Uniforme des carabiniers français du Premier Empire

L'uniforme des carabiniers français est le costume militaire et réglementaire porté par les carabiniers à cheval de la cavalerie lourde de l'armée napoléonienne entre 1804 et 1815. L'uniforme a connu une évolution radicale en 1809 quand Napoléon en confie le commandement à son frère Louis, qui change cette unité en cavalerie cuirassée.
Historique
En 1791, un décret du institue la séparation définitive des carabiniers en deux régiments. Décidée dès 1788, cette séparation se maintient jusqu'à la suppression des carabiniers après le Second Empire[1]. Comme pour les cuirassiers, les régiments de carabiniers sont considérés comme des régiments d'élite et n'ont pas de compagnie d'élite[1],[2]. C'est pour cette raison que toutes les compagnies portent le plumet rouge, et, plus tard, la chenille rouge[1].
Comme la plus part des régiments dit de cavalerie qui correspondent eux aussi à de la cavalerie lourde qui donneront en partie des régiments de cuirassiers en 1803, ils n'étaient pas dotés de la cuirasse à la fin de l'Ancien Régime. Ils seront cuirassés, après les cuirassiers, tous munis de cuirasse en 1803, à la suite de la bataille de Wagram où le nouvel uniforme avec casque et cuirasse sera décidé[3],[4],[5].
Équipements de l'uniforme
Couvre-chefs
Bonnets à poils
En 1791, le tricorne est abandonné pour le bonnet à poils[1]. Le modèle des carabiniers est identique à ceux des grenadiers à cheval de la Garde impériale, et ne comprend pas de plaque contrairement à ceux des grenadier d'infanterie[1]. Le bonnet est en peau d'ours noir, le fond est rouge décoré d'une croix blanche[6]. Sur le côté gauche, se trouve la cocarde bleu-blanc-rouge ; l'ordre des couleurs n'est pas immédiatement arrêté, il sera plus tard uniformisé dans l'ordre suivant en partant du centre bleu-rouge-blanc[6]. C'est au niveau de la cocarde que s'attache le plumet, rouge pour les cavaliers, les trompettes et les officiers, blanc pour le colonel[7]. Sur le bonnet à poils, est porté un cordon raquette à droite, avec le cordon passant de la droite à la gauche par l'avant du bonnet d'ourson ou par le dessus[8]. Le cordon et la raquette sont de couleur rouge pour les cavaliers et les trompettes, rouge et argent pour les sous-officiers, et argent pour les officiers[8]. À partir de 1804, le cordon et la raquette deviennent couleur argent d'après Rousselot. À partir de 1804, les sous-officiers portent des cordons et raquettes en rouge et argent d'après Begnini qui les représente toujours ainsi[9]. Le bonnet à poils portait aussi un cordon argent, nommé dragonne, qui partait du sommet de bonnet descendait par derrière, passait par l'épaulette gauche et s'attachait aux boutons de la veste pour ne pas perdre le bonnet à poils. D'après Begnini et Rousselot, les sous-officiers en avaient une rouge argent[6],[10]. Noter que l'on retrouve certaines variantes : il est possible que certains bonnets à poils, à l'instar de ceux de la gendarmerie d'élite de la Garde impériale, aient eu une visière, d'après Hoffmann. Cette particularité semble avoir totalement disparu avant le consulat[11]. D'après Begnini lors de la campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809, les sous-officiers portaient un plumet blanc comme, a priori, les officiers, et d'après Rousselot, les trompettes en grand uniforme avaient un plumet rouge avec un sommet blanc[12]. On peut noter aussi que, d'après Begnini, en 1795, les carabiniers ou quelques cavaliers portaient une plaque comme les grenadiers de l'infanterie, présentant un faisceau de licteur[8]. D'après Berka, ils portaient aussi sur leur bonnet à poils des jugulaires dorées[13]. Il semble selon Yves Martin qu'avant la bataille de Wagram ait été décidé par improvisation de doter les bonnets à poils qui avaient vu leur taille augmenter depuis le début de l'Empire par effet de mode, et étaient devenus instables, de jugulaires de métal blanc mais aussi de métal jaune. Comme en témoigne l'autoportrait du lieutenant Bassigny à Wagram qui se trouve dans les collections du musée de l'armée, porte un bonnet à poils avec des jugulaires de métal jaune[14]. Cette instabilité des bonnets à poils mais aussi les pertes dues à des blessures à la tête ont décidé l'état major à supprimer le bonnet à poils et à le remplacer[14].
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Carabinier en 1800 d'après un tableau de B. Zix au Musée historique de Strasbourg par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Lieutenant en grande tenue du 1er régiment de carabiniers en 1809 par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Carabinier d'après la collection Kösen en service à cheval avant 1809 par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Régiment des Carabiniers de Monsieur en 1790 par Knötel.

Casques
Par décret du , les carabiniers abandonnent leurs bonnets à poils pour un casque de cuivre (doré, de cuivre jaune, pour les cavaliers et les trompettes, cuivré, de cuivre rouge, pour les officiers) à chenille rouge dit casque « à la romaine » ou grecque. Ce nouvel uniforme est reçu par les deux régiments après leur retour en France, dans leur caserne de Lunéville, entre le 25 et le , après avoir quitté Hanovre le [3],[15],[16]. La chenille de crin de cheval[16] pour les trompettes est de couleur blanche mais, entre 1810 et 1812, certaines étaient bleu clair. Même chose pour les timbaliers, qui semblent n'avoir eu que des chenilles bleu clair entre 1810 et 1812. Avant le nouvel uniforme, une tenue d'essai, début 1810, ne donnait pas de casque aux trompettes mais un bonnet à poils blancs avec un plumet rouge au sommet blanc, d'après Rousselot. Il semble aussi, d'après Rousselot, que certaines chenilles de trompettes aient été rouges entre 1810 et 1812[17]. Le général Chouard porte sur son casque une chenille noire[18]. À noter que lors des Cent-Jours les trompettes avaient des chenilles rouges, conformément aux dispositions prises sous la Première Restauration pour le corps des carabiniers de Monsieur[19],[20]. Sur le casque, se fixe une plaque argentée qui présente en doré un « N » pour Napoléon Ier surmonté d'une couronne. Ses symboles sont enlevés sous la première Restauration, le , un nouveau casque est adopté qui au lieu d'arborer un « N », arbore les armes du comte d'Artois futur Charles X entouré de l'ordre du Saint-Esprit et de la Toison d'or, lors des Cent-Jours les armes du comte d'Artois sont retirées en vue de la campagne de Belgique, les anciennes plaques arborant le « N » ne sont portées que par les officiers[19],[20],[21]. Lors de la campagne de Belgique il est possible que des officiers ait conservé une couronne royale sur leur casque, on retrouve un casque ayant cette configuration au sein de la collection Raoul et Jean Brunon aujourd'hui propriété du musée de l'Armée exposé au château de l'Empéri à Salon-de-Provence[22]. Sur le casque, s'attachent aussi des jugulaires couleur argent. En fonction du grade, un plumet ou un pompon sont portés à gauche de la bombe du casque ; pour les cavaliers, trompettes et officiers jusqu'au grade de capitaine, c'est le pompon qui est porté : rouge pour la 1re compagnie, bleu céleste pour la 2e compagnie, aurore pour la 3e compagnie, rouge et blanc pour la 5e compagnie, bleu céleste et blanc pour la 6e compagnie et aurore et blanc pour la 7e compagnie, les 4e et 8e compagnies, généralement absentes dans les régiments de cavalerie, portaient un pompon violet pour la 4e et violet et blanc pour la 8e[20]. Le plumet est porté par les officiers supérieurs et est généralement rouge, il est blanc pour le colonel et pour les majors blanc avec un sommet rouge, à noter que le plumet n'est pas forcément porté en campagne[23],[24]. D'après Patrice Courcelle, certains officiers supérieurs pouvaient porter une crinière en crin de cheval de couleur rouge au bout de leur chenille qui tombait dans le dos, ceci est visible sur le portrait posthume de Ferdinand de Lariboisière exposé au musée de l'Armée[16],[18],[25].
Bonnet de police et pokalem
Le bonnet de police est apparu au sein du régiment sous l'Ancien Régime. Jusqu'au changement d'uniforme décidé en 1809 et effectué en 1810, il est de couleur bleue, avec une grenade blanche à l'avant, un passepoil blanc ; le bonnet se termine par un pompon blanc, des variantes sur le passepoil indiquent le grade de son porteur[13]. Avec la réforme de l'uniforme, le bonnet de police devient blanc avec passepoil et pompon bleu ciel[26]. Le bonnet de police est utilisé généralement comme coiffure pour la tenue de casernement, pour la tenue d'écurie ou pour la pratique d'exercice à cheval comme l'équitation[26]. Il peut aussi être porté en dehors de la caserne en tenue de société mais plus rarement[27]. Il existe des variantes chez les officiers ; on peut remarquer que les bonnets de police sont plus blancs, le pompon est blanc, seul les contours du bonnet possèdent un passepoil bleu ciel, comme la grenade à l'avant blanche avec contours bleu ciel[28]. Le bonnet de police, comme le pokalem, est utilisé comme coiffure pour la tenue d'instruction à pied[26]. La réforme de 1812 introduit dans toute l'armée française le pokalem, un bonnet qui possède deux rabats pour protéger les oreilles en cas de grand froid[26]. Celui des carabiniers est de couleur blanche, avec les distinctifs de couleur bleu ciel ; il était initialement prévu pour remplacer le bonnet de police, et donnera le calot par la suite. Il va cohabiter avec ce dernier jusqu'à la fin de l'Empire, va disparaître avec la Restauration, qui ne conservera que le bonnet de police[26],[29]. Il est relégué à l'instruction au casernement et à l'écurie et il est surtout porté par les soldats, les officiers préférant porter l'ancien bonnet de police[26],[28]. Son introduction dans l'armée faisait partie des préparatifs à la campagne de Russie[26].
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Carabiniers portant un bonnet de police avant 1809 par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Carabiniers en veste d'écurie portant le Pokalem, Carle Vernet, 1812 (musée de l'Armée).
Bicorne
Les sous-officiers et officiers portaient le bicorne en tenue de société, en ville, et parfois en campagne pour certains officiers supérieurs[27],[30]. Le bicorne est en feutre noir, possède une ganse argentée tenant la cocarde réglementaire[27]. Il est généralement porté en bataille, c'est-à-dire dans le même sens que sous Napoléon, mais peut aussi être porté en colonne, c'est-à-dire dans l'autre sens[27],[31]. Pour les officiers, aux extrémités s'attachent deux pompons argentés, d'après Bousquet ; les sous-officiers pouvaient en avoir aussi de couleur rouge[27],[31]. Le bicorne peut avoir un liseré argenté, plus souvent chez les officiers supérieurs. D'après Bousquet, les sous-officiers pouvaient porter un plumet rouge, qui se fixait au niveau de la cocarde[27],[31].
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Capitaine et chef d'escadron, en tenue de société en 1812 par Carle Vernet (musée de l'Armée). Les deux portes le bicorne à cette occasion.
Cuirasse
Les carabiniers portaient, jusqu'en 1767, une demi-cuirasse noire. À partir de cette date, ils n'en portent plus jusqu'en 1810[3],[32]. Un premier essai est effectué en 1802, avec une cuirasse de cuirassier, d'après Begnini[8]. Par le même décret qui instaure le port du casque, le port de la cuirasse est instauré ; elle est en cuivre doré pour les cavaliers et cuivré pour les officiers[3]. Les trompettes, timbaliers et maréchaux-ferrant n'en portent pas, même si une tenue d'essai s'était faite avec cuirasse, en 1810, pour les musiciens[17],[33]. Comme pour les cuirassiers, la cuirasse est constituée de deux parties, une ventrale, le plastron, et une dorsale, la dossière, chacune garnie de 34 rivets, en cuivre ou en laiton[34],[35],[36]. Ces deux parties sont reliées par des épaulières en cuir, recouvertes d'écailles de cuivre, et dont l'extrémité est de forme triangulaire, ou en « pattes de lion » pour les officiers nommée plaque à mortaise, et d'une ceinture de cuir, noir ou bleu, fixée par des rivets à la dossière[21],[34],[35],[36]. Le plastron de la cuirasse des officiers est orné d'un « soleil rayonnant » en argent, moins présent sur les officiers lors de la campagne de Belgique étant donné que le symbole du soleil était relégué à la Maison du roi comme chez les Mousquetaires du Roi[21]. La cuirasse est fabriquée en fer battu, de 2 à 3 mm ; s'y s'ajoute l'écaille de cuivre qui s'arête à 25mm des bords, et doublée d'une garniture de toile de chanvre matelassée de crin, avec une bordure de couleur bleu céleste à galon blanc : appelée la « fraise », elle déborde de la cuirasse et évite les frottements sur la tunique[21],[34],[35],[36]. Pour les officiers supérieurs, il y a au centre de la cuirasse une plaque en soleil où est fixée une étoile à partir de 1810 nommée « soleil rayonnant », son port va diminuer avec la Première Restauration et la refondation de la Maison militaire du roi de France puis de la Garde royale, on retrouve une étoile aussi sur les jugulaires[21],[28]. L'imposition de la cuirasse ne se fait pas sans remontrance, ainsi le le général Clarke écrit une lettre personnelle à l'intention de Napoléon 1er sur la lettre de plaintes qu'il a reçu de la part du colonel Blancard commandant le second régiment de carabiniers ou les carabiniers craignent d'être vu comme moins brave et d'être relégué au même statut que les fusiliers de l'infanterie[37]. Les cuirasses de carabiniers sont d'ailleurs plus lourdes que celles des cuirassiers et coûtent près du double de celles des cuirassiers avec un prix individuel de 62,28 francs[38].
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Carabinier en 1814 par Théodore Géricault, Musée du Louvre. -
Deux cuirasses de carabiniers, exposées dans les anciennes salles Premier Empire du Musée de l'Armée, une cuirasse de troupe et une cuirasse d'officier.
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Le général Lariboisière et son fils Ferdinand, lieutenant au 1er carabiniers à cheval à la bataille de la Moskova en 1812. Ferdinand salue son père avant de charger avec son régiment : il est mortellement blessé lors de la bataille. Peinture de Antoine-Jean Gros. Musée de l'armée (Paris). -
Carabiniers lors de la reconstitution de la bataille de Lützen en 2013. -
Cuirasse et casque d'officier de carabinier (Musée de l'Armée). -

Habit
Soldats et officiers
1804 - 1810
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À partir de 1745, l'habit des carabiniers est bleu[39]. L'habit porté au début de l'Empire, de 1804 à 1810, a peu changé par rapport à l'habit porté à la fin de l'Ancien Régime, lors de la Révolution et lors du Consulat, il s'agit d'un habit veste modèle 1791[40],[41]. Les évolutions sont peu flagrantes, on remarque cependant que par rapport à la période révolutionnaire, l'habit est plus étriqué et les retroussis deviennent artificiels, donc ne se détachent plus[42]. L'habit à la française est bleu avec un fond chamois, le revers de la queue de pie est rouge, les retroussis sont rouges et ornés d'une grenade blanche, les revers en pointe sont rouges et ont sept boutons de chaque côté ; sur les côtés de l'habit, les carabiniers possèdent une poche en large de chaque côté, fermée par trois boutons[40]. Le collet est droit et présente un liseré rouge[40]. D'après des iconographies contemporaines, il est possible que certains carabiniers aient porté des collets écarlates peut-être pour différencier le 1er régiment de carabiniers du 2e régiment de carabiniers[42]. Les deux régiments se distinguent par la couleur des pattes de parement, rouge pour le 1er régiment de carabiniers et bleu pour le 2e régiment de carabiniers[40]. Les boutons en étain sont couleur argent et arborent une grenade, dans laquelle se trouve le numéro du régiment 1 ou 2, par la suite, ils seront en alliage plomb-étain et frappés d'une grenade[21],[40],[41]. Les boutons sur les pattes de parement font 15 mm de diamètre tandis que les autres font 25 mm de diamètre[21]. Sur la manche gauche de l'habit se retrouve les galons du grade, en bas de la manche, et les brisques d'ancienneté en haut[40]. On retrouve d'autres insignes, comme un fer à cheval à l'envers pour les maréchaux-ferrant, ou deux haches formant une croix surmontées d'une grenade pour les sapeurs[33],[43]. Cependant, le surtout modèle 1805 à simple boutonnage était plus fréquemment porté en service que l’habit[41]. Celui-ci avait les revers écarlates, le vêtement était entièrement bleu foncé avec un passepoil écarlate autour du col, des pattes de parement et sur la poitrine[41]. Six à huit boutons d’étain ornaient le devant, tandis que deux étaient portés dans le bas du dos, un sur chaque épaule pour les épaulettes et une paire sur chaque poignet pour les pattes de parement[41]. La tenue de casernement ou d'écurie était un gilet à manches, qui ne comprenait pas de queue de pie et ne possédait pas de revers ; l'habit était bleu, possédait à l'avant de chaque côté deux poches en large, sans boutons ; le gilet était fermé par 10 boutons, avait deux épaulettes fermées par un bouton sans galon ; les manches se fermaient par deux boutons. Il semble ne pas y avoir de différence entre le 1er et le 2e régiment[13]. La tenue de sortie était le frac, de couleur bleue, avec l'intérieur de la queue de pie en rouge, les bordures du col et de l'ouverture de la veste décorées d'un liseré rouge[27]. Les manches se fermaient par deux ou trois boutons, dont les parements étaient ouverts en dessous. Il ne semble pas y avoir de liseré sur les manches, mais on note des exceptions, notamment chez des sous-officiers et des officiers ayant un liseré rouge ou blanc. On note aussi la présence de pattes de parement chez des sous-officiers, à trois boutons, avec un liseré rouge[27]. Entre 1806 et 1808, des soldats portaient une variante, avec des pattes de parements entièrement rouges, comme le bout de la manche[27]. Il semble que le frac était porté lors de tenue de sortie, de société ou de ville, mais aussi en campagne : on le voit dans les illustrations de Rousselot et de Courcelle[44],[45]. Le frac ne semble pas être porté lors des combats, que ce soit lors de la campagne d'Allemagne, la campagne de Prusse et de Pologne ou la campagne d'Allemagne et d'Autriche[46],[47],[48]. En règle générale, les officiers supérieurs entre 1804 et 1810 ne portent pas de broderie supplémentaire sur leur uniforme. D'après Courcelle, Louis Bonaparte, le frère de Napoléon, fait Colonel-général des carabiniers, en portait sur son uniforme, lors du sacre de Napoléon le [49]. Pour cette même occasion, les officiers ont revêtu l'uniforme porté avant la Révolution avec de riches galons d'argent comme le présente les gouaches d'Hoffmann[42]. L'objectif était de rivaliser avec la garde impériale, il semble qu'après cette occasion la tenue ne fût plus portée[14].
1810 - 1812

La réforme de 1809, effective en 1810 une fois que les deux régiments soient de retour en France et aient quitté Hanovre pour Lunéville, une fois les deux régiments prêts, ils retournent en Allemagne en préparation de la campagne de Russie[50],[51]. La réforme impose un changement de couleur, quatre couleur avait été proposé à l'empereur, le noir, le rouge, le blanc et le bleu barbeau, c'est le ministre de la Guerre Jean-Girard Lacuée qui choisit la nouvelle couleur de l'uniforme, le noir fût écarté par le ministre et le bleu barbeau fût écarté par les colonels Laroche et Blancard car trop proche de l'uniforme du service du train[38]. Le choix se porta sur le rouge, l'administration souhaitant un uniforme rouge garance plutôt qu'écarlate[38]. Le ministre trancha pour des raisons économiques et choisit le blanc comme couleur pour le nouvel uniforme, cette couleur est conservée jusqu'à la monarchie de juillet où le blanc est définitivement abandonné pour le bleu en service de grande tenue depuis 1825[38] : l'habit devient blanc avec des distinctives bleu ciel ; le frac est adopté, il possède une queue de pie bien plus courte pour mieux monter à cheval[50],[52]. Le modèle pour les carabiniers est le même qui sera ensuite distribué à partir de 1812 aux cuirassiers[41]. La distinction se fait toujours avec les pattes de parement, blanches pour le 1er régiment, et bleue pour le second[41],[50]. Le bout des manches, ou revers de manche, est bleu ciel pour les deux régiments[50]. Les retroussis simulés sont bleus ornés d'une grenade blanche[50]. Le collet droit est bleu avec un liseré blanc[50]. On retrouve derrière le frac un liseré bleu sur les poches « à la soubise »[50]. D'après Rousselot, dès 1810, les carabiniers sont dotés d'un nouveau gilet pour la tenue d'écurie, la tenue est bleu ciel, comprend deux rangées de boutons à l'avant, dont celle de gauche est décorative ; le gilet ne comprend pas de boutons sur les manches, il descend jusqu'au bassin, alors que, sous l'Empire, les habits s'arrêtent à la taille[26]. Les officiers avait un uniforme identique aux hommes de troupes mais de meilleure qualité et des boutons en argent, sur les revers les grenades sont argentées[53]. La tenue de société nommée aussi habit de bal se compose d'un frac avec une queue de pie plus longue, généralement bleu ciel pour les officiers et sous-officiers ; elle peut aussi être blanche pour les officiers[31],[53],[54]. Le collet est bleu et parfois avec un liseré blanc ; les sous-officiers portent généralement aux manches des parements en pointes tandis que les officiers portent les parements en pointes, ainsi que des pattes de parement[31],[54]. Ce n'est que vers le milieu de l'année 1811 que les deux régiments furent entièrement équipés de leur nouvel uniforme[38].
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Le colonel Blancard à la tête de ses carabiniers pendant la campagne de Russie à la bataille de la Bérézina, par Édouard Detaille (Musée de l'Armée). -
Maréchal-ferrant et caporal fourrier par Carle Vernet, l'insigne sur le bras du maréchal-ferrant est du mauvais côté. Le caporal fourrier arbore un pokalem et porte un gilet conformément au règlement de 1812. (Uniforme période 1812 - 1814). -
Bataille de la Moskova, 7 septembre 1812, huile sur toile de Louis-François Lejeune, 1822. Au premier plan le général Lariboisière au près de son fils gravement blessé. Collections du château de Versailles. -
Bataille de Winkowo 18 octobre 1812 par Peter von Hess au centre des carabiniers fait prisonniers, 1847, Musée de l'Ermitage.
1812 - 1814
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En 1812, un nouveau gilet à manches est introduit, identique à celui porté entre 1804 et 1810, mais bleu céleste, et allant jusqu'à la taille[26]. D'après Eugène Louis Bucquoy, des variantes sont apparues sur le frac de certains carabiniers ; il représente des carabiniers avec des retroussis de manches rouges, notamment lors du siège de Magdebourg[50]. Apparaît aussi une nouvelle tenue de campagne bleu céleste, d'après Begnini, ainsi que sur une représentation d'un tableau conservé au château de Versailles dans le musée de l'Histoire de France. Cet uniforme est porté par certains cavaliers lors de la campagne de Russie[33],[43]. Sur les uniformes bleu céleste, les revers restent bleu ciel et les grenades sur les retroussis restent blanches[33]. Des officiers supérieurs portent un frac bleu céleste sans la cuirasse, lors de la campagne de Russie, avec un collet blanc et liseré bleu, des retroussis blanc sur lesquels ont été cousues des grenades au fil d'argent sur fond bleu[30]. D'après le manuscrit de Dresde, en revanche, certains officiers supérieurs portaient l'uniforme blanc avec la cuirasse, mais les retroussis étaient blancs et le collet bleu, avec des grenades cousues au fil d'argent sur fond bleu[18]. D'après Courcelle, vers la fin de l'Empire, en 1814 et en 1815, des officiers supérieurs portaient un uniforme bleu ciel, avec collet et retroussis blancs ainsi que des grenades cousues au fil d'argent sur les retroussis, mais sur fond blanc[18]. Le général Chouard, en revanche, porte un uniforme du même bleu qu'avant la réforme de 1809, avec des broderies sur le collet et sur les retroussis[18]. L'uniforme bleu céleste est jugé moins salissant que l'uniforme blanc, donc plus apte aux campagnes tandis que l'uniforme blanc est relégué aux grandes occasions comme les grandes batailles comme lors de la bataille de la Moskova ou à la bataille de la Bérézina[55]. En 1812, par un règlement non appliqué, les officiers avaient l'obligation d'avoir des revers bleu célestes[53]. L'ensemble de ses règlement ont pour but de rendre homogène les uniformes des carabiniers et des cuirassiers[56].
1814 - 1815

Avec la première Restauration, des modifications mineures sont apportées aux carabiniers comme les monogrammes et les insignes qui deviennent ceux de Louis XVIII et du Royaume de France aux trois fleurs de lys[57]. Lors de la campagne de Belgique, l'uniforme est bleu céleste pour les cavaliers et sous-officiers, et blanc à partir du grade de capitaine ; les collets et retroussis semblent être rouges, avec les grenades sur les revers blanches. Courcelle représente les retroussis et le collet blanc avec les grenades des revers rouges[20],[54]. On le voit notamment sur une peinture naïve représentant le 2e régiment lors de la campagne de Belgique[21]. Avec la seconde Restauration, l'uniforme blanc est conservé mais les carabiniers prennent comme distinctif le cramoisi d'après les décrets (en réalité, il s'agit plus d'un rouge foncé)[57]. Le collet devient cramoisi passepoilé de blanc comme la fraise de la cuirasse, la tenue bleu céleste reste la petite tenue, et ce n'est qu'en 1825 qu'elle prévaut sur le blanc, cela va resté la couleur de l'uniforme des carabiniers jusqu'à la guerre franco-allemande de 1870[57]. Lors de cette campagne, le 2e régiment de carabiniers ou carabiniers belges du Royaume uni des Pays-Bas porte un uniforme similaire inspiré de celui des carabiniers français mais avec des couleurs différentes, le casque est le même mais possède une plaque avec une tête de dragon[58],[59].
Trompettes et timbaliers

Entre 1804 et 1810, les trompettes ont un uniforme rouge avec revers et retroussis bleu, une grenade blanche, un liseré bleu sur le collet et deux galons blancs, toujours sur le collet, l'un étant plus large que l'autre[12],[60]. Il existe des variantes, d'après Courcelle et Begnini : l'habit porté est le frac, il est entièrement rouge, avec les retroussis bleus et les grenades blanches[12]. Begnini représente les trompettes avec un liseré blanc et un galon blanc au collet comme E. Prost[12],[61]. En 1810, d'après Rousselot, avant d'adopter la nouvelle tenue, l'uniforme est un frac rouge avec une queue de pie relativement longue. Le manuscrit de Markholsheim le montre avec un collet et retroussis bleus, une grenade blanche sur les retroussis[62]. Il y a deux variantes : sur l'une, le liseré bleu sur le collet est avec un petit galon blanc, sur l'autre, le liseré est rouge avec un galon blanc large[62]. Sur le devant de l'habit, des galons portent des boutons jusqu'au côté, et se terminent par des pompons, les galons et pompons sont blanc[62]. Dans un autre dessin de Rousselot où le casque est adopté, la queue de pie est courte, l'habit frac est rouge avec le collet bleu de l'ancien modèle, un liseré rouge et un galon blanc ; les retroussis sont bleus, la grenade blanche, et le galonnage sur le torse comporte dix galons et vingt pompons[62]. La nouvelle tenue pour les trompettes, selon le règlement de 1809, est bleu ciel avec collet bleu ciel, galon et liseré blanc, retroussis blanc, les grenades des retroussis bleues, dix galons blancs sur le torse, partant des boutons du frac et finissant en flèche et ne possédant pas de pompons[63]. D'après Begnini, les timbaliers, entre 1810 et 1812, ont aussi sept galons blancs sur les manches, un collet blanc avec galon blanc gris et un liseré bleu[64]. D'après Liliane et Fred Funcken, les timbaliers n'ont pas de galons sur les manches, et seulement six sur le torse et non dix[65]. D'après Rousselot, les trompettes en grande tenue ont cinq galons sur le torse, un tous les deux boutons, le collet est bleu avec galon blanc et liseré blanc ; en campagne, ils n'ont pas de galon sur le torse et arborent un collet blanc avec galon blanc et liseré blanc[64]. La grande variété d'uniformes possibles pour les trompettes et timbaliers des carabiniers entre 1810 et 1812 est due aux hésitations de l'état major quant aux nouvelles tenues en pleines modifications majeures de l'uniforme[38]. À partir de 1812, la livrée impériale est introduite : l'uniforme devient vert dragon pour les trompettes, avec retroussis bleu comprenant une grenade rouge, collet bleu avec liseré généralement rouge mais aussi bleu, et la livrée. C'est une bande de tissu verte avec bordure rouge, dans laquelle se trouvent des parties circulaires jaunes, enfermant une aigle impériale verte, ou un « N », alternant entre aigle et « N »[19],[21]. D'après Begnini, les grenades sur les retroussis étaient blanches à la fin de l'Empire[19]. L'uniforme à la livrée n'est pas portée par les trompettes de carabiniers en Russie, la livrée est entièrement adoptée par les trompettes lors de la campagne de 1813 en Allemagne, lors de la campagne de Russie, c'est l'habit bleu céleste qui est porté[66]. Lors de la campagne de Belgique, les trompettes avaient encore l'habit à la livrée du comte d'Artois. Certaines livrées avaient peut-être été gardées, et d'autres avaient été remplacées par des bandes de tissu blanc[20].
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Trompette de carabinier en service à cheval portant la livrée impériale en 1812 par Charles Brun (Vinkhuijzen collection of military uniforms). -
Trompette major de carabinier en petite tenue à pied par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France).
Sous-vêtements

Comme sous-vêtements, est portée une chemise assez longue, descendant jusque en dessous de l'entre-jambes[68]. On mettait un caleçon long, partant de la taille et allant jusqu'en dessous du genou[68]. Des bas étaient enfilés sur les jambes, faisant office de chaussettes et montant presque jusqu'à la base de la jambe. Au niveau du col de la chemise, était passé une cravate généralement noire[68]. Un gilet sans manche blanc était mis par dessus, il était assez semblable au gilet mis en casernement ou en tenue d'écurie, avec deux poches sans boutons mais possédait neuf boutons[40]. Les sous-vêtements étaient les mêmes que pour le reste de l'armée[40].
Pantalon
Culotte d'équitation
La culotte des carabiniers est une culotte d'équitation, assez proche de celle des cuirassiers ; elle est faite en peau de chamois et est généralement de couleur blanche ou beige[40]. Elle va de la taille jusqu'au genou et se met par dessus les bas et le caleçon[40]. Elle est fixée à la sortie des bottes par une genouillère blanche ; elle s'attache à l'aide de deux boutons, situés vers l'extérieur[40]. D'après Courcelle et Rousselot, entre 1806 et 1809, certains cavaliers, trompettes et officiers avaient une culotte bleu ciel, voire azur[45],[49]. À partir de 1812, des surculottes sont distribuées pour les campagnes ; elles sont généralement grises comme pour les cuirassiers ; elles pouvaient avoir un galon bleu ciel pour les officiers supérieurs ; d'après Rousselot, elles pouvaient aussi être brunes[54].
Surpantalon
On retrouve des sur-pantalons à partir de la campagne de Russie ; contrairement aux sur-culottes qui se mettent par-dessus la culotte mais entrent dans les bottes, le sur-pantalon passe par dessus les bottes[69]. Il est généralement de couleur grise, avec un fond noir, et en daim, pour que le cavalier ne glisse pas sur la selle. Il existe des variantes : d'après Begnini, les maréchaux-ferrants avaient un sur-pantalon bleu à fond noir, et les cavaliers des pantalons beige avec un fond de même couleur[69],[33]. D'après Rousselot, les trompettes pouvaient porter un pantalon beige-gris, avec un liseré bleu sur le côté de la jambe[64]. Le sur-pantalon devait être assez large pour pouvoir faire passer les bottes[69].
Culotte
La culotte de drap était semblable à celle de l'infanterie, pour les services à pied comme pour la garde de la caserne, ou pour la tenue de ville et de société. Elle était blanche ou bleue entre 1804 et 1810, et ensuite uniquement blanche[27],[70],[31].
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Carabiniers dans l'uniforme avant la réforme de 1809 portant une culotte d'équitation bleu par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Carabinier à Waterloo d'après Joan Catalá portant une culotte d'équitation blanche.
Pantalon de casernement
En tenue de casernement, le pantalon descendait jusqu'au pied, relativement large pour pouvoir mettre ses bottes en dessous, de couleur blanche ou grise ; utilisé en casernement ou à l'écurie, il possédait généralement deux poches en long, des deux côtés[13],[26].
Chaussures
Bottes à l'écuyère

Les bottes des cuirassiers sont du modèle de cavalerie dit « à l'écuyère », noires, en cuir de vache à tiges fortes et genouillères, et munies d'éperons mobiles[40]. Les bords de la semelle et du talon sont cloués[40]. La hauteur des bottes est déterminée de sorte qu'en position assise, le bord supérieur de la genouillère soit dans la ligne de la cuisse, et l'échancrure au niveau du creux du genou[40].
Bottes « à la hongroise »
Les officiers pouvaient porter des bottes « à la hongroise », notamment en casernement, lors d'inspections, ou en ville. Cependant, c'était à leurs frais : l'armée ne fournissait pas les carabiniers en bottes « à la hongroise », dites aussi « bottes Souvarov ». C'est le cas dans l'ensemble des régiments de cavalerie où ce genre de bottes ne faisaient pas partie de l'uniforme[71].
Chaussures à boucle ou à lacet
Pour la garde ou l'instruction, les cavaliers du régiment portaient des chaussures à boucle ou à lacet, généralement faites en cuir noir de vache, les mêmes que celles portées par l'infanterie[26]. Lors de l'instruction, elles sont portées avec des guêtres s'arrêtant au-dessus du genou, les guêtres pouvant être blanches ou noires ou lors d'un service à pied quelconque comme la garde[26],[72],[73]. Ces chaussures pouvaient être portées par les officiers et sous officiers, mais uniquement à boucle, avec leur tenue de société[27],[31].
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Carabiniers du 2e régiment en service à pied portant ici des chaussures à boucles et des guêtres blanches en 1809 par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France). -
Carabinier du 1er régiment, en service à pied au près de l'empereur, portant ici les bottes avant la réforme de 1809 par Ernest Fort (Bibliothèque nationale de France).
Sabots
Pour le travail dans les écuries, les soldats pouvaient porter des sabots[13]. Généralement portés pied nus, sans bas, et avec un pantalon de casernement, pour s'occuper des chevaux et du matériel[13]. A l'Emperi est conservé un tableau naïf probablement antérieur à 1811 représentant des carabiniers en tenue d'écurie portant un pantalon pour les écuries et des sabots[74].
Autres parties de l'uniforme

Manteau à rotonde ou long manteau
Pour se protéger de la pluie, les carabiniers avaient un manteau à rotonde, de couleur grise, entre 1804 et 1815, et bleu ciel avec un liseré blanc à partir de 1810 pour les officiers[27],[31]. Quand le manteau n'est pas porté, il peut être rangé dans le porte-manteau attaché derrière le troussequin de la selle[31]. Le manteau à rotonde descend presque jusqu'aux chevilles et possède un grand collet droit qui protège les joue de son porteur[27],[31]. Dans le film Guerre et Paix de Sergueï Bondartchouk, les carabiniers sont représentés chargeant avec le manteau, ce qui n'était pas le cas lors de la bataille de la Moskova[75]. Le manteau est identique à celui des cuirassiers mais il est fait en sergé de laine[53]. En 1810 le manteau adopté était bleu, il est vite abandonnée début 1811[53]. Le bleu fût remis en service puis définitivement abandonné en 1813[76]. Les officiers possèdent en plus des galons argentés[76].
Manteau d'officier
Les officiers portent aussi un manteau bleu, s'arrêtant à la moitié du bas de jambe ; il se ferme à droite, possède deux rangées de boutons, trois à droite et quatre à gauche[31]. Il a deux boutons aux manches et possède des revers de manches bleus[31]. Il est porté dans la tenue dite « du matin »[31].
Ceinture et plaque de ceinture
Les carabiniers portent une ceinture, généralement couleur or, de 1804 à 1815, parfois blanches pour les officiers supérieurs, selon le règlement de 1812[31]. Les liserés sur les bordures sont blancs[31]. La plaque de ceinture est dorée, avec une grenade qui porte le numéro du régiment 1 ou 2[31].
Gants
Pour la pratique de l'équitation, pour atténuer le frottement des rênes, les carabiniers possèdent des gants de couleur blanche - beige[31]. D'après le Bucquoy, lors de la campagne de France, certains en avaient de couleur noire[54].
Epaulettes
Les épaulettes portées par les carabiniers sont à frange, bordées de blanc[40]. Elles sont rouges pour les soldats, rouge et argentées pour les sous-officiers, argentée pour les officiers, argentée ou dorée pour les officiers supérieurs[31],[40],[45]. Pour les trompettes, entre 1804 et 1810, elles sont blanches, d'après Begnini et Courcelle, et bleues bordées de blanc, d'après Rousselot[77]. D'après le règlement de 1810, elles sont blanches. Selon le règlement de 1812, elles deviennent rouges[77]. Les timbaliers, d'après Begnini, ont des épaulettes blanches[77]. Certains officiers, en fonction des grades, portent des contre-épaulettes[31].
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Paire d'épaulettes d'un adjudant sous-officier des carabiniers, collections du musée de l'Armée.
Buffleterie
Les carabiniers portent une giberne de couleur noire, sur laquelle est fixée une grenade avec le numéro du régiment. Elle contient des munitions pour leur carabine ou leur pistolet[6]. Elle est attachée à la ceinture en buffle du carabinier[6]. Il a aussi un ceinturon en buffle, bordé de blanc, qui tient son sabre[6]. Fin 1811, quand les carabiniers récupèrent leurs carabines, un nouveau ceinturon est distribué, avec une nouvelle attache pour leurs baïonnettes ; ils reçoivent aussi une banderole porte-mousqueton, pour ne pas perdre le mousqueton de cavalerie à cheval[78]. Par les décrets de 1810 les carabiniers ne disposant plus d'arme d'épaule leur buffleterie n'avait plus à être porter, mais avec les préparatifs à la campagne de Russie, l'état major revint sur sa décision[38]. Ceci étant officialisé par la réforme Bardin (du nom d'Étienne Alexandre Bardin)[66].

Armement
Les carabiniers sont armés du sabre droit, dit « de l'An XI »[6]. La garde est une coquille à trois branches ; sur cette coquille, on retrouve une grenade[6]. Le fourreau est en fer recouvert en parti de cuir noir garni d'une chappe à bouton et d'un bord en laiton[6],[21]. Il est accroché au ceinturon par deux bélières[6]. Pour ne pas perdre le sabre lors de charge, une dragonne de cuir noir, avec un gland écarlate, est attachée ; le gland est écarlate et argenté pour les sous-officiers, argenté pour les officiers et doré pour les officiers supérieur[6],[31],[49],[79],[80]. Il semble qu'un nouveau sabre est adopté en 1812 d'après Yves Martin, il conserve une garde identique à trois branches comme celle des cuirassiers avec une lame à la Montmorency, l'arme est similaire à celle des grenadiers à cheval de la Garde impériale[55]. Mais les ancien sabres ne sont pas abandonné pour autant et continue de servir, de plus on peut noter l'usage de sabre de dragon, de cuirassier ou d'arme prise à l'ennemis principalement lors de la campagne d'Allemagne de 1813, prussiennes, russes ou autrichiennes[55],[57]. Lors de la campagne de Belgique les deux régiments sont équipés de sabres AN IV dit « ArcoI » et de sabres An XIII[21]. Dans les fontes devant la selle, les carabiniers portent un ou deux, pistolets type An IX ou An XIII. À partir de 1811, l'armement est complété d'un mousqueton (fusil Modèle 1777 de cavalerie AN IX d'après André Jouineau et Olivier lapray) et d'une baïonnette ; cependant dès 1804, on retrouve des carabiniers avec des fusils, il semble qu'après la campagne de Russie ils n'en soient plus doté[3]. Avant 1810 on ne sait pas exactement ce que pouvait avoir les carabiniers comme fusil, mais il devait s'agir probablement de fusil de dragon ou de marine probablement à grenadière simple[14]. Rousselot ne tranche pas la question et indique uniquement des armes de ce type[14]. À noter qu'entre 1810 et 1811 les armes d'épaules sont retirées aux carabiniers par décret[38]. Ses armes sont très différentes de celles porté avant la révolution[81].
Cheval
Les chevaux sont de robe noire ou foncée comme Bai-brun pour la troupe et les officiers, les trompettes ont des chevaux de robe grise[21]. Les chevaux sont dits « à tous crins » car ils ne sont pas tondus[21].
Équipement du cheval

La selle des carabiniers est en cuir naturel[44]. Elle est protégée par une demi-schabraque de mouton blanc pour les soldats, sous-officiers et officiers ; les trompettes ont du mouton noir ; les officiers supérieurs n'en ont pas[44],[82],[83],[63]. Par décret du 4 brumaire An IX () les couleurs des selles de cavalerie sont fixées en bleu foncé bordé de dentelle blanche[84]. Elle est festonnée de rouge entre 1804 et 1810, puis de bleu[44],[82],[83],[63]. Ensuite elle est laissé en cuir naturel[85]. La housse croupelin est en tissu bleu, puis bleu ciel, galonné de blanc ; dans le coin, une grenade, blanche[82],[83]. D'après E. Prost dans une série de dessins sur les carabiniers, en 1810 la housse croupelin des trompettes en 1810 pour ceux ayant un uniforme rouge était rouge également[61]. Avant 1810 les officiers avaient une selle bleu qui pouvait être protégé par une housse argenté[85]. Les coutures pour les officiers sur la selle sont en fils d'argent[85]. Après 1810 la housse de selle devient bleu céleste comme la selle[85]. La selle bleu céleste était bordée de dentelle de soie bleue, ainsi que d'une seconde bande de dentelle de 15 mm de large le long du tapis de selle et du fourreaux du sabre, elle était dorée pour un major et argentée pour un colonel[56],[85]. Pour tous les jours et en campagne les officiers porte une selle et porte-documents bleu céleste avec une bande de 40 mm blanche piqué de bleu céleste sur le bord, l'arrière de la selle décoré deux grenades argentées une de chaque côté[56].
Le harnachement du cheval est en cuir noir généralement, les sangles sont grises et les étrivières blanches[82],[83]. Pour les officiers à partir de 1810 de nouvelles étrivières sont mis en service dite « à la hongroise »[85]. L'harnachement se compose aussi d'une martingale en cuir noir et d'une croupière en cuir noir également[85]. La selle comporte derrière la jambe du cavalier un rangement pour un fer à cheval, des deux côtés de la selle, ce qui permet de ferrer le cheval plus rapidement[82],[83]. Les étriers en fer sont à base circulaire assez large, permettant une grande stabilité du cavalier et éviter les chutes[82],[83]. Pour les officiers les étriers sont en bronze[85]. Les officiers supérieur ont des selles blanches ou bleues, le général Chouard en a une rouge, les fontes sont visibles et galonnées argent, ou alors recouvertes de mouton noir ; la housse croupelin du général Chouard est rouge avec un galonnage doré, tandis que les autres officiers supérieurs en ont une bleue galonnée en argent[86].
Le portemanteau est carré, de toile bleue, galonné de blanc[82],[83]. Il porte sur chaque côté une grenade blanche, certains modèles sont rectangulaires et portent le chiffre du régiment. Le manteau plié se porte attaché sur le portemanteau[82],[83],[87]. La réforme de 1812 fera des modifications mineures, le portemanteau était attaché au troussequin par deux bandes de dentelle blanche, ce qui est remplacé par trois lanières de cuir noir[85]. un étui est également rajouté pour protéger le manteau[85].
Le fillet se compose notamment d'une martingale, d'une fausse martingale, d'une têtière et d'un licol d'écurie qui étaient en cuir noir, pour la parade le licol était en argent[85].
Annexes
Bibliographie
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Notes et références
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