Union des femmes antifascistes

Union des femmes antifascistes
Siège de l'association à Valence, Espagne, pendant la guerre civile.
Histoire
Fondation
1933
Cadre
Type
Forme juridique
Association
Domaine d'activité
Politique
Pays
Organisation
Idéologie
Positionnement

L'Union des femmes antifascistes, en espagnol Asociación de Mujeres Antifascistas (AMA) (qui a eu diverses dénominations selon les époques: initialement "Femmes contre la Guerre et le Fascisme", puis "Groupement de Femmes Antifascistes" à partir de et "Union de Femmes Espagnoles" ou "Union de Femmes Antifascistes Espagnoles (AMAE)" pendant l'exil républicain), est une association de caractère antifasciste, féministe et unitaire créée en Espagne en 1933 par le Parti Communiste (PCE), au départ comme section espagnole de l'organisation internationale Femmes contre la Guerre et le Fascisme, aussi connue sous le nom de Comité Mondial des Femmes contre la guerre et le fascisme, créée en France à l'initiative de l'Internationale Communiste, après le triomphe d'Hitler en Allemagne la même année[1],[2].

L'association a été créée sous l'impulsion de Dolores Ibárruri La Pasionaria et a rassemblé bon nombre des activistes de la gauche politique pendant la Seconde République Espagnole[3]. Ce fut l'organisation féminine la plus importante de l'époque, avec Mujeres Libres, liée à la Confédération Nationale du Travail (CNT) et à l'Union de Jeunes Filles, des Jeunesses Socialistes Unifiées (JSU)[4].

À la différence d'autres organisations similaires, celle-ci ne s'est pas toujours basée sur des groupes territoriaux et a eu un contenu plus politique que social dans le milieu féministe, de plus en plus centré sur une attitude combattante des femmes face au fascisme. Bien qu'issue du PCE, elle a rassemblé des femmes d'un ample spectre politique progressiste, dont certaines développaient aussi leur activité militante dans d'autres organisations féministes[5]. Ses membres les plus connues furent Margarita Nelken ou Matilde Cantos. Après Dolores Ibárruri, l'association a été dirigée, successivement, par Lina Ódena, Encarnación Fuyola et Emilia Elías[6].

Pendant la guerre civile espagnole (époque à laquelle elle était appelée Groupement de Femmes Antifascistes) l'Union de Jeunes Filles, l'Unió de Dones de Catalunya et l'Aliança Nacional de Dones Joves intégrèrent l'AMA, devenue un mouvement essentiel, car le gouvernement de la République lui avait confié l'assistance sur les fronts de la guerre et l'aide aux combattants avec la création d'un Comité d'Aide Féminin. L'association a compté jusqu'à plus de 50.000 membres et 225 groupes.

Union de Femmes Espagnoles

Durement réprimée pendant la dictature franquiste, avec beaucoup de ses membres fusillées ou en prison, l'organisation est passée à l'exil sous le nom d'Union des Femmes Espagnoles (UME), active surtout en France et au Mexique. En France, beaucoup d'entre elles ont participé au maquis pendant la Seconde Guerre mondiale et se sont réorganisées après la victoire des Alliés, en tenant à Toulouse (1946) leur premier Congrès en exil, et en poursuivant leur aide aux réfugiés et aux prisonniers dans les prisons espagnoles. Mais c'est depuis le Mexique qu'elles continuèrent à lutter le plus activement. À partir des années 1960 elles ont élargi leur collaboration avec d'autres organisations internationales de femmes, en envoyant du matériel scolaire à la Fédération de Femmes Cubaines de Cuba ou en collaborant avec les femmes du Salvador et du Nicaragua. L'Union a continué ses activités jusqu'à la libération du dernier prisonnier politique en Espagne, puis s'est dissoute.

Bibliographie

  • Christine Fauré, Enciclopedia histórica y política de las mujeres: Europa y América, Akal, , 566 y 624 (ISBN 9788446022831, lire en ligne)
  • Manuel Ortiz Heras, David Ruiz et Isidro Sánchez Sánchez, Movimientos sociales y Estado en la España contemporánea, Universidad de Castilla-La Mancha, , 399-401 p. (ISBN 9788484271376, lire en ligne)
  • Ruiz-Funes, Concepción y Enriqueta Tuñon (1992) Nous avons été l'union de femmes espagnoles antifacistes au Mexique (1939-1976), en Politique et Culture N° 1. Université Autonome Métropolitaine, Unité Xochimilco. le Mexique.
  • Scanlon, Geraldine. La polémique féministe de la l'Espagne contemporaine 1866-1974. Siècle XXI Éditeurs, 1970.
  • Di Phebo, Giuliana. Résistance et mouvements de femmes en Espagne 1936-1976. Icaria, 1979.
  • Yusta, Mercedes (2009), Mères Courage contre Franco. L'Union de Femmes Espagnoles en France, de l'antifascisme à la guerre froide, Cátedra.

Références

  1. (es) « Mujeres antifascistas españolas : boletín publicado por la Unión de Mujeres Españolas (1946) » (consulté le )
  2. « Les féminismes européens face aux fascismes » (consulté le )
  3. (es) « La Asociación de Mujeres Antifascistas, la II República y Pasionaria » (consulté le )
  4. (es) « Mujeres Libres y AMA » (consulté le )
  5. « Guerre civile espagnole. Les Femmes dans l’action mondiale » (consulté le )
  6. (es) « Mujeres Antifascistas » (consulté le )
(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Asociación de Mujeres Antifascistas » (voir la liste des auteurs).
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