Vénus Khoury-Ghata

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| Décès |
(à 89 ans) 15e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Vénus Abdel Sater |
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Prix Guillaume-Apollinaire () Liste détaillée Prix Guillaume-Apollinaire () Grand prix de poésie de la SGDL ( et ) Prix Nice-Baie-des-Anges () Prix Jules-Janin () Grand prix de poésie de l'Académie française () Prix Goncourt de la poésie () Prix de poésie Pierrette-Micheloud () Prix Renaudot du livre de poche () Commandeur de la Légion d'honneur () Prix Geneviève-Moll de la biographie (d) () Maître ès Jeux floraux () Commandeur des Arts et des Lettres () Grande officière de l'ordre national du Mérite () |
Vénus Khoury-Ghata, née le à Bikfaya au Liban et morte le à Paris[1],[2], est une femme de lettres franco-libanaise.
Biographie
Vénus Khoury naît au Liban, près de Beyrouth, à Bikfaya[3]. Fille d’un militaire francophone, interprète auprès du Haut Commissariat français pendant le mandat[4] et d’une mère paysanne, elle se souvient de son enfance passée à Bcharré, village de montagne du poète Khalil Gibran[5],[4], le village de sa mère, lieu qu'elle aimait beaucoup, qu'elle appelle « au nord de tous les nords » et qu'elle qualifie de « lieu de bonheur »[6]. Elle est la sœur aînée de May Menassa[7],[8].
En 1957, elle se marie à un homme d’affaires[4]. Elle entreprend des études littéraires à l'École supérieure de lettres de Beyrouth, puis commence une carrière de journaliste[3]. Elle publie son premier recueil de poèmes Les Visages inachevés en 1966 et, en 1967, Terres stagnantes, chez Seghers[5]. Elle s’installe à Paris en 1972[9],[10] et épouse le médecin et chercheur français Jean Ghata[11]. Elle publie son premier roman, Les Inadaptés, en 1971[5].
Les femmes sont au centre de ses romans, comme personnage principal, tandis que les hommes sont souvent connotés péjorativement[11]. Elle les dépeint comme responsables du péché originel, du mal qui engloutit les femmes[11].
Vénus Khoury-Ghata obtient le grand prix de poésie de l'Académie française en 2009 pour l'ensemble de son œuvre poétique[12] et le prix Goncourt de la poésie en 2011 pour l'ensemble de son œuvre[13].
En 2017, elle est nommée présidente du jury du grand prix national de la poésie du ministère de la Culture[14].
En 2018, elle intègre le Parlement des écrivaines francophones aux côtés de Sedef Ecer, Paula Jacques et Khadi Hane, entre autres[15].
Elle a publié une quarantaine de romans et de recueils de poésie traduits en 15 langues[16].
Vie privée
Sa fille, Yasmine Ghata, est également écrivaine[17].
Publications
Romans
- Les Inadaptés, roman, Éditions du Rocher, 1971.
- Dialogue à propos d’un Christ ou d’un acrobate, roman, Éditeurs français réunis, 1975.
- Alma, cousue main ou Le Voyage immobile, roman, Régine Deforges, 1977.
- Le Fils empaillé, roman, Belfond, 1980.
- Vacarme pour une lune morte, roman, Flammarion, 1983.
- Les morts n’ont pas d’ombre, roman, Flammarion, 1984.
- Mortemaison, roman, Flammarion, 1986.
- Bayarmine, roman, Flammarion, 1988.
- Les Fugues d’Olympia, roman, Régine Deforges/Ramsay, 1989.
- La Maîtresse du notable, roman, Seghers, 1992.
- Les Fiancées du Cap Ténès, roman, JC Lattès, 1995.
- Une maison au bord des larmes, roman, Balland, 1998, réédition Actes Sud, coll. Babel, 2005.
- La Maestra, roman, Actes Sud, 1996, collection Babel, 2001.
- Privilège des morts, roman, Balland, 2001.
- Zarifé la folle, nouvelles, François Jannaud, 2001.
- Le Moine, l’Ottoman et la femme du grand argentier, roman, Actes Sud, 2003.
- Quelle est la nuit parmi les nuits, roman, Mercure de France, 2004.
- La Maison aux orties, roman, Actes Sud, 2006.
- Sept Pierres pour la femme adultère, roman, Mercure de France, 2007.
- La Revenante, roman, L'Archipel, 2009.
- Le Facteur des Abruzzes, roman, Mercure de France, 2012.
- La fiancée était à dos d’âne, roman, Mercure de France, 2013.
- La Femme qui ne savait pas garder les hommes, roman, Mercure de France, 2015.
- Les Derniers Jours de Mandelstam, roman, Mercure de France, 2016.
- L'Adieu à la femme rouge, roman, Mercure de France, 2017.
- Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga, roman, Mercure de France, 2019.
- Ce qui reste des hommes, roman, Actes Sud, 2021.
Poésie
- Les Visages inachevés, poèmes, 1966.
- Terres stagnantes, poèmes, Éditions Seghers 1968.
- Au sud du silence, poèmes, Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1975.
- Les Ombres et leurs cris, poèmes, Éditions Belfond, 1979.
- Qui parle au nom du jasmin ?, poèmes, Éditeurs français réunis, 1980, réédition Éditions des Moires, 1995 ; réédition Éditions Bruno Doucey, coll. « Sacoche », 2025.
- Un faux pas du soleil, poèmes, Belfond, 1982.
- Monologue du mort, poèmes, Belfond, 1986.
- Leçon d’arithmétique au grillon, poèmes pour enfants, Milan, 1987.
- Fables pour un peuple d’argile, suivi de Un lieu sous la voûte et de Sommeil blanc, poèmes, Belfond, 1992.
- Ils, poèmes, illustrés par Matta, tirage limité, Amis du musée d’art moderne, 1993.
- Anthologie personnelle, poèmes, Actes Sud, 1997, réédition 2009.
- Elle dit, suivi de Les sept brins de chèvrefeuille de la sagesse, poèmes, Éditions Balland, 1999.
- La Voix des arbres, poèmes pour enfants, Le Cherche midi, 1999.
- Alphabets de sable, poèmes, illustrés par Matta, tirage limité, Maeght, 2000.
- Le Fleuve, suivi de Du seul fait d’exister, poèmes, avec Paul Chanel Malenfant, Trait d’Union, 2000.
- Version des oiseaux, poèmes, illustrés par Velikovic, François Jannaud, 2000.
- Compassion des pierres, poèmes, Éditions de la Différence, 2001.
- Six poèmes nomades, avec Diane de Bournazel, Al Manar, 2005.
- Stèle pour l'absent, poèmes, Al Manar, 2006.
- Les Obscurcis, poèmes, Mercure de France, 2008.
- À quoi sert la neige ?, poèmes pour enfants, Le Cherche Midi, 2009.
- Orties, poèmes, Al Manar, 2011.
- Où vont les arbres ?, poèmes, Mercure de France, 2011.
- La Dame de Syros, poèmes, éditions Invenit, 2013.
- Le Livre des suppliques, poèmes, Mercure de France, 2015.
- Les mots étaient des loups, poèmes choisis, poèmes, Poésie/Gallimard, 2016.
- Kaddish pour l’enfant à naître, poèmes pour enfants, avec Caroline Boidé, Éditions Bruno Doucey, 2017.
- Lune n’est lune que pour le chat, poèmes pour enfants, Bruno Doucey, 2017.
- Gens de l’eau, poèmes, Mercure de France, 2018.
- Demande à l’obscurité, poèmes, Mercure de France, 2020.
- Éloignez-vous de ma fenêtre, poèmes, Mercure de France, 2021.
- Ceux de l'autre rive, poème, livre d'artiste enrichi de quatre arrachements ou collages originaux d'André-Pierre Arnal, Éditions du Bourdaric, 2022.
- Désarroi des âmes errantes, poèmes, Mercure de France, 2024.
Entretiens
- Ton chant est plus long que ton souffle – Entretiens avec Caroline Boidé, Écriture, 2020.
Récompenses et distinctions
Décorations
Commandeur de la Légion d'honneur le [18].
- Officière le 13 juillet 2010[19].
- Chevalière le 15 décembre 2000.
Grande officière de l'ordre national du Mérite (2023)[20].
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2022)[21].
Distinction
- Maître ès jeux de l'Académie des Jeux floraux depuis 2022.
Prix littéraires
- Prix Guillaume-Apollinaire pour Les Ombres et leurs cris[11].
- Prix Mallarmé pour Monologue du mort[11].
- Prix Jules-Supervielle pour Anthologie personnelle[16].
- Prix Nice-Baie-des-Anges[22] pour Le Moine, l'Ottoman et la femme du grand argentier.
- Grand prix de poésie de la SGDL (1993) pour l'ensemble de son œuvre[23].
- Prix Jules-Janin de l’Académie française (2005).
- Grand prix de poésie de l'Académie française (2009)[3],[24].
- Grand prix Guillevic de Poésie de Saint-Malo (2010).
- Prix Goncourt de la poésie pour Où vont les arbres ? (2011)[3].
- Prix de poésie Pierrette-Micheloud pour Où vont les arbres ? (2012).
- Prix Renaudot du livre de poche pour La fiancée était à dos d’âne (2015)[25].
- Prix Geneviève Moll de la biographie pour Les derniers jours de Mandelstam (2017).
- Prix littéraire Prince Pierre de Monaco pour l'ensemble de son œuvre (2022)[26],[27].
- Prix Robert-Ganzo pour l'ensemble de son œuvre (2022)[28],[29].
Notes et références
- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- ↑ Newsdesk Libnanews, « Décès de la poétesse franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata à l'âge de 88 ans », sur Libnanews, Le Média Citoyen du Liban, (consulté le )
- « Vénus Khoury-Ghata, poétesse franco-libanaise, est morte », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- « Vénus Khoury-Ghata », sur Maison des écrivains et de la littérature (consulté le ).
- « Vénus Khoury-Ghata : son actualité sur France Inter », sur France Inter, (consulté le ).
- ↑ France Culture, 21 mai 2024, "Venus Khouri-Ghata : 1/ Bcharré ou la montagne des poètes du Liban - 2/ Des vers pour venger le frère", in À voie nue, 1re et 2e émissions d'une série de 5.
- ↑ Stéphanie Baz-Hatem, Liban : Debout malgré tout : L'Âme des peuples, Nevicata, (lire en ligne)
- ↑ Alexandre Najjar, Dictionnaire amoureux du Liban, Place des éditeurs, (lire en ligne)
- ↑ Valérie Marin la Meslée, « Vénus est son prénom », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ « Littérature. Rencontre avec Vénus Khoury-Ghata », sur Le Telegramme, (consulté le ).
- Colette Juilliard Beaudan, « Vénus Khoury-Ghata sous le signe du plein et du vide », Les Cahiers de l'Orient, vol. 1, no 89, , pp. 153-158 (lire en ligne)
- ↑ « Vénus Khoury-Ghata », sur Mercure de France (maison d'édition) (consulté le ).
- ↑ « Le Goncourt de la poésie 2011 à Vénus Khoury-Ghata », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Remise du grand prix national de la poésie de 2017 », sur culture.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « La ville d'Orléans accueille le parlement des écrivaines francophones », France 3 Centre Val de Loire, (lire en ligne)
- « Vous m'en direz des nouvelles ! - Vénus Khoury-Ghata, le miroir de l'eau », sur RFI, (consulté le ).
- ↑ Valérie Marin la Meslée, « Mère et fille, écrivaines dans leur temps », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ Paris Match, « Vénus Khoury-Ghata : la verve, le Liban et la Légion d’Honneur », sur parismatch.com (consulté le ).
- ↑ Décret du 13 juillet 2010 portant promotion et nomination.
- ↑ NOR : PRER2321410D.
- ↑ « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres – hiver 2022 », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ [PDF] Le prix « Nice Baie des Anges » est devenu en 2010 le prix « Baie des Anges - Nice matin ».
- ↑ Voir sur le site de la Société des gens de lettres.
- ↑ Emmanuel KHOURY, « Quand Vénus Khoury-Ghata tutoie Marina Tsvétaïéva - Emmanuel KHOURY », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le ).
- ↑ « Vénus Khoury-Ghata remporte le prix Renaudot du poche », sur FIGARO, (consulté le ).
- ↑ Cédric Verany, « Littérature, musique... La Fondation Prince Pierre a dévoilé son palmarès d'artistes », sur Monaco-Matin,
- ↑ « Fondation Prince Pierre de Monaco », sur fondationprincepierre.mc (consulté le )
- ↑ Valérie Marin La Meslée, « Poésie – La Vénus de Saint-Malo », sur Le Point,
- ↑ « Vénus Khoury-Ghata - L'Humanité », sur L'Humanité, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- El Djamhouria Aït Saaba-Slimani, « Vénus Khoury Ghata », sous la direction de Christiane Chaulet Achour, avec la collaboration de Corinne Blanchaud : Dictionnaire des écrivains francophones classiques - Afrique subsaharienne, Caraïbe, Maghreb, Machrek, Océan Indien, Éd. H. Champion, Paris, 2010, p. 241-245 (ISBN 978-2-7453-2126-8).
Articles connexes
Liens externes
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