput Artuqides ainsi que de guerriers turkmènes locaux, s'empara d'Erzurum et remplaça le vassal de la Géorgie, [6] Saltuk, par son frère Tughril Shah. [7] L’expansion turque fut stoppée par la bataille de Basiani qui se solda par une victoire géorgienne en 1202.

Pendant les trente années qui suivirent cette conquête, Erzurum fut gouvernée par les deux princes seldjoukides Tughril ibn Kılıç Arslan II et Jahan Shah bin Tughril, en tant qu'apanage[4]. Tughril Shah avait reçu l'Elbistan en apanage lors du partage du sultanat de Roum par son père Kılıç Arslan II en 1192, mais fut ensuite installé à Erzurum vers 1201. [8],[9] Il se sépara de l'État seldjoukide en 1211-1212[9], et semble avoir été tributaire de la Géorgie pendant au moins une partie de son règne. [10] Son fils , Rukn al-Din Jahan Shah, lui succéda et s'allia au shah khwarezmien Jalal al-Din, jusqu'à sa défaite à la bataille de Yassı Çimen en 1230[9].

Il eut un autre fils, Ghias ad-din, qui devint l'époux de la reine Rusudan de Géorgie de 1223 à 1226. Il s'était converti au christianisme sur ordre de son père afin de pouvoir épouser la reine de Géorgie. [11],[11] La Chronique anonyme de cent ans, datant du XIVe siècle et faisant partie des Chroniques géorgiennes, rapporte que le jeune prince seldjoukide fut retenu en otage à la cour géorgienne afin de garantir la loyauté d'Erzurum. Rusudan l'apprécia et le prit pour époux[2]. L'érudit arabe contemporain Abd al-Latif al-Baghdadi confirme également que c'est Rusudan qui choisit le prince seldjoukide, mais Ali ibn al-Athir affirme que l'émir d'Erzurum lui-même proposa le mariage afin de défendre son pays contre les incursions géorgiennes. Après que les Géorgiens eurent rejeté la demande de l'émir en raison de sa religion musulmane, celui-ci ordonna à son fils de se convertir au christianisme, un fait décrit par Ibn al-Athir comme « un étrange retournement de situation sans précédent ». [3] [11] Il eut deux enfants, une fille, Tamar, et un fils, David, qui deviendrait David VI de Géorgie.

Il meurt en 1225 d'une raison inconnue et son fils, Rukn al-Din Jahanshah bin Tughril lui succèdera mais que pour 5 années.

Son fils règnera jusqu'à sa défaite et mort à la bataille de Yassı Çimen en 1230[4].

La région d'Erzurum a ensuite été incorporée au sultanat de Kay Qubadh I en 627/1230[4].

Références

Région d'Erzurum ( )
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tughril ibn Kılıç Arslan II » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) « Copper alloy fals of Tughril Shah b. Qilij Arslan, nm, nd H. 1936.105.95 », sur numismatics.org, American Numismatic Society
  2. « Collections Online British Museum », www.britishmuseum.org
  3. (en) Coin Hoards, Royal Numismatic Society., (lire en ligne), p. 101
  4. Bosworth 1996, p. 218 Quote:
  5. ↑ Lordkipanidze 1994, p. 162.
  6. ↑ Baumer 2023, p. 27.
  7. ↑ Rayfield 2012, p. 113.
  8. ↑ Toumanoff 1949–1951, p. 181.
  9. (en) Thomas Sinclair, Eastern Trade and the Mediterranean in the Middle Ages: Pegolotti’s Ayas-Tabriz Itinerary and its Commercial Context, Routledge, (ISBN 978-1-000-75267-0, lire en ligne), Note 106 :

    « Tughril, who ruled at Erzurum from 589 to 618/1192–1221, was allotted Elbistan under the original division by Kılıç Arslan II (Cahen 1968: 111), but was then installed at Erzurum when the latter was captured from the Saltukids at the beginning of the thirteeth century. But he broke away from the Seljuk state in 608/1211-12. His son Rukn al-Din Jahan Shah was finally defeated, and Erzurum annexed to the Seljuk state, in 1230, when the Khwarazmshah, Jalal al-Din, with whom Jahan Shah had temporarily allied, was defeated at the battle of Yassı Çimen. »

  10. ↑ Peacock 2006, p. 130.
  11. Djaparidze 1995, p. 181–182.

Bibliographie

  • Christoph Baumer, History of the Caucasus, Bloomsbury, (ISBN 9780755636303)
  • C.E. Bosworth, The New Islamic Dynasties: A Chronological and Genealogical Manual, New York, Columbia University Press,
  • (ka) Gotcha I. Djaparidze, საქართველო და მახლობელი აღმოსავლეთის ისლამური სამყარო XII-XIII ს-ის პირველ მესამედში, Tbilisi, Metsniereba,‎ (lire en ligne)
  • Peacock, « Georgia and the Anatolian Turks in the 12th and 13th centuries », Anatolian Studies, vol. 56,‎ , p. 127–146 (DOI 10.1017/S0066154600000806, JSTOR 20065551, S2CID 155798755)
  • (ka) ქართლის ცხოვრება, Tbilisi, Artanuji,‎ , « „ასწლოვანი მატიანე“ »
  • Mariam Lordkipanidze, Essays on Georgian history, Tbilisi, Metsniereba, (ISBN 978-5-520-01547-5, lire en ligne), « Georgia in the 11th-12th centuries »
  • The Chronicle of Ibn Al-Athir for the Crusading Period from Al-kamil Fi'l-ta'rikh, Part 3: The Years 589-629/1193-1231: the Ayyubids After Saladin and the Mongol Menace, Farnham, Ashgate Publishing, (ISBN 978-0754669524, lire en ligne)
  • Donald Rayfield, Edge of Empires, a History of Georgia, London, Reaktion Books, (ISBN 978-1-78023-070-2)
  • Toumanoff, « The Fifteenth-Century Bagratids and the Institution of Collegial Sovereignty in Georgia », Traditio, vol. 7,‎ 1949–1951, p. 169–221 (DOI 10.1017/S0362152900015142, JSTOR 27830207)

Articles connexes

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