Ursula Brand

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 57 ans) |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
| A travaillé pour |
|---|
Ursula Brand (souvent improprement orthographié Brandt[1]), surnommée « La Panthère » en raison de son manteau de fourrure, née le à Barmen et morte le , est une traductrice allemande, connue pour avoir été l'assistante du chef du Sonderkommando de Clermont-Ferrand, Paul Blumenkamp, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
Ursula Brand, née en 1922 à Barmen, étudie à partir de 1940 l'interprétation en français, allemand et espagnol à l'université de Heidelberg[2]. Elle décide de venir en France pour servir d'interprète (« Dolmetscherin »), à partir du printemps 1943. Secrétaire et traductrice au Sonderkommando basé à Clermont-Ferrand, elle outrepasse en réalité largement ses fonctions « officielles ».
C'est la seule femme qui participerait aux tortures menées par le Sonderkommando de Clermont-Ferrand, puis plus tard par l'équipe française dirigée par le collaborateur Georges Mathieu. Plusieurs témoins attestent de sa présence et de son plaisir à regarder les exactions commises en interrogatoire.
Ursula Brand est également présente lors des expéditions extérieures allemandes. Elle se fait particulièrement remarquer au cours de la rafle du 25 novembre 1943, où elle aide Georges Mathieu à procéder au tri des professeurs, personnels et étudiants des universités de Clermont-Ferrand et de Strasbourg[3]. Elle participe aussi aux opérations contre d’anciens camarades M.U.R. du Puy-de-Dôme de Georges Mathieu (du 9 au )[4] ; à l’attaque contre le 1er Corps franc d’Auvergne et à la rafle de Volvic (le )[5], ainsi qu'à l'attaque allemande des maquis de Prondines (le )[6].
Elle quitte Clermont-Ferrand au printemps 1944. Début mai, elle indique être rentrée chez elle, à Cologne, dans une lettre à l'équipe française du Sonderkommando de Clermont-Ferrand (retrouvée lors des arrestations des couples Mathieu et Bresson) : « Et vous, chers amis, comment allez-vous ? Comment passez-vous ce dimanche ? Je vous vois dans le bureau de Georges [Mathieu], Jeannette [Bresson] devant la machine à écrire, et 4 cadavres dans un coin : " Alors, espèce de vieux... dis la vérité ou… " etc. Moi, je connais la musique ! (…) »[7].
Ursula Brand est condamnée à mort par contumace, par le tribunal militaire de Lyon, le , au cours du procès couramment nommé « procès de la Gestapo de Clermont ». Elle ne purgera jamais de peine[8].
Elle décède à l'âge de 57 ans, le [9].
Références
- ↑ Vanessa Michel reproduit dans son ouvrage : L'attentat de la Poterne - un drame au cœur de Clermont, Ôtrement, 2015 (ISBN 978-2-9531-323-7[à vérifier : ISBN invalide]), p. 147, l'acte de mariage de Georges Mathieu et de Christiane Cuirot, qui avaient Blümenkamp et Brand pour témoin. Ce document atteste de manière incontestable de l'orthographe des noms des deux agents allemands du Sonderkommando.
- ↑ Vanessa Michel, Georges Mathieu: de Saint-Cyr à la Gestapo, Vanessa Michel, 2023 (ISBN 979-10-415-3206-3), cette citation et les renseignements qui suivent dans ce paragraphe sont extraits des pages 45 et 46 du livre.
- ↑ https://vanessamichelartiste.wordpress.com/2023/11/24/25-novembre-1943-la-grande-rafle-de-luniversite-de-strasbourg/
- ↑ https://vanessamichelartiste.wordpress.com/2023/12/09/les-operations-contre-danciens-camarades-m-u-r-de-mathieu-du-9-au-13-decembre-1943
- ↑ https://vanessamichelartiste.wordpress.com/2024/03/01/1er-mars-1944-lattaque-contre-le-1er-corps-franc-dauvergne-et-la-rafle-de-volvic
- ↑ https://vanessamichelartiste.wordpress.com/2024/03/30/30-mars-1944-attaque-allemande-des-maquis-de-prondines
- ↑ Missive reproduite intégralement dans Gilles Lévy et Francis Cordet, À nous Auvergne, la vérité sur la résistance en Auvergne, 1940-1944, Paris, Presses de la Cité, 1974.
- ↑ Vanessa Michel, Georges Mathieu: de Saint-Cyr à la Gestapo, Vanessa Michel, 2023 (ISBN 979-10-415-3206-3), p. 232.
- ↑ Christophe Grégoire, Les Vampires, éliminations et sabotages: Résistance, 1943-1945, De Borée, coll. « Témoignage », 2015 (ISBN 978-2-8129-0920-7), p. 55.
Liens externes
- Portail de la Seconde Guerre mondiale
- Portail de Clermont-Ferrand