Une histoire sans nom

Une histoire sans nom
Auteur Jules Barbey d'Aurevilly
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur A. Lemerre
Lieu de parution Paris
Date de parution 1882
Nombre de pages 227

Une histoire sans nom est un roman de Jules Barbey d'Aurevilly, paru en 1882.

C'est un roman bref mais intense, marqué par le mystère, la ferveur religieuse, le péché et la culpabilité. Fidèle à l’esprit du romantisme noir et du catholicisme fervent de l’auteur, ce récit met en scène une tragédie secrète, une faute sans aveu, dont les conséquences dévastatrices hantent les personnages.

L’histoire se déroule dans une petite ville de province cernée de montagnes, dans un vieux manoir isolé où vivent Madame de Ferjol et sa mère. Madame de Ferjol est une femme noble, pieuse, austère et entièrement dévouée à sa mère malade. Leur existence recluse bascule lors du passage d’un prédicateur célèbre, l’abbé Sermon, dont le charisme, la parole puissante et l'ardeur religieuse bouleversent profondément la jeune femme. Sous l’effet de cette exaltation mystique et émotionnelle, un lien trouble et passionné naît entre elle et le prêtre.

Quelques mois plus tard, dans le silence le plus absolu, Madame de Ferjol met au monde un enfant. L’accouchement, brutal, secret et solitaire, fait basculer son existence dans l’horreur la plus indicible : l’enfant est monstrueusement difforme, presque inhumain. Ce fils, fruit du péché, est tenu caché au monde. Élevé dans l’ombre et le silence, il incarne le châtiment vivant de sa mère fornicatrice. Elle voit en lui non seulement la preuve de sa chute, mais aussi une créature qui défie les lois naturelles et enfreint les lois divines.

Au fil du récit, le poids du secret et de la culpabilité devient insupportable. Le narrateur, qui enquête sur cette histoire bien des années plus tard, reconstitue les faits à partir de témoignages fragmentaires, car rien n’a jamais été clairement dit. Même le nom du père n’est jamais prononcé. L’histoire elle-même reste « sans nom », comme l'inqualifiable scandale qu’on ne peut et qu'on ne doit absolument pas avouer.

Barbey d’Aurevilly signe ici un roman profondément moral et religieux, où le mystère est central. Il n’y a pas de descriptions explicites de la faute charnelle, ni de la relation incendiaire entre Madame de Ferjol et l’abbé : tout est suggéré, à demi-mot, dans une atmosphère lourde et oppressante. L’auteur y dénonce les dérives du fanatisme religieux, la répression des passions, et l’hypocrisie d’une société où l'on préfère taire le péché plutôt que le confesser.

Une histoire sans nom est donc le récit d’une faute inavouable et de ses conséquences tragiques, porté par une prose élégante, allusive et tragique.

L'un des personnages principaux du roman, Lasthénie de Ferjol a donné son nom à un syndrome décrit en psychiatrie : le syndrome de Lasthénie de Ferjol qui est un type de pathomimie au cours duquel le patient se provoque intentionnellement une anémie par des saignements qu'il occasionne lui-même délibérément.

Voir aussi

  • Bourg-Argental (village du Forez duquel se serait inspiré d'Aurevilly pour les premiers chapitres du roman). Il pourrait aussi s'agir d'un de ces hameaux noyés avec la construction, dans les années 1950, du barrage de Grangent, tels La Valette, Mousset ou Chamousset, ou encore de celui de Préau, commune de Cerdon, qui existe toujours.

Liens externes

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