Ultime avertissement de la Chine

Vue depuis Kinmen du détroit de Taïwan, à l'origine du proverbe.

L'« ultime avertissement de la Chine » (russe : последнее китайское предупреждение) est un proverbe russe originaire de l'Union soviétique, pour désigner un avertissement sans réelles conséquences[1].

Origine

Dans les années 1950 et 1960, les relations entre la république populaire de Chine et les États-Unis étaient tendues en raison des enjeux du détroit de Taïwan. Des avions de chasse américains patrouillaient régulièrement dans le détroit de Taïwan. Cela a conduit régulièrement à des protestations officielles du Parti communiste chinois sous la forme d'un ultime avertissement leurs manœuvres aéronautiques dans le détroit. Cependant, aucune conséquence réelle ne fut entreprise pour avoir ignoré les « derniers avertissements »[2].

La république populaire de Chine a lancé son premier « ultime avertissement » aux États-Unis pour leurs vols de reconnaissance le , lors de la deuxième crise du détroit de Taïwan. À l'époque, les États-Unis considéraient la république de Chine comme le seul représentant légitime de la Chine et effectuaient des vols de reconnaissance dans les eaux contrôlées par la république populaire de Chine. La Chine consignait alors ces incidents et émettrait un « ultime avertissement » par voie diplomatique pour chaque incident survenu. Plus de 900 « ultimes avertissements » chinois ont été émis de 1958 à 1964[2].

Exemples d’utilisation du proverbe

Économie et société

Un article de chronique du média ukrainien « Наше Дело » (« Notre Travail ») critiquait en 2008 le fait que l’Ukraine ne paie pas le gaz naturel à la Russie en déclarant :

« Gazprom fait preuve d’une indulgence excessive envers l’Ukraine. Je ne sais pas comment l’expliquer, cela ressemble à la 151e “dernière mise en garde” adressée par la Chine de Mao Zedong à l’impérialisme américain. »[3].

Le média ukrainien « Інсайдер » (« Insider ») rapportait en 2021 une controverse provoquée par la décision du ministère de l’Éducation d’Ukraine de fusionner deux universités. Il indiquait que les étudiants avaient reçu avant leur protestation un « avertissement à la chinoise ». Le recteur déclara que s’ils voulaient obtenir leur diplôme, ils ne devraient pas manifester. Malgré cela, un grand nombre d’étudiants participèrent à cette manifestation de grande ampleur[4].

Le média biélorusse « Белорусская газета » (« Journal biélorusse ») commentait en 2018 :

« La Banque nationale de Biélorussie interviendra probablement pour sauver les entreprises du bâtiment et de l’industrie au bord de la faillite. Puis l’État émettra une 29e “mise en garde chinoise” : “cette fois, c’est la dernière.” »[5].

L’économiste biélorusse Vadim Iossoub déclara lors d’une interview sur Current Time que « les sanctions économiques de l’Union européenne contre la Biélorussie ne sont qu’un avertissement à la chinoise »[6].

Militaire

En 2015, le directeur de l’Institut d’économie de l’Académie des sciences de Russie, Ruslan Grinberg, interrogé par le journal « Kommersant » sur la possibilité d’une alliance militaire sino-russe, répondit :

« Savez-vous quelle est la différence entre nous et la Chine ? Quand la Chine est offensée, elle retient ses émotions. Vous vous souvenez de la blague de la “533e mise en garde chinoise” ? C’est leur mentalité… Je pense que la Russie et la Chine ne peuvent pas former une alliance militaire, nous sommes très différents. »[7].

Lors de l’Invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, un responsable des territoires occupés passé du côté russe, Alekseï Selivanov, compara l’ordre du président ukrainien Volodymyr Zelensky de reprendre l’ensemble du territoire ukrainien à une succession de « dernières mises en garde chinoises ».

En 2022, lorsque Nancy Pelosi visita Taïwan en ignorant les avertissements de Pékin, la rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, déclara le que l’expression « dernière mise en garde chinoise », entrée dans les dictionnaires russes pendant la guerre froide, reste encore pertinente aujourd’hui.

Articles connexes

Références

  • icône décorative Portail des relations internationales
  • icône décorative Portail de la Chine
  • icône décorative Portail de la Russie
  • icône décorative Portail de l'Union soviétique