Tympanon

Le terme tympanon désigne plusieurs instruments de musique de la famille des cithares trapézoÏdales à cordes frappées, qui de fait, diffèrent du psaltérion (dont on joue en pinçant les cordes). Un certain nombre de cordes, réunies en chœurs, sont tendues sur la table d'harmonie. Le son est produit en frappant les cordes à l'aide de "mailloches", ou "baguettes". Le jeu du santour utilise une forme de baguette très différente, appelée "mezrab". Les différents types de tympanons se ressemblent par leur timbre, mais pas par leur taille et encore moins par leur accordage.

Le terme tympanon tire son origine du verbe grec correspondant à l'action de frapper du haut vers le bas, et par extension, sur une corde vibrante. Ce terme générique désigne plusieurs instruments. En annexe de son ouvrage (pp198-199) K.H Schickhaus énumère ainsi, par ordre d'apparition les différents types de "cithares trapézoÏdales à cordes frappées": les Santours (XIIIè siècle), la Doucemelle, les Hackbretts, le Tiompan & le Hammered dulcimer, le Cymbal, le Cimbali & le Cimbalum (XIVè), le Yangqin (Jang-tjin & Jang-kin), le Tchang (XVIIIè))., le Pedalcimbalum (XIXè) et le Tympanon chromatique (Salzburger Hackbrett) (XXè) -pour ce qui est des instruments encore en usage actuellement, et des instruments disparus tels le Hackeboard (XIVè) ou le Pantaléon (XVIIè)[1].

Tympanon du XVe siècle.

Histoire

Cassandre, personnage de la mythologie grecque, jouant du tympanon, enluminure du XVe – XVIe siècle.

Il semble que cet instrument vienne directement du santour persan. Il n'a connu en France, qu'une courte période de popularité. Il connaît dans ce pays une vogue certaine dès le milieu du XVIIe siècle, pour atteindre son apogée au XVIIIe siècle. Sa pratique est répandue au sein des élites, notamment la noblesse. Les concerts de tympanon disparaissent à la Révolution: les instruments sont saisis, et entrent dans les collections des musées nationaux.

À la fin du XVIIè siècle le facteur allemand Pantaléon Hebenstreit conçut un modèle d'une portée de cinq octaves (encore actuellement les différents types de tympanon comportent de deux-et-demi à quatre octaves). Louis XIV, à qui il présenta son instrument en , l'apprécia et l'appela « pantaléon » en hommage à son créateur. Mais ce modèle ne tarda pas à tomber dans l'oubli, alors que le tympanon, sous sa forme populaire, subsista encore au XVIIIe siècle[2]. À ce titre sa pratique n'a jamais cessé en Suisse dans les cantons du Valais et d'Appenzell. En outre,en Autriche et en Allemagne (Bavière notamment) la pratique de l'instrument a trouvé une nouvelle jeunesse à la suite de création du tympanon chromatique par Tobi Reiser dans les années 1930.

Les pages de musique savante pour tympanon sont relativement rares dans la musique française, bien qu'il existe un manuscrit d'airs galants du XVIIIe siècle gardé au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France.

Voir aussi

Articles connexes

  • Le film Ariane (1957).
  • Le film Tous les Soleils (2010) de Philippe Claudel : dans l'ensemble instrumental qui intervient à plusieurs reprises, notamment dans la scène finale, on voit une joueuse de tympanon (et non de psaltérion comme indiqué dans le générique).

Bibliographie

  • Fleurant-Voirpy, La Musique par les textes, vol. 5, éditions Henry Lemoine, Paris, 1973, p. 75.
  • Karl-Heinz Schickhaus, Notes pour hackbrett de 1753 (Hackbrett Partitur 1753), et Sonate en doM de Carlo Monza pour tympanon et harpe, éditions J.Preißler (Hackbrett-Sonate Cdur - Musikverlag Josef Preißler).
  • Gérard Berlioz, méthode: Le tympanon chromatique, éditions Combre, 1991, et rééditions.

Notes et références

  1. (de) Karl-Heinz Schickhaus, De la musique populaire et du tympanon en Bavière (Über Volksmusik und Hackbrett in Bayern), München/Wien/Zürich, BLV Verlagsgesellschaft, , 208 p. (ISBN 3-405-12052-7), p. 198-199
  2. Sur peiresc.org.
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